9e régiment de dragons Lorraine Lambesc

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Le 9ème régiment de dragons ci-devant Lorraine-Lambesc :

 

Ouvrage de référence : Martinet Historique du 9e régiment de dragons, 1888.

 

Historique :

En 1789, le régiment cantonna à Mâcon puis Roanne. Nous le trouvons ensuite à Aix, puis à Brignoles et Nîmes en 1790. En 1791, il était en garnison à Tarascon.

1792 :

Le 1er janvier, le régiment était en garnison à Avignon et Nîmes selon d’autres sources. Il comprenait un effectif de 425 hommes et 94 manquants. Sa remonte se composait de 366 chevaux et 124 manquants. Deux escadrons du régiment partirent d’Oranges le 1er mars, pour se rendre à Nîmes. Au 1er avril, il fit mouvement sur Nîmes et comprenait trois escadrons pour un effectif de 508 hommes plus 11 manquants. Le 1er juin, le régiment fut dirigé sur Lyon et cantonna à Cessieux dans le camp de Le Vignan[1]. Le régiment participa avec le colonel Beaumont à l’invasion de la Savoie en septembre et octobre.

1793 :

En 1793, le régiment était à l’armée des Alpes. Il fut passé en revue le 8 mai près de Lyon. Fort de 35 officiers et 519 hommes, il ne possédait que 293 casques, 526 pistolets, 328 sabres en bon état. 116 casques, 70 pistolets et 72 sabres étaient à réparer, tandis que 99 casques, 94 pistolets et 111 sabres étaient à remplacer[2]. L’équipement proprement dit n’était pas en meilleur état ! Car si 218 selles étaient bonnes, 198 étaient à réparer et 87 à remplacer[3]. Il semble qu’il fut dirigé sur la Vendée, avant de revenir à l’armée des Alpes. Le chef de brigade Beaumont qui fit une belle carrière sous l’Empire, indique qu’il était le seul officier du régiment à avoir des origines nobles dans le régiment au moment de l’épuration des cadres de l’armée française[4]. Il fut de nouveau passé en revue, près de Lyon, à la Guillotière, le 1er septembre, par le général Vaubois, deux escadrons à l’armée des Alpes, un au dépôt, 25 officiers et 330 hommes. Il participe aux opération durant le siège de Lyon, combattant le 9 octobre pour repousser l’offensive des Piémontais, qui fut repoussée avec pertes.

Un détachement fort de 49 hommes et 2 officiers, se trouvait le 11 décembre dans la cavalerie de l’armée du siège de Toulon. Le régiment était présent le 21 décembre dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna aux environs de Grenoble et comprenait un effectif de 257 hommes, 6 en congé, 95 aux hôpitaux, 296 détachés et un en prison.

1794 :

Le 20 avril, il faisait partie de la division du général Declaye qui cantonna à Lyon. La garnison de la ville était importante depuis la révolte des Lyonnais qui conduisit à un long siège. Le régiment comprenait un effectif de 611 hommes sur un complet de 944 hommes[5]. Son dépôt se trouvait à Valence avec 285 à l’instruction[6]. Le 19 juin, le régiment fut déplacé pour rejoindre l’armée d’Italie. Il fit partie de la division du Centre du général Macquard. Il cantonna à Sospel fort de 533 hommes[7]. En juillet, le régiment s’avança au-delà du col de Tende avec la division Macquard. Il était composé de 513 hommes bivouaquant à Breil[8]. Du 7 au 17 août, il cantonna à Sospel avec un effectif de 510 hommes[9]. En septembre, le 9ème de dragons était à l’arrière-garde de la colonne de la division Cervoni qui opérait dans les Alpes et se dirigea vers Calissano. La colonne forte de 9 000 hommes démarra sa route vers 2 heures du matin. Les chemins de montagne étant tortueux et assez mauvais à partir d’un moment, la colonne s’étira sur une longue distance. Le 9ème de dragon ne se mit en route que vers midi, le 19 septembre. Le soir il ne dépassa pas Calissano. Le 22 septembre, la bataille incertaine de Dego fut livrée mais nous ne savons pas si le 9ème fut des combats[10]. Il était alors passé en partie dans l’armée d’Italie, ayant son dépôt à Avignon et Tarascon, plus un fort détachement de 237 hommes en Vendée.

Ce détachement eut une affaire le 6 juin, durant laquelle, le lieutenant Talma fut blessé d’un coup de feu. Le 16 septembre, le dragon Faget s’illustra lors d’une charge contre les insurgés venus encercler le camp républicain, après avoir tenu tête à l’ennemi longtemps, il fut finalement renversé de son cheval par un coup d’espingole[11]. Durant la campagne, le lieutenant Maupetit fut gravement blessé dans un engagement dans la région de Savigny. La situation du régiment à la fin de l’année, était quatre escadrons, deux à l’armée d’Italie, deux à l’armée des Alpes, un détachement en Vendée.

1795 :

Le 29 janvier, le régiment était à l’armée d’Italie et son dépôt à Tarascon. Il comprenait un effectif de 21 officiers, 779 hommes. La remonte était alors de 22 chevaux d’officiers et de 687 pour la troupe[12]. En mars, le régiment était à l’armée d’Italie. Le 12 mai, il comprenait un effectif de 986 hommes et 700 chevaux. Par la suite, le régiment repassa à l’armée des Alpes, il était le 23 octobre, en cantonnement à Albenga et Oneille. Il comprenait un effectif de 520 hommes pour 160 chevaux. Son dépôt de Tarascon comptait alors 543 hommes et 99 chevaux à l’instruction[13]. Une lettre des représentants en mission Dumaz et Réal du 9 floréal an III expose la situation du régiment qui se trouvait alors à Avignon :

« A Avignon, nous avons trouvé le 9ème régiment de dragons fort de 953 hommes et environ 700 chevaux ; les dragons dans un dénuement total d’effets d’habillements et d’équipements ; les chevaux dans un état de dépérissement affreux, dont la cause est le manque d’avoine et la mauvaise nourriture en foin ; les dragons sont à cheval les jambes nues, faute de bottes ; les chevaux montés en bridon, sans mors et sans brides et presque tous en licols ; l’armement nul. Nous avons eu le regret de voir les plus beaux hommes, remplis de la meilleure volonté, hors d’état d’être employés […] A Avignon on a laissé le 5ème escadron du 9ème régiment avec le dépôt. Nous avons fait distribuer 200 fusils à autant de dragons non montés, pour faire le service de la place. A Tarascon, les mêmes dispositions ont été faites. A Arles, le surplus des hommes et des chevaux des quatre escadrons portés à 96 hommes, et qui seront hors d’état de faire la campagne, formeront environ 250 hommes et quelques chevaux destinés au service de la place ».

