91e régiment d’infanterie Barrois

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Le 91ème régiment d’infanterie ci-devant Barrois :

 

Historique :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à Toulon[1].

 1792 :

 Il s’y trouvait toujours ainsi qu’à Marseille au 1er janvier[2]. Effectif de 1 180 hommes.

Historique du 1er bataillon :

 1792 :

 Le 1er novembre, le 1er bataillon du 61ème d’infanterie se trouvait dans les rangs de l’armée d’Italie, 3ème division du maréchal de camp Brunet, 7ème brigade[3].

 1793 :

 Le 5 mars, le 1er bataillon se trouvait à l’armée d’Italie dans les troupes des camps de la Vallée de Pallion, en cantonnement à l’Escarène. Il était alors fort de 664 hommes[4].

 Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 La 165ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme[5], le 2 octobre 1793, à Corréza, selon Louis Susanne[6], le 1er octobre 1793.

Elle fut formée du 1er bataillon du 91ème, 1er bataillon d’Aix (Bouches-du-Rhône) et du 1er du Var.

 2ème formation :

 La 165ème de bataille devint la 45ème demi-brigade de ligne, le 21 mars 1796.

Historique du  2ème bataillon :

 1793 :

 Le 2ème bataillon du 91ème fut débarqué en Corse au mois de mars, pour prendre la relève du 52ème régiment d’infanterie. Mais il fut semble-t-il dirigé en renfort à l’armée d’Italie,  puisqu’il se trouvait le 5 mars, à l’armée d’Italie dans les troupes des camps de la Vallée de la Vésubie, en cantonnement à Levens. Il était alors fort de 812 hommes[7] puis participa ensuite à la bataille de l’Authion, au début de juin[8]. Le général Brunet commandant de l’armée d’Italie se décida à l’attaque de cette forte position. Masséna passa à l’attaque, chassa les Piémontais du Mangiabo et menaça le camp du Brouis, permettant au lieutenant-colonel Gardanne de s’emparer du Moulinet, tandis que le général Dortoman occupait le retranchement des Mille-Fourches.

 Le terrain gagné était peu important, mais l’avantage avait été pris sur l’ennemi, même si le plateau de l’Authion n’avait pas pu être pris d’assaut par les hommes du 1er bataillon du Var et de Gardanne. Huit bataillons gardèrent désormais le col de Brouis avec un avant-poste à Breil, les 1er et 2ème du 11ème régiment d’infanterie ci-devant La Marine, le 1er et 2ème bataillon du 2ème régiment d’infanterie, le 2ème bataillon du 91ème régiment d’infanterie, le 1er bataillon de volontaire de la Haute-Garonne, le 4ème bataillon de la Drôme et le 2ème bataillon du Var. Ce bataillon du 91ème fut encore signalé le 9 septembre, au pied de la cime de la Calmette, ligne de retraite du centre de l’armée d’Italie commandée par Masséna. Les Piémontais étaient à l’offensive suite aux troubles qui avaient éclatés dans l’intérieur du pays à Lyon, Marseille et Toulon.

 Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 La 166ème demi-brigade de bataille fut formée, le 31 janvier 1794, au camp de Bruys, selon Belhomme, le 30 janvier, selon Susanne.

Il se composait du 2ème bataillon du 91ème régiment et des 5ème et 9ème bataillons du Var.

 2ème formation :

 La 166ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 69ème demi-brigade de ligne[9].

