L’armée de Batavie l’armée Gallo-Batave

Créée avec les forces de l’ancienne armée du Nord stationnées dans la République Batave, par un arrêté du 5 novembre 1798, elle devint l’armée de Batavie par un autre décret du 23 septembre 1799. Cette armée dut faire face à une invasion coalisée anglo-russe, les Russes étant débarqués au Helder. Par les victoires d’Alkmaer et de Castricum, les 19 septembre et 6 octobre 1799, Brune repoussa l’invasion avec l’armée de Batavie. Le 24 novembre 1800, elle prit la dénomination d’armée gallo-batave. Par la suite, une convention fut signée entre la République française et la République batave, à la Haye, le 29 août 1801 :

« Au nom du peuple français, les consuls de la République française, ayant vu et examiné la convention conclue, arrêtée et signée, le 11 fructidor an 9 de la République française (29 août 1801), par le citoyen Charles François Pierre Augereau, général en chef des troupes françaises et bataves en Batavie, en vertu des pleins pouvoirs qui lui avaient été conférés à cet effet avec le citoyen Jacob Spoors, ministre de la Marine de la République batave, également muni de pleins pouvoirs, de laquelle convention la teneur suit : le Premier Consul de la République française, étant disposé à avoir égard aux réclamations réitérées, faites par le gouvernement batave, pour la diminution des frais excessifs, occasionnés par l’entretien des troupes françaises employées jusqu’à ce jour dans la République batave, a nommé pour traiter cet objet sous sa ratification, le citoyen Charles-François-Pierre Augereau, général en chef des troupes françaises et nationales de la République batave, et le directoire exécutif de cette dernière république a nommé de son côté, pour le même objet, sous son approbation et sous la ratification du corps législatif, le citoyen Jacob Spoors, ministre de la Marine, remplissant aussi en ce moment les fonctions de ministre de la Guerre, lesquels après échangé leurs pleins pouvoirs, ont arrêté les articles suivants :

Art I : le corps de troupes françaises, qui restera, en vertu des présents articles, employés comme auxiliaire au service de la Batavie, sera composé de cinq demi-brigades d’infanterie, et de cinq compagnies d’artilleries, les dites demi-brigades, ne pourront dans leur complet, excéder le nombre de 2 000 hommes chacune et chaque compagnie d’artillerie le nombre de 95 hommes, ces demi-brigades et compagnies d’artillerie seront spécialement désignées, et ne pourront être remplacées, en tout ou en partie, que du consentement des deux gouvernements.

Art II : Ces troupes, prises du nombre de celles qui se trouvent actuellement en Batavie, y resteront comme auxiliaires jusqu’à la conclusion définitive de la paix avec l’Angleterre.

Art III : En cas de nécessité, le corps auxiliaire de troupes françaises en Batavie pourra être augmenté, bien entendu pourtant, que cette augmentation n’aura lieu que du consentement des deux gouvernements, et d’après la demande préalable du gouvernement batave.

Art IV : les troupes françaises, employées comme auxiliaires en Batavie, ainsi que les troupes bataves, ne recevront leurs ordres que du gouvernement batave, par l’organe du Ministre de la guerre, elles s’y conformeront en tout point, ainsi qu’à la présente convention, arrêtée entre les deux gouvernements.

Art V : Au cas que les troupes françaises se trouvent réunies en garnison avec les troupes bataves, elles seront commandées par l’officier supérieur en grade, et en cas d’égalité de grade toujours par l’officier français, les généraux de brigade français en pourront être jamais commandés que par des généraux de division bataves duëment brevetés.

Art VI : si les corps administratifs requièrent assistance militaire pour garantir le repos public, et pour protéger les personnes et les propriétés, tout commandant français ou batave accordera cette assistance sans délai.

Art VII : dans aucun cas, les troupes françaises et bataves n’agiront sans une réquisition préalable, soit de la part du gouvernement, soit de celle du corps administratif du gouvernement, soit de celle des corps administratifs bataves, hors celui, où, par quelque violence ou sédition, les dits corps administratifs se trouveraient dans l’impossibilité de se réunir et de donner les ordres nécessaires, en pareil cas, l’officier français, chargé du commandement, sera tenu de prendre les mesures convenables, pour rétablir l’ordre et la tranquillité publique, et obligés d’en donner sur-le-champ avis au gouvernement batave, ou à celui de ses supérieurs à qui de droit, et de se remettre aux ordres des corps administratifs dès que ceux-ci pourront agir en pleine liberté.

