Garde nationale de Paris

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Grenadiers de la Garde Nationale de Paris

 

Date de formation : août 1789

 Organisation garde nationale de Paris :

1789 :
– Un État-major général,
– Six divisions d’infanterie, chaque division était composée de 10 bataillons : un par district (avec son drapeau) de cinq compagnies de fusiliers dont une soldée dite compagnie du centre. Se rajoutait en plus à chaque division une compagnie de grenadiers soldés et une compagnie de chasseurs soldés. Chaque compagnie avait une flamme distinctive comme enseigne,
– Une division de cavalerie de huit compagnies soldées de 100 hommes (formées essentiellement par l’ancien guet,
– Les chasseurs des barrières étaient une formation à part de la Garde nationale de Paris, formée par Lafayette en septembre 1789 à six compagnies, chargées de protéger les commis à la perception de l’octroi aux portes de Paris. Dénoncés par Marat comme une bande de brigands, entre autres, ils furent dissouts en août 1791.
– Deux compagnies des vainqueurs de la Bastille,

– Compagnies de vétérans.

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Tambour de la Garde Nationale

1790 :

Ajout aux bataillons des compagnies de canonniers soldés (Les six premières sections ayant été attachées aux six compagnies de grenadiers soldés).

1791 :

Les 60 bataillons furent répartis en 12 légions de cinq bataillons chacune. Reformation de la cavalerie de la Garde nationale et suppression de toutes les compagnies soldées pour former trois nouveaux régiments d’infanterie de ligne, deux d’infanterie légère et deux divisions de gendarmerie à cheval.

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Musée de l’Empéri, Bonnet de police de la Garde Nationale de Paris et sabre de volontaire de 1791

Les bataillons de la Garde nationale de Paris ne devaient plus compter que des fusiliers et une compagnie de grenadiers pour chacun (plus les artilleurs), ainsi que 50 compagnies de chasseurs volontaires qui normalement ne devaient plus exister, elles obtinrent de continuer leur service jusqu’en mai 1793.

1792 :

En septembre 1792 la Garde nationale de Paris étaut formée de 48 sections armées dont les effectifs furent variables selon la population de la section.

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Garde nationale de Paris en l’An II

Le 17 juillet, la Garde nationale de Paris accepta dans ses rangs les citoyens « passifs » (ne payant pas d’impôts) armés de piques.
C’est le 19 août, (donc après la fameuse journée du 10 août) que la Garde nationale de Paris fut réorganisée sur la base des 48 sections armées. Santerre en devint le commandant en chef.
Le 20 septembre, chaque section armée doit former en plus de ses effectifs une réserve de 100 hommes armés et 20 à 30 cavaliers.

1793 :

Les 48 sections furent regroupées dans six légions de huit sections chacune. Chaque section compta un commandant en chef, un commandant en second, un adjudant-major et un nombre de compagnies de fusiliers variables, plus une compagnie de canonniers.

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Sabre d’officier de la Garde Nationale collection privée

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 Sabre de la Garde nationale du Dauphiné

Garde nationale à cheval de Paris :

 Ce fut en juillet 1789 que se forma une compagnie de cavalerie nationale au sein de la Garde nationale parisienne. Rapidement les effectifs augmentèrent, mis sous le commandement du lieutenant-colonel Collin de Verdière.
En septembre, six compagnies furent soldées, provenant essentiellement de l’ancien guet à cheval de la Garde de Paris, et six  compagnies non soldées. Chacune était composée de 100 hommes et sous-officiers, un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant.

L’uniforme fut celui de la première Garde nationale de Paris : de fond bleu avec revers rouges passepoilés de blanc et collet et parements blancs passepoilés de rouge.
En octobre 1789 deux nouvelles compagnies soldées furent formées.
En juillet 1791 des émeutes éclatèrent dans Paris. En août, la garde nationale soldée, aussi bien à pied qu’à cheval fut dissoute et les cavaliers formèrent le fond de la nouvelle 29e  division de gendarmerie qui devait faire le service dans la capitale.

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Les six divisions de 1789-1790 de la Garde nationale parisienne

1ère division
1er bataillon : Saint-Jacques Haut le pas

2ème bataillon : Saint-Victor

3ème bataillon : Saint-André des Arcs

4ème bataillon : Saint-Marcel

5ème bataillon : Saint-Louis en l’ile

6ème bataillon : Val de Grace

7ème bataillon : Saint-Etienne du Mont

8ème bataillon : La Sorbonne

9ème bataillon : Saint-Nicolas du Chardonnet

10ème bataillon : les Mathurins

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2ème division :
11ème bataillon : les Prémontés

12ème bataillon : Barnabites

13ème bataillon : les Cordeliers

14ème bataillon : Notre-Dame

15ème bataillon : Saint Severin

16ème bataillon : Petits Augustins

17ème bataillon : Saint-Germain des Prés

18ème bataillon : Jacobins Saint-Honoré

19ème bataillon : les Théatins

20ème bataillon : Carmes déchaussés

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3ème division :
21ème bataillon : Récollets

22ème bataillon : Saint-Nicolas des champs

23ème bataillon : Sainte-Elizabeth

24ème  bataillon : Saint-Merry ou Saint-Médéric

25ème bataillon : les Carmélites

26ème bataillon : les Filles Dieu

27ème bataillon : Saint-Martin des Champs

28ème bataillon : les Enfants Rouges

29ème bataillon : Saint-Laurent

30ème bataillon : Pères de Nazareth ou Sainte-Elizabeth

 4ème division :
31ème bataillon : Saint-Jacques l’Hôpital

32ème bataillon : Bonne Nouvelle

33ème bataillon : La Jussienne

34ème bataillon : Saint-Lazare

35ème bataillon : Sainte-Opportune

36ème bataillon : Saint-Jacques de la Boucherie ou Saints Innocents

37ème bataillon : Petits Pères

38ème bataillon : Saint-Eustache

39ème bataillon : Saint-Magloire

40ème bataillon : Saint-Joseph

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5ème division :
41ème bataillon : Sainte-Marguerite

42ème bataillon : Minimes de la Place Royale

43ème bataillon : Petit Saint-Antoine

44ème bataillon : Saint-Gervais

45ème bataillon : Saint-Jean en Greve

46ème bataillon : Saint-Louis la Culture

47ème bataillon : les Blancs Manteaux

48ème bataillon : Tresnel

49ème bataillon : Capucins du Marais

50ème bataillon : Enfants trouvés

 6ème division :
51ème bataillon : Oratoire

52ème bataillon : les Feuillants

53ème bataillon : Filles Saint-Thomas

54ème bataillon : Saint-Philippe du Roule

55ème bataillon : Saint-Germain l’Auxerrois

56ème bataillon : les Jacobins Saint-Honoré

57ème bataillon : Saint-Honoré

58ème bataillon : les Capucins Saint-Louis

59ème bataillon : les Capucins Saint-Honoré

60ème bataillon : Saint-Roch

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 Mini dictionnaire :