Portraits :

Louis-Jean-Nicolas baron Abbé, né à Trépail dans la Marne, le 28 août 1764. Soldat au régiment ci-devant de Barrois (avril 1784). Caporal (1786), sergent (1789), puis sergent-major (avril 1792). Il servit à l’armée des Alpes où il fut nommé adjudant sous-officier (19 septembre), puis passa à l’armée d’Italie de 1793 à 1799. Nommé sous-lieutenant (18 septembre 1793), il fut blessé d’un coup de feu à l’affaire de Limone (3 décembre). Adjoint à l’adjudant-général Jardin (20 mai 1794), il servit à la prise du poste de Limone (12 juillet). Lieutenant (3 avril 1796), il fut adjoint de Lanusse, puis aux adjudants-généraux sous Dallemagne devant Mantoue (12 juin). Il servit au passage du Mincio (7 août), à la prise de Governolo (24 août), il fut blessé d’un coup de biscaïen à Castellaro (12 septembre), il surprit la ville de Novare (6 décembre 1798). Capitaine au 8ème régiment de dragons (13 décembre), il fut envoyé à Paris pour présenter les drapeaux pris à l’ennemi et nommé chef d’escadron (22 janvier 1799). Il obtînt un sabre d’honneur et des pistolets d’honneur et devînt l’aide de camp du général Leclerc (29 août). Il servit à l’armée du Rhin (1800), à l’armée d’Observation du Midi (1801), puis à Saint-Domingue de 1801 à 1802. Chef de brigade nommé par le général en chef (21 mai 1802), il revînt en France à la mort de son général et fut nommé à la tête de la 22ème demi-brigade légère en Corse (24 mars 1803). Il servit à l’armée d’Italie, 2ème division de Verdier (1805), puis à l’armée de Naples de 1806 à 1809. Il protégea la retraite lors du combat de Santa-Eufémia (4 juillet 1806), ce qui lui valut le grade de général de brigade le 1er mars 1807. Vainqueur des Anglos-siciliens à Miléto (27 mars), il entra à Reggio (31 mai) et servit au siège et à la prise de Scylla. Commandeur de la Légion d’honneur (23 octobre 1808), il commanda la 2ème brigade de la 3ème division Grenier, à l’armée d’Italie (17 février 1809). Il servit à Sacile (16 avril), passa à la division Pacthod (28 avril), servit au combat de Soave (29 avril), puis à la bataille de la Piave (8 mai), au combat de Villanova (11 mai), il occupa Osopo (12 mai) et emporta le pont de Karako (11 juin). Envoyé à l’armée d’Espagne (1810), il fut employé au 3ème corps de Suchet (10 avril) et servit à la prise de Lérida (13 mai). Vainqueur d’O’Donnell (8 juillet), il s’empara de Tivisa et repoussa l’ennemi les journées du 12 au 15 juillet 1810. Baron de l’Empire, il servit à Falset (19 novembre) et ensuite au siège de Tortose où il repoussa une sortie (28 décembre). Passa à la division Habert, il servit au combat de Chèca (26 janvier 1811) et il fut vainqueur à Bruch (25 juin). Il servit à l’assaut de Tarragone (28 juin) et enleva le Mont Serrat (24 juillet). Général de division (31 juillet 1811), il commanda une division en Navarre sous Reille (janvier 1812) et battit Mina (22 août). Gouverneur de Pampelune, il fut à nouveau vainqueur de Mina à Carrascal (17 décembre). Il servit sous Clausel et battit encore Mina à Ysaba (13 mai 1813). Rentra en France après la bataille de Vittoria, il fut commandant de la 3ème division du corps du centre sous d’Erlon, armée du Midi (16 juillet). Il fut repoussé d’Urdax, (31 août), puis d’Espelette (10 novembre). Il servit au combat sur la Nive (9 et 10 décembre), puis à l’aile droite de l’armée des Pyrénées sous Reille (5 janvier 1814). Il défendit Bayonne sous Thouvenot (17 janvier) et commanda lors de la grande sortie du 14 avril. Chevalier de Saint-Louis (19 juillet), il fut nommé commandant de la 8ème division militaire de Toulon où il arriva le 15 février 1815. Il fut arrêté à Cannes par la population (5 avril) et ne se rallia à l’Empereur que le 15 avril. Commandant la 18ème division militaire sous Lecourbe à Belfort (25 avril), il battit les Autrichiens à Dannemarie (27 juin) mais dut se replier sur Belfort (28 juin). Il livra encore le combat de Foussemagne (29 juin). Mis en non-activité (septembre), puis à la retraite (1er janvier 1816), il se retira à Châlons-sur-Marne où il commanda la Garde nationale (août 1830). Il dut renoncer à son commandement à cause de ses infirmités et il fut admis au cadre de la réserve (7 février 1831). A nouveau en retraite (1er mai 1832), il mourut à Châlons, le 9 avril 1834[10].