1796 :

Nous le retrouvons le 5 mars 1796, cantonnant aux abords de Lyon. Ses quatre escadrons comptant un effectif de 384 hommes sous les drapeaux pour 730 hommes au complet. Il participa aux campagnes d’Italie du général Bonaparte en 1796 et 1797 et s’illustra au passage du Mincio (29 mai), à l’affaire de Savone (23 juin), ne comptant plus que trois escadrons, le 1er à Lyon (224 hommes et 218 chevaux, dépôt), le 2e et le 3e en Italie (22 septembre). Le régiment participa au passage de la Brenta (6 novembre), combattant devant Saint-Michel près de Caldiéro (12 novembre), s’illustra particulièrement lors de la bataille du pont d’Arcole et à Ronco (15 au 17 novembre).

1797 :

Le régiment servit lors de combats sur le Bas-Adige, durant l’offensive lancée par le général autrichien Alvinzy pour tenter de débloquer Wurmser dans la place forte de Mantoue assiégée (14 au 16 janvier, bataille de Rivoli). Le 9e de dragons s’y illustra en chargeant les Autrichiens, leur faisant près de 2 000 prisonniers. Il s’illustra également au combat d’Anghiari, le 15 janvier[14]. Louis Susane nous indique :

« qu’il est resté célèbre par le combat singulier du chef d’escadron Duvivier avec le chef des hussards de Derlody, auprès d’Anghiari, et la destruction de ces hussards après la mort de leur commandant »[15].

Le régiment fut lancé à la poursuite de l’ennemie après la défaite totale des Autrichiens à Rivoli, il fit une reconnaissance sur Trévise (28 janvier), repoussant un corps d’avant-garde de hussards toscans, sous le commandement de l’adjudant-général Lorcet, le chargeant et lui faisant de nombreux prisonniers[16]. Il soutint un nouveau combat devant Trévise (1er février), s’illustra au passage de la Piave (12 mars), au passage du Tagliamento (15 mars). Les préliminaires de paix ayant commencés, le régiment resta dans diverses garnisons dans le Nord de l’Italie (Milan, Lodi, Rovigo, jusqu’en septembre), 1er escadron à Lyon, 2e et 3e à l’armée d’Italie, ces derniers cantonnant ensuite à Vérone, Milan et Lafrata (jusqu’au 3 janvier 1798).

1798 :

Il rentra en France, cantonnant à Lyon (trois escadrons, 6 février), puis à Caen (9 mars), fut dirigé vers Strasbourg (25 juillet), passant par Colmar (1er septembre) et fut envoyé à l’armée d’Helvétie. Il cantonna à Berne, comprenant 358 chevaux (22 septembre), passa de nouveau en Italie, 5e division du général Serrurier, à Milan (16 et 21 novembre). Il fit mouvement occupant Lodi, Milan, Lucques et à nouveau Lodi (entre décembre 1798 et février 1799).

1799 :

Il participa à la campagne d’Italie ouverte en mars, la division Serrurier laissée en l’air, fut attaquée au combat de Pescantina (30 mars), par les forces du général Kray, repoussée sur le pont de Polo et mise en déroute, elle repassa le fleuve laissant 1 500 prisonniers à l’ennemi. Le 9e de dragons s’y battit courageusement. La division fut en grand danger lors du combat de Bergame (24 avril), menacée d’être encerclé par les Russes, une charge du 9e de dragons rétablit la situation et dégagea l’infanterie de la division. Il retraita sur l’Adda qui fut forcé par les Austro-Russes (27 avril). La division Serrurier se trouva isolée à nouveau à Verderio et fut assaillie (28 avril), la supériorité des forces ennemies malgré un combat acharné, n’ayant plus de vivres et utilisé toutes ses munitions, la division mis bas les armes et capitula, mais une partie des troupes réussit à s’enfuir à travers les montagnes du Piémont. Le chef de brigade Sébastiani fut fait prisonnier avec une partie du régiment. Les restes se replièrent vers le Tyrol et le Danube, le régiment ne comptant plus que 81 chevaux sur les 358 du début de la campagne[17]. Exsangue, le régiment fut envoyé à Lons-le-Saulnier (juillet), puis de là à Paris (27 août). Pendant toute la campagne, le dépôt du régiment se trouvait à Belfort, Créma près de Milan, Lodi, Genève et enfin Paris. Le régiment fut reconstitué, le chef de brigade Sébastiani libéré ou échangé.

1800 :

Il passa à l’armée de Réserve et participa à la campagne d’Italie, entrant en campagne avec 532 chevaux, quitta Paris, rejoignit Dijon, puis Genève et passa en Italie, 1er division de cavalerie du général Harville, puis division de cavalerie légère, il combattit durant la bataille de Marengo (14 juin). Il ne comptait plus que 350 chevaux à la fin de la campagne, fut reconstitué à Créma, puis rentra en France à Paris (novembre), son dépôt se trouva à Saint-Jean-de-Losne, Provins, Dijon, Grenoble et Milan. Il fut renvoyé à Créma fort de 500 chevaux, armée d’Italie (21 novembre), avant-garde, division Delmas, brigade Beaumont (son ancien chef de brigade, jusqu’au 19 février 1801). Il participa aux combats du passage du Mincio (26 décembre), harcelé par les tirailleurs autrichiens, Sébastiani fit mettre pied à terre à un escadron pour repousser les Autrichiens embusqués dans des taillis à la lisière d’un petit bois, et chargea avec les deux autres l’ennemi qui fut balayé.

1801 :

A l’avant-garde de l’armée, il participa au combat de Montebello près de Vicence (7 janvier), un moment bloqué devant l’Aldego dont une rivière dont le pont avait été coupé, qui fut rétablit sous le feu de l’ennemi, traversé permettant de repousser les défenseurs et d’assurer le passage de l’armée. Il servit encore au combat de Castel-Franco (12 janvier), dans une tentative de l’arrière-garde autrichienne d’arrêter l’avance française qui fut un échec. Il donna encore les derniers coups de sabre de la campagne au combat de Trévise (16 janvier), la guerre prenant ensuite fin.  Le régiment rentra en France (ordre du 16 mars), passa à Turin (12 avril), arriva à Paris (17 mai), cantonna à la caserne de l’Ave-Maria.

1802-1804 :

Maupetit fut nommé chef de brigade à la place de Sébastiani (30 août 1802), les 1er et 2e escadrons quittèrent Paris pour le camp de Compiègne (1er octobre 1803), les 3e et 4e escadrons quittant à leur tour Paris pour Versailles (7 octobre). Huit hommes du régiment, tirés des différents escadrons représentaient le 9e de dragons au couronnement de l’Empereur (2 décembre 1804).

 

Colonels :

Colonel Louis-Jean-David Du Trésor de Bactot : 10 mars 1788-5 février 1792.

Colonel Philibert-Louis-Maurice De Fleury de Sainte-Croix : 5 février-13 avril 1792.

Colonel Henri-Christian Stengel : 13 avril-16 mai 1792.