 Thomas-Henry-André Bancks, originaire de Lille, cadet au régiment de Bulkeley puis régiment ci-devant Dillon (1748), sous-lieutenant (1751), lieutenant (1753), il fit les campagnes de la guerre de Sept ans en Allemagne (1760-1761), capitaine (1768), campagne de Corse (1769), chevalier de Saint-Louis (1775), passé aux colonies d’Amérique (1779), capitaine de grenadiers (1780), rentré en France à la fin de la guerre d’indépendance américaine (1783), retiré du service (1785). Capitaine dans la Garde nationale soldée de Paris, 5e division (1er septembre 1789), pensionné (9 juin 1792). S’enrôla à 52 ans, comme capitaine de grenadiers au bataillon de l’Arsenal, 9e bis de Paris (23 septembre), rentra dans ses foyers (janvier 1793), il mourut en 1802.

Adrien-Sébastien Bellenger, originaire d’Yébleron, département de la Seine-Inférieure, soldat aux Gardes françaises entre 1776 et 1783, adjudant-major dans la Garde parisienne soldée en 1791, adjudant du bataillon de la section de Montreuil (le 17 août 1792). Lieutenant à 37 ans, au 8e bataillon de Paris (21 septembre), capitaine (15 mars 1793), passé à la 131e demi-brigade de bataille (1794), puis à la 1ère demi-brigade de ligne, chevalier de la Légion d’Honneur (1805), chef de bataillon au 1er de ligne (1809), employé près le major-général de la Grande Armée (1813 et 1814). Il fut blessé à Stokach, chevalier de l’Ordre des Deux-Siciles, retraité en 1816. Arrêté en 1793, il fut accusé d’avoir entraîné un nombre d’habitants de Paris à signer en faveur de la liste civile, et conduit à Paris dans la prison de la Conciergerie, réclamé par son commandant et par le général Pichegru, au Comité de Salut Public, il fut remis en liberté.

Jean-Baptiste Berthe, originaire de Cerny dans l’Aisne, soldat au régiment ci-devant d’Orléans de 1767 à 1783, puis dans la Garde nationale soldée de Paris de 1789 à 1791. S’enrôla à 46 ans dans le 5ème bataillon de Paris (5 septembre 1792=, sous-lieutenant (27 décembre), lieutenant (6 novembre 1793), resta au dépôt de la 9ème demi-brigade de ligne lors de l’embarquement pour l’Egypte (1798).

Pierre-François-Joseph Béthune, originaire de Catillon dans le Nord, soldat au régiment des Gardes françaises entre 1784 et 1789, puis dans la garde nationale parisienne soldée. S’engagea à 24 ans dans le 3ème bataillon de Paris, sergent-major (18 juillet 1791), sous-lieutenant (15 novembre), nommé lieutenant (avril 1793). Passa à la 7ème demi-brigade de ligne, démissionnaire (1799). Capitaine au 1er régiment de hussards à pied (1800). Réformé (1801), capitaine au 18ème régiment d’infanterie légère (1805), retraité (1806). Commandant la compagnie de réserve de la Haute-Marne (1809), licencié en 1814.

Jean-Joseph Cauvin, originaire de Paris, dragon au régiment ci-devant Mestre de camp général (1771), brigadier (1780), congédié (1794), soldat au régiment de Paris (1784-1791), enrôlé dans le bataillon des Enfants Rouges, garde nationale parisienne (24 juin 1791), enrôlé au 2e bataillon de Paris, lieutenant (20 juillet 1791), capitaine (10 janvier 1792), tué à la bataille de Menin, le 13 septembre 1793.

Jean-Jacques Chopplet, dit Lapierre natif de Berrieux près de Laon, en Picardie, département de l’Aisne, né en 1762. Servit durant huit ans au régiment ci-devant de Chartres et prit part aux campagnes de 1778, 1779, 1782 et 1783. Il quitta le service avec le grade de caporal et un certificat d’honneur et de probité délivré par le conseil d’administration de son régiment. Il entra à la Garde nationale de Paris en juillet 1789, et dès le 22, fut nommé à l’unanimité adjudant du bataillon du district des Capucins-Saint-Honoré. Le 21 février 1790, il passe lieutenant dans la compagnie des grenadiers. Il reçut un certificat de la Section des Champs-Elysées (10 mai 1792) comme citoyen habitant son arrondissement ayant « mérité son grade par son patriotisme ». Il s’engagea dans les rangs du 5ème bataillon de Paris où il fut élu capitaine de la 7ème compagnie (5 septembre). Le 12 septembre, il fut nommé lieutenant-colonel du bataillon. Il fit fonction de commandant temporaire de la place de Cambrai (23 septembre 1793) et fut mis provisoirement en état d’arrestation dénoncé par plusieurs officiers, sous-officiers et soldats de son bataillon. Il fut interrogé par un officier de police et de sûreté de l’armée du Nord (8 octobre) :