Art VIII : Les militaires français ne s’immisceront point dans les discussions qui pourraient avoir lieu entre les habitants du pays et sur les affaires publiques.

Art IX : il sera attaché au dit corps de troupes auxiliaires pour son commandement, un général de division, avec son état-major, et trois généraux de brigade, avec leurs états-majors particuliers, le tout suivant les tableaux, qui en seront faits et insérés dans le règlement particulier, qui sera arrêté pour la formation, le paiement, la subsistance, l’administration, les revues, enfin pour l’entretien général et tout ce qui a rapport aux détails, concernant les troupes françaises, qui resteront en Batavie en vertu de la présente convention.

Art X : Les troupes françaises seront payées régulièrement tous les mois, le mode de paiement sera fixé ultérieurement par le règlement sus-mentionné.

Art XI : La République batave se charge de pourvoir au traitements des malades et blessés, et d’entretenir à cet effet les hôpitaux nécessaires, pour contenir le nombre de malades qui sera fixé par un règlement particulier concernant cette administration : ces hôpitaux seront gérés et servis par des employés, officiers de santé et infirmiers français.

Art XII : par la présente convention sont annulés entièrement et regardés comme non avenus les articles convenus, signés à la Haye, le 9 thermidor an 3 (27 juillet 1795)1 ».

Elle reprit le 10 avril 1801, le nom d’armée de Batavie, et fut supprimée le 23 octobre 1801, suite à un traité signé avec la République Batave. Par la suite une division française forte de 10 500 hommes passa à la solde de cette dernière sous son propre commandement.

armée de Batavie

Généraux en chef :

Général Brune de sa création au 27 novembre 1799.

Général Kellermann provisoirement.

Général Desjardin provisoirement.

Général Augereau du 27 janvier au 28 août 1800.

Général Barbou par intérim

Général Augereau du 7 septembre au 23 novembre 1800. Puis à nouveau Augereau sous la dénomination d’armée gallo-batave, jusqu’à sa dissolution en 1801.

Armée gallo-batave

Armée gallo-batave au 1er janvier 1801 :

Elle se composait de la 49ème et 98ème de ligne, des 11ème, 27ème et étrangement 29ème légère que Belhomme signale à la fois dans cette armée et à l’armée d’Italie. Il est probable qu’il y ait une confusion avec la 26ème ou que la 29ème était partagée entre les deux armées. Elle se composait aussi de la légion des Francs du Nord et d’une partie des troupes bataves.

Armée de Batavie au 1er janvier 1801 :

Elle se composait de la 17ème et 55ème de ligne, des 1er et 2ème bataillons de la 21ème de ligne, de la 18ème légère et du reste des troupes bataves.

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Article de Laurent Brayard

1 Supplément au recueil des principaux traités d’alliance, de paix, de trêve, de neutralité, de commerce, de limites, d’échanges conclus par les puissances de l’Europe tant entre elles qu’avec les puissances et états dans d’autres parties du monde depuis 1761 jusqu’à présent, précédé des traités du XVIIIe siècle antérieurs à cette époque et qui ne se trouvant pas dans le corps universel diplomatique de Messieurs Dumont et Rousset et autres recueils généraux des traités par George-Frédéric de Martens, tome 2, Gottingue, 1802.

Représentants du Peuple en mission auprès des armées, 1793-1794

Représentants du Peuple auprès des armées 1793 :

  1. Armée du Nord : Gasparin, Duhem, Delbret, Carnot, Courtois, Cochon, Lequinio, Salengros, Bellegarde, Duguesnoy et Cavaignac.

