Artillerie à pied

Régiments d’artillerie et organisation de l’artillerie française :

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En 1790, au commencement de la Révolution, l’artillerie française comprenait sept régiments de canonniers, six compagnies de mineurs, 10 compagnies d’ouvriers et huit compagnies de canonniers invalides, auxquels il faut encore ajouter les compagnies de canonniers garde-côtes. Chaque régiment d’artillerie comprenait alors deux bataillons de 10 compagnies, partagées elles-mêmes en division de cinq compagnies. Chaque compagnie en temps de paix comprenait quatre officiers (deux capitaines et deux lieutenants) et 55 sous-officiers et soldats[1].

 Le 1er avril 1792, parut un premier règlement concernant le service du corps de l’artillerie en campagne. Le 27 août, le régiment d’artillerie des colonies et trois compagnies d’ouvriers qui lui étaient attachés furent réunis au corps de l’artillerie. Les effectifs de l’arme furent dès lors de huit régiments d’artillerie, six compagnies de mineurs, 12 compagnies d’ouvriers et neuf compagnies d’artillerie à cheval.

 Après la bataille de Valmy, le nombre de compagnies d’artillerie à cheval fut portée à 30 et la guerre augmenta encore ce nombre jusqu’à environ une cinquantaine.

 La loi du 7 mai 1795, fixa la composition de l’artillerie à huit régiments d’artillerie à pied, huit régiments d’artillerie à cheval, 12 compagnies d’ouvriers et un corps de pontonniers à huit compagnies. Un régiment d’artillerie se composait de 20 compagnies, et chaque compagnie était formée de cinq sections ou escouades de 16 hommes. Une compagnie comprenait alors un effectif de quatre officiers et 88 sous-officiers et hommes de troupes.

 Quant à l’artillerie à cheval, un régiment ne comprenait que six compagnies organisées de la même façon que l’artillerie à pied, mais avec un effectif par compagnie de quatre officiers et 72 hommes de troupes. C’est cette organisation que nous retrouvons en septembre 1798, lors de la réorganisation de l’artillerie.

 Il fallut attendre le 22 décembre 1799, pour voir la création de 38 bataillons du train à cinq compagnies pour remplacer le service des charrois. Mesure complétée le 3 janvier 1800 par la militarisation du train.

 Le 28 novembre 1800, trois nouvelles compagnies de pontonniers furent organisées, les bataillons du train réduits en 1801 à huit avec possibilité de dédoublement sur le pied de guerre (4 août 1801). Ce même arrêté décida la suppression de deux régiments d’artillerie à cheval. Une compagnie d’artillerie sur le pied de guerre comprenait alors 100 hommes et 186 chevaux[2].

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 Musée Chintreuil, à Pont-de-Vaux, pièce de 12 issue de la fonderie de canon de cette ville, installée après la chute de Lyon, dans l’ancien couvent des Ursulines.

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 Artillerie à pied sous le Consulat

 

Le Service d’une pièce de 8 :

 

Article de Guy Démoulin et Didier Davin dans le cadre du Bivouac aimablement confié à la SEHRI :

 

« Service de la pièce de 8 ; personnel huit artilleurs (deux canonniers et six servants). La gravure montre la pièce au départ du coup. De gauche à droite :

3ème servant (pourvoyeur) : porte devant lui un sac à munition qu’il a garni au coffre ; se tient à gauche de la pièce, à hauteur des roues et sert le chargeur.

1er servant (chargeur) se tenant à l’avant et à gauche de la pièce, il reçoit la charge du pourvoyeur, l’introduit dans la bouche à feu et aide l’écouvillonneur à l’enfoncer avec le refouloir.

2ème canonnier (pointeur principal) appuyé sur la flasque gauche de l’affût, bouche la lumière pendant le chargement avec le pouce gauche protégé par un doigtier de cuir ; de la main droite il manœuvre la vis de pointage en hauteur puis s’écarte.

2ème servant (artificier) placé à gauche de la pièce vient près de la culasse quand le pointeur s’en écarte ; de la main gauche il introduit une étoupille puis s’écarte hors de l’alignement des roues.

4ème servant (écouvillonneur) se tient à l’avant et à droite de la pièce ; passe l’écouvillon dans le tube et aide à introduire et à mettre en place la charge puis se retire sur le côté droit.

5ème servant se tient à droite, à la hauteur de la culasse et met le feu à l’aide de son boute feu.
1er canonnier (Caporal-chef de pièce) veillant à ce que tous les servants soient à leur place ; pointe en direction avec les leviers ; se retire avant qu’on mette le feu pour observer l’arrivée du coup.

Un huitième artilleur, non représenté est placé près du coffre, il surveille la distribution des munitions.


Nota : à l’armée d’observation de la Gironde se trouve six pièces de 12, deux pièces de 8, seize de 4 et 6 obusiers
 ».

 

 Les régiments d’artillerie

 

Ce tableau reprend les régiments d’artillerie à pied pendant la Révolution et leur appellation d’Ancien régime suivi de la numérotation mise en place par la réforme de 1791.

 

Régiment d’artillerie à pied de La Fère 1er régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied de Metz 2e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied de Besançon 3e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied de Grenoble 4e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied de Strasbourg 5e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied d’Auxonne 6e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied de Toul 7e régiment d’artillerie à pied
Régiment d’artillerie à pied des colonies 8e régiment d’artillerie à pied

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Article de Didier Davin

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 [1] Alain Pigeard, L’artillerie Napoléonienne et le génie, Hors-série tradition magazine N° 23, page 5.

[2] Idem, pages 7 et 8.