« Interrogé sur ses noms, âge, lieu de naissance, qualité et demeure, il a dit se nommer Jean-Jacques Chopplet, âgé de 32 ans, natif de Berrieux, département de l’Aisne, lieutenant-colonel commandant le 5ème bataillon de Paris. Interrogé si depuis sa nomination au grade de lieutenant-colonel jusque vers le 20 décembre 1792, il n’avait pas de concert avec le citoyen Landrieux, lors quartier-maître dudit bataillon, laisser manquer du nécessaire ledit corps, a dit que non, qu’au contraire, il a toujours fait tout ce qu’il a dépendu de lui pour procurer à son bataillon tout ce qui était nécessaire à ce corps suivant les circonstances où l’armée se trouvait. Interrogé si certain jour, il n’avait pas soustrait avec le dit Landrieux sur les rations d’eau-de-vie accordées aux volontaires par le général en chef, neuf bouteilles, et si, d’après une contestation soulevée entre lui et Landrieux pour le partage de ladite eau-de-vie, celui-ci n’avait pas cassé lesdites bouteilles, a dit que le fait était faux, qu’il n’avait jamais rien soustrait de ce qui pouvait revenir aux volontaires. Interrogé pourquoi le citoyen Landrieux était parti sans congé et sans avoir rendu ses comptes, a dit qu’il ignorait pourquoi, il était parti et sans rendre ses comptes, vu qu’il était absent du bataillon lors de son départ, mais qu’il était à sa connaissance et à celle du Conseil d’administration d’alors que le citoyen Landrieux avait proposé plusieurs fois sa démission et de rendre ses comptes. Interrogé s’il sait quel emploi l’on a fait de la somme touchée, savoir 20 000 livres par le citoyen Deschamps, lors capitaine à la 5ème compagnie, et pareille somme par le citoyen Collignon, quartier-maître provisoire, et s’il n’a pas empêché que le compte en soit rendu, a dit qu’il n’avait nullement empêché que l’on rendît les comptes des 20 000 livres versées dans les mains de Larcher, officier chargé des magasins du dépôt, pour la confection des habillements et chaussures, qu’il y a eu plusieurs arrêtés du Conseil d’administration à l’effet d’écrire au citoyen Larcher, afin de le faire venir au bataillon pour s’y rendre compte de ladite somme de 20 000 livres, ce qu’il ne fit pas. Le conseil fut obligé de députer, en deux fois différentes deux de ses membres pour le faire rejoindre le corps et y rendre ses comptes. Quant aux autres 20 000 livres, qui ont été touchées par le citoyen Collignon à Liège, elles ont été versées dans la caisse du bataillon, dont on n’a pu rendre encore aucun compte, vu que les capitaines dudit bataillon depuis le mois de janvier dernier, n’ont rendu aucun des leurs, malgré toutes ses sollicitations et les arrêtés réitérés du Conseil d’administration, interrogé si le citoyen Larcher ayant donné des comptes incomplets et le Conseil d’administration allant agir de rigueur contre lui, il ne lui avait pas délivré, conjointement avec le Quartier-maître trésorier un billet d’hôpital quoi qu’il fut en bonne santé, d’après lequel ledit Larcher serait déserté le 11 juin, a dit qu’il n’a point délivré de billet d’hôpital à Larcher, mais que, ce dernier s’était présenté chez lui avec un certificat du chirurgien en chef de l’armée et vérifié par deux officiers, approuvé par le commissaire des guerres que conformément à la loi, il l’avait signé. Interrogé si après le siège de Maëstricht, un fermier des environs de Louvain n’avait pas fourni au bataillon une voiture et 6 chevaux pour conduire ses effets, et si cette voiture et les chevaux ont été rendus au propriétaire. A dit que, lui étant logé à la ferme de Marcenowen, sous Maëstricht, le 2 mars, il reçut l’ordre pour se porter dans la tranchée avec son bataillon, au moment où il y entrait, il reçut l’ordre de faire partir les équipages sur-le-champ et de suite le bataillon, il retourna à la ferme dénommée ci-dessus et fit donner par le fermier 6 chevaux, 2 charrettes et 2 domestiques pour les conduire, que sur le champ ils sont partis et se rendus à Valenciennes, étant arrivé au camp de Maulde, il a appris du quartier-maître qu’il avait été pris un cheval et que les deux domestiques du fermier étaient disparus. Interrogé s’il sait ce qu’est devenus un desdits chevaux, qui a disparu à Valenciennes, a dit avoir répondu précédemment. Interrogé s’il avait fait constamment sa cour à Dumouriez, à Arthur Dillon et à Valence, a dit qu’il n’avait jamais parlé à Dumouriez, qu’une seule fois à Sainte-Menehould le 21 septembre 1792, d’après la demande faite à lui par le commandant Grandjean, Lieutenant-colonel en second, et Landrieux, quartier-maître dudit bataillon à l’effet d’obtenir de ce général l’autorisation de retirer du 2ème bataillon de la Meurthe, le citoyen Collignon, caporal de ce bataillon pour écrivain avec le citoyen Landrieux, alors Quartier-maître, ce général a dit qu’il consentait mais que cela ne pouvait se faire que de gré à gré avec le chef de corps, ce qui fut fait, quant aux généraux Arthur Dillon et Valence, il n’a pas plus fait la cour à ces deux derniers qu’au premier, cependant, il a été différentes fois chez eux pour ce qui était relatif au service. Interrogé si, lors de la retraite de la Belgique, étant au camp de Maulde, lors de la trahison de Dumouriez, il n’avait pas été présenté par Valence, qui aurait, en présence du bataillon assemblé dit « Mon général je vous présente le Colonel du 5ème bataillon de Paris, c’est un brave homme, je vous assure que depuis deux jours, il a un poids de 40 livres de moins sur l’estomac », [Chopplet réitère son récit fait dans le procès-verbal du 6 avril 1793] Interrogé si, sur la demande qui lui fut faite par son bataillon de partir pour se rendre à Valenciennes et fuir Dumouriez, il lui aurait répondu que cela ne pouvait se faire, qu’il n’avait pas d’ordres, qu’il serait perdu ainsi que le bataillon si Dumouriez en était instruit, car il les ferait charger. A dit que le 5 avril, Dumouriez s’étant présenté devant le dit bataillon et l’ayant harangué, il dit, voyant que le bataillon n’était point de son sentiment, qu’il donnait 24 heures pour se décider et lui faire connaître sa résolution. Alors lui, Chopplet, fit assembler tous les capitaines de son bataillon pour savoir le parti le plus sage qu’il y aurait à prendre, il envoya le citoyen Collignon à Valenciennes pour savoir si la route n’était point interceptée, que, si elle ne l’était point, il le lui fit savoir. Voyant qu’il ne recevait aucune réponse, il voulut lui-même s’en assurer, mais plusieurs volontaires dudit bataillon lui marquèrent de l’inquiétude en le voyant se disposer à partir, lui disant de ne pas les abandonner. Il prit le parti d’envoyer le citoyen Petitjean pour s’assurer de la route. Pendant ce temps, un capitaine prit le drapeau, le bataillon s’assembla autour de lui, et se disposait à partir. Alors, lui, s’apercevant que l’on partait sans enlever les tentes et les canons, il alla vers ledit capitaine, lui observant qu’il ne devait pas partir sans les tentes et les canons. De suite il donna l’ordre d’atteler les chevaux aux caissons et aux canons, et conjointement avec le commandant du 1er bataillon de l’Oise, ils allèrent dire au chef du 17ème régiment d’infanterie ci-devant Auvergne, faisant le service de général de brigade, que leurs bataillons partaient pour Valenciennes. De suite, ils se rendirent à leurs bataillons, qui se mettaient en marche. En arrivant à l’abbaye de Vicogne, il y avait là une compagnie d’infanterie légère, avec deux pièces de canon et deux obusiers gardés par un détachement du 3ème régiment de Dragons, et un autre de chasseurs à cheval. Le dit commandant crut qu’il était de son devoir de solliciter cette artillerie et son escorte pour marcher avec eux vers Valenciennes, ce qu’ils acceptèrent avec beaucoup de peine, sans les dragons qui retournèrent vers Dumouriez. Interrogé pourquoi il n’avait rejoint le bataillon qu’à Saint-Amand, et si pendant la marche, il n’avait point été au quartier-général de Dumouriez à Mortagne, a dit que cela était faux et controuvé. Interrogé s’il ne portait pas un sabre à l’uniforme du régiment de Cobourg auquel il avait conservé la dragonne, où sur les glands il était écrit J. H. A dit que quant à la dragonne, elle provenait de l’affaire du 16 mars, elle avait été prise au chef d’escadron du régiment de La Tour, qui avait été tué par son dit bataillon. Interrogé si, le 21 mars 1793, au bois de Namur, sur la route de Louvain, il n’avait pas exposé son bataillon à être détruit, en le menant à une portée de fusil d’un village, où l’ennemi était en grand nombre, sans munitions et sans ordre, a dit qu’il n’a exposé nullement son bataillon, il s’en réfère à ceux qui y étaient, que, quant aux munitions, il avait le caisson à cartouches, qu’on avait eu près le quartier général, que quant à l’ordre de se porter près la village où des compagnies de grenadiers étaient, notamment le 1er bataillon de la Sarthe, qui y était aussi, près lequel on s’est mis en bataille, étant de la demi-brigade avec son bataillon et qu’il avait reçu un ordre de l’aide de camp. Interrogé pourquoi le 5 avril 1793, il était entré dans la ville de Valenciennes en abandonnant son bataillon sur les glacis, sans ordre pour camper, cantonner et loger, a dit que comme le bataillon arrivait à l’impromptu et devait camper au camp de Famars, où il n’y avait aucuns fourrages, et comme le vaguemestre était dans Valenciennes depuis plusieurs jours, il avertit le capitaine Laporte de conduire le bataillon jusqu’au camp, et que lui se transporterait à Valenciennes pour sur le champ faire parvenir le fourrage nécessaire pour ledit bataillon par ledit vaguemestre »[1].