  2. Armée des Ardennes : Delaporte, Hentz, Deville et Milhaud.

  3. Armée de la Moselle : Soubrany, Maribou-Montant, Maignet et Levasseur.

  4. Armée du Rhin : Rewbel, Merlin de Thionville, Hauffmann, Ruamps, Pflieger, Duroy, Louis, Laurent, Ritter et Ferry.

  5. Armée des Alpes, Albitte, Gauthier, Nioche et Dubois-Crancé.

  6. Armée d’Italie : Barras, Beauvais de Paris, Despinassy et Pierre Payle.

  7. Armée des Pyrénées-Orientales, Fabre de l’Hérault, Leyris, Bonnet de l’Hérault, Projean.

  8. Armée des Pyrénées-Occidentales, Féraud, Isabeau, Carreau, Chaudron-Rousseau.

  9. Armée des Côtes de la Rochelle : Carra, Choudieu, Garnier de Saintes, Goupilleau, Mazade, Treillard.

  10. Armée des Côtes de Brest : Alquier, Merlin, Gillet et Sevestie.

  11. Armée des Côtes de Cherbourg : Prieur de la Marne, Prieur de la Côte d’Or, Romme, Lecointre de Versailles.

  12. En Corse : Salicetti, Delcher, Lacombe-Saint-Michel.

  13. Département de la Loire-Inférieure, Coustard.

Représentants du Peuple auprès des armées, pour la levée extraordinaire de chevaux, 17 brumaire an 2 :

  1. Armée du Nord, Bollé,

  2. Armée des Ardennes, Phiéger,

  3. Armée de la Moselle, Faure,

  4. Armée du Rhin, Durpi,

  5. Armée des Alpes, Petit-Jean,

  6. Armée d’Italie, Delbret,

  7. Armée des Pyrénées-Orientales, Bentabolle,

  8. Armée des Pyrénées-Occidentales, Cavaignac,

  9. Armée de l’Ouest, Lakanal,

  10. Armée des Côtes de Brest, Alquiar,

  11. Armée des Côtes de Cherbourg, Guillemardet,

  12. Armée intermédiaire, Vidalin.

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Armée des Côtes de Brest

D’abord créée sous le nom d’Armée des Côtes le 31 janvier 1793. Elle fut créée le 30 avril suivant, par la séparation de l’Armée des Côtes en Armée des Côtes de Brest et Armée des Côtes de Cherbourg. L’Armée des Côtes de Brest, reçut les 6, 7 et 8 septembre, l’apport de l’Armée de Mayence, cette partie de l’Armée étant fondue, le 6 octobre dans l’Armée de l’Ouest. Par arrêté du Directoire, les trois armées de l’Ouest, des Côtes de Brest et des Côtes de Cherbourg furent réunies en une seule armée : l’Armée des Côtes de l’Océan, 26 décembre 1795.

Rossignol, armée des côtes de Brest

Général Labourdonnaye de sa création au 14 avril 1793. Le général Wimpfen commande les forces des Côtes de la Manche.

Général Canclaux du 15 avril au 5 octobre 1793, avec le commandement supérieur sur l’Armée de Mayence, à partir du 8 septembre. Le général Grouchy commande l’armée pendant son absence du 31 août au 4 septembre, le général Aubert-Dubayet commande l’Armée de Mayence sous ses ordres. Il fut dénoncé et destituée par l’action perfide de Rossignol et de ses amis.

Général Rossignol du 6 octobre 1793 au 6 mai 1794.

Général Moulin du 7 mai au 10 octobre 1794.

Général Rivaud par intérim.

Général Dumas du 24 octobre au 9 novembre 1794.

Général Hoche du 10 novembre 1794 au 1er mai 1795 au avec le commandement des Armées de Brest et de Cherbourg.

Général Rey provisoirement du 10 septembre au 23 décembre 1795.

Général Hédouville du 24 décembre 1795 à sa dissolution définitive le 8 janvier 1796.

Armée des côtes de Brest 2

Le 28 mars, l’adjudant-général Beysser se trouvait à Redon en Bretagne, il écrit à Duboys, commandant du 3e bataillon de Maine et Loire : « Je me suis emparé des postes de Saint-Peren et d’Anquefer. Les brigands sont dispersés et la libre communication avec le Morbihan, interceptée depuis 12 jours, est rétablie. Les deux routes par Musillac et Malestroits sont ouvertes, et je vais en ouvrir une troisième car, ce matin, je prends la Gacilly… Je ne puis vous porter des secours et combiner à mon gré mes dispositions, étant maître des chemins, des passages et des chalands… je compte être le 30 à la Roche-Bernard ». Beysser avait 600 hommes seulement. Le 29 mars, il battit les révoltés près de la Roche-Bernard, leur tuant environ 40 hommes, s’empara de matériels et entra dans la ville vers 9 heures du soir avec la colonne du lieutenant-colonel Laborie du 4e d’infanterie : « Les deux petites armées, vont se concerter pour achever de purger le territoire de ces scélérats… les succès que nous avons obtenus nous assurent qu’ils n’oseront pas se remettre de sitôt en campagne »1. La répression s’abattit sur les prisonniers, huit paysans furent guillotinés à Vannes, mais aucun chef n’avait été saisi. Le plus éminent des condamnés était le sieur Le Vaillant, juge à Rochefort, prévenu d’avoir fourni du grain et des subsistances aux révoltés et d’avoir écrit une lettre au commandant des catholiques à Rochefort.

