7e régiment d’artillerie à pied de Toul

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Historique :

 1792 :

 Le 1er janvier, le bataillon se trouvait en garnison à Douai. Il comprenait un effectif de 1 109 hommes et 408 manquants.

 1793 :

 En janvier, l’État-major se trouvait à Douai, 10 compagnies à l’armée de Moselle, une à Gravelines, une en route pour Thionville, une demie à Belle-Ile, une à Saint-Denis, une escouade à Dunkerque, une au fort de Scarpe.

 Le fonds de six compagnies était également à Douai, le reste à l’armée du Nord. Un détachement de 150 hommes du régiment se mit en route de Douai pour se rendre à Metz. Un détachement partit de Saint-Denis pour se rendre à Cherbourg (4 février)[1].

 1800 :

 Les 1ère, 2e, 3e, 7e, 8e, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 15e, 16e, 17e, 18e, 19e et 20e compagnies du régiment étaient à l’armée du Rhin en l’an VIII.

Chef de brigade du régiment[2] :

 De 1796 à 1799 : chef de brigade Humbert de Fercourt,

En 1800 : chef de brigade Alexandre Berthier de Grandry,

En 1801 : chef de brigade Dedon-Duclos,

En 1803 : chef de brigade de Bicquilley.

 Documents :

 Transmis par Didier Davin : lettre du chef de brigade du 7ème régiment d’artillerie à pied en 1802 :

« Au Directoire de l’habillement et équipement des troupes. Strasbourg le 9 vendémiaire an 10 de la République française une et indivisible.

Le conseil d’administration du régiment a reçu citoyen, la lettre du 24 fructidor an 9 par laquelle vous lui annoncez que le ministre lui a accordé sur les remplacements de l’an 10, 424 m 66 de cadis rouge, 349 habits, 199 gilets et quatre culottes.

Vous ne nous faites aucune mention d’une première ordonnance du ministre sur les remplacements de l’An 9, et c’est celle qui importe le plus au régiment de voir promptement réalisée, attendu que plus de la moitié de la troupe est dans un état de dénuement qui doit éveiller toute la sollicitude du conseil.

Vous m’aviez promis à moi même lorsque j’eus l’honneur de vous voir à ce sujet, dans les premiers jours de Fructidor, que dès que le ministre eut ordonnancé ce qui nous reste à recevoir, vous nous en feriez une prompte expédition. En compulsant vos registres vous m’apurâtes que les citoyens Fabreguette avaient encore dans leur magasin une quantité de drap bleu suffisante pour cette fourniture.

Vous verrez par le rapport ci-joint, qu’ a fait au conseil d’administration, l’officier chargé de l’habillement que les habits, gilets et culottes qui existent dans les magasins de cette place ne peuvent d’être d’aucune utilité puisqu’ ils sont trop petits pour les hommes de la taille exigée dans notre arme et qu’étant à collet rouge et parements bleu, ils ne peuvent servir aux canonniers de Ligne ,ayant sans doute été confectionnés pour des canonniers volontaires, et qu’enfin à part du cadis rouge nous ne pouvons tirer aucun parti de cette fourniture.
Le régiment n’a pas reçu le modèle de chapeau qui lui avait été annoncé et dont vous avez fait la demande. Veuillez rappeler la nécessité de cet envoi au commissaire ordonnateur Dubreton.
Nous avons également refusé de la buffleterie noire de mauvaise qualité, qui avait déjà été refusée par le corps des Pontonniers, et par la raison que le régiment ayant des baudriers blancs, les porte gibernes noirs feraient une bigarrure choquante.

Je vous prie de ne pas perdre de vue qu’en raison de leur dispersion, de la nature de leurs travaux et de l’importance de leur service, les régiments d’artillerie sont dans le cas d’être préférés à ceux des autres armes, dans le choix et la qualité des étoffes. J’ai l’honneur de vous saluer, Dedon ».

