8e régiment de hussards Lamothe

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8ème régiment de hussards, ci-devant hussards de Lamothe, puis 7ème régiment de hussards :


Filiation : Hussards de Lamothe puis 8ème régiment de hussards, puis 7ème de hussards.

 

Historique :

 

1792 :

Créé en 1792 par Lamothe qui recruta un corps de hussards à l’armée du Nord.

 1793 :

Au début de 1793, il se trouvait à l’Armée du Nord, probablement en cours d’organisation[1]. Il partit de Compiègne le 26 mars, pour se rendre à Pont-à-Mousson où il arriva le 4 avril[2]. Un détachement du régiment se mit en marche de Compiègne le 25 avril, pour se rendre à Angers[3].

Il prit le numéro 8 de l’arme des hussards le 23 avril, puis le 4 juin, le numéro 7 suite à la dissolution du régiment ci-devant de Saxe qui avait émigré. Il semble qu’il fut versé dans ses rangs la cavalerie de la légion de Kellermann (armée du Centre)[4].

Toutefois, un détachement (deux escadrons) avait été envoyé en Vendée et entra à Chinon le 22 juin, puis dans Saumur le 26 juin. Le détachement fit partie des troupes rassemblées à Tours puis à Saumur sous le commandement de La Barollière. Le 12 juillet, souhaitant dégager les alentours de Saumur, ce général se dirigea vers Brissac et marcha vers les Mauges. Le 13, les chefs royalistes sonnèrent l’alarme et rassemblèrent leurs bandes. Le 15 juillet, ayant atteint Martigné-Briand, les blancs se dirigèrent sur Gonnord à la rencontre des bleus. Bonchamps forma l’avant-garde. Le premier choc disloqua l’avant-garde bleue qui se replia sur Vihiers, mais La Barolière la ramena au combat et fit charger les 8ème et 9ème régiments de hussards qui rétablirent l’équilibre. L’arrivée du chef blanc Marigny sema la panique dans les rangs royalistes qui crurent à l’arrivée de renforts bleus, la déroute fut soudaine est totale, fragilité endémique de cette armée de paysans. Avec ses lieutenants Menou et Berthier, La Barolière se porta en deux colonnes sur Vihiers et occupèrent les hauteurs de la ville, le 27 juillet.

Cette armée forte de 6 000 ne se trouva en présence d’une armée vendéenne commandée par des chefs subalternes tels que Piron, Keller, Forestier, Villeneuve ou Guignard, les grands chefs étaient à Châtillon pour l’élection d’un nouveau généralissime. Cette bataille de Vihiers n’eut pas de résultat, les caissons de l’artillerie bleue sautèrent sur les arrières de l’armée à Montilliers mais les Vendéens de force égale ne purent l’emporter, ils abandonnèrent le champ de bataille. Mais le lendemain les Vendéens revinrent à la charge, plus nombreux et plus décidés. L’avant-garde républicaine probablement formée en partie des 8ème et 9ème hussards tint ferme mais Menou s’écroula blessé à mort, l’armée lâcha pied aussitôt, le fameux général Santerre poursuivit par un chef vendéen du nom de Loiseau ou Forst sauta un mur de cinq pieds avec son cheval et s’échappa de justesse. Le commandant Hugo, futur général et père de l’écrivain, fut grièvement blessé à la jambe, le représentant du peuple Bourbotte se perdit dans sa fuite dans la forêt de Brissac. Les Vendéens cueillirent 800 prisonniers, tuèrent 1 500 bleus et prirent 22 canons. L’armée de La Barolière n’existant plus, les survivants se dispersèrent dans la nature, pillant selon Emile Gabory[5] les caisses publiques, semant le désordre, le vol et le viol chez les particuliers et les habitants[6]. Le 4 août, le détachement se trouva à la prise de Doué, puis s’empara du château de Langrenière.

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Le reste du régiment servit à l’armée du Rhin. Le 17 décembre, le régiment se trouvait dans cette armée, avant-garde du général Desaix et division du général Hatry[7].

Monsieur Bernard Fourest qui a écrit un livre sur le 7ème de Hussard, nous a fait parvenir la note suivante :

« Ce que j’y lis sur l’histoire du 7ème hussard dans votre site ne correspond pas tout à fait à mon livre, sauf sur la création du régiment à Compiègne le 23 novembre 1792. Ce ne serait que deux escadrons du 7e de hussard qui aurait participé à la guerre de Vendée que vous mentionnez dans votre article. Ces deux escadrons ou ce qu’il en restait aurait été versé au régiment 7ème bis qui était en Italie en 1796-1797. Les deux autres escadrons du 7ème de hussard sous la direction de leur colonel Lamothe furent affectés à l’armée de la Moselle puis du Rhin ».