Armée des côtes de Brest
En septembre 1793, l’armée aux ordres de Canclaux comprenait :

  1. au camp des Naudières 6 000 hommes sous les ordres du général Beysser. Sa gauche s’appuyant au ravin de la rivière de Sèvre et sa droite à la droite de Montaigu.

  1. Au poste des Sorinières 2 000 hommes sous les ordres du général Grouchy qui formait l’avant-garde de la division Beysser. Ce corps était composé des grenadiers de l’adjudant-général Blosse élite de cette armée.

Cette armée grâce à l’action des représentants Merlin de Douai et Gillet du Morbihan, ne manquait de rien selon les déclarations de ses chefs lors du conseil de guerre tenu à Saumur, le 2 septembre 1793. Les représentants en mission avaient développé à Nantes, un arsenal de construction de guerre et une manufacture d’armes qui existaient déjà dans cette ville. En complément, un autre arsenal de construction, une manufacture d’armes et une fonderie de canons avaient été créées et installées à Rennes. Cette activité permit à l’Armée des Côtes de Brest de disposer d’un équipement suffisant, notamment en artillerie et proposa de verser à l’Armée de Mayence 24 pièces d’artillerie. En effet cette dernière n’avait plus d’artillerie et avait besoin de changer 4 000 fusils endommagés ou hors d’usage suite aux opérations qu’elle avait soutenu les derniers mois à Mayence et sur le Rhin (siège d’avril à juillet).

Article de Laurent Brayard, iconographie tirée de planches de la Bibliothèque Nationale, Paris.

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1 Petigny, Un bataillon de volontaires du Maine et Loire, le 3e du Maine et Loire, 1908, p. 203.

Ordre de bataille de l’Armée des Ardennes, 1er mars 1793

Ordre de bataille de l’Armée des Ardennes du général Valence au 1er mars 1793 :

Armée des Ardennes 1792 1

Avant-garde du général Lamarche : (5 514 h)

Chasseurs de Naulet (323 h), bataillons de grenadiers réunis de ligne (924 h), 6ème de Paris (599 h), 1er bataillon du 8ème, régiment d’infanterie, 56ème et 58ème régiment d’infanterie de ligne (640, 634 et 758 h), 3ème bataillon des Ardennes (685 h), 3ème bataillon de la Meurthe (501 h), 5ème régiment de hussards (441 h), gendarmes (9 h).

Division de droite du général Neuilly : (4 152 h)

5ème régiment de chasseurs de la Meuse (87 h), détachement de la compagnie de Paris (102 h), bataillons de grenadiers nationaux (457 h), 1er bataillon du 6ème et du 73ème régiment d’infanterie ligne (750 et 481 h), 1er bataillon du Loir-et-Cher, 1er bataillon d’Ille-et-Vilaine (555 h), 1er bataillon de la Charente-Inférieure (527 h), 2 escadrons du 2ème régiment de dragons (301 h), 2 escadrons du 10ème dragons (293 h), gendarmes (9 h).

Division du centre du général Le Veneur : (7 072 h)

Chasseurs du 58ème régiment de ligne (150 h), 1er bataillon des 17ème et 47ème régiments de ligne (619 et 781 h), 2ème bataillon de la Meurthe (571 h), 10ème bataillon de Paris (372 h), 5ème bataillon de Paris (670 h), 2ème bataillon de Saône-et-Loire (589 h), 2ème bataillon de la Sarthe (535 h), 1 escadron du 5ème hussards (100 h), 2 escadrons du 21ème régiment de cavalerie (253 h), 2 escadrons du 3ème régiment de cavalerie (297 h), 2ème bataillon du Nord (475 h), parc d’artillerie (1 660 h).