Après son arrestation et son interrogatoire, le quartier-maître Collignon, son commis Fivel, l’adjudant Gosset, le lieutenant Laclef, les sous-lieutenants Le Bas et Prévost ainsi que plus de 70 hommes du bataillon intervinrent en sa faveur. Le 10 octobre, l’adjudant-major Ducrotoy témoigne également en sa faveur dans l’affaire de la trahison de Dumouriez, suivi des capitaines Cangina, Déguin et Petitjean. Il fut également soutenu par le commandant du 25ème régiment d’infanterie et par les hommes du 1er bataillon de la Sarthe. Malgré ces différents soutiens, Chopplet fut maintenu en prison et transféré de Cambrai à Arras. Il fut accusé de 11 chefs d’accusation et écroué ensuite à la maison d’arrêt du Rivage à Calais (4 mars 1794). En prison, il rédigea un mémoire justificatif, et il fut envoyé à Paris où il comparait devant le redoutable Tribunal Révolutionnaire (10 juillet), en même temps que Favon-Bossut ex-commissaire à terrier, Claude-Martin Marivaux homme de loi, André Paris palefrenier du Duc de Brissac, Jacques Thomeret ex-curé de Noisy-le-Sec et Joseph Fougerot cultivateur à Manot sous l’incrimination générale de  :

« s’être rendus les ennemis du Peuple en participant aux complots liberticides du tyran dans la journée du 10 août 1792, en participant aux trahisons des infâmes Dumouriez et Valence, en maltraitant les patriotes, en refusant d’obéir aux lois de la réquisition, de fournir du grain et de la viande pour la subsistance des citoyens, enfin en conspirant contre l’unité et l’indivisibilité de la République etc… ».

Chopplet fut reconnu coupable et condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire où siégeaient Pierre-André Coffinhal, Gabriel Deliège, Philippe-Jean-Marie Barbier. La peine devait être exécutée dans les 24 heures sur la place publique dénommée barrière de Vincennes, il fut promptement exécuté.

Pierre-Claude Colliet, originaire de Paris, il servit dans la garde nationale parisienne, volontaire à 25 ans, au 3e bataillon de Paris (18 juillet 1791), réformé par le Ministre de la guerre, pour infirmités, fracture de la jambe, le 13 avril 1793.

Jean-Joseph Couture, originaire de Paris, volontaire dans la garde nationale parisienne, bataillon de Saint-Etienne-du-Mont (1790), volontaire à 24 ans, au 3e bataillon de Paris (18 juillet 1791), tué à Aldenhoven (1er mars 1793). Sa femme, née Marie-Victoire Lemaitre, était vivandière au bataillon depuis sa formation et reçut un certificat du conseil d’administration du bataillon, le 4 mars 1793.

Augustin Déguin, originaire de Saint-Mihiel, cavalier au 2ème régiment de 1783 à 1789, s’enrôla dans la Garde nationale parisienne soldée (1789). S’enrôla à 26 ans dans le 5ème bataillon de Paris (5 septembre), capitaine (12 septembre), mourut dans les rangs de la 9ème demi-brigade de ligne.

Jean-Charles Deville dit Gerly, originaire du Chêne-le-Populeux dans le département des Ardennes. Canonnier au régiment ci-devant de Grenoble, puis sergent dans les bombardiers de l’île de France de 1769 à 1777. L’un des vainqueurs de la Bastille, grenadier dans la garde nationale parisienne (1789), capitaine de canonniers au bataillon des Théatins (1791). S’enrôla à 43 ans dans le 3ème bataillon de Paris, sous-lieutenant (18 juillet), tué à la bataille d’Aldenhoven, le 1er mars 1793.

Pierre-Guy Dhillerin, né à la Rochelle (1747), employé dans les bureaux du secrétariat d’Etat de la guerre (1770), secrétaire général de la garde nationale de Versailles (1789), inscrit comme volontaire dans la garde nationale parisienne, au bataillon des Filles-Saint-Thomas (1791), rappelé au Ministère de la Guerre comme chef du personnel (20 août 1792), Commissaire général des troupes soldées de Paris (7 septembre), commissaire des guerres de l’armée Révolutionnaire, lui-même employé dans le 17e division militaire. Chargé de l’organisation des bataillons de la Formation d’Orléans (mai-juin 1793), adjoint au comité militaire de la Convention nationale pour la rédaction d’un code militaire (avril 1795), puis employé près de l’Etat-major de la place de Paris après les journées de prairial jusqu’en décembre 1799. Il fut chargé de l’administration des Invalides, mourut le 20 juillet 1805.