Colonel Anne-Henri Collorque De Dampmartin : 16 mai 1792-26 janvier 1793.

Colonel Marc-Antoine de La Bonninière De Beaumont : 26 janvier 1793-1795

Colonel Joseph-André Thirion, en poste en septembre 1794 et jusqu’au 20 avril 1799, 55 ans en septembre 1794, dragons en 1758, puis lieutenant au régiment.

Colonel Horace-François Sébastiani : 20 avril 1799-31 août 1803. Futur maréchal de France en 1840. Nommé chef de brigade du corps sur le champ de bataille de Vérone le 20 avril 1799.

Colonel Maupetit, en août 1803.

État-major du régiment en 1792[18] :

 

Noms Grades
De Gibert et Dampmartin Lieutenant-colonel
Lavillette Quartier-maître trésorier
S. Jullien, de Charrin, de Boisseulh, Dasson, de Mejanès, de S. Martin Capitaine
Adrien, Grangier, Thirion, de Vezins, de Bérat, Lamure Lieutenant
Poivre, France, De keguélin, de Moyencourt, de Genevière, de Corcelles, Francières, Consrant Letrefor, Veu, Beaudrecourt Sous-lieutenant

 

Document : Tiré des archives de l’Ain, état de service de Jacquet chef d’escadron à la suite dans la cavalerie de la Légion Italique, qui adresse une demande au 1er consul de la République Française en date du 2 floréal an 8 (23 avril 1800).

« Citoyen consul, Je sers sans interruption depuis 1791, j’ai passé par votre ordre du 25ème chasseur, capitaine instructeur dans la cavalerie cisalpine où je suis parvenu au grade de chef d’escadron. Les événements et la nouvelle réorganisation de ce corps m’ont mis à la suitte ayant fait toutes les campagnes de la Révolution avec honneur et en activité, je demande de votre bonté citoyen Consul de passer dans mon ancien corps ou tel autre de cavalerie légère avec mon grade actuel. J’attends avec confiance citoyen Consul votre réponse. Salut et respect, Jacquet chef d’escadron. Service : Entré le 5 décembre 1791 dans le 9ème régiment de dragons. Passé le 24 brumaire An 2 (14 novembre 1793) par ordre du général Dourdin qualité d’adjoint dans le 25ème chasseur. Nommé sous-lieutenant le 20 brumaire an 3 (10 novembre 1794) et lieutenant le 6 nivôse par ordre du général Bonaparte au siège de Mantoue. Entré par même ordre capitaine instructeur dans les dragons cisalpins. Nommé chef d’escadron le 9 nivôse n 7 à la ??? et la Romagne (29 décembre 1798). Campagne : A fait toutes celles de la Révolution. Blessures : Au bras d’un coup de feu à l’affaire de Mondovi. A la cuisse idem le 8 floréal An 7 à Cassano (27 avril 1799). Bourg département de l’Ain le 2 floréal An 8 de la République ».

Portraits:

Bache, chef d’escadron au 9e régiment de dragons, blessé d’un coup de feu au pied, le 13 janvier 1800.

 

Jean-Baptiste Baucillon, lieutenant au 9e régiment de dragons, s’illustra durant la bataille d’Arcole et à Ronco (15-17 novembre 1796), reprenant à l’ennemi une pièce de 8 qui avait été perdu. S’illustra encore au combat d’Anghiari (15 janvier 1797), ayant un cheval tué sous lui, « il servit très utilement devant Saint-Martin, chargé à la tête de 50 hommes devant Peschiera, et offert volontairement ses services au général en chef Bonaparte qui fut très satisfait de son dévouement »[19]. Il mourut en Espagne, le 29 juillet 1810, des suites de fièvre.

Marc-Antoine de la Bonninière comte de Beaumont, né le 23 septembre 1773, capitaine (1784), lieutenant-colonel (22 juillet 1792), colonel (7 août), général de brigade employé à l’armée d’Italie (13 juin 1795), blessé d’un coup de feu à l’épaule gauche devant Vérone (5 avril 1799), général de division et inspecteur de cavalerie (29 décembre 1802), commandant la 3e division de dragons, réserve de cavalerie de la Grande Armée (25 août 1805), sénateur (14 août 1807), retraité de l’armée (11 janvier 1808), comte de l’Empire (mars 1808), chargé de la formation de quatre régiments provisoires de dragons (12 mars 1809), commandant la cavalerie de réserve à l’armée d’Allemagne (10 juin), commandant les gardes nationales dans l’arrondissement de Brest (4 avril 1813), cessa ses fonctions (1er mai 1814), pair de France (4 juin), remis en activité (20 mars 1815), mis en disponibilité (9 juin), commandant de Belleville pendant le siège de Paris, remis en retraite (1er août), il mourut le 5 février 1830. Il était grand’croix de la Légion d’honneur.

François Billon, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, récompensé d’un sabre d’honneur (25 décembre 1799), pour s’être signalé dans une charge de cavalerie et avoir pris plusieurs hommes et plusieurs chevaux à l’ennemi.

Jean-Louis Berthelon, sous-lieutenant au 9e régiment de dragons grâce à sa conduite au combat d’Anghiari (15 janvier 1797), tué à l’ennemi le 30 mars 1799.

Jean-Marie Brohand, brigadier au 9e régiment de dragons, il s’illustra au combat de Montebello (7 janvier 1801), chargea deux dragons autrichiens, blessa l’un, fit prisonnier le second, dégagea un officier français entouré par l’ennemi et eut son cheval tué sous lui.

Théodore-Marc Brunand, sous-lieutenant au 9e régiment de dragons, blessé au combat perdu de Pescantina, il fut laissé au pouvoir de l’ennemi (30 mars 1799). Libéré ou échangé, nommé lieutenant, il s’illustra au combat de Verderio (28 avril), attaquant et chargeant un bataillon ennemi qui marchait au pas de charge sur le village, il mit en déroute les Russes, pris la moitié du bataillon prisonnier ainsi qu’une pièce de canon. Le même jour, dans une autre charge, son cheval fut tué sous lui, se trouvant dans la mêlée, il coupa les courroies de son porte-manteau, alors officier payeur, et se faisant jour le sabre à la main, revînt à pied en sauvant la comptabilité du régiment. Il s’illustra encore au combat de Castel-Franco (12 janvier 1801), où à la tête des sapeurs du régiment, il chargea un bataillon hongrois qui fut forcé de battre en retraite, il eut son cheval tué sous lui et fut blessé dangereusement au bras. Nommé capitaine, il ne put jamais se remettre de cette blessure, et finit pas succomber à Compiègne, le 28 mai 1805.

Pierre-François Carré, sous-lieutenant au 9e régiment de dragons, s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), blessé durant la bataille, de nouveau à la bataille de Friedland (14 juin 1807).

