8e régiment d’artillerie pied des colonies

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Historique :

 1793 :

 En janvier, son État-major était à Lorient, 120 hommes étaient à l’armée de Belgique, 12 aux frontières. Le reste se composant de 178 hommes fut destiné pour l’expédition des Iles sous le Vent. Un détachement de 16 hommes était également en marche pour se rendre à Brest (partit de Nantes). Un autre de même force, partit également de Nantes était en marche pour Lorient.

 1802 :

 En 1802, un détachement formé de la 10ème compagnie du 4ème régiment d’artillerie à pied et de deux compagnies du 8ème régiment d’artillerie à pied fut rassemblé à Brest pour être embarqué Outre-mer. Il était commandé par le colonel d’artillerie Villaret-de-Joyeuse, frère de l’amiral.

 Les compagnies du 8ème régiment d’artillerie pied avaient été en fait dirigées sur Saint-Domingue où elles combattirent l’armée rebelle des noirs, en avril 1805, un détachement de 49 hommes était encore présent dans les rangs de la division du général Ferrand, défendant Santo-Domingo.

 Chef de brigade du régiment[1] :

 De 1794 à 1801 : chef de brigade Desbordes,

En 1802 : chef de brigade Tirlet,

En 1803 : chef de brigade Aubry de la Bouchardière.

Portraits :

 Philippe-François-Joseph Brasseur, né le 16 décembre 1759 à Valenciennes dans le Nord. Entra au service à une date inconnue. A sa retraite sergent d’artillerie au 8ème régiment d’artillerie. Chevalier de la Légion d’Honneur (janvier 1809). Il mourut le 30 juin 1838. Sa veuve écrivit le 23 juin 1848 à la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur se trouvant âgé et dans la plus grande indigence :

« Mon mari comptait 69 ans de services et 22 campagnes de guerre lors de son décès et il a fait toutes celles de la République française, notamment en Irlande et en Egypte. Par brevet du 6 frimaire an 11, le 1er Consul lui décerna à titre de récompense nationale une grenade d’or et par Brevet il fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur. Les longs services et les nombreuses campagnes de mon brave mari le rendirent grabataire pendant les dernières années de sa vie, et par suite des soins assidus que je lui donnai, ma santé en reste délabrée, et ma vue est tellement affaiblie que je ne puis plus à 60 ans me livrer au travail. Dans l’espérance que la République française n’abandonnera pas la veuve d’un de ses plus anciens sous-officiers et peut-être le seul qui ait aussi longtemps servi sa patrie je viens vous supplier de me faire payer ce que l’état doit à mon mari comme chevalier de la Légion d’Honneur ou au moins une forte indemnité indispensable à mon existence, car je n’ai point eu de pension et je suis dans une misère extrême qui me force à implorer votre bienveillance ».

Elle avait écrit une première fois à l’institution après la mort de son mari au mois de juillet pour évoquer sa situation et les 15 années où elle avait eu à charge son mari, invalide. Elle écrivit à nouveau en décembre 1844, sans recevoir de réponse et à nouveau en 1845, le 16 mai.

Marc-Antoine-Alexandre de Limozin De Saint-Michel, né à Perpignan le 12 septembre 1779, s’enrôla volontaire au 1er régiment d’artillerie à pied (18 mai 1798), passa au 8ème régiment d’artillerie à pied (1801). Fourrier (1802), puis sergent. Incorporé au 38ème régiment d’infanterie de ligne qui devint le 37ème régiment (1803). Promu sous-lieutenant au 59ème régiment d’infanterie de ligne (24 février 1804), puis lieutenant (janvier 1807), et capitaine (14 novembre 1808). Chef de bataillon aide de camp du général de division Marchand (18 octobre 1812), et colonel (28 novembre 1813). Il fut envoyé au 27ème régiment d’infanterie légère (27 février 1814). Il était membre de la Légion d’Honneur depuis 1807 et officier depuis le 10 août 1813. Il avait servi durant la campagne contre les révoltés belges (1798-1799), puis aux armées du Rhin en 1800 et 1801, à la Grande Armée de 1805 à 1807, en Espagne et au Portugal de 1808 à 1811, en Russie (1812), en Saxe (1813) et en France (1814). Blessé d’un coup de sabre à la tête (1799), blessé une seconde fois à La Moskova (1812), le général de division inspecteur disait de lui en 1815 : « possède toutes les qualités qui caractérisent un bon chef ». Mis en non-activité après la 1ère restauration, chevalier de Saint-Louis (1er novembre 1814), il se rallia à l’Empereur et prit le commandement du 28ème régiment d’infanterie avec lequel il fit la campagne de Belgique et combattit à Waterloo. A la Seconde Restauration, remis en non activité (27 septembre 1815), colonel de la légion des Côtes du Nord (14 octobre 1818), commandeur de la Légion d’Honneur (3 juin 1820), colonel du 12ème régiment de ligne (17 novembre 1820), maréchal de camp (25 septembre 1823). Commandant de la place de Pampelune durant la campagne d’Espagne. En 1830, il commanda la 3ème brigade de réserve de l’armée d’Afrique et obtint le grade de lieutenant-général. Mis en disponibilité (18 juillet 1841), il mourut à Blagny en Côte d’Or, le 16 mars 1843.