Charles-Louis Dubois, originaire de Paris, volontaire au bataillon de Sainte-Opportune, garde nationale parisienne (1789), enrôlé à 19 ans, comme grenadier au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), passé dans la Garde constitutionnelle de Louis XVI (janvier 1792), sous-lieutenant au 2e de carabiniers (1er juin), lieutenant (1797), capitaine (1799), chevalier de la Légion d’Honneur (1804), chef d’escadron au 2e de cuirassiers (1807), major (1812), commandant le 3e régiment provisoire de cuirassiers à Hambourg (1813-1814), blessé à Dietweiler et à La Moskova (7 septembre 1812), retraité en 1816.

Pierre Duvivier dit Gille, originaire de Paris, avocat au parlement de Paris (1780), capitaine de grenadiers au bataillon de Notre-Dame, garde nationale parisienne (1790), volontaire au 3e bataillon de Paris (18 juillet 1791), capitaine de grenadiers à la formation de la compagnie, en outre exerça les fonctions de quartier-maître (26 juillet-26 octobre), retiré pour cause de santé (1er novembre 1792), commissaire des guerres, employé à l’armée des Alpes (21 septembre 1793), suspendu (12 décembre), réintégré (27 novembre 1794), employé à l’armée de Sambre et Meuse, mourut à Lièges le 6 mars 1795. Duvivier fut suspendu pour le motif d’avoir pris la défense de Dumouriez dans les assemblées de la section de la Cité, accusation qui fut reconnue comme erronée par la suite. Il fournit un mémoire pour sa défense :

« Au mois d’avril 1791, l’Assemblée constituante ayant décrétée la levée de 97 000 hommes pour la défense des frontières, je prouvai à mes concitoyens qu’en acceptant la place de capitaine de grenadiers, je n’avais pas fait un vain serment. Le premier, je m’enregistrai. Je croyais que mon exemple serait suivi par ces officiers qui, jusqu’alors, avaient tant vanté leur patriotisme, je me trompais. On fut étonné de mon dévouement, et on ne l’imita pas, quelques-uns mêmes le traitèrent de folie. De folie ! Ah ! Sans doute, une épouse, une fille sont bien chères, mais quand la Patrie commande, tout autre sentiment doit se taire. La compagnie des grenadiers du 3e bataillon de Paris m’ayant choisi pour son chef, dès les premiers jours de sa formation, je fus encore au camp de Grenelle nommé pour remplir les fonctions de quartier-maître-trésorier, j’acceptai cette nouvelle marque de confiance de mes camarades, en déclarant que j’entendais en remplir les fonctions gratuitement, ce que j’ai fait jusqu’au moment où, d’après ma démission, j’ai été remplacé. Levé dès quatre heures du matin, pour commander à cinq exercices, et occupé tout le jour aux détails d’une administration qui exigeait des connaissances que je n’avais pas, il n’est pas étonnant qu’avec une santé délicate, je n’aie pu résister à la fatigue. Aussi, dès le camp de Verberie, je commençai à ressentir les atteintes d’une maladie qui, depuis, ne cesse de faire des progrès. Arrivé à Laon, j’aurais dû profiter du quartier d’hiver pour me faire administrer quelques remèdes, mais, ennemi des médicaments, je crus que le repos suffirait pour me rétablir, j’étais dans l’erreur, mon état empira. Au mois de février 1792, j’obtins un congé de trois mois pour me rendre à Paris, mon intention était de m’y occuper de mon rétablissement. Arrivé à Paris, je m’assujettis pendant quelques jours à suivre le régime qui m’avait été prescrit, mais mon esprit n’était pas tranquille. Eloigné de mes camarades, chargé de la comptabilité de la compagnie, je connaissais les besoins d’une partie de ses membres, je craignais qu’ils ne souffrissent de mon absence, et je désirai être à mon poste. En vain le chirurgien tenta-t-il de me retenir en me prédisant ce qui m’arriverait si je discontinuais le traitement. Je sentais que l’agitation perpétuelle où était mon âme, le traitement n’opérerait rien, je quittai tout et, après quinze jours d’absence, je revins à Laon. Quelques temps après mon arrivée, le bataillon reçut l’ordre de se rendre dans le département de Seine-et-Oise pour faire la police et maintenir l’ordre dans les marchés de son arrondissement, malgré ma maladie, je le suivis. La fatigue du voyage, les marches forcées que nécessita le nouveau genre de service, m’allumèrent de plus en plus le sang. Le bataillon ayant reçu l’ordre de rejoindre à l’armée du Centre, je le suivis encore. Arrivé au camp sous Maubeuge, après onze heures de marche, j’étais dans un état tel que je ne pouvais plus faire un pas sans souffrir des douleurs cruelles, il n’était plus temps de prendre des remèdes intérieurs, nous étions en présence de l’ennemi, quitter l’armée sans combattre eût été une honte pour moi, et je pris le seul parti qui me restait. Le jour, je me faisais brûler avec la pierre infernale les boutons énormes qu’avait fait naître l’inflammation de mon sang, et, par ce moyen, après deux heures de souffrance, j’étais en état de marcher. Quelle ressource, et qu’ils disent donc mes dénonciateurs si c’est là la conduite d’un patriote douteux ! C’est cependant avec de pareils palliatifs que j’ai, le sac sur le dos, fait avec mes camarades, toutes les courses de la Flandre dans la Champagne, et de la Champagne dans la Flandre, qu’on interroge tous les soldats du bataillon et ils diront qu’il n’est pas une seule affaire où je n’aie partagé leurs fatigues et leurs dangers. Au camp de Quiévrain, privé du chirurgien qui me traitait, il me fut impossible de continuer mon service, j’obtins un congé. Ma position était douteuse, forcé de quitter mes camarades, je les laissais dans un moment où le lieutenant et le sous-lieutenant étaient à l’hôpital à Valenciennes. J’avais tant fait de sacrifices, qu’un dernier ne me coûta rien. Sans calculer les dépenses de mon voyage, celles d’un traitement long et dispendieux, j’envoyai ma démission. J’écrivis aussi au général Dampierre pour l’en prévenir, et je lui donnai ma parole de grenadier que, si j’étais assez heureux pour me rétablir, je partirais sur le champ pour lui demander mon remplacement. La compagnie ne m’a remplacé que d’un mois après, et il m’a été délivré par le conseil d’administration du bataillon un certificat qui atteste la manière dont j’ai servi »[2].

Farde, soldat au régiment des Gardes françaises (1771), caporal (1775), sergent (1780), licencié (1789), lieutenant dans la Garde nationale parisienne soldée (1789-1791), lieutenant de la 30e division de gendarmerie (1er janvier 1792), jusqu’au 14 août, date de licenciement du corps, enrôlé à Paris, capitaine d’une compagnie levée dans la section des Piques (11 septembre), élu lieutenant-colonel en second au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre). Présent au corps lors de l’embrigadement du 31 mars 1794, il semble qu’il se retire dans ses foyers.