Division de gauche du général Diettmann : (5 943 h)

Chasseurs à pied (164 h), 1er bataillon des 25ème, 38ème, 43ème et 45ème régiments d’infanterie de ligne (825, 784, 687 et 696 h), bataillon de la commune de Paris (508 h), 1er bataillon de la Mayenne et de la Sarthe (548 et 535 h), 4ème bataillon des Vosges (449 h), 7ème et 16ème régiments de cavalerie à 2 escadrons (285 et 284 h), gendarmes (76 h), 1 escadron du 12ème chasseurs à cheval (102 h)

L’armée compte un total de 23 479 hommes, dont 798 en garnison.

Relevé de Laurent Brayard

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Armée des Ardennes

En partie tiré pour les officiers du Tableau des Armée françaises pendant la Révolution, C. Clerget, 1905. Créée le 1er octobre 1792, par division en deux parties de l’armée du Nord. Le 29 juin 1794, l’armée des Ardennes est fusionnée avec la droite de l’armée du Nord et la gauche de l’armée de Moselle pour former la célèbre Armée de Sambre-et-Meuse.

Armée des Ardennes 1792 1

Généraux en chef :

Général Dumouriez du 1er octobre 1792 au 29 décembre 1792.

Général Valence par intérim.

Général Lanoue par intérim, l’aile gauche dite armée de Belgique

Général Leveneur par intérim, l’aile droite dite armée des Ardennes.

Général Valence du 23 février 1793 au 10 mars 1793.

Général Dumouriez du 11 mars au 4 avril, jour de sa défection et passage à l’ennemi.

Général Dampierre du 5 au 28 avril 1793.

Général Kilmaine du 29 juillet au 10 août 1793.

Général Houchard du 11 août au 12 septembre 1793.

Général Jourdan du 13 au 23 septembre 1793.

Général Ferrand du 4 novembre au 3 décembre 1793.

Général Murat-Sistrières du 4 décembre 1793 au 3 février 1794, subordonné à l’armée du Nord.

Général Charbonnier du 4 février au 2 juin 1794.

Général Desjardin du 9 juin au 28 septembre 1794.

Général Jourdan du 3 juin au 1er juillet 1794. L’armée est fondue dans l’armée de Sambre-et-Meuse.

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Armée d’Angleterre

Armée d’Angleterre :

Tableau des Armées de la Révolution de C. Clerget de 1905. Formée en vue d’un vague projet de descente en Angleterre, elle fut créée par un arrêté du 26 octobre 1797. Mais à la fin du mois de décembre, elle n’était pas encore réunie, elle devait comprendre 40 000 hommes tirés de l’Armée d’Italie et 10 000 de l’Armée du Rhin et de celle de Mayence. Après la création de l’Armée d’Orient et le décret du 25 décembre 1798, cette armée fut envoyée dans l’Ouest, son quartier-général se trouvant à Rennes. Elle avait pour mission de veiller à l’ordre des départements de l’Ouest et à la défense des côtes. Ses troupes formèrent 4 divisions territoriales qui couvraient les côtes de la Seine à la Gironde. Elle devint l’Armée de l’Ouest par un nouveau décret du 14 janvier 1800.

Correspondance de Bonaparte au général Hédouville en janvier 1800

« Paris, 15 nivôse an VIII (5 janvier 1800), au général Hédouville, commandant en chef l’armée d’Angleterre.

Le Consul Bonaparte vient de recevoir, mon cher général, votre lettre du 19 courant. Il me charge de vous écrire par courrier extraordinaire, et vient de me faire part de ses idées, que je vous transmets, en y mettant peu du mien.Vous avez demandé 15 000 hommes : on vous en a donné au delà de ce nombre. En voici la récapitulation :


Trois demi-brigades venues de Batavie. 7 000 hommes.


La 61e demi-brigade 2 300,


La 79e demi-brigade, 2 500,


La 30e légère, 1 500,


Le 21e régiment de chasseurs, 800,

Vous avez à Nantes, de troupes de la marine, 1 800,

Enfin on vient d’ordonner, par courrier extraordinaire, de diriger de Lyon sur Tours un corps de 1 500.


Total 17 400.

On vient d’envoyer un renfort de 500 hommes à Orléans. Chartres est muni de forces considérables; Évreux de même. Toutes les fois que vous aurez besoin de 400 hommes tirés d’Orléans, de 600 extraits de Chartres, de 600 extraits d’Évreux, ils marcheront au premier ordre de votre part aux chefs qui les commandent. On leur a commandé de mettre ces détachements à votre disposition.