Chef de brigade du régiment[8] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Marizy,

En mai 1803 : chef de brigade Rapp,

En août 1803 : chef de brigade Marx

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Portraits :

Jacques-Philippe Avice, né à Paris, le 19 novembre 1759. Dragon au 12e régiment (18 janvier 1779), fourrier, maison militaire d’Artois (12 juin 1783), capitaine de hussards au service d’un allié de la France (20 mai 1787), lieutenant de gendarmerie (20 novembre 1791), capitaine au 71e d’infanterie (29 février 1792), capitaine au 12e de dragons (9 octobre), chef d’escadrons au 8e de hussards (10 mars 1793), chef de brigade au 11e de hussards (26 juin), colonel du 29e de dragons (24 septembre 1803), colonel du 6e de chevau-légers (25 septembre 1811), général de brigade (1er octobre). Blessé d’un coup de sabre dans une affaire près du fort de Kehl, lors de la retraite du général Moreau. Campagnes à l’armée du Nord et en Vendée (1792 à 1797), armée d’Italie (1800 et 1801), armée d’Italie et de Naples (1806-1809). Il fit le service d’officier général aux armées du Rhin et d’Italie, commandant la cavalerie du fort de Kehl, blessé d’un coup de sabre, puis la cavalerie de réserve à l’aile droite de l’armée d’Italie sous Dupont, entrant les jours suivants dans Vérone. Chevalier de la Légion d’honneur (20 frimaire an XII), officier de l’ordre (26 prairial an XII), chevalier de la Couronne de fer (23 décembre 1807), à nouveau chevalier de cet ordre par le vice-roi d’Italie, le prince Eugène, pour une brillante charge sur la Piave le 8 mai 1809 (30 mai), baron de l’Empire avec une dotation de 4 000 francs au Hanovre (15 août)[9].

Antoine-Constant Brancas, né à Paris vers 1764, fils du futur duc de Lauraguais et de Sophie Arnould. Grenadier, caporal puis sergent au bataillon des Jacobins-Saint-Honoré de la Garde nationale parisienne. Volontaire au 1er de Paris, puis sous-lieutenant au 104ème d’infanterie (22 janvier 1792). Adjudant-général à l’armée du Nord (1793), blessé à Neerwinden, capitaine au 5ème de hussards (1795), chef d’escadron au 9ème de hussards (1797), major du 7ème de hussards (1803), il reçut la Légion d’honneur (1804), colonel du 11ème régiment de cuirassiers (1806), officier de la Légion d’honneur (1807), il fut tué à la bataille d’Essling en 1809.

François Chambon, général né à La Celle dans le Puy-de-Dôme en 1744. Dragon au régiment de Languedoc (1771), maréchal des logis (1783), congédié (1790), maréchal des logis aux Invalides, il s’engagea dans la Garde nationale parisienne, il s’occupa de recrutement puis passa lieutenant à la légion Germanique (4 septembre 1792). Capitaine au 8ème régiment de hussards (24 novembre), il était à l’armée des Côtes de La Rochelle (mai 1793). Il était à Chinon et Saumur (juin) avec son régiment puis contribua à la reprise de Doué (5 août). Il s’empara et incendia le Château de Langrenière puis il fut nommé général de brigade à l’armée des Côtes de la Rochelle (30 septembre). Il fut tué au combat de Châtillon ou du Moulin aux Chèvres, le 9 octobre 1793.