André-Pierre Charpentier, dit Lignan, lieutenant au 9e régiment de dragons, blessé au combat perdu de Pescantina (30 mars 1799). Il succomba à ses blessures le jour même.

Henri-Gabriel Chatry-la-Fosse, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, il s’illustra au combat de Montebello (7 janvier 1801), voyant que les tirailleurs français se retiraient faute de cartouches, il les engagea à rester sur place, alla chercher des cartouches le plus rapidement possible et revînt, son cheval fut blessé dans cette mission. Il se distingua encore au combat de Castel-Franco (12 janvier), chargeant pour libérer deux sapeurs, et après un corps à corps acharné, les ramena dans les lignes françaises avec trois prisonniers autrichiens.

Jacques-Louis Chatry-la-Fosse, fourrier au 9e régiment de dragons, il s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), où il fut blessé, plus tard nommé lieutenant au corps et futur colonel.

François Chedeville, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, récompensé d’un sabre d’honneur (25 décembre 1799), remarqué dans un engagement de cavalerie où il fit plusieurs prisonniers et sauva la vie à deux de ses officiers.

Louis Chevalier, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, il protégea la retraite des troupes françaises de la division Serrurier lors du combat perdu de Pescantina (30 mars 1799), sauva un chef de brigade, eut son cheval tué sous lui et fut très gravement blessé, il fut fait prisonnier. Nommé lieutenant par la suite, il fut tué au combat de Wertingen, le 8 octobre 1805.

Coulon, lieutenant au 9e régiment de dragons, il s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), il eut deux chevaux tués sous lui et fut blessé.

Antoine Coulon, lieutenant au 9e régiment de dragons, tué à l’ennemi le 2 avril 1797.

Jean-Baptiste Damur-Lefèvre, capitaine au 9e régiment de dragons, il chargea les Russes au combat de Bergame (24 avril 1799), sauva l’infanterie de la division Serrurier en grand danger d’être faite prisonnière, s’enfonçant dans les troupes russes nombreuses, son cheval blessé s’étant abattu et l’ayant jeté à terre, il tomba au milieu des fantassins russes mais fut dégagé par ses dragons. Chef d’escadron, il fut blessé à la bataille d’Eylau, d’un éclat d’obus à la jambe gauche (8 février 1807).

Antoine Ditte, brigadier au 9e régiment de dragons, récompensé d’un fusil d’honneur (25 décembre 1799), pour s’être distingué lors de la prise d’une position ennemie, sur laquelle il se précipité l’un des premiers et fit quelques prisonniers.

 

Claude-Louis Doncourt, né en 1741, volontaire au 9ème régiment de Dragons (1763). Maréchal des logis la même année, Sous-lieutenant sans appointement (1768), sous-aide-major (1772). Sous-lieutenant (1776), lieutenant en second (1779), lieutenant en 1er (1785), capitaine-commandant (1789). Chevalier de Saint-Louis (mai 1791). Capitaine au 1er régiment de Cavalerie (25 janvier 1792). Lieutenant-colonel (18 mai), chef de brigade commandant le régiment (8 mars 1793), destitué (15 septembre).

Léopold-Charles-Maximilien Duvivier, né le 2 novembre 1757, à Lunéville, il s’engagea au régiment ci-devant de Lorraine-Lambesc (1780), brigadier (1784), maréchal des logis (1786), adjudant (1791), lieutenant (7 juin 1792), capitaine (6 août), servit en Vendée où il fut blessé d’un coup de sabre à la tête, chef d’escadron (17 avril 1795), chef de brigade à la suite du régiment (11 mars 1797), passa à ce grade au 14e régiment de dragons (28 mars), il fit la campagne d’Egypte où il fut tué. Célèbre pour le duel qui l’opposa au comte autrichien d’Erlody, régiment d’uhlans, qu’il tua de deux coups de sabre, son escadron balayant ensuite le régiment autrichien (15 janvier 1797), qui fut fait prisonnier dans son ensemble.

Eparche-Marguerite-Antoine Faget, dragon au 9e régiment, servant dans le détachement du régiment en Vendée, il chargea les insurgés qui tentaient d’encercler le camp républicain où son unité cantonnait, fit face longuement à de nombreux ennemis, puis fut renversé d’un coup d’espingole (16 septembre 1794). De nouveau blessé à l’affaire de Savone, en Italie (23 juin 1796), chargea au combat d’Anghiari (15 janvier 1797), pour sauver le général Bon qui était sur le point d’être fait prisonnier, il atteignit par la suite le grade de capitaine sous l’Empire. Blessé de plusieurs coups de baïonnette à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), blessé de plusieurs coups de lance à Bloqui, en Pologne (1807).

Feroussat, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, il s’illustra au combat de Montebello (7 janvier 1801), il chargea à la tête de huit hommes un poste ennemi qui gardait un passage sur l’Aldego), s’en empara, permettant à une colonne de passer. Se distingua encore au combat de Castel-Franco (12 janvier), qui voyant un bataillon ennemi se retirer de la localité, le chargea et le mis en complète déroute, son cheval fut blessé de plusieurs coups de baïonnettes.

Charles Gonnard, né vers 1775, de Saint-Laurent-sur-Saône, Ain, s’engagea à une date inconnue dans la 8ème compagnie du 9ème régiment de dragons ci-devant Lorraine[20]. Il se présenta devant les officiers municipaux de la commune, le 19 août 1796 et déclara : « qu’il a quitté le corps il y a trois semaines nanti a ce qu’il nous a dit d’un billet d’hôpital pour Vienne et il avoit préféré celle de sa commune et nous a promis partir au 1er jour sa santé étant mieux rétablit de tout quoi il a dressé procès-verbal pour servir ce que de raison »[21].

Denis Histre, brigadier au 9e régiment de dragons, s’illustra à la charge du combat de Bergame (24 avril 1799), il tenta de dégager son capitaine dont le cheval avait été blessé et l’avait jeté à terre au milieu des Russes, il fut blessé de deux coups de lance et eut son cheval tué sous lui, maréchal des logis, puis maréchal des logis chef, nommé sous-lieutenant par la suite, blessé de deux coups de sabre à la bataille d’Eylau (8 février 1807).

Joseph Isnard, maréchal des logis chef au 9e régiment de dragons, il s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), chargea et enfonça à plusieurs reprises un peloton ennemi, tua un officier quoique grièvement blessé, et ne voulut quitter son poste malgré sa blessure qu’à la fin de la bataille. Il fut récompensé d’une carabine d’honneur pour son exploit.

André-Joseph Jobet, dragon au 9e régiment, s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), tua deux Autrichiens et dégagea un camarade qui était sur le point de succomber, il fit encore prisonniers deux officiers qui proposèrent d’acheter leur liberté et auxquels il répondit : « je me bats pour la République et non pour votre argent »[22]. Il fut récompensé par une carabine d’honneur pour cet exploit. Il fut tué pendant la campagne de Prusse et Pologne (1826-1807).