Jean-Nicolas Fosserat, originaire de Besançon, né au régiment suisse de Courten, admis à la solde (1779), congédié (1788), fusiliers volontaire au bataillon de la Garde nationale de Paris, des Enfants Trouvés (entre 1790 et 1791), enrôlé à 25 ans, au 8e bataillon de Paris, fourrier, (24 septembre 1792), sergent (22 octobre), sergent-major (19 mars 1793), passé à la 131e demi-brigade de bataille, puis à la 1ère demi-brigade de ligne, et enfin aux grenadiers de la Représentation Nationale en 1797.

Louis Friant, originaire de Villers-le-Vert, département de la Somme. Soldat au régiment des Gardes françaises (1781), caporal de grenadiers (1782), congédié (1787), caporal-fourrier dans la Garde parisienne soldée (1789-1791), adjudant-major à la section armée de l’Arsenal (1792). Enrôlé dans la section du même nom et parti pour le camp de Chalons (11 septembre), élu lieutenant-colonel au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre). Chef de bataillon blessé d’un coup de feu à la jambe gauche en visitant les avant-postes, à la bataille de Lembach (16 décembre 1793). Il se distingua à Arlon, à l’abbaye d’Orval, à la bataille de Kaiserslautern (novembre 1793), à Lembach, au déblocus de Landau (1794), passé à la 181e demi-brigade de bataille, il combattit aux batailles de Charleroi, Gembloux et Fleurus (1794), et fut nommé général de brigade par le représentant du peuple Gillet (3 août), se distingua encore aux sièges de Maëstricht, de Luxembourg (1795), d’Ehrenbreitstein (1796), puis passa à l’armée d’Italie où il se fit remarquer au passage du Tagliamento, à la prise de Gradisca et au combat de Laybach (1797). Passa à l’armée d’Orient, il combattit aux batailles de Chebreïss, des Pyramides, de Sediman et Samanhout (1798) et fut nommé général de division par le général en chef (5 septembre 1799), recevant le commandement de la Haute Egypte, se distinguant à Héliopolis et à la prise du Caire (1800), fut nommé lieutenant du général en chef Menou (14 avril 1801). Il fut envoyé au camp de Bruges (1803), et fit les campagnes de la Grande Armée avec le corps du général Davout (de 1805 à 1807), ayant quatre chevaux tués sous lui à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), blessé d’un coup de feu au côté droit à Eylau (8 février 1807). Il se distingua encore à Golymin, puis toujours dans le corps de Davout, servit durant la campagne d’Allemagne (1809), où il fut cité par les bulletins de l’armée pour ses actions aux batailles de Thann, de Rastisbonne et de Wagram (6 juillet). Sa réputation et sa division étaient alors déjà légendaires, il fut de nouveau blessé dans cette dernière bataille d’un éclat d’obus à l’épaule. Napoléon le nomma commandant des grenadiers à pied de la Garde impériale (7 août 1812). Il fit la campagne de Russie, servant à Smolensk, où il fut encore blessé, à La Moskova (7 septembre), encore blessé par deux fois, puis à nouveau à la bataille de Hanau (octobre 1813). Il fut nommé à la tête de la 2e division d’infanterie de la vieille garde (21 décembre), et fit la campagne de France, se couvrant de gloire, durant les batailles de Champaubert, Montmirail, Vauchamps et Craonne. A la Restauration, il fut maintenu comme colonel du corps des grenadiers à pied de France (18 juillet 1814), mais reprit pendant les Cent-Jours son commandement des grenadiers à pied de la vieille garde et combattit à leur tête durant la bataille de Waterloo (18 juin 1815). Mis à la retraite par la seconde Restauration (4 septembre), il mourut le 24 juin 1829. Il avait été chevalier de la Légion d’Honneur (1802), officier de l’Ordre (juin 1804), Grand Aigle de l’Ordre (15 janvier 1806) pour s’être distingué à Austerlitz, commandeur de la Couronne de Fer (4 mars), comte de l’Empire (1808), chambellan (1813), pair de France (1815).

Joseph-Mathieu Heurtematte, originaire d’Evreux, caporal dans la Garde nationale Parisienne (1790), enrôlé à 24 ans dans le 4ème bataillon de Paris, sous-lieutenant (3 septembre 1792), démissionnaire de la 102ème demi-brigade de ligne (1796), mais nous le retrouvons sous-lieutenant au 1er bataillon auxiliaire de l’Allier (1799), passé à la 37ème demi-brigade de ligne (1800), lieutenant au 82ème régiment d’infanterie (1803). Nommé capitaine par le capitaine général de la Martinique (1808), fait prisonnier par les anglais, il resta en captivité de 1809 à 1812, puis il fut placé au 141ème régiment d’infanterie (1813). Retiré en 1814.

Claude Hyardin, originaire de Bayel, Aude, soldat aux grenadiers royaux de la Champagne (1778), au régiment ci-devant de Boulonnais (1784), sergent (1786), congédié et entré dans la Garde nationale parisienne soldée, 5e division, 2e bataillon, licencié (1791). Enrôlé à 32 ans comme sergent de grenadiers au bataillon de l’Arsenal, 9e bis de Paris (23 septembre 1792), capitaine (24 février 1793), passé à la 181e demi-brigade de bataille (1794), réformé pour raisons de santé (1796), employé dans les bureaux du ministère de la Guerre (1797), repris du service à la 77e demi-brigade de ligne (1799), retraité en 1801.

Félix-Joseph-Innocent Gaillard dit Saint-Elme, originaire de Paris, fils de l’entrepreneur du théâtre de la République, fusilier et par la suite sous-lieutenant dans la Garde nationale parisienne (1789-1792), enrôlé à Paris, à 20 ans à la compagnie de la section des Arts (6 septembre 1792), versé au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre), passé comme sous-lieutenant dans les hussards de la légion de Kellermann, qu’il suivit comme aide de camp à l’armée des Alpes, lieutenant au 14e chasseurs à cheval (9 mai 1793), capitaine détaché à l’Etat-major de l’armée révolutionnaire, aide de camp du général Ronsin (13 octobre), adjoint aux adjudants généraux de l’armée de Moselle, puis aide de camp du général Ernouf (1794), aide de camp du général Hatry (1796), réformé (1797), capitaine de gendarmerie au département de Rhin-et-Moselle (1799), aide de camp du général Verdière (1802), adjoint à la réserve de cavalerie de la Grande Armée et chevalier de la Légion d’Honneur (1807), attaché à l’Etat-major particulier du maréchal Berthier, fait chevalier de l’Empire avec dotation (1809), envoyé en Espagne (1811), chef de bataillon (1813), en demi-solde (1814), employé pendant les Cent-Jours à l’armée du Nord (1815), il avait été blessé à Henry-Chapelle, à la bataille d’Eylau (8 février 1807) et en Espagne. Retraité (1822), il mourut le 7 avril 1840.