Jean-Ernest Krieg, né à Lahr-en-Brisgau en 1739. Il fut volontaire dans le régiment de Nassau-Sarrebruck, futur 96ème d’infanterie (1756). Il servit dans l’armée française avec bravoure et reçut de nombreuses blessures durant la campagne d’Allemagne, guerre de Sept ans. Il servit encore en Corse, passa lieutenant puis capitaine en 1776 et 1778. Chevalier du mérite militaire (1781), il servit lors de l’expédition de Genève (1782). Lieutenant-colonel de la légion de Kellermann (août 1792), à l’armée du Centre et commandant la place de Thionville avant de passer à nouveau dans le 96ème régiment d’infanterie, toujours comme Lieutenant-colonel. A nouveau commandant de la place de Thionville (décembre), il passa à l’armée de Moselle, colonel du 91ème régiment d’infanterie (mars 1793), puis général de brigade (mai), et de division (juillet). Il commanda la place de Metz (août), mais il fut suspendu, arrêté et transféré à la prison de l’abbaye à Paris, antichambre de la Guillotine (octobre). Il végéta heureusement en prison, ne fut pas interrogé et dut probablement sa vie à la chute de Robespierre. Il fut libéré (août 1794), recouvra le grade de général de brigade, puis de division à l’armée des Côtes de Cherbourg (novembre). Il passa au mois de juin suivant à l’armée des Côtes de Brest, puis obtint divers commandements, avant de devenir inspecteur d’infanterie (1796). En retraite en 1801, il ne profita pas longtemps de celle-ci puisqu’il mourut en janvier 1803, à Bar-le-Duc, dans la Meuse[11].