Guillaume Jury, fourrier au 9e régiment de dragons, cité pour sa bravoure lors du combat d’Anghiari (15 janvier 1797), il s’illustra à la bataille de Rivoli, où il fut blessé. Nommé maréchal des logis, il s’illustra au combat perdu de Pescantina (30 mars 1799), il participa à la charge sur le pont de Polo, avec trois camarades il s’élança sur un peloton de hussards autrichiens, en blessa plusieurs et fit quelques prisonniers dont l’officier commandant le peloton, reprenant par la même occasion deux canons et un obusier tombés au pouvoir de l’ennemi. Nommé lieutenant, blessé de plusieurs coups de feu et de 18 coups de lance sur la route d’Illow à Varsovie (20 novembre 1807).

Lelièvre de Lagrange, lieutenant au 9e régiment de dragons, il s’illustra au combat de Montebello (7 janvier 1801), franchissant le premier l’Alpon, pour empêcher l’ennemi de couper un second pont qui l’avait été sur l’Aldego.

Letord, capitaine au 9e régiment de dragons, s’illustra au combat de Montebello (7 janvier 1801), il défendit un défilé dans un duel avec un colonel de hussards, chef d’escadron par la suite au 14e régiment de dragons, colonel, général de brigade, général de division, dans la Garde impériale en 1815, il fut tué à la bataille de Ligny (16 juin).

Lombard, brigadier au 9e régiment de dragons, il s’illustra au passage du Mincio (29 mai 1796), ayant un cheval tué sous lui lors de la charge conduite par Murat vers le pont de Borghetto, capitaine dans le régiment par la suite, il fut blessé à la bataille de Marengo (14 juin 1800).

 

Olivier Macoux-Rivaud, né à Civray dans la Vienne le 10 février 1766, fils du lieutenant-général de Police de cette ville, Jean-Charles Rivaud et d’Elisabeth Rondeau. En 1792, Rivaud exerçait la profession de receveur à l’enregistrement à Blanzac, d’assez grande taille pour l’époque, 5 pieds 6 pouces, « le nez long et aquilin, les yeux et les cheveux noirs, le visage allongé », enrôlé volontaire dans sa commune (5 août), il intégra la compagnie des chasseurs francs de Blanzac qui procéda à l’élection de ses officiers le 13 août et le choisit comme capitaine en second. La compagnie étant dirigée à l’armée, elle devint la base du 4e bataillon de chasseurs francs. Rivaud ne tarda pas à en devenir le chef de bataillon, aide de camp du général Duquesnoy, il servit à la bataille d’Hondschoote (8 septembre 1793) alors qu’il était passé en mai au 9e régiment de dragons. Il fut nommé adjudant-général chef de brigade (27 septembre) et se distingua au combat de Warwick où il fut blessé à la bataille de Wattignies (16 octobre). Il fut envoyé à l’armée des Côtes de Brest comme chef d’État-major (1794) puis à l’armée des Alpes (1795) participant aux batailles du Mont Genèvre et de Barcelonnette. Il fit ensuite la fameuse campagne d’Italie de 1796-1797 sous Bonaparte.

« Au blocus de Mantoue, il reçoit pour son courage et son intelligence les félicitations de Berthier, il se signale notamment au combat du faubourg Saint-Georges où il est blessé par une balle à la tête »[23].

Il servit aux batailles d’Arcole et de Rivoli puis chef d’État-major de Berthier (1798) pendant l’expédition de Rome, puis à ce même poste dans l’armée d’Angleterre sous Kilmaine. Nommé général de brigade (15 novembre), il commanda les cinq départements de la 24e division militaire constituée par la Belgique. Malgré la révolte des paysans, dite Vendée belge, sa modération notamment lors de la libération d’otages détenus à Anvers alliée à une certaine fermeté rétablirent l’ordre. En 1800, il fut renvoyé à l’armée d’Italie, commandant l’avant-garde de la division Victor à la tête des 43e et 96e demi-brigades de ligne. Son action fut décisive lors de la bataille de Montebello :

« par une manœuvre hardie au moment où les Autrichiens croyaient saisir la victoire, l’ennemi, en effet, victorieux au début de l’action, s’abandonne à la poursuite de la division Watrin, l’une de celles du corps de Victor. Rivaud n’a avec lui que trois bataillons, il s’aperçoit de la faute de l’adversaire, disperse en tirailleurs à droite et à gauche deux de ces bataillons et avec le troisième se précipite au pas de charge en colonne l’arme au bras sur les Autrichiens dispersés. Ceux-ci sont successivement refoulés des hauteurs où ils essaient de se maintenir, et massacrés en grand nombre sur les bords du torrent de Coppo. Enfin Rivaud leur enlève leur dernier refuge, le château de Dordone sur les collines de Montebello ».