Transmis par Jérôme Croyet :

« Altenne le 21 May 1793, L’An 2e de la République Française,

Mon Cher père et ma chère mère,

La présente est pour m’informer de l’état votre santé, je vous la souhaite aussi favorable que la mienne, j’ai appris qu’une lettre de Germain Dubois a reçu qui annonce que Jérôme Pétré et Pierre Féré les deux à Berger et Dominique Parant partis pour venir à Metz. Il y a eu beaucoup de recrues sont arrivées à l’armée; il y en avait de Meaux et des environs et je me suis informé d’eux, mais n’en ai pu recevoir aucune nouvelle. Je vous prie si il a quelqu’un d’eux qui ai écrit chez eux vous vous en informerez et m’en donnerez des nouvelles, ainsi que de mon frère Antoine et me marquez la Garnison et la Compagnie, ou si il est campé, vous me marquerez la Division. Vous me marquerez aussi ou est Germain Poirier et Néné et les garçons de Béget, ainsi que Lelong. Si ils sont toujours dans les Flandres, je vous prie de me donner l’explication, vous me demandez que je vous dise la paye que nous recevons, vous m’avez marqué sur la dernière lettre que notre paye été oubliée, mais c’est faux, nous n’avons qu’un Sol six Deniers de plus que l’infanterie. Je voudrai que ce que l’on vous a dit à l’égard de cela fussent vrai, nous serions plus heureux que les officiers.

Je vous apprendrai que nous sommes actuellement cantonné à une lieue du Camp, car nous sommes de l’avant-garde, et le plus souvent l’avant-garde est toujours cantonnée dans le village et nous n’en sommes que mieux. Nous étions partie la nuit du 17 au 18 pour aller attaquer les Prussiens, mais nous n’avons pas eu position avantageuse pour nous, nous nous en sommes retournés sans rien faire. Ils étaient dans un château sur une montagne prodigieuse ou il été presque impossible de les attaquer sans perdre une douzaine de milliers d’hommes, mais ont nous a assuré qu’ils étaient partie du côté de Luxembourg parce que nous leur avions coupé les vivres et ils ont été obligé de s’en retourner. Nous avons tiré du Canon le 17 pour réjouissance d’une victoire que le général Custine a remporté sur les Prussiens on prétend qu’il les a surpris dans leurs Camps et leur a tué mille hommes et a fait seize cent prisonniers. On ne croit pas encore les nouvelles sûres, parce que les bulletins ne nous sont pas encore parvenus. Je crois que nous les recevrons dans peu de temps, nous pourrons savoir cela au plus sûr.

Je crois que nous aurons une bataille : il (Custine) fait peur, il pourra finir les affaires de la République.

Il n’y a que dans la Bretagne qu’ils sont rebelles, ils ont été beaucoup de patriotes et de prêtres constitutionnels, mais on commence à les corriger par le moyen de la guillotine, que l’on fait travailler tout les jours.

On m’a dit qu’il y avait beaucoup d’aristocrates à Meaux, que la ville en était toute remplie : vous le marquerez à l’égard de Germain Dubois : je l’ai vu il y a huit jours qui se portait bien, mais je n’ai pu le voir depuis par ce que vu qu’il est à l’armée et nous que nous sommes à l’avant-garde. Il m’a dit qu’il écrirait une lettre à son père et à sa mère. Voilà tout ce que je vous puisse marquer de nouveau. Je finis en vous embrassant de tout mon cœur, sans oublier mon oncle et ma tante Germaine et suis pour la vie votre très affectionnée fils.
Bontant

PS : Je vous pris de faire part de lettre à mon parrain et ma marraine Marie et leur assurer bien de mes respects, ainsi que de faire des compliments au cousin Henry, ainsi qu’à mes frères, que j’embrasse, et mon camarade Lecointre, à qui vous ferrez bien mes compliments et à tous ceux qui parlent de moi. Je vous pris sitôt la présente reçue de me donner de vos nouvelles. Voilà l’adresse : au citoyen Bontant, canonnier au 7ème régiment d’Artillerie, Compagnie Saint André, attaché au 2ème bataillon de la Manche, Division du Général Pully, proche Orenebaeq ».