Nicolas Gauthier, originaire de Ricey-Bas dans l’Aube, soldat dans la garde nationale parisienne soldée (1790), âgé de 23 ans lors de son engagement dans le 3ème bataillon de Paris (1er janvier 1792), caporal (6 mars), il passa dans les canonniers du corps des grenadiers de la Représentation nationale (4 mai 1793), sergent-major dans la légion de Police (1795), sous-lieutenant à la 41ème demi-brigade (1800), lieutenant au 17ème régiment de ligne (1805), capitaine (1806), chevalier de la Légion d’Honneur (1807), blessé à Wagram (6 juillet 1809), il mourut de ses blessures à Vienne, le 17.

Charles Gautier De Varigny originaire de Paris, engagé à 31 ans dans le 3ème bataillon de Paris. Novice dans la Marine de 1780 à 1783. Second aide-major chargé de l’artillerie du bataillon des Carmes dans la Garde nationale parisienne (30 juillet 1789). Lieutenant aide de camp du Marquis de Courtomer, chef de la 2ème division, (20 mai 1790). Volontaire, 3ème de Paris (18 juillet 1791). Fourrier (9 juin 1792). Sous-lieutenant au 24ème régiment d’infanterie (1er novembre). Lieutenant (1794), adjoint aux adjudants-généraux de l’armée de Moselle la même année, capitaine à la 97ème demi-brigade de ligne (1796). Il fut blessé au siège de Gênes (1800), passa dans la 60ème de ligne (1803) et mourut à cette époque.

Jean-Nicolas Génot, volontaire dans la Garde nationale parisienne, bataillon de l’Abbaye-Saint-Germain (1790), volontaire à 57 ans, au 3e bataillon de Paris (18 juillet 1791), sergent, il fut tué à la bataille d’Aldenhoven, le 1er mars 1793.

Charles-Louis Girault, originaire de Paris, d’abord soldat au régiment ci-devant de la Guadeloupe de 1782 à 1790, volontaire dans la Garde parisienne soldée entre 1790 et 1791. S’engagea à 25 ans dans le 3ème bataillon de Paris (20 janvier 1792). Se retira dès le 1er décembre, mais reprit du service dans la 36ème division de Gendarmerie (1er mai 1793), maréchal des logis chef (6 mai), adjudant-major Capitaine (26 mai), adjoint aux adjudants-généraux (3 octobre), il rentra à la 36ème division (18 août 1794). Capitaine à la suite de la 31ème division de Gendarmerie (1er décembre 1794), il passa à la 49ème demi-brigade de ligne (1796). Adjoint aux états-majors (1799), réformé en 1808.

Jean-Nicolas-Théodore Grandjean, originaire de Nancy, artiste sculpteur, puis capitaine dans la Garde nationale de Paris (1789), capitaine au 5ème bataillon de Paris (4 septembre 1792), puis lieutenant-colonel en second (12 septembre), chef du bataillon (20 septembre 1793), il passa successivement aux 2ème et 9ème demi-brigades de ligne. Obtint un sabre d’honneur pour s’être distingué au siège de Saint-Jean d’Acre et à l’attaque de nuit d’un des quartiers du Caire (18 avril 1800) et enfin pour avoir par son activité fait évacuer les blessés des hôpitaux de Jaffa, qui étaient pêle-mêle avec les pestiférés. Retraité (1806), mourut le 20 avril 1822.

Charles-Marie-Louis-François Guerrin originaire de Paris, élève au dépôt des Gardes françaises, puis fusilier dans la Garde nationale parisienne entre 1790 et 1792, volontaire à 19 ans au 4ème bataillon de Paris (4 septembre 1792), caporal de grenadiers, sous-lieutenant au corps de éclaireurs devenu le 8ème régiment de hussards (4 mars 1793), lieutenant (27 juin), rayé des contrôles en 1796.

Jean-Claude-Nicolas Laurot, originaire d’Avallon, soldat au 19e régiment d’infanterie entre 1777 et 1788, fusilier dans la Garde parisienne soldée, entre 1789 et 1791, s’enrôla à 32 ans au 8e bataillon de Paris (20 septembre 1792), capitaine (8 mars 1793), passa en 1794 dans la 131e demi-brigade de bataille, passa ensuite à la 1ère demi-brigade de ligne, mourut des fatigues de la guerre, le 29 septembre 1796, à Flessingue.

Jean-Marie-Joseph Lavrillat, originaire de Sainte-Reine, Côte d’Or, volontaire dans la garde nationale parisienne (1789), s’enrôla à 40 ans comme grenadier au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), sous-lieutenant à la 4e compagnie franche de l’Armée du Nord (6 septembre 1792), lieutenant au 14e bataillon d’infanterie légère (1794), capitaine à la 1ère demi-brigade légère (1796), démissionnaire en 1801.

Antoine-Philippe Louvet, volontaire dans la garde nationale parisienne (1789), enrôlé au 3e bataillon de Paris, sous-lieutenant de grenadiers, lieutenant, fut tué à la bataille d’Aldenhoven, le 1er mars 1793.

Ambroise-Toussaint Mathieu, originaire de Paris, volontaire dans la garde nationale parisienne au bataillon de Saint-Nicolas-des-Champs (1789), s’enrôla à 25 ans, comme grenadier au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), sous-lieutenant au 11e régiment de dragons (3 juin 1792), aide de camp du général Monter (1793), officier d’ordonnance du général en chef Jourdan, puis adjoint aux adjudants-généraux (1794), aide de camp du général en chef Scherer, lieutenant (1795), capitaine (1796), chef d’escadron nommé par le général en chef Leclerc (1802), aide de camp du général Boyer, mourut à Saint-Domingue, le 11 septembre 1802.

Armand-Sébastien Moroy originaire de Paris, s’engagea à 21 ans dans le 3ème bataillon de Paris, d’abord dragon dans le régiment ci-devant de Conti (de 1787 à 1789), volontaire dans la garde nationale parisienne, 6ème bataillon, 2ème bataillon (de 1789 à 1791). Sergent-major au 3ème de Paris (18 juillet 1791). Sous-lieutenant au 56ème régiment d’infanterie (1792). Blessé à Neerwinden et admis aux Invalides (1793). Capitaine de vétérans (1795), chargé de la surveillance des postes du Trésor, chevalier de Saint-Louis (1820), chevalier de la Légion d’Honneur (1823), cessa de servir en 1824, entra en jouissance d’une pension qui lui avait été accordée en 1810.

