Garde nationale de Lyon

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La Garde nationale de Lyon, 1790-1793

C’est au début de 1790, au sein du nouveau département de Rhône et Loire que le district de Lyon et ses 31 cantons, dont 28 pour la ville, formèrent officiellement sa Garde nationale, succédant à la milice bourgeoise et à des compagnies de volontaires levées en 1789.
Le 19 avril, elle se détermina un uniforme pour participer à une fête fédérative à Grenoble et fabriqua des drapeaux.
Habit bleu, revers, parements et collet cramoisis passepoilés de blanc, doublure et retroussis blancs. Les retroussis ornés de fleur de lys en drap cramoisi. Poches en travers, boutons jaunes aux armes de la ville. Veste et culotte blanches. Chapeau noir avec cocarde tricolore : blanc bleu, incarnat. Petit plumet tricolore. Guêtres noires en hiver et blanches en été. Hausse col, épaulettes et contre épaulettes dorées pour les officiers selon leur grade, idem les galons de sous-officiers.
Les tambours eurent collet, parements, revers et poches galonnés de tricolore. Ce galon forma aussi des chevrons sur les manches de l’habit.

(Source : Arrêté du commandant de la Garde nationale de Lyon, bibliothèque municipale de Lyon).

Equipement classique de fantassin. Les gibernes étaient ornées d’une plaque ovalaire de cuivre portant les armoiries de la ville sur un faisceau d’armes avec la devise : « La Nation, la Loy, le Roy ».

En juillet, des émeutes à Lyon pour faire supprimer les octrois furent matées par la Garde nationale et le régiment suisse de Sonnemberg.
A la fin de1790, certains officiers se firent faire des habits à l’imitation de la Garde nationale de Paris, avec collet et parements rouge passepoilés de blanc et revers et retroussis blancs passepoilés de rouge. Cet uniforme va peu à peu remplacer le précédent en 1791.
Chacun des bataillons correspondant aux quartiers (districts), fut le plus souvent formé à quatre compagnies de fusiliers sous les ordres d’un major. L’état-major des bataillons était composé : d’un major, un aide major, un porte-drapeau, un aumônier, un ou deux chirurgiens majors, deux ou trois adjudants.

Chaque bataillon possédait un drapeau avec ses propres symboles, porté par un lieutenant ou sous- lieutenant.

Les 28 bataillons étaient chapeautés par un Etat-major général dont Dervieu du Villard puis Foissac furent commandant général et assisté d’un major général, quatre aides major généraux, un quartier maître trésorier, un secrétaire général, un sous-secrétaire, un tambour major.

Pour la fête de la fédération de Grenoble de 1790, s’étaient formés des détachements de grenadiers, qui subsistèrent jusqu’en 1791 où leur présence fut officialisée après de nombreuses contestations. Ils distinguèrent leurs uniformes par des épaulettes écarlates et des grenades à leur retroussis. En 1791, s’organisa aussi des chasseurs qui prirent des épaulettes vertes.

En 1792, la Garde nationale fut redéployée en quatre légions de neuf bataillons. Chaque bataillon compta une compagnie de grenadiers, quatre de fusiliers et une d’artilleurs. Joseph Julliard en devint le commandant général. Il exista de plus un bataillon de vétérans et un bataillon de jeunes de moins de 18 ans dit bataillon de l’Espérance. L’uniforme était celui désormais classique républicain : bleu à revers et retroussis blancs passepoilés de rouge, et collet et parements écarlates passepoilés de blanc.

Les houppettes rondes et plates au chapeau distinguèrent les légions : rouge, blanc, bleu pour la 1ère légion, bleu et blanc pour la 2e, rouge et blanc pour la 3e, rouge et bleu pour la 4e.
Les vieux drapeaux furent détruits car portant les symboles de la royauté. Heureusement leur description précise fut conservée.

Notes de Marc Morillon : A signaler que tous les drapeaux de la Garde nationale de Lyon ont été refaits par la ville de Lyon en 1889 pour les cérémonies du centenaire. Ils sont très beaux et toujours stockés dans un coffre au musée de Gadagne.

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Article de Didier Davin