Jean-Nicolas-Augustin Noël, né le 3 janvier 1778 à Saint-Dié dans les Vosges, fils de François-Noël marchand tanneur et Bourgeois et de Thérèse Drouel, son parrain est François-Simon De Sauley étudiant en langue latine à Saint-Dié et sa marraine Marie-Jeanne Noël sa tante paternelle. Elève d’artillerie (mars 1795), il servit à l’armée du Rhin puis à celle d’Italie (1796 et 1797). Il servit notamment au siège de la tête de Pont d’Huningue (1796). Second lieutenant (juillet), au 8ème régiment d’artillerie à pied. Adjudant-major (23 septembre 1799), passa au 1er régiment d’artillerie à cheval (21 janvier 1802). Capitaine (29 octobre 1803). Il servit à l’armée de Naples et au siège de Gaëte (1806). Il fut employé ensuite à l’armée d’Italie et combattit aux batailles de la Piave, de Sacile et au siège de Raab (1809). Chevalier de la Légion d’Honneur (juillet 1809). Il passa à l’armée d’Espagne et du Portugal (1810 et 1811). Il servit aux sièges d’Astorga et de Rodrigo, puis à celui d’Almeida ainsi qu’aux batailles de Busaco au Portugal. Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur (mai 1810). Il fut rappelé à la Grande Armée, où il servit en Allemagne et en France (1813 et 1814). Major (juin 1813). Il servit aux batailles de Dresde (25 et 26 août), puis de Leipzig (16 au 18 octobre), puis à Hanau (29 octobre). Colonel (8 janvier 1814). Il était à la bataille Paris (30 mars). Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis (26 septembre). En 1816, il était au 4ème régiment d’artillerie à cheval. Directeur d’artillerie à Bayonne (1818), puis à Neufbrisach (1822). Commandant de la Légion d’Honneur (21 mars 1831). Il fut mis en retraite (1832). Il mourut le 3 septembre 1853 à Nancy, il laissa des mémoires publiées en 1895, sous le titre de Souvenirs militaires d’un officier du 1er Empire.

Henri-Marie baron Le Noury, dit Noury né à Cracouville, commune de Saint-Aubin du Viel-Evreux dans l’Eure le 6 novembre 1771. Elève à l’école militaire de Pont-à-Mousson (1787). Elève de l’Ecole d’artillerie de Douai (1789). Lieutenant en second du 7ème régiment d’artillerie à pied (avril 1791). Lieutenant en 1er (février 1792), puis capitaine en second (juillet). Adjoint au commandant de l’artillerie de l’armée du Nord (1793). En mission à l’armée de l’Ouest (mars 1794). Appelé à Paris (juin 1795), puis à l’armée des Côtes de l’Océan puis d’Angleterre (1796-1798). A l’armée d’Italie (1799 et 1800), aide de camp du général Dulauloy (janvier 1800). A l’armée d’observation du Midi (octobre), chef de bataillon au 8ème régiment d’artillerie à pied (avril 1802). Directeur de l’artillerie à l’île d’Elbe (25 mai), chef d’escadron au 1er régiment d’artillerie à cheval, détaché à l’île d’Elbe (1803). Major au 5ème régiment d’artillerie à cheval (mai), corps qu’il rejoignit au mois d’août. Commandant une division de la réserve générale d’artillerie à l’armée des Côtes de l’Océan (septembre), puis l’artillerie des réserves des camps de cavalerie (mai 1805). A l’Etat-major général de l’artillerie de la Grande Armée (septembre), il servit à Austerlitz, puis il fut nommé colonel du 2ème régiment d’artillerie à pied (9 mars 1806). Chef d’Etat-major de l’artillerie du 5ème corps de la Grande Armée (avril), il fut blessé à Ostrolenka (16 février 1807). Colonel du 2ème régiment d’artillerie à cheval (juillet), baron (mars 1808). Chef d’État-major de l’artillerie du 5ème corps d’armée en Espagne (octobre), il servit devant Saragosse, fut fait général de brigade (mars 1809). Commandant provisoire de l’artillerie du 5ème corps d’armée d’Espagne, il fut chef de l’État-major de l’artillerie de l’armée d’Allemagne (avril). Commandant l’artillerie du corps saxon sous Reynier (septembre), il fut fait chevalier de l’Ordre de la Couronne de fer, et chevalier de l’ordre de Maximilien de Bavière. Il commanda en second l’artillerie de l’armée de Catalogne (janvier 1810) et servit à la prise du fort et des îles de Las Medas (mai). Il servit ensuite au siège de Figuières (d’avril à août 1811). Commandant l’artillerie auxiliaire attachée à la Garde impériale (7 février 1812), il servit en Russie. Commandant l’artillerie du 12ème corps de la Grande Armée sous Oudinot (juin 1813), il servit à Dresde (26 août), à Leipzig (16 au 19 octobre), puis à Hanau (30 et 31 octobre). Général de division (25 novembre). Commandant l’artillerie du 6ème corps d’armée, puis du 1er corps d’armée (1814). Chevalier de Saint-Louis (juin), il commanda l’artillerie du 6ème corps d’armée de Lobau et servit à Waterloo (18 juin 1815). Inspecteur général et membre du comité central de l’artillerie (10 février 1816). Inspecteur général d’artillerie (1820), membre du comité spécial et consultatif de l’artillerie (1821). Grand Officier de la Légion d’Honneur (mars). Occupa encore divers postes d’inspecteur du personnel et des matériels d’artillerie, et membres de diverses commissions (1821 à 1835). Mis en activité de demi-solde (janvier 1837), puis versé dans la réserve (1839). Il mourut dans sa ville natale, le 25 septembre 1839.