Portraits :

 Joseph-Gabriel Aubry-Darancey, né à Vitry-sur-Marne en 1749, élève artilleur (1767), lieutenant (1768) au régiment d’artillerie de la Fère, puis à la 9ème compagnie d’ouvriers, capitaine (1779) de la 6ème compagnie d’ouvriers, chevalier de Saint-Louis (1791), chef de bataillon au 7ème régiment d’artillerie (1793). Chef des parcs de l’armée des Pyrénées puis des Pyrénées-Orientales. Arrêté le 7 mai, il fut remis en liberté et nommé chef de brigade (octobre). Il commanda l’artillerie au fort de Saint-Elme de Collioure et de Vendres (mai 1794). Il était devant Bellegarde qui capitula (18 septembre). Il était encore au combat de la Montagne Noire (17 novembre), puis à la prise de Figuières (27 novembre) et à celle de Roses (2 février 1795). Directeur des forges de la Moselle (mai 1796), chef de brigade d’artillerie à l’armée d’Angleterre à Rennes (janvier 1798). Directeur de l’artillerie à Grenoble (octobre 1799), puis en Corse et à Turin (1800). Officier de la Légion d’Honneur (1804), il servit à l’armée d’Italie, notamment à la bataille de Caldiero (30 octobre 1805). Général de brigade (10 juillet 1806), commandant les équipages de siège de la Grande Armée, il servit devant Dantzig et Stettin (1807). Chevalier de la Couronne de Fer, commandant l’école d’artillerie de la Fère (1807). Chevalier de l’Empire, inspecteur général de l’artillerie, baron de l’Empire (1811), commandant les équipages de siège de la Grande Armée (1812). Il fut envoyé à Magdebourg (janvier) et mis à la retraite (février 1813). Connu pour un homme dur, fantasque, irascible et brusque selon Boulart. Mourut dans sa ville natale en 1835.

Nicolas-François-Thérèse Gondallier de Tugny, né à Bouffignereux le 26 janvier 1770 dans l’Aisne. Sortit sous-lieutenant de l’Ecole Militaire de Paris (26 janvier 1785), et reçu élève à l’école d’artillerie de La Fère, 46ème sur 48 (1786). Sortit 30ème sur 41, il fut nommé surnuméraire au 7ème régiment d’artillerie à pied (1789). Lieutenant en second (1791), lieutenant en 1er (février 1792), il servit à l’armée du Nord. Adjudant-major (mars), puis capitaine en second (juillet). Il fut employé à l’armée de Moselle (novembre), jusqu’en avril 1795. Il servit à l’affaire d’Arlon (9 juin 1793), puis il fut nommé capitaine en 1er (décembre). Il servit à l’armée de Sambre-et-Meuse de 1795 à 1797. Il servit au siège de Luxembourg, puis de Mayence (1794 et 1795). Il fut envoyé à l’armée d’Angleterre (1798 et 1799), puis à l’armée du Rhin (1800 et 1801). Il servit à Hohenlinden et il fut nommé chef de bataillon au 6ème régiment d’artillerie à pied (avril 1802). Major au 2ème régiment d’artillerie à pied (juin 1804), il servit en Italie (1805 et 1806), puis à l’armée de Naples (1806 à 1809). Colonel du 5ème régiment d’artillerie à pied (juillet 1806), il fut autorisé à passer au service de Naples comme général de brigade (31 décembre 1809). Baron de l’Empire (avril 1812), puis général de division toujours au service de Naples (juin 1813), il commanda l’artillerie napolitaine, puis il fut nommé ministre de la Guerre et de la Marine à Naples. Il démissionna du service de Naples (janvier 1814), et rentra en France, sans emploi et sans solde. Il fut nommé commandant en chef l’artillerie du 9ème corps de Brune (avril 1815), mais quitta son commandement le 10 août et rentra chez lui. Admis à la retraite comme maréchal de camp (octobre), il mourut à Bourguignon-sous-Montbavin dans l’Aisne, le 30 octobre 1839.

