L’armée de Batavie l’armée Gallo-Batave

Créée avec les forces de l’ancienne armée du Nord stationnées dans la République Batave, par un arrêté du 5 novembre 1798, elle devint l’armée de Batavie par un autre décret du 23 septembre 1799. Cette armée dut faire face à une invasion coalisée anglo-russe, les Russes étant débarqués au Helder. Par les victoires d’Alkmaer et de Castricum, les 19 septembre et 6 octobre 1799, Brune repoussa l’invasion avec l’armée de Batavie. Le 24 novembre 1800, elle prit la dénomination d’armée gallo-batave. Par la suite, une convention fut signée entre la République française et la République batave, à la Haye, le 29 août 1801 :

« Au nom du peuple français, les consuls de la République française, ayant vu et examiné la convention conclue, arrêtée et signée, le 11 fructidor an 9 de la République française (29 août 1801), par le citoyen Charles François Pierre Augereau, général en chef des troupes françaises et bataves en Batavie, en vertu des pleins pouvoirs qui lui avaient été conférés à cet effet avec le citoyen Jacob Spoors, ministre de la Marine de la République batave, également muni de pleins pouvoirs, de laquelle convention la teneur suit : le Premier Consul de la République française, étant disposé à avoir égard aux réclamations réitérées, faites par le gouvernement batave, pour la diminution des frais excessifs, occasionnés par l’entretien des troupes françaises employées jusqu’à ce jour dans la République batave, a nommé pour traiter cet objet sous sa ratification, le citoyen Charles-François-Pierre Augereau, général en chef des troupes françaises et nationales de la République batave, et le directoire exécutif de cette dernière république a nommé de son côté, pour le même objet, sous son approbation et sous la ratification du corps législatif, le citoyen Jacob Spoors, ministre de la Marine, remplissant aussi en ce moment les fonctions de ministre de la Guerre, lesquels après échangé leurs pleins pouvoirs, ont arrêté les articles suivants :

Art I : le corps de troupes françaises, qui restera, en vertu des présents articles, employés comme auxiliaire au service de la Batavie, sera composé de cinq demi-brigades d’infanterie, et de cinq compagnies d’artilleries, les dites demi-brigades, ne pourront dans leur complet, excéder le nombre de 2 000 hommes chacune et chaque compagnie d’artillerie le nombre de 95 hommes, ces demi-brigades et compagnies d’artillerie seront spécialement désignées, et ne pourront être remplacées, en tout ou en partie, que du consentement des deux gouvernements.

Art II : Ces troupes, prises du nombre de celles qui se trouvent actuellement en Batavie, y resteront comme auxiliaires jusqu’à la conclusion définitive de la paix avec l’Angleterre.

Art III : En cas de nécessité, le corps auxiliaire de troupes françaises en Batavie pourra être augmenté, bien entendu pourtant, que cette augmentation n’aura lieu que du consentement des deux gouvernements, et d’après la demande préalable du gouvernement batave.

Art IV : les troupes françaises, employées comme auxiliaires en Batavie, ainsi que les troupes bataves, ne recevront leurs ordres que du gouvernement batave, par l’organe du Ministre de la guerre, elles s’y conformeront en tout point, ainsi qu’à la présente convention, arrêtée entre les deux gouvernements.

Art V : Au cas que les troupes françaises se trouvent réunies en garnison avec les troupes bataves, elles seront commandées par l’officier supérieur en grade, et en cas d’égalité de grade toujours par l’officier français, les généraux de brigade français en pourront être jamais commandés que par des généraux de division bataves duëment brevetés.

Art VI : si les corps administratifs requièrent assistance militaire pour garantir le repos public, et pour protéger les personnes et les propriétés, tout commandant français ou batave accordera cette assistance sans délai.