Il s’illustra également à la bataille de Marengo (14 juin 1800), quoique blessé d’un coup de biscaïen à la cuisse, il tint bon pendant sept heures dans le village de Marengo, deux de ses ordonnances furent tués à ses côtés, un aide de camp fut grièvement blessé, sa brigade fut à moitié détruite dans la bataille mais sa résistance acharnée permit l’arrivée de la division Desaix puis la brillante charge de cavalerie du général Kellermann fils qui décidèrent finalement de la victoire pour les Français. Rivaud fut cité sur le bulletin de l’armée d’Italie pour sa belle conduite. Il fut ensuite nommé chef d’État-major de l’armée du Portugal (1802), nommé général de division puis commandant en chef de cette armée qu’il reconduisit en France (1803). Chevalier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre (1804). Il commanda la 2e division au camp de Nimègue, plus tard armée du Hanovre. Il rejoignit la Grande Armée (1805), dans le 1er corps et assista à la capitulation de l’armée autrichienne de Mack à Ulm (octobre). Il fut lancé à la poursuite des troupes échappées de cette ville avec deux bataillons et deux canons. Il atteignit les fuyards à Neresheim près de Nordlingen, soit un corps de 5 000 Autrichiens commandé par le général Hohenfeld qui fut battu et fit prisonnier. Il servit à la bataille d’Austerlitz et reçut avec sa division la charge de la cavalerie de la garde impériale russe, il enfonça par la suite la garde à pied à la baïonnette et un boulet tua son cheval sous lui. Il fit la campagne de Prusse (1806), toujours au 1er corps, il servit à la bataille d’Iéna où il fit environ 1 500 prisonniers (14 octobre) puis au combat de Halle (17 octobre) qui vit la défaite complète de l’armée prussienne de réserve du duc Eugène de Wurtemberg (5 000 prisonniers, deux généraux, 34 canons et quatre drapeaux). Rivaud enveloppa lui-même 2 000 Prussiens qui furent fait prisonniers. Il fit mettre bas les armes aux restes des troupes du général Blücher dans le village de Schuartau, après une poursuite effrénée, le vieux général prussien qui aura plus tard sa revanche sur les Français fut fait prisonnier par Rivaud avec 8 000 fantassins et 5 000 cavaliers. Il fit ensuite la campagne difficile de Pologne (1807), participant aux combats de Mohrungen et d’Osterode. Le 3 février, à Radzun près de Koenigsberg, dans un combat de nuit contre les Russes, il fut renversé avec son cheval et eut le bras cassé. Il reçut le gouvernement du duché de Brunswisk (5 février), le titre de baron de la Raffinière du nom d’une terre qu’il possédait auprès de Couhé en Poitou, l’Empereur y ajoutant une dotation en Westphalie. Rétabli, il fit la campagne d’Allemagne (1809) au commandement de la 1ère division du 8e corps de la Grande Armée sous les ordres de Junot. Ils eurent pour mission de contenir les Autrichiens sur les frontières de la Bohême, il eut une jambe fracassée au combat de Bayreuth mais assista à la bataille de Wagram. La gravité de ses blessures, la longueur de son service, pas moins de 18 campagnes, le força à accepter un commandement de l’arrière, il fut nommé commandant de la 12e division militaire de la Rochelle. Il avait pour charge la défense des côtes contre les incursions anglaises et resta à ce poste jusqu’en 1814. A la Première Restauration, il fut fait chevalier de Saint-Louis, Grand Officier de la Légion d’honneur, présidant encore le collège électoral de la Charente-Inférieure, il fut aussi inspecteur-général d’infanterie. Il fut nommé par la suite commandant de la 15e division militaire de Rouen, fait commandeur de l’ordre de Saint-Louis, grand-croix de la Légion d’honneur. Il resta à son poste en fidèle serviteur jusqu’au 30 avril 1831 date à laquelle il fut mis à la retraite. Il avait usé de son influence pour sauver à la Seconde Restauration quelques camarades, obtenant pour le général Travot une commutation de peine par le Conseil de guerre alors que ce général était condamné à mort. Il mourut le 19 décembre 1839, à la Raffinière, commune de Couhé dans la Vienne.

Pierre-Honoré-Anne Maupetit, né à Lyon, le 21 novembre 1771, fils de Pierre, écuyer et conseiller secrétaire du Roi, chancelier des comptes de Montpellier, recteur de l’hôtel Dieu de Lyon (1772-1775), et de Marguerite Orsel. S’enrôla au 9e régiment de dragons, sous-lieutenant (10 mars 1792), lieutenant (1er avril 1793), servant dans le détachement du régiment en Vendée, grièvement blessé de plusieurs coups de crosse à l’épaule droite lors d’un engagement avec les insurgés, près de Savigny, affaire de Sorinières (1794), il sert ensuite à l’armée d’Italie, capitaine (1796), chef d’escadron (1798), à Paris durant le coup d’Etat du 18 brumaire, sous Sébastiani, garnison de Paris, il prit part aux événements qui amenèrent au pouvoir Bonaparte. Envoyé à l’armée de Réserve, il s’illustra à Marengo (14 juin 1800), retardant l’avance autrichienne par sept charges, blessé de plusieurs coups de sabre à la tête et d’un coup de feu à la jambe droite, chef de brigade du 9e régiment de dragons, chevalier de la Légion d’honneur puis officier de l’ordre (1804), servant à l’armée des Côtes de l’Océan (1804-1805), il fit la campagnes d’Allemagne (1805), blessé de neuf coups de baïonnette en traversant des bataillons autrichiens formés en carré, il dispersa l’infanterie ennemie, s’emparant de quatre canons et de trois drapeaux, (bataille de Wertingen), puis servit également à la bataille d’Austerlitz (2 décembre), commandant de la Légion d’honneur pour cette bataille, il fit ensuite la campagne de Prusse (1806), s’illustra encore à la bataille d’Iéna (14 octobre), général de brigade (30 décembre), servit durant la campagne de Pologne (1807), il chargea lors de légendaire charge des 80 escadrons, à la bataille d’Eylau (8 février), puis combattit à Friedland (14 juin), chevalier de la Couronne de Fer, baron de l’Empire (1808), il fut envoyé en Espagne, fut finalement blessé à nouveau et obtînt un congé de convalescence, il fut replacé à l’arrière au commandement de la subdivision militaire du département de l’Orne, mais mourut de ses blessures, le 13 décembre 1811, à Alençon. Il était également chevalier de l’ordre royal de Westphalie.

Joseph Maze, brigadier au 9e régiment de dragons, récompensé d’une carabine d’honneur (25 décembre 1799), pour sa bravoure lors de la campagne en Vendée (1794).

Mercy, adjudant au 9e régiment de dragons, blessé d’un coup de feu au ventre  à la bataille de Marengo (14 juin 1800), par la suite capitaine.

Méret, lieutenant au 9e régiment de dragons, il s’illustra à la bataille de Marengo (14 juin 1800), et fut blessé.

Montagnier, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, il s’illustra à la bataille de Rivoli, en faisant mettre bas les armes à 300 fantassins autrichiens avec une vingtaine de dragons. Passa maréchal des logis chef, s’illustra lors d’un des derniers combats de la campagne de 1797, lors du passage du Tagliamento (15 mars). Nommé sous-lieutenant, il s’illustra dans le combat perdu de Pescantina (30 mars 1799), chargea avec 40 dragons pour dégager le pont de Polo, route de retraite, et tenu momentanément par les Autrichiens. S’illustra encore lors des combats de l’Adda (20 avril), et fut promu lieutenant pour sa bravoure. Il s’illustra au combat de Verderio, où une partie de la division Serrurier fut faite prisonnière, lui-même enleva trois canons à l’ennemi, lui fit 400 prisonniers et eut deux chevaux tués sous lui (28 avril). Il s’illustra durant la bataille de Marengo (14 juin 1800), chargeant à la tête d’un peloton, il s’empara de deux canons et leurs caissons mais fut chargé par la cavalerie ennemie, fit verser dans un fossé les pièces, tînt tête à l’attaque soutenant un duel contre un officier autrichien, laissant le temps à ses hommes de se replier avec les artilleurs autrichiens prisonniers et les chevaux pris. Il se distingua encore au dernier combat de la campagne de 1801, devant Trévise, cité pour avoir enfoncé un peloton de cavalerie ennemie, action durant laquelle il tua trois hussards, nommé ensuite capitaine, il fit la campagne de 1805, à la grande armée.