Charles-François Comte de Randon Dulauloy, né à Laon dans l’Aisne le 9 décembre 1764. Elève d’artillerie (avril 1780). Lieutenant en second au ci-devant régiment d’artillerie de Toul (1781). Lieutenant en 1er (1788), capitaine en second (avril 1791). Capitaine-commandant (mai 1792). Adjoint aux adjudants-généraux dans la 17ème division militaire, en mission extraordinaire en Angleterre pour la fabrication d’armes. Commandant l’artillerie du camp sous Paris (septembre 1792). Inspecteur de la manufacture d’armes de Moulins (octobre), chef de bataillon (1er février 1793). Envoyé à l’armée des Côtes de Cherbourg (octobre), il servit aux combats d’Angers, de Baugé, de Savigny. Suspendu de ses fonctions comme noble (décembre), il était toutefois toujours en fonction (février 1794). Employé à l’armée du Nord (juin). Chef de bataillon au 2ème régiment d’artillerie à pied (juillet), chef de brigade (août). Il servit aux sièges d’Ypres, de Nieuport, de l’Ecluse, de Bois-le-Duc et de Grave. Général de brigade (décembre), employé à l’armée de Sambre-et-Meuse, puis à l’armée de l’Intérieur (1795), du Nord et de Sambre-et-Meuse (fin 1796 et en 1797). A l’armée d’Angleterre (1798), commandant l’artillerie de l’aile droite de cette armée (avril), il servit ensuite à l’armée de l’Ouest (février 1800). Commandant à Gênes (octobre), à la division Soult en Ligurie (janvier 1801), il commanda l’artillerie de l’armée du Midi de Murat (juin). Commandant l’école d’artillerie de Metz (novembre), puis l’artillerie à Breda (mars 1803). Commandant l’artillerie du corps du Hanovre sous Mortier (mai), nommé général de division (août). Commandant en second l’artillerie de l’armée d’Italie sous Masséna (septembre 1805). Commandant en chef, l’artillerie de l’armée de Naples sous Joseph (1806). Gouverneur de Thorn (décembre). Commandant l’artillerie du 4ème corps sous Soult (janvier 1807), il servit à Eylau, à Heilsberg et devant Königsberg (1807). Commandant l’artillerie du 2ème corps de Soult en Espagne (mars 1809). Chevalier de l’Empire, chargé de l’inspection des places de Hollande (1810). Comte de l’Empire (1811), chargé de l’inspection des places de Bretagne, commandant l’artillerie du 2ème corps d’Oudinot à la Grande Armée (1812). Il servit en Russie puis en Saxe (1813). Commandant en chef de l’artillerie de la Garde (mars). Grand’Croix de l’Ordre de la Réunion (avril), il servit à Lützen (mai), puis à Wurschen et Leipzig. Conseiller d’Etat (décembre). Chambellan de l’Empereur (7 décembre), il servit en France (1814), chevalier de la Couronne de Fer (2 avril). Chevalier de Saint-Louis (1er juin), inspecteur de l’artillerie à Besançon, Grand’Croix de la Légion d’Honneur (janvier 1815), gouverneur de Lyon (5 juin). Pair de France aux Cents-jours, il fut membre du comité spécial chargé d’organiser le travail de réorganisation du corps de l’artillerie (août). Admis à la retraite (octobre), puis dans le cadre de la réserve de l’Etat-major (février 1831). Admis à la retraite (juin 1832), il mourut à Villeneuve-Saint-Germain dans l’Aisne, le 30 juin 1832.