Le Premier Consul de la République pense qu’en ce moment toute nouvelle démarche pacifique devient inutile. Il faut tomber le plus promptement possible sur les rassemblements armés et les dissiper à l’instant par la force. C’est par ceux de Frotté et de Georges (Cadoudal) qu’il faut commencer. Pour contribuer à anéantir le premier, on va faire partir un régiment de cavalerie de 400 hommes pour le département de la Manche. Malgré tout ce que l’on pourra faire, il sera impossible de rétablir l’ordre dans les départements de l’Ouest sans quelques actions militaires. Pour cela, il ne faut pas tenir les troupes dans les grandes villes; il suffit que vous nommiez un bon chef pour leur garde nationale; c’est à ces villes à se charger de leur propre défense et de celle de leur territoire.

Quant à l’article du désarmement, le Premier Consul n’entend pas, quel que soit le mal que cette mesure puisse produire d’abord, biaiser sur cet objet; il faut que ce désarmement soit réel et entier.Vous êtes investi, mon cher général, de tous les pouvoirs, oui, de tous les pouvoirs; agissez aussi librement que si vous étiez au milieu de l’Allemagne. Que les petits intérêts et les considérations individuelles disparaissent devant la nécessité de comprimer les rebelles et de faire respecter le Gouvernement. La mesure d’avoir des conseils militaires à la suite des colonnes républicaines est inutile. Les Consuls pensent que les généraux doivent faire fusiller sur-le-champ les principaux rebelles pris les armes à la main.

Les cabales, les dénonciations, les intrigues dirigées contre vous, de quelque côté qu’elles viennent, seront vaines. Le Gouvernement vous soutiendra; mais on jugera en militaire vos actions militaires; elles seront examinées par un homme qui a l’habitude des mesures rigoureuses et énergiques, et qui est accoutumé à triompher dans toutes les occasions. Quelque rusés qu’on puisse croire les chouans, ils ne le sont pas autant que les Arabes du désert. Ils n’ont ni leur coup d’œil ni leur vélocité – vous devez les vaincre. Le Premier Consul croit que ce serait donner un exemple salutaire que de brûler deux on trois grosses communes choisies parmi celles qui se comporteront le plus mal. L’expérience lui a fait connaître qu’un grand acte de rigueur, dans des circonstances telles que celles dans lesquelles vous vous trouvez, était ce qu’il y avait de plus humain. La faiblesse seule est inhumanité.

Si vous le jugez à propos mon cher général, vous pouvez envoyer à Paris, soit les prêtres, soit les chefs principaux des rebelles; ils y seront bien reçus, et le Premier Consul les verra avec plaisir. Si Sapineau désire venir à Paris, vous pouvez l’autoriser à s’y rendre, en le faisant accompagner par un officier. Mais n’oubliez pas que le Gouvernement veut en finir, et qu’il sait que cette guerre civile ne sera terminée que lorsque les insurgés n’auront plus d’armes, et qu’on leur aura inspiré une grande terreur à la suite d’actes conformes à la modération, au bon ordre et à la justice.

Déployez donc, mon cher général, dans cette importante occasion, de la vigueur. La vigueur seule peut vous faire réussir. Le Premier Consul ne paraît pas beaucoup approuver la seconde réunion des chefs des chouans. Aux armes donc! aux armes! Ils ont des canons, il faut vous en emparer. Ils se rassemblent dans certaines communes, brûlez-les. Après avoir fait tout ce que dicte la modération, il faut déployer de l’énergie, sans quoi cette modération n’est elle-même que faiblesse ».

Armée d'Angleterre

État-major de l’armée d’Angleterre:

Généraux en chef :

Général Bonaparte à sa création.

Général Desaix par intérim à sa création en attendant le général Bonaparte.

Général Bonaparte jusqu’au 12 avril 1798.

Général Kilmaine provisoirement du 27 mars au 7 octobre 1798.

Général Moulin par intérim.

Général Kilmaine du 2 novembre 1798 au 2 janvier 1799.

Général Moulin du 3 janvier au 22 juin 1799.

Général Dembarrère par intérim.

Général Michaud provisoirement du 20 juillet au 14 novembre 1799.

Général Hédouville du 15 novembre 1799 au 16 janvier 1800 date de sa transformation en Armée de l’Ouest.

Notes de Laurent Brayard et de Didier Davin

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