Philippe-Antoine comte d’Ornano, né le 17 janvier 1784 à Ajaccio, cousin de Bonaparte et issu d’une famille qui avait déjà donné deux maréchaux de France, l’un sous Henri IV, l’autre sous Louis XIII. Entra au service (1799), comme sous-lieutenant au 9ème régiment de de dragons. Il servit en Italie de 1799 à 1800, aide de camp du général Leclerc. Après avoir passé une année à Saint-Domingue, il rentra en France (novembre 1802) et il fut renvoyé à Saint-Domingue (décembre). Lieutenant (1803), il rentra à nouveau en France. Adjudant-major la même année, il servit à l’armée des Côtes de l’Océan de 1804 à 1805. Aide de camp du maréchal Berthier, nommé capitaine (1804). Chef de bataillon au 3ème bataillon des chasseurs Corses (mars 1805). Servit à la Grande Armée de 1805 à 1808 et se signala à Austerlitz, Iéna et Lubeck. Colonel du 25ème régiment de dragons (16 janvier 1807), comte de l’Empire avec dotation de 100 000 francs, il servit ensuite en Espagne de 1808 à 1812. En particulier à la 2ème brigade de la 5ème division de dragons (janvier 1809), servit au passage de la Navia, à Alba de Tormès (28 novembre), au siège de Ciudad-Rodrigo (juillet 1810), à Fuentes de Onoro (5 mai 1811), où il fut nommé général de brigade sur le champ de bataille. Chef de la 16ème brigade de cavalerie légère, 2ème division légère de Watier Saint-Alphonse, il servit en Russie, à Mohilev, chargea à la Moskova à la tête de la cavalerie du 4ème corps. Général de division (8 septembre), il commanda ensuite une division de cavalerie au corps d’Eugène dès (15 septembre). Servit à Malojaroslawetz (24 octobre), à Krasnoé (18 novembre). Il fut laissé pour mort sur le champ de bataille et enterré. L’Empereur ayant réclamé son corps, on s’aperçut qu’il vivait encore. Ramené à Paris, il se rétablit et combattit vaillamment en 1813 et 1814. Major-colonel des dragons de la Garde, il servit en Saxe, puis commanda la cavalerie de la Garde à la place de Bessières. Servit à Dresde, au combat de Kulm, à Leipzig, à Hanau. Il commanda les troupes de la Garde Impériale restées à Paris (24 janvier 1814) et pris part à la bataille de Paris à la barrière de Pantin. Commanda l’escorte de 1 500 hommes qui accompagna l’Empereur à Saint-Tropez, nommé colonel du corps royal des dragons de France (novembre), puis de ceux de la garde (mars 1815). Arrêté, puis exilé par ordonnance du 24 juillet 1815, il se réfugia à Liège et épouse Marie Laczynska, la veuve du comte Walewski, et put rentrer en France (1818). Il resta sans emploi jusqu’à qu’il soit nommé Président du Jury à l’admission à l’école de Saint-Cyr (1829). Commandant de la 4ème division militaire à Tours (août 1830), il prit part à la répression des troubles de Vendée (1832), Pair de France (11 octobre). Député de l’Indre-et-Loire à la constituante (janvier 1849), Sénateur (1852), Grand Chancelier de la Légion d’honneur. Gouverneur de l’hôtel des Invalides (1853), maréchal de France (1861), il mourut en 1863. Chevalier de la Légion d’honneur à la création de l’Ordre, officier en 1805, commandeur en 1832, Grand Officier en 1834, Grand’Croix en 1850, Médaille Militaire en 1853, chevalier de Saint-Louis en 1814 et commandeur de cet ordre en 1829.

Louis-François Pouplier, adjudant au 9e régiment de dragons, s’illustra à la bataille de Dego (18 septembre 1796), chargé d’une reconnaissance sur Asti, à la tête de six dragons, il fit prisonnier un poste de 25 Autrichiens, fut blessé durant le combat de deux coups de baïonnette au bras droit.

Ravina, sous-lieutenant au 9e régiment de dragons, s’illustra au combat perdu de Verderio, où avec quatre dragons, il fit 18 prisonniers (28 avril 1799). Il devînt ensuite chef d’escadron, il s’illustra au combat de Castel-Franco (12 janvier 1801), se maintenant sur sa position dans une tentative de l’arrière-garde autrichienne d’endiguer l’avance française.

Pierre-Gaspard Robert, lieutenant au 9e régiment de dragons, blessé au combat perdu de Pescantina (30 mars 1799).

Philibert Rollet, dit Santon, de Saint-Laurent-sur-Saône, Ain, fils d’Anne-Marie Thévenet, née vers 1730 et veuve de François Rollet. S’engagea volontaire (9 mars 1791), dans le 9ème régiment de dragons ci-devant Lorraine. Sa mère fut signalée le 13 mars 1794, comme ayant droit aux secours de famille. Il fut signalé comme étant toujours sous les drapeaux en date du 28 janvier 1796, par une liste de la municipalité[24]. Il était au pays, en date du 15 janvier 1797, figurant sur une liste qui signala qu’il résidait chez sa mère à Saint-Laurent et qu’il avait été blessé au pied[25].

Horace-François comte de Sébastiani, né le 11 novembre 1775, à Laporta en Corse, lieutenant au 15e bataillon de chasseurs (5 avril 1793), aide de camp, capitaine au 9e régiment de dragons (17 mars 1794), il fait toutes les campagnes avec ce régiment, chef d’escadron (24 janvier 1799), s’illustra au combat du 20 avril, nommé chef de brigade sur le champ de bataille, confirmé dans son grade par un arrêté du directoire exécutif (13 août), il fut fait prisonnier au combat de Verderio (28 avril), avec une partie du régiment, libéré, ambassadeur de France à Constantinople (1802), général de brigade la même année, blessé à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), général de division, ambassadeur à nouveau à Constantinople (180), il dirigea la défense de la ville contre les Anglais qui voulaient forcer le détroit des Dardanelles, grand-cordon de la Légion d’honneur (1807), commandant du 4e corps d’armée en Espagne (1809), il força le passage de la Guadiana, fut vainqueur à Ciudad Réal, à Almonacid, à Ocana et Baza, fit ensuite la campagne de Russie, s’illustra à Smolensk et à la Moskova (1812), puis la campagne de Saxe, combattant à Leipzig et Hanau (1813), enfin la campagne de France, s’illustrant à Reims et Arcy-sur-Aube (1814), député de la Corse (1819), puis de Vervins en remplacement du général Foy (1826), ministre des Affaires étrangères (27 novembre 1830), ambassadeur à Naples et Londres, maréchal de France (1840), il mourut en 1851.

Louis Seve, né vers 1771 à Saint-Laurent-sur-Saône, fils de Jeanne Mignon née vers 1740 et de feu Claude Seve. S’engagea volontaire, le 9 mars 1791, dans la 1ère compagnie du 9ème régiment de dragons ci-devant Lorraine. Sa mère fut signalée le 13 mars 1794, comme ayant droit aux secours de famille. Il fut signalé comme étant encore sous les drapeaux en date du 28 janvier 1796, par une liste de la municipalité[26]. Il se présenta le 19 août 1796, devant les officiers municipaux et déclara : « qu’il a quitté le corps il y a plusieurs mois sans billet de maladie, si ce n’est qu’il nous a exhibé une permission signé par le commandant Thirion en date du 25 floréal qui lui permet de venir en ladite commune de Saint-Laurent pour vacquer à ses affaires pour jusque au 27 inclus ; dont il sera tenu de rejoindre sans delay son corps à Lyon ce 25 que dessus an 4 signé vu par nous commandant Thirion et nous a déclaré en outre qu’il étoit entré le 3 du mois de prairial dernier à l’hôpital de Mâcon […] et s’est retiré le dit Sève »[27].