Jean-Nicolas Lambinet, né à Metz le 8 septembre 1775, fils de Claude et de Marie d’Amiens. Habitant de Devant-les-Ponts département de la Moselle, réquisitionnaire (12 septembre 1793), levée en masse. Il servit jusqu’au 25 mai 1816, étant sans doute loin d’imaginer, qu’il ne rentrerait chez lui que 23 ans plus tard. Il fut versé (21 février 1794) au 7ème régiment d’artillerie. Il servit à l’armée du Rhin de 1793 à 1801. Sur les côtes de 1804 à 1805, il servit à la Grande Armée de 1805 à 1807, puis en Allemagne de 1809 à 1813. Caporal (6 août 1809) et sergent (18 août 1813). Il servit au siège de Mayence de janvier à avril 1814. Chevalier de la Légion d’Honneur (15 octobre 1814). Il termina sa carrière sergent au 7ème régiment d’artillerie. Il fut admis à la retraite à cette date, recevant une pension militaire de 200 francs, ayant reçu deux blessures, la 1ère à la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), un coup de feu à la jambe droite, la seconde à la bataille de la Moskova (7 septembre 1812), un biscaïen  à la main droite, blessure qui ne lui permet que difficilement de travailler (1816), alors qu’il était jardinier et cultivait un lopin de terre lui appartenant, qu’il déclarait bien insuffisant pour vivre avec son épouse. Il était marié depuis l’An 4, ayant eu deux fils, le premier ayant servi comme enfant de troupe dans son régiment, et le second ayant 11 ans en 1816. Date à laquelle il avait aussi sa mère septuagénaire, et sa belle-mère octogénaire à sa charge. Il demanda la révision de sa pension militaire.

Jacques-Alexandre-Bernard Law Comte de Lauriston, né à Pondichéry en 1768. Fils d’un général ayant servi aux Indes. Élève à L’École Militaire de Paris (1784). Lieutenant au régiment d’artillerie de Toul (1785). Adjudant-major (avril 1791), capitaine la même année, il servit à l’armée du Nord (1792 à 1793), puis à l’armée de Moselle (1793 à 1794). Aide de camp du général Warel de Beauvoir, il servit au siège de Maëstricht (janvier et février 1793). Aide de camp du général Saint-Fief (mai), employé à l’armée de Sambre-et-Meuse (juillet 1794). Chef de brigade au 4ème régiment d’artillerie à cheval (7 février 1795). Il démissionna (avril 1796). Remis en activité (mars 1800) par Bonaparte, qui le prit comme aide de camp, il servit sur les côtes puis il fut envoyé à Copenhague (1801). Il fut chargé de licencier le 1er régiment d’artillerie qui s’était mutiné et prit le commandement du nouveau régiment immédiatement formé (octobre). Chargé d’apporter à Londres la ratification des préliminaires de Paix (4 octobre). Accueillis en héros par les Anglais qui dételèrent sa voiture et le trainèrent à bras. Général de brigade, commandant Plaisance (1802), servit à l’armée des Côtes de l’Océan (1803 et 1804). Servit sur l’escadre de l’Amiral Villeneuve (novembre 1804), général de division (1805), assista au combat du Cap de Finistère contre l’amiral anglais Calder (22 juillet). Il effectua diverses missions, devint gouverneur de Raguse, défendit le poste de Santa-Croce et s’empara du col de Debilibrich, puis servit à Castelnuovo (30 novembre). Gouverneur général de Venise (décembre 1807), comte de l’Empire (1808), envoyé en Espagne comme commandant de l’artillerie de la Garde impériale, il servit à Madrid (3 et 4 décembre). Aide de camp de l’Empereur à la Grande Armée en Allemagne (1809). Commanda une division badoise et s’empara du col de Semmering où il fit 600 prisonniers. A l’Armée d’Italie, il servit à Raab (14 juin), assiégea et prit la place (15 au 24 juin). Commandant une batterie géante de 100 pièces à la bataille de Wagram (6 juillet). Il accompagna l’Impératrice Marie-Louise en France à son arrivée, puis devint ambassadeur de France en Russie (février 1811). Rejoignit l’armée à Smolensk (16 août 1812) et reprit ses fonctions d’aide de camp de l’Empereur, chargé de négocier la paix avec l’Empereur Alexandre, il ne put franchir les avant-postes (5 octobre). Il servit à l’arrière-garde lors de la retraite de Russie. Commandant du corps d’observation de l’Elbe (9 janvier 1813), Commandant du 5ème corps de la Grande Armée, il servit à Möckern (3 et 4 avril), à Wettin et Halle. Il attaqua Leipzig (2 mai) et culbuta les troupes prussiennes de Yorck à Weissig, il servit à Bautzen (21 mai 1813), puis à Wurschen (22 mai). Il fut repoussé à Neukirch (31 mai mais) entra à Breslau (1er juin) puis fut vainqueur à Lowenberg (21 août) et à Goldberg (23 août). Il servit à Leipzig (16 au 18 octobre). Il fut fait prisonnier (19 octobre) durant cette bataille et conduit à Berlin. Rentra en France à la Restauration, il devint aide de camp du comte d’Artois, chevalier de Saint-Louis (juin 1814). Grand’Croix de la Légion d’Honneur (juillet), il suivit Louis XVIII durant sa fuite jusqu’à Béthune puis revint à Paris et se retira dans sa terre de Richecourt près La Fère. Il rejoignit Louis XVIII à Cambrai (29 juin 1815), et devint Pair de France et commandant de la 1ère division d’infanterie de la garde royale. Il vota pour la mort du maréchal Ney, et fut fait commandeur de Saint-Louis (1816). Il présida les conseils de guerre de Linois, Boyer-Peyreleau et Delaborde. Il fut encore fait marquis (juillet 1817) et directeur de la maison du roi (1819). Ministre Secrétaire d’État de la maison du roi de 1820 à 1824. Maréchal de France (6 juin 1823). Il commanda le 2ème puis le 5ème corps de réserve à l’armée des Pyrénées (juin). Il assiégea et prit Pampelune (17 septembre), ministre D’État et grand veneur (août 1824). Il mourut à Paris soudainement, d’une attaque d’apoplexie (11 juin 1828).