Art VII : dans aucun cas, les troupes françaises et bataves n’agiront sans une réquisition préalable, soit de la part du gouvernement, soit de celle du corps administratif du gouvernement, soit de celle des corps administratifs bataves, hors celui, où, par quelque violence ou sédition, les dits corps administratifs se trouveraient dans l’impossibilité de se réunir et de donner les ordres nécessaires, en pareil cas, l’officier français, chargé du commandement, sera tenu de prendre les mesures convenables, pour rétablir l’ordre et la tranquillité publique, et obligés d’en donner sur-le-champ avis au gouvernement batave, ou à celui de ses supérieurs à qui de droit, et de se remettre aux ordres des corps administratifs dès que ceux-ci pourront agir en pleine liberté.

Art VIII : Les militaires français ne s’immisceront point dans les discussions qui pourraient avoir lieu entre les habitants du pays et sur les affaires publiques.

Art IX : il sera attaché au dit corps de troupes auxiliaires pour son commandement, un général de division, avec son état-major, et trois généraux de brigade, avec leurs états-majors particuliers, le tout suivant les tableaux, qui en seront faits et insérés dans le règlement particulier, qui sera arrêté pour la formation, le paiement, la subsistance, l’administration, les revues, enfin pour l’entretien général et tout ce qui a rapport aux détails, concernant les troupes françaises, qui resteront en Batavie en vertu de la présente convention.

Art X : Les troupes françaises seront payées régulièrement tous les mois, le mode de paiement sera fixé ultérieurement par le règlement sus-mentionné.

Art XI : La République batave se charge de pourvoir au traitements des malades et blessés, et d’entretenir à cet effet les hôpitaux nécessaires, pour contenir le nombre de malades qui sera fixé par un règlement particulier concernant cette administration : ces hôpitaux seront gérés et servis par des employés, officiers de santé et infirmiers français.

Art XII : par la présente convention sont annulés entièrement et regardés comme non avenus les articles convenus, signés à la Haye, le 9 thermidor an 3 (27 juillet 1795)1 ».

Elle reprit le 10 avril 1801, le nom d’armée de Batavie, et fut supprimée le 23 octobre 1801, suite à un traité signé avec la République Batave. Par la suite une division française forte de 10 500 hommes passa à la solde de cette dernière sous son propre commandement.

armée de Batavie

Généraux en chef :

Général Brune de sa création au 27 novembre 1799.

Général Kellermann provisoirement.

Général Desjardin provisoirement.

Général Augereau du 27 janvier au 28 août 1800.

Général Barbou par intérim

Général Augereau du 7 septembre au 23 novembre 1800. Puis à nouveau Augereau sous la dénomination d’armée gallo-batave, jusqu’à sa dissolution en 1801.

Armée gallo-batave

Armée gallo-batave au 1er janvier 1801 :

Elle se composait de la 49ème et 98ème de ligne, des 11ème, 27ème et étrangement 29ème légère que Belhomme signale à la fois dans cette armée et à l’armée d’Italie. Il est probable qu’il y ait une confusion avec la 26ème ou que la 29ème était partagée entre les deux armées. Elle se composait aussi de la légion des Francs du Nord et d’une partie des troupes bataves.

Armée de Batavie au 1er janvier 1801 :

Elle se composait de la 17ème et 55ème de ligne, des 1er et 2ème bataillons de la 21ème de ligne, de la 18ème légère et du reste des troupes bataves.

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Article de Laurent Brayard

1 Supplément au recueil des principaux traités d’alliance, de paix, de trêve, de neutralité, de commerce, de limites, d’échanges conclus par les puissances de l’Europe tant entre elles qu’avec les puissances et états dans d’autres parties du monde depuis 1761 jusqu’à présent, précédé des traités du XVIIIe siècle antérieurs à cette époque et qui ne se trouvant pas dans le corps universel diplomatique de Messieurs Dumont et Rousset et autres recueils généraux des traités par George-Frédéric de Martens, tome 2, Gottingue, 1802.