Henri-Christian Stengel, né à Neustadt dans le Palatinat, le 11 mai 1744, entra dans l’armée (1758), sous-lieutenant au service de la France dans le régiment ci-devant d’Alsace (1760), capitaine au régiment de hussards ci-devant de Chamborant (1769), colonel du 9e régiment de dragons (1792), puis du 1er régiment de hussards, nommé maréchal de camp (13 septembre), commandant une brigade à l’armée du Nord, son état de santé le força à rester à Valenciennes au moment de la bataille de Jemappes (6 novembre), général de division (juin 1795), mortellement blessé à l’armée d’Italie, à la bataille de Mondovi, il succomba suite à l’amputation de son bras gauche (mai 1796). Napoléon dit de lui qu’il était « adroit, intelligent, alerte, vrai général d’avant-postes, mais atteint d’une vue basse défaut essentiel dans sa position »[28].

Strolz, maréchal des logis au 9e régiment de dragons, il s’illustra au combat de Verdério, où il culbuta à la tête d’un détachement de 12 dragons, un poste d’infanterie, lui enlevant deux canons et faisant prisonnier un officier russe (28 avril 1799). Il fut blessé de 13 coups de lance à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805).

Talma, lieutenant au 9e de dragons, servant dans le détachement du régiment en Vendée, blessé le 6 juin 1794, d’un coup de feu. Capitaine, il fut blessé à la bataille de Rivoli (janvier 1797), nommé plus tard chef d’escadron, passa par la suite au 16e régiment de dragons.

Joseph Thillemont, lieutenant au 9e régiment de dragons, l’un des hommes qui échappa à la capture lors du combat de Verdério (28 avril 1799), il s’offrit pour traverser le Piémont insurgé et se rendre au lac Majeur pour porter la nouvelle de la défaite et l’ordre de retraite à la 12e demi-brigade de ligne, afin qu’elle ne fut pas surprise et faite prisonnière.

Thirion, lieutenant surnuméraire au régiment de dragons ci-devant de Lorraine-Lambesc (1789), devenu le 9e régiment de dragons, il fit campagne avec lui durant toutes les premières années de la Révolution, chef de brigade du régiment (été 1795).

 

Enrôlements dans le régiment, registre servant à l’inscription de ceux qui se dévouent à la défense de la Patrie dans la troupe de ligne sur la réquisition des généraux. Août 1792, série H, 1 H archives municipales de Dijon :

François Defol, de Pouilly-en-Auxois, âgé de 23 ans, 5 pieds, 3 pouces et 3 lignes, maréchal-ferrant, a déclaré vouloir servir dans le 9e régiment de dragons, ci-devant Lorraine-Lambesc.

 

Liste de soldats et sous-officiers tués en Vendée[29] :

Maréchal des logis chef : Joseph Jacquet,

Maréchaux des logis : Joseph Bauly, Jean-Baptiste Ruffieu, Jean-Baptiste Saunieu,

Brigadiers : Joseph Hernus, Jean Martin, Antoine d’Aspy, Michel Perrin,

Appointé : François Grise, Pierre Joly, Laurent Lacroix,

Trompette : Roger François,

Dragons : Jean Munch, Jean Hebeisen, Michel Meugère, François Braux, Jules Banqueret, Claude Vallette, Armand Bussière, Antoine André, Joseph Dumas, Jean d’Arlhac, Hugues Jocquand, André Vual, Antoine Vialon, Joseph Marayel, Simon Melle, Antoine Demaure, Louis Giraud, Antoine Pouchon, Antoine Moublet, Joseph Marin, Joseph Vincent, Nicolas Guillaume, Joseph Meunier, Charles Dervieux, Joseph Vincheins.

 

Liste de soldats et sous-officiers tués à l’armée d’Italie (1794-1801)[30] :

Maréchal des logis : François Magniol, Charles Jannès, François Le Maître, Victor Daumas,

Brigadier fourrier : Antoine Pallu,

Brigadiers : Joseph Navitte, Pierre Raquengen,

Trompette : Antoine Menerich, Antonin Steckel, Jean-Pierre Amblard,

Sapeurs : Louis Lardel, Jean Bachelin,

Dragons : Jean Lallemont, Etienne Julion, Dominique Vachier, Pierre Sallet, François Méry, Jean Duplau, Alexis Deverche, Antoine Héraut, Jean Isare, Jean Pradon, Jean Berthier, Blaise Bréchonnet, Nicolas Thiercelin, Claude Gras, Antoine Andrieu, Joseph Robert, Jean-Pierre Chambornet, Aimé Charpentier, Jean Paquet, André Deshayes, Jean Pouchin, Jean Cheloy, Pierre Nicolas, Hélois Collin, François Carron, Jacques Bordin, André Chapuis, Jean-Baptiste Brehman, Jacques Muck, Louis Coutel, Jean Gabasse, François Gras, Jean Gignel, Jean Dorien, Nicolas Dupain et Jean Cattin.

Article de Laurent B.

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[1] E. Desbrières, La cavalerie française pendant la Révolution, tome 1, page 112 et 157.

[2] Idem, page 195.

[3] Idem, page 199.

[4] Idem, page 261.

[5] Krebs et Moris, Campagne dans les Alpes, tome 2, page 244.

[6] E. Desbrières, déjà cité, tome 1, page 294.

[7] Idem.

[8] Idem.

[9] Idem, page 290.

[10] Idem, pages 197 à 205.

[11] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 62.

[12] E. Desbrières, déjà cité, tome 2, page 80.

[13] Idem, tome 1, page 83.

[14] Jules Du camp, annexe xxj.

[15] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française, tome 3, page 14.

[16] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 70.

[17] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 78.

[18] Roussel, pages 291 et 292.

[19] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 69.

[20] Faussement indiqué comme étant le ci-devant « Artois ». Il s’agit donc soit bien du 9ème ci-devant Lorraine-dragon ou du 12ème régiment de dragons ci-devant Artois.

[21] AD de l’Ain, AC de Bâgé, REV 13.

[22] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 81.

[23] P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 102.

[24] Ididem.

[25] Ididem.

[26] AD de l’Ain, AC de Bâgé, REV 13.

[27] Idem.

[28] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, p. 306.

[29] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 167.

[30] Martinet, Historique du 9e régiment de dragons, 1888, p. 168 et 169.