Divisions de gendarmerie sous la Révolution

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Historique :

 Depuis le 22 décembre 1790 et les décrets du 16 février 1791, la maréchaussée fut désormais intitulée gendarmerie nationale pour assurer la sécurité des biens et des personnes à l‘intérieur du pays.

1791 :

 En 1791, elle forma 28 divisions dans les départements soit 1 600 brigades de cinq hommes ou sous-officiers chacune (1 600 sous-officiers et 6 400 gendarmes), encadrées par un corps de 700 officiers. Ce qui représentait un effectif total de 8 700 hommes. Une division était commandée par un colonel et couvrait trois à quatre départements comptant six à huit compagnies.

Chaque département aux ordres d’un lieutenant-colonel se vit affecter deux compagnies (commandées chacune par un capitaine et trois lieutenants), soit 12 à 18 brigades de cinq hommes et sous-officiers (15 en moyenne). La 1ère division attachée à Paris, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne à six compagnies soit 72 brigades. Deux compagnies y furent rattachées servant auprès des tribunaux. La 28ème division était rattachée à un seul département : la Corse, et avait un statut spécial avec 24 puis 36 brigades.
En août 1791, la Garde nationale soldée de Paris fut licenciée et ses effectifs formèrent trois régiments d’infanterie de ligne, deux bataillons d’infanterie légère et deux nouvelles divisions de gendarmerie, une à pied et une à cheval. Ces unités furent chargées de continuer à servir dans la capitale pour y faire régner l’ordre. Elles devinrent les 29ème  et 30ème divisions de gendarmerie. Ce seront de fait les deux premières nouvelles divisions bientôt envoyées aux frontières.

1792 :

 Le 20 juillet 1792, les brigades départementales durent détacher des hommes pour former deux nouvelles divisions qui furent employées contre l’ennemi extérieur. Le 12 août, ces deux nouvelles divisions à cheval s’organisèrent à Paris ou dans les environs au sein d’une armée de réserve pour couvrir la capitale. Chacune de ces divisions était à quatre escadrons de deux compagnies et disposait d’un État-major. Ces deux nouvelles unités devinrent les 31ème et 32ème divisions de gendarmerie.
Le phénomène de la réquisition départementale fut encore amplifié quelques jours plus tard. Le 26 Août 1792, quatre hommes de chaque brigade de France (sauf celles de la Corse) furent prélevés pour former de nouvelles divisions à cheval qui durent se réunir à Châlons, Versailles et Fontainebleau pour renforcer les armées. Le 27 prairial an 2 (15 Juin 1794) la Convention décida de regrouper les divisions de gendarmerie. Ainsi les 30ème et 31ème ne formèrent plus qu’une 30ème division de gendarmerie, les 32ème et 34ème formèrent la 31ème division et les 33ème et 35ème formèrent la 32ème division de gendarmerie.
Les canonniers de ces divisions regroupées furent réunis pour former une compagnie pour chaque nouvelle division.

Les Tenues de la Gendarmerie Nationale sous la Révolution : 

Le décret de formation de la Gendarmerie nationale dans son article 1 du titre 3 précise :

« Les officiers, sous-officiers et gendarmes conserveront l’uniforme dont-ils ont fait usage jusqu’à présent, ils ajouteront néanmoins un passepoil blanc au collet  aux parements et au plastron et porteront à leur chapeau une cocarde tricolore et pompon écarlate. Les boutons porteront ces mots : FORCE A LA LOI ».

La tenue est donc la suivante avec quelques variantes liées aux nécessités du service (à pied ou à cheval) et à celles des campagnes :

Habit de drap bleu national, revers collet et parements écarlates passepoilés de blanc. Pattes de parements et d’épaules bleus passepoilés d’écarlate. Retroussis écarlates ornés de grenades bleues. Pioches en travers passepoilées d’écarlate. Boutons blancs. Veste de drap chamois à boutons blancs.
En campagne pouvait être porté un surtout bleu sans revers et sans poches figurées, avec retroussis écarlates ornés de grenades bleues. Le collet, les parements sans pattes et les pattes d’épaule sont bleus passepoilés de rouge. Culotte de drap chamois. Chapeau de grande tenue noir bordée d’un galon argent, en campagne et en petite tenue bordé d’un ruban noir.  Cheveux en queue sur la nuque (poudrés en grande tenue). Guêtre noires pour les hommes à pied, bottes noires à l’écuyère pour ceux à cheval avec gants à crispin jaunes. Aiguillette au départ blanche puis théoriquement supprimée (en fait restera souvent) et sera tricolore en 1792 portée à l’épaule gauche.

 

Document transmis par Jérôme Croyet

Dénonciation à Bouchotte, ministre de la Guerre, d’un gendarme aux armées (prévotée) déserteur, document du 6 août 1793 :

  « Citoyen, j’ai dénoncé le 26 juillet un déserteur de la gendarmerie au citoyen Hémard, commandant de ce corps, et lui ai donné sa demeure. Je viens d’apprendre qu’il n’a fait aucune poursuite. Il paraît que monsieur n’aime pas la République. Il est bien temps de chasser tous ces traitres. Ce déserteur était à l’armée de Miranda (général de division à l’armée du Nord) au siège de Maastricht. Il est déserté depuis ce temps. Il demeure rue Montmartre n° 89, la première allée après la rue Maquel et allant à St-Eustache, maison où il y a un billard. Il loge au 5e avec sa femme. Il est Alsacien, garçon chapelier. Je suis persuadé qu’en lui rappelant son devoir il rejoindra son corps. Il a été garde-française. En lui faisant un petit sermon civique, son âme guerrière reprendra son énergie. Je ne me rappelle pas son nom parce qu’il est difficile à prononcer. Je m’en reporte à votre patriotisme et suis avec fraternité votre concitoyen. Il faut aller à 5h du matin pour le trouver ou le soir. Dubois de la section de Gravilliers ».

Gendarmerie aux Armées sous la Révolution :

  Gendarmerie à pied de Paris :

 Deux bataillons de gendarmes à pied de Paris furent signalés à l’armée de Hollande, division de droite du général d’Arçon, avec un effectif total de 817 hommes (1er mars 1793)[1].

Article de Didier Davin et Laurent B. , iconographie Jérôme Croyet

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[1] Ordre de bataille de la collection Nafziger, 1er mars 1793, armée de Hollande.