Henri-Marie baron Le Noury, dit Noury né à Cracouville, commune de Saint-Aubin du Viel-Evreux dans l’Eure le 6 novembre 1771. Elève à l’école militaire de Pont-à-Mousson (1787). Elève de l’Ecole d’artillerie de Douai (1789). Lieutenant en second du 7ème régiment d’artillerie à pied (avril 1791). Lieutenant en 1er (février 1792), puis capitaine en second (juillet). Adjoint au commandant de l’artillerie de l’armée du Nord (1793). En mission à l’armée de l’Ouest (mars 1794). Appelé à Paris (juin 1795), puis à l’armée des Côtes de l’Océan puis d’Angleterre (1796-1798). A l’armée d’Italie (1799 et 1800), aide de camp du général Dulauloy (janvier 1800). A l’armée d’observation du Midi (octobre), chef de bataillon au 8ème régiment d’artillerie à pied (avril 1802). Directeur de l’artillerie à l’île d’Elbe (25 mai), chef d’escadron au 1er régiment d’artillerie à cheval, détaché à l’île d’Elbe (1803). Major au 5ème régiment d’artillerie à cheval (mai), corps qu’il rejoignit au mois d’août. Commandant une division de la réserve générale d’artillerie à l’armée des Côtes de l’Océan (septembre), puis l’artillerie des réserves des camps de cavalerie (mai 1805). A l’État-major général de l’artillerie de la Grande Armée (septembre), il servit à Austerlitz, puis il fut nommé colonel du 2ème régiment d’artillerie à pied (9 mars 1806). Chef d’État-major de l’artillerie du 5ème corps de la Grande Armée (avril), il fut blessé à Ostrolenka (16 février 1807). Colonel du 2ème régiment d’artillerie à cheval (juillet), baron (mars 1808). Chef d’État-major de l’artillerie du 5ème corps d’armée en Espagne (octobre), il servit devant Saragosse, fut fait général de brigade (mars 1809). Commandant provisoire de l’artillerie du 5ème corps d’armée d’Espagne, il fut chef de l’État-major de l’artillerie de l’armée d’Allemagne (avril). Commandant l’artillerie du corps saxon sous Reynier (septembre), il fut fait chevalier de l’Ordre de la Couronne de fer, et chevalier de l’ordre de Maximilien de Bavière. Il commanda en second l’artillerie de l’armée de Catalogne (janvier 1810) et servit à la prise du fort et des îles de Las Medas (mai). Il servit ensuite au siège de Figuières (d’avril à août 1811). Commandant l’artillerie auxiliaire attachée à la Garde impériale (7 février 1812), il servit en Russie. Commandant l’artillerie du 12ème corps de la Grande Armée sous Oudinot (juin 1813), il servit à Dresde (26 août), à Leipzig (16 au 19 octobre), puis à Hanau (30 et 31 octobre). Général de division (25 novembre). Commandant l’artillerie du 6ème corps d’armée, puis du 1er corps d’armée (1814). Chevalier de Saint-Louis (juin), il commanda l’artillerie du 6ème corps d’armée de Lobau et servit à Waterloo (18 juin 1815). Inspecteur général et membre du comité central de l’artillerie (10 février 1816). Inspecteur général d’artillerie (1820), membre du comité spécial et consultatif de l’artillerie (1821). Grand Officier de la Légion d’Honneur (mars). Occupa encore divers postes d’inspecteur du personnel et des matériels d’artillerie, et membres de diverses commissions (1821 à 1835). Mis en activité de demi-solde (janvier 1837), puis versé dans la réserve (1839). Il mourut dans sa ville natale, le 25 septembre 1839.