Cyril Drouet nous communique les informations suivantes à propos d’un hussard déserteur du régiment : Un hussard déserteur du 7ème (ex-8ème) : Boispréau. Son passage à l’ennemi, eut lieu vraisemblablement lors de la bataille de Doué (7 juin 1793), il fut conté par Mme de La Rochejaquelein dans ses Mémoires :

« La veille de l’attaque d’Angers, nous couchâmes, comme je l’ai dit, dans un petit village. On nous lit entrer dans une chambre dont s’étaient emparés quatre jeunes officiers. Ils nous la cédèrent, et voulaient se retirer. Comme il pleuvait à verse, nous leur dîmes de rester à se chauffer, car ils n’auraient pu trouver d’abri. Ils étaient fort gais, malgré notre affreuse position. L’un d’eux nous dit : « Je m’appelle de Boispréau, j’ai vingt ans, je suis de Paris. Je me suis engagé dans les hussards exprès pour passer aux royalistes ; le régiment partait pour marcher contre eux. On me fit brigadier. A peine arrivés à Saumur, nous fûmes avec l’armée à Doué. On se mit en bataille. On disait qu’on allait être attaqué. Les hussards furent placés en avant sur les flancs. Je ne voyais ni n’entendais aucun ennemi. Je demandai comment on pouvait croire les Vendéens si proches ; on me répondit : Ils nous entourent. Ils sont derrière les haies, dans les chemins creux, et prêts à nous attaquer. Fixez attentivement cette haie si près de nous, vous vous apercevrez qu’il y a quelque mouvement dans les branches. Eh bien ! Derrière, il y a des brigands. Je me mis à faire des rodomontades ; j’agitai mon sabre, et je disais que je voulais tous les tuer. Je m’avançais insensiblement. Quand j’eus franchi la moitié de l’intervalle, je mis mon bonnet au bout de mon sabre, et criant : Vive le roi! je traversai la haie, et je trouvai derrière une centaine de paysans. Le combat commença aussitôt. Je mis mon habit à l’envers, sur l’invitation des paysans, suivant leur usage pour les déserteurs, et me battis. Je tuai deux hussards. La bataille fut gagnée. J’avais été fort étonné de l’équipement des hommes avec lesquels j’étais, de leur ignorance de toute chose militaire. Je me figurais que je n’avais autour de moi que des éclaireurs, des enfants perdus. »

Les désertions touchant au même moment le 7ème de hussards (encore appelé 8ème) furent confirmées par le rapport de Leygonier, en date du 8 juin 1793 :

« Il est à remarquer que, depuis plusieurs jours, nombre d’émigrés, que je soupçonne servir dans les troupes de nouvelle levée, déguisés sous le costume de soldat, y sèment la discorde, le découragement et la défiance, et passent ensuite chez les rebelles. Ce soupçon est surtout confirmé par la désertion de plusieurs hussards du huitième régiment, ainsi que de plusieurs cuirassiers et dragons de la légion de la fraternité, d’une tournure distinguée ».

Quelques jours plus tôt, Boispréau s’était fait remarqué d’une toute autre manière lors de l’opération menée par Menou contre le château des Verchers, le 24 mai précédent, affaire rapportée par les commissaires Momoro et Damesme au département de Paris le 27 mai suivant :

 « Un autre [gendarme] a été sauvé par l’action magnanime d’un jeune hussard, Boispréau, brigadier du 8ème régiment des hussards, de la section de la Butte-des-Moulins. Ce jeune hussard, se trouvant tout seul près du château, vit un gendarme saisi par plusieurs de ces brigands qui lui arrachaient les revers de son habit et allaient de suite le massacrer; quoiqu’il fût lui-même très exposé, et qu’il n’y avait qu’une mort certaine à courir, il ne balance point, et, sans considérer le danger, il fond sur les brigands le sabre à la main, fend le ventre d’un de ceux qui tenaient le gendarme pour l’assassiner ; les autres lâchent prise, il enlève le gendarme, le met en croupe sur son cheval, pique des deux et le sauve de la mort ».

 