Nicolas-Marie comte Songis Des Courbons, frère du général Louis-Didier Songis, né à Troyes dans l’Aube le 23 avril 1761. Elève au corps royal d’artillerie (1779), lieutenant en second au régiment d’artillerie ci-devant de Grenoble (1780). Lieutenant en 1er (1784), capitaine en second (1787). Il servit à l’armée du Nord en 1792 et 1793. Chef de bataillon (décembre 1793), il servit ensuite à l’armée d’Italie (1794). Passa au 8ème régiment d’artillerie à pied (mai 1795). Appelé à l’armée d’Italie (fin mars 1796), il servit à Salo (31 juillet), à Lonato (3 août), à Castiglione (5 août). Chef de brigade du 1er régiment d’artillerie à cheval (15 août). Chef d’État-major de l’artillerie de l’armée d’Angleterre (janvier 1798), commandant le parc d’artillerie à l’armée d’Orient. Il servit en Syrie, à la prise de Jaffa (7 mars 1799), général de brigade par Bonaparte (18 mai). Commandant en chef de l’artillerie de l’armée d’Orient à la place de Dommartin (27 juillet). Général de division (6 janvier 1800), il servit à Héliopolis (20 mars), à la défense d’Alexandrie du 21 mars au 31 août 1801. Rentra en France, il commanda l’artillerie de la garde des Consuls (20 novembre 1801). Commandant l’artillerie du camp de Compiègne (juin 1803). Premier inspecteur général de l’artillerie (février 1805), Grand Aigle de la Légion d’Honneur (2 février), commandant l’artillerie des camps réunis sur les Côtes de l’Océan, puis de la Grande Armée. Chevalier de la Couronne de Fer (février 1806), commandant l’artillerie de l’armée d’Allemagne (mars 1809), comte de l’Empire (avril), il fut autorisé à se rendre à Paris pour raison de santé et remplacé par Lariboissière. Il mourut à Paris, le 27 décembre 1810.

Jean-Marie Villaret De Joyeuse, frère du vice-amiral, né à Auch dans le Gers, le 18 septembre 1757. Élève à l’école d’artillerie de la Fère (1774). Lieutenant en 3ème dans la compagnie d’artillerie des Indes (4 février 1776). Il servit en Inde de 1776 à 1785. Lieutenant en second (9 février 1777). Prisonnier de guerre à Mahé (1778). Blessé d’un coup de feu et d’un coup de baïonnette pendant la campagne de 1781, aux Indes. Lieutenant en 1er à l’île de France (15 juin 1785). Il servit dans cette île de 1785 à 1796. Il passa au 8ème régiment d’artillerie ci-devant des colonies (août 1786). Capitaine en second (novembre), chevalier de Saint-Louis (novembre 1791), capitaine en 1er (28 décembre 1792). Chef de bataillon et sous-directeur d’artillerie à la Martinique (6 février 1796), il fut en mission à Paris au mois d’août et mis à la disposition du ministère de la Guerre en septembre 1797. Destitué (4 septembre 1798), il fut remis en activité comme chef de bataillon au 1er régiment d’artillerie à pied (14 mars 1800), et attaché de nouveau au service des colonies (mai), passa au 7ème régiment d’artillerie (4 janvier 1801), puis nommé chef de brigade (11 avril). Commandant l’artillerie rassemblée à Brest (22 mai), passa au 4ème régiment d’artillerie et fut nommé directeur d’artillerie à la Santo Domingo (21 janvier 1802). Puis le 26 juin au même poste mais à la Martinique. Nommé général de brigade (26 janvier 1804), par le gouverneur des colonies, confirmé dans ce grade (28 août 1808). Il fut fait prisonnier de guerre (24 février 1809), et destitué (21 août 1810). Rentra de captivité (19 mai 1814), il fut remis en activité en juillet puis admis à la retraite (28 décembre). Commandeur de la Légion d’Honneur (30 avril 1833). Il mourut à Paris, le 10 janvier 1847.

Article de Laurent B.

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[1] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 45.