Jean-Marie Villaret De Joyeuse, frère du vice-amiral, né à Auch dans le Gers, le 18 septembre 1757. Élève à l’école d’artillerie de la Fère (1774). Lieutenant en 3ème dans la compagnie d’artillerie des Indes (4 février 1776). Il servit en Inde de 1776 à 1785. Lieutenant en second (9 février 1777). Prisonnier de guerre à Mahé (1778). Blessé d’un coup de feu et d’un coup de baïonnette pendant la campagne de 1781, aux Indes. Lieutenant en 1er à l’île de France (15 juin 1785). Il servit dans cette île de 1785 à 1796. Il passa au 8ème régiment d’artillerie ci-devant des colonies (août 1786). Capitaine en second (novembre), chevalier de Saint-Louis (novembre 1791), capitaine en 1er (28 décembre 1792). Chef de bataillon et sous-directeur d’artillerie à la Martinique (6 février 1796), il fut en mission à Paris au mois d’août et mis à la disposition du ministère de la Guerre en septembre 1797. Destitué (4 septembre 1798), il fut remis en activité comme chef de bataillon au 1er régiment d’artillerie à pied (14 mars 1800), et attaché de nouveau au service des colonies (mai), passa au 7ème régiment d’artillerie (4 janvier 1801), puis nommé chef de brigade (11 avril). Commandant l’artillerie rassemblée à Brest (22 mai), passa au 4ème régiment d’artillerie et fut nommé directeur d’artillerie à la Santo Domingo (21 janvier 1802). Puis le 26 juin au même poste mais à la Martinique. Nommé général de brigade (26 janvier 1804), par le gouverneur des colonies, confirmé dans ce grade (28 août 1808). Il fut fait prisonnier de guerre (24 février 1809), et destitué (21 août 1810). Rentra de captivité (19 mai 1814), il fut remis en activité en juillet puis admis à la retraite (28 décembre). Commandeur de la Légion d’Honneur (30 avril 1833). Il mourut à Paris, le 10 janvier 1847.

Article de Didier Davin, Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] Journal militaire de 1793.

[2] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de Vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 45.