Jean-Louis-Brigitte comte d’Espagne, né à Auch dans le Gers, le 16 février 1769. Soldat au régiment des dragons de la Reine futur 6ème dragons (1787). Brigadier (1788), maréchal des logis (janvier 1792). Sous-lieutenant au 6ème régiment de chasseurs à cheval ci-devant de Champagne (août). Capitaine aux hussards de la Liberté et de l’Egalité (septembre), devenus 7ème hussards (23 novembre), lieutenant-colonel du corps (30 novembre). Chef de brigade, il servit à l’armée des Pyrénées-Occidentales (1793), puis à l’armée des Alpes, aide de camp du général Dumas (mai 1794). Il se signala à la prise du Mont-Cenis (8 mai). Envoyé en commission auprès du Comité de Salut Public, il fut ensuite envoyé à l’armée de Sambre et Meuse (août), puis à l’armée de l’Ouest et celle des Côtes de Brest (octobre). En mission à Paris (novembre), il fut employé à l’Etat-major de Jourdan, armée de Sambre et Meuse (décembre). Chef de Brigade du 8ème régiment de cavalerie (16 décembre 1796). Il se signala au passage du Rhin à Neuwied (18 avril 1797), à l’armée d’Allemagne, puis à l’armée de Mayence. Il passa à l’armée du Danube de Jourdan (mars 1799), et il fut fait général de brigade (10 juillet), armée du Bas-Rhin sous Muller (juillet), puis armée du Rhin sous Lecourbe (septembre). Commandant la brigade des carabiniers, division d’Hautpoul (avril 1800), il s’illustra à Moesskirch (5 mai), à Hochstaedt (19 juin) à Neubourg (27 juin) où il fut blessé au bras. Commandant une brigade de la division Montrichard, puis la 1ère brigade de la division de réserve de cavalerie, il servit à Hohenlinden et Erding (décembre). Général de division (février 1805), il servit en Italie, commandant la 4ème division, puis la division de chasseurs à cheval. Il servit à San-Michele (29 octobre), à Caldiero (30 octobre) et s’empara de Gradisca (15 novembre). Il entra dans Laibach fin novembre. Nommé commandant d’une division de cavalerie au 8ème corps de Masséna, puis au 1er corps de l’armée de Naples, toujours sous Masséna (février 1806). Il commanda la province de Labour (août), battit Fra Diavolo et prit Sora. Commandant la 3ème division de cuirassiers à la Grande Armée (novembre), il servit sous Lefebvre au siège de Dantzig (mars 1807), puis à la réserve de cavalerie de Murat. Il fut blessé à Heilsberg (10 juin), Grand’Officier de la Légion d’honneur (juillet), puis comte de l’Empire (1808). Il commanda une division de cuirassiers à l’armée du Rhin sous Davout (octobre), la 3ème division de cuirassiers au 2ème corps de Lannes (mars 1809). Il fut grièvement blessé par un boulet en chargeant à Essling, le 21 mai 1809. Il mourut dans l’île de Lobau où il avait été transporté, le jour même. Un des plus célèbres cavaliers de l’épopée révolutionnaire et impériale.

François-Joseph Fauvart-Bastoul, né le 15 juillet 1782 à Buissière dans le Pas-de-Calais. Engagé au 8ème régiment de chasseurs à cheval (5 janvier 1797), brigadier (3 octobre 1798), sous-lieutenant au 8ème régiment de hussards (11 octobre 1801). Lieutenant (22 novembre 1806), capitaine (1807), chef d’Escadron au 2ème régiment de hussards (1811). Lieutenant-colonel aux dragons de l’Hérault (1820). Envoyé en congé illimité avec le brevet de colonel (11 août 1830). Nommé colonel du 1er régiment de cuirassiers (14 avril 1831), maréchal de camp (12 août 1833), placé dans le cadre de la réserve (16 juillet 1844). Il mourut à Versailles, le 14 octobre 1851. Membre de la Légion d’honneur (10 novembre 1810), officier (11 avril 1815), commandeur (30 avril 1835)[10].

Alexandre Leblanc, originaire de Dourdan, s’enrôla à 29 ans dans le 5ème bataillon de Paris, canonnier (5 septembre 1792), blessé à Neerwinden (18 mars 1793), passa au 8ème régiment de hussards (10 avril), rentra dans l’infanterie en 1795[11].

Simonot, cavalier au 7ème régiment de hussards en 1801, sous-lieutenant au 1er régiment de cuirassiers (12 avril 1815), mis en non-activité (24 décembre). Décoré de la Légion d’Honneur le 14 avril 1807[12].

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[1] Le 1er mars 1793, un ordre de bataille de la collection Nafziger du 1er mars 1793, signale deux escadrons pour 200 hommes, dans les rangs de la division de droite du général d’Arçon, armée de Hollande du général Dumouriez, un autre escadron est à la division de gauche du général Leclerc au même moment.

[2] Journal Militaire de 1793.

[3] Journal Militaire de 1793, p. 275.

[4] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 45.

[5] Emile Gabory, La Révolution et la Vendée.

[6] Emile Gabory, La Révolution et la Vendée, p. 191 à 193.

[7] Ordre de bataille de la collection Nafzinger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

[8] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 45.

[9] F. CuelHistorique du 18e régiment de dragons, pages 165 et 166.

[10] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 285.

[11] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 524.

[12] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 347.