Martin comte de Vignolle, né le 18 mars 1763 à Marsillargues dans l’Hérault, dans une famille protestante. Volontaire au régiment ci-devant de Barrois (1779), cadet (1780),  sous-lieutenant (1784), lieutenant (septembre 1791), capitaine (mai 1792). Il servit en Savoie où il fut blessé à l’attaque de Lignères (8 juin 1793). Blessé d’un coup de baïonnette à l’attaque du camp de Millefourches (12 juin), il fut nommé adjoint provisoire à l’Etat-major de l’armée d’Italie (24 juin). Passa à la 165ème demi-brigade de bataille (2 octobre), chef de bataillon (25 février 1794), il servit à Saorgio (29 avril), puis au col de Tende. Chef de brigade (18 décembre), il devint sous-chef d’Etat-major de l’armée d’Italie (23 juin 1795), puis servit sous les ordres de Schérer et de Bonaparte. Il se trouva à Dego (15 avril 1796), à Lodi (10 mai), entra à Crémone (12 mai) et s’empara du fort d’Urbino (18 juin). Il servit à la prise du camp retranché de Migliaretto devant Mantoue (18 juillet) et à Castiglione (5 août). Nommé par Bonaparte général de brigade (15 août). Nommé dans une commission chargée de juger les crimes et les exactions commises dans les pays occupés par les militaires français, il servit à Arcole (16 novembre) où il fut blessé de deux coups de feu. Division Macquart en 1797, il commanda à Crémone (janvier) et servit ensuite à l’Etat-major comme sous-chef (juin). Commandant le Milanais (août), il remplaça Berthier comme chef d’Etat-major de l’armée d’Italie (octobre). Ministre de la Guerre de la République Cisalpine (6 novembre), il démissionna en février 1799, par ordre du Directoire et il fut employé à la division de Toscane sous Gaultier (mars). Il servit dans l’armée de Macdonald, armée de Naples et passa à l’armée d’Italie où Moreau le chargea d’organiser à Nice, les bataillons de renfort pour l’armée, tâche qui l’occupa jusqu’à la fin d’août. Appelé à Paris comme secrétaire du ministère de la Guerre, il fut nommé chef provisoire de l’Etat-major de l’armée de Réserve (12 mars 1800) et resta à Dijon avec les dépôts de l’armée. Il rejoignit l’armée à Aoste et commanda à Ivrée (25 mai), puis servit au passage du Tessin (31 mai). Commandant à Milan (2 juin), il s’empara de la citadelle (20 juin). Membre de la commission chargée de l’examen de la conduite des officiers italiens qui n’avaient pas suivi en 1799, l’armée en France (août 1800). Blessé à Monzembano (26 décembre), il commanda un corps de 2 000 gardes nationaux à Bologne au blocus de Ferrare (janvier 1801). Chargé d’organiser l’armée de la Cisalpine (juin), il fut mis en disponibilité (décembre 1802) et envoyé dans la 15ème division militaire (février 1803). Chef d’Etat-major de l’armée française en Batavie (4 juillet 1803), général de division (27 août) et chef d’Etat-major de Marmont (février 1804), puis du 2ème corps de la Grande Armée (1805). Chef d’Etat-major du prince Eugène (décembre), chevalier de la Couronne de Fer (1806), chef d’Etat-major de Marmont en Dalmatie, doté en Westphalie de 4 000 francs de rente, baron de l’Empire (1808). Sous-chef d’Etat-major à l’armée d’Allemagne (1809), il servit sous Berthier puis reprit son poste auprès du Prince Eugène. Blessé à l’œil droit d’un biscaïen la veille de Wagram (5 juillet 1809), il obtînt une nouvelle rente de 10 000 francs sur le Hanovre. Comte de l’Empire, doté à nouveau de 10 000 francs en Galicie, il resta en Italie lors du départ d’Eugène pour la Grande Armée (février 1812), chef d’Etat-major de l’armée d’Italie restée sur place. Commandant en chef du corps d’armée de l’Adige (avril 1813), il fut remplacé par Grenier et devint chef d’Etat-major de l’armée (mai). Grand Officier de la Légion d’honneur (décembre), commandant de l’Ordre de la Couronne de Fer, il servit à la bataille du Mincio (8 février 1814). Revînt à Paris, il fut nommé dans la commission chargée d’examiner les services des émigrés (juin 1814). Inspecteur général du 3ème arrondissement d’infanterie, 5ème, 6ème et 18ème divisions militaires (28 mai 1815). Commandant la 18ème division militaire (juillet), admis à la retraite (septembre). Conseiller d’Etat en service extraordinaire pour le ministère de la Guerre (1822), il fut élu député du Gard, à Saint-Hippolyte et siégea au centre (1824). Il mourut à Paris, le 14 novembre 1824[12].

Article de Laurent B.

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[1] Journal militaire de 1790.

[2] Journal militaire de 1792.

[3] Chuquet, Dagobert, p. 438 à 440.

[4] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée française d’Italie, le 5 mars 1793.

[5] Belhomme, Histoire de l’infanterie de France.

[6] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française.

[7] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée française d’Italie, le 5 mars 1793.

[8] Bernard-Attanoux, Le 2ème bataillon des volontaires du Var, p. 20.

[9] Jean-Paul Bertaud et Michel Roucaud indiquent faussement que la 166ème fut incorporée en 2ème formation dans la 45ème demi-brigade. Ce fait est impossible, la 45ème bien connue, était formée entre autre, des 100ème, 165ème et du bataillon de Montferme (Saint-Rambert, Ain). Digby Smith confirme cette erreur. Bertaud et Roucaud, Inventaire des registres matricules des demi-brigades, archives de Vincennes, page 165.

[10] Georges Six, Dictionnaire des généraux et des amiraux de la Révolution et de l’Empire, 1792-1814.

[11] Idem.

[12] Ibidem.