Pierre-François Pérus originaire de La Fère, d’abord soldat au régiment des Gardes françaises (1771), puis dans la Garde nationale parisienne (1789). S’engagea à 39 ans au 3ème bataillon de Paris, grenadier (29 mars 1792), caporal (6 octobre), sergent-major (1er mars 1793), passa dans la gendarmerie en 1800.

Pescheloche, soldat au régiment de Flandre-Infanterie (30 juin 1768). Capitaine de la Garde nationale parisienne (1789). Adjoint aux adjudants-généraux (29 messidor An III). Nommé chef d’escadron (An IX), chef d’escadron à la suite du 1er régiment de Cavalerie (30 nivôse An IX). Chef d’escadron en pied au régiment (18 pluviôse An XI), passa major au 15ème régiment de Dragons[3].

Jean Prudhon, originaire de Montcenis en Saône-et-Loire, âgé de 35 ans lors de son engagement dans le 3ème bataillon de Paris. Soldat au régiment ci-devant de Beauvaisis (1775). Sergent (1779), caporal aux Gardes française (1787), congédié (1788). Sous-lieutenant dans la Garde nationale parisienne, 2ème bataillon, 2ème Division (1789), lieutenant (1790). Capitaine au 3ème de Paris (18 juillet 1791), lieutenant-colonel en second (31 décembre). Lieutenant-colonel en chef après le départ de Laval, il fut nommé provisoirement chef de brigade pendant le siège du Quesnoy par le général Goullus (4 août 1793). Prisonnier de guerre à la capitulation, il rentra de captivité (25 septembre 1795) par échange avec le colonel autrichien Brandis et reprit son commandement du 3ème bataillon de Paris. Chef de brigade de la 7ème demi-brigade de ligne (1797), licencié avec le corps (1799). Admis au traitement de réforme en attendant son remplacement (1800), retraité en 1811.

Claude-Bernard Renier, originaire de Paris, soldat puis caporal au régiment ci-devant Auvergne (1784-1790), puis volontaire dans la Garde nationale parisienne soldée. Enrôlé à 22 ans dans les volontaires, sous-lieutenant au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre 1792), lieutenant de grenadiers (21 janvier 1793), employé en qualité d’agent secondaire pour le complètement des troupes de ligne et adjoint aux adjudants-généraux de l’armée de Moselle (1794), commissaire des guerres (1795), employé aux armées au siège de Luxembourg, armée de Rhin et Moselle, directeur de la correspondance du service des vivres-viandes la même année, réformé en 1796.

Jean-Henri Simon, originaire de Bruxelles, graveur sur pierres fines qui s’établit à Paris (1777) et restaura cet art en France, graveur du comte d’Artois (1780), graveur du Roi (1784), capitaine dans la garde nationale parisienne, bataillon de la Butte-des-Moulins (1789), enrôlé à 39 ans, lieutenant au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), rentré à Paris à la fin de l’année, reparti comme capitaine au bataillon de la Butte-des-Moulins (25 septembre 1792), blessé à Liège, il obtint la permission de se faire soigner à Paris, rentra au bataillon (27 mars 1793), ayant été remplacé, il fut présenté au général Valence puis au général Dumouriez qui lui donna une commission de lieutenant-colonel avec liberté de lever une compagnie franche. Muni de cette commission, Simon revint à Paris où à peine arrivé, il apprit la trahison de Dumouriez, à cette nouvelle, il se rendit à la section et rejeta la commission par une déclaration inscrite au registre des délibérations de la section de la Butte-des-Moulins, réunie en assemblée générale permanente (4 avril) :

« le citoyen Simon, capitaine au bataillon de la Butte des Moulins, instruit l’assemblée que pendant son séjour à Paris pour cause d’une blessure, il a été destitué et remplacé, attendu qu’il n’était pas de retour au bataillon à l’époque décrétée par la Convention, il fait part à l’assemblée que, s’étant plaint au général Valence, celui-ci l’avait présenté au général en chef Dumouriez, et que ce général lui avait donné une commission pour lever une compagnie franche, mais ayant appris la trahison de ce général, il dépose la commission sur le bureau et refuse d’en faire usage. Il se propose de servir, n’importe dans quel grade que ce puisse être, pourvu que ce soit pour la cause de la liberté »[4].

Il tenta de retrouver son poste et grade dans son bataillon auprès du Ministre de la guerre ce qui échoua. Il entra à nouveau dans la garde nationale parisienne où il servit comme capitaine de 1795 à 1811. Il devint graveur du cabinet de l’Empereur et professeur à l’Ecole des Sourds-Muets, lorsqu’il reçut une commission de colonel pour commander le 1er corps franc d’éclaireurs de la Seine, dont l’habillement, l’armement et l’équipement à ses frais, lui coutèrent 54 000 livres. Il se distingua pendant la campagne de France, chevalier de la Légion d’Honneur, blessé à Ménilmontant (30 mars 1814), licencié à Laval (20 mai), mis en demi-solde. Rappelé à l’activité (12 mars 1815), il se trouvait à Saint-Denis (20 mars) lorsque 190 officiers en demi-soldes lui confièrent le commandement pour revenir à Paris, et il ramena aux Tuileries les fourgons du duc de Berry. Nommé à nouveau colonel d’un corps de partisans de la Seine (16 mai), il fut arrêté au retour de Bourbons mais il put s’enfuir et dut s’exiler. Il se rendit auprès du roi de Hollande, qui le nomma lieutenant-colonel, avec une pension et le poste de graveur. A la nouvelle des journées de juillet 1830, il revint en France, fut admis à la solde de disponibilité du grade de colonel (12 août) et rentra définitivement dans la vie civile (31 décembre).

Jean-François Vounin originaire de Paris, servit dans la Garde nationale parisienne de 1789 à 1792, s’enrôla à 18 ans comme tambour (3 septembre 1792) dans le 4ème bataillon de Paris, fourrier (17 mai 1794), sergent à la 102ème demi-brigade de ligne (1802), passa dans la gendarmerie en 1804.

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Officier de la Garde nationale parisienne, Musée de la Révolution, Vizille, image transmise par Pierre-Baptiste Guillemot

 

Article de Didier Davin et Laurent B. ; iconographie Jérôme Croyet

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[1] Chassin et  Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 1, p. 494-498.

[2] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 1, pages 744 et 745.

[3] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de Cuirassiers, p. 341.

[4] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 1, p. 730.