79e régiment d’infanterie Boulonnais

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Le 79ème régiment d’infanterie ci-devant Boulonnais :

 

Historique :

 1789-1791 :

 En 1790, le régiment était en garnison à la forteresse de Strasbourg[1]. Le 1er juillet, le régiment en entier était en garnison à Strasbourg.

En mai 1791, il fut dirigé sur Besançon, puis il participa à l’invasion du Comtat-Venaissin. Il s’empara d’Avignon et de Carpentras, puis fut placé en garnison à Montélimar.

 1792 :

 Le 1er janvier, le régiment était en garnison à Avignon. Il était sensé partir d’Avignon début mars pour se rendre à Béziers[2].

 A l’armée des Alpes au camp de Bourgoin, il fut signalé pour sa discipline et sa tenue. Il participa à l’invasion et la conquête de la Savoie. Il resta en garnison à Chambéry pendant quelques temps. Le 27 décembre, la musique du régiment se fit repérer lors d’une messe où elle joua un air considéré comme séditieux (Richard Cœur-de-Lion). Le colonel du régiment fut mis aux arrêts ainsi que les musiciens.

 1793 :

 En 1793 le régiment était séparé en deux, le 1er fut dirigé à l’armée des Pyrénées-Occidentales et le second resta à l’armée des Alpes.

 Le 1er bataillon s’illustra au combat de Cornélia le 31 août et il fut signalé par le général Ramel. Le 1er septembre, il se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales, au camp de Salces[3].

 1794 :

 Il combattit encore le 22 septembre à la bataille de Truillas. En novembre, le 1er  bataillon du 79ème régiment d’infanterie se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales, dans les rangs de la brigade Causse : avec le 7ème régiment d’infanterie, 4ème de la Haute-Garonne, 2ème de l’Ardèche, 6ème de l’Aude, 1er des Côtes-Maritimes[4].

 Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 Le 1er bataillon du 79ème devint le 2ème bataillon de la 145ème. La 145ème demi-brigade de bataille fut formée le 30 mai 1795, au camp de l’Egalité, selon Belhomme, le 23 mai, selon Louis Susanne. Elle se composait du 1er bataillon du 79ème, du 2ème des Hautes-Pyrénées et du 3ème de la Haute-Vienne.

 2ème formation :

 La 145ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 4ème demi-brigade de ligne, le 12 mars 1796.

Historique du 2ème bataillon :

 1793 :

 Quant au 2ème bataillon, nous le retrouvons en juillet 1793, toujours à l’armée des Alpes. Il campa près du Bourg à Villaroger et à Vilette. Il était dans la division du général Dubourg dans la vallée de la Tarentaise. Son effectif était alors de 778 hommes au complet[5].

 Au mois d’octobre, alors que le général Kellermann fut démis de ses fonctions, les officiers, sous-officiers et soldats du 2ème bataillon du 79ème écrivirent une adresse à la Convention Nationale pour demander le rappel du général et lui apporter un soutien et une garantie quant à son patriotisme[6].

 Le 7 octobre, le 2ème bataillon du 79ème  était en cantonnement à Saint-Maurice dans la vallée de la Tarentaise. Il comptait un effectif de 754 hommes, dont 389 présents sous les armes, 83 aux hôpitaux, 2 en congés, 8 en prison, 63 détachés[7]. Par ailleurs le 9 octobre, Kellermann lui-même couvrit d’éloges le capitaine Verdelin, parmi les officiers s’étant brillamment comporté dans les combats menés pour repousser les Piémontais[8].

 Le 2ème bataillon était présent le 21 décembre, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 618 hommes, 4 en congé, 9 en prison et 91 hommes dans les hôpitaux.

 1794 :

 Le 2ème bataillon était à la prise du Mont-Cenis en avril et mai. Il fut cité par le général Badelaune au général Dumas comme l’un des bataillons qui :

« se sont comportés avec la plus grande valeur. Je n’ai jamais vu se battre de cette façon, je t’enverrai à la première occasion les traits particuliers d’héroïsme des soldats et des officiers »[9].

Il fit partie des forces qui enlevèrent le 24 avril, le mont Saint-Bernard et attaqua les redoutes du mont Valaisan. Le 20 juin, il fit partie de la brigade du général Valette et cantonna à Oulx et dans les environs, fort de 609 hommes sur un complet de 874 hommes[10].

 1795 :

 Il était encore présent dans cette armée dans la 1ère division de droite à la date du 3 juillet. Il cantonna à Briançon avec un effectif de 715 hommes[11]. Le 31 juillet, il se couvrit de gloire à l’attaque du mont Genèvre. Le capitaine Labafour fut fait chef de bataillon par le représentant Réal, pour avoir arrêté avec seulement 10 hommes, une colonne de 600 Autrichiens.

 Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 Le 6 septembre 1795[12], le 2ème bataillon fut assemblé au 1er de la Côte d’Or et au 8ème de l’Isère pour former la 146ème demi-brigade de première formation[13].

 2ème formation :

 La 146ème de bataille fut versée le 20 février 1796, dans la 5ème demi-brigade de ligne.

Colonels :

Colonel François-Joseph Thorillon Du Bourg de Vacherolles, 25 juillet 1791- ?

Colonel Nicolas Roque, dit La Roque, ?- ?

 

                                    État-major du régiment en 1792[14] :

 

Noms Grades
De la Roque et des Broches Lieutenant-colonel
Gombeau Seréville Quartier-maître trésorier
De Reboul cadet et Poujet Adjudant-major
Balguerie, de Cajus, Verdelin, Goyon, Verdelin, Valette, Trélissat, Longueveau, de Palassou, de S. Felix, de Chorier, Constantin, Abassour, Gerard, de Nogent aîné et de Combis Capitaine
De Fleyres, de Thivanche, de Nogent cadet, de Marsanges, Massre, de ?, Duchassaing, de Linières, de Kolain, de Chalvosson, Soulet, de Foucault, de Champagne, de Ruel Lieutenant
De la Fontaine, de Farcy, de Boisboissel, d’Avayé, de Barrois, de S. Julien, de Chambon, de Mezillac, Petitjean, Bodin, Blamanoir Sous-lieutenant

 

Portraits :

 

Jean-Jacques Causse, né à Caux dans l’Hérault le 29 août 1751. Soldat au régiment ci-devant Boulonnois (1770). Caporal (1772), sergent (1776), sergent-major (1783), adjudant sous-officier (avril 1792). Sous-lieutenant (22 mai), puis lieutenant (8 septembre). Il servit à l’armée des Alpes, puis à l’armée des Pyrénées-Orientales (1793). Adjudant-major (24 avril), puis lieutenant-colonel du 1er bataillon des volontaires du Mont-Blanc (30 août). Chef de brigade (4 octobre), puis général de brigade (25 décembre). Il servit à la division Marbot de janvier à juin 1794, puis à la division Sauret où il servit à la bataille de Saint-Laurent de la Mouga (13 août), à la bataille de la Montagne (17 au 20 novembre), puis au siège de Roses du 24 novembre au 5 février 1795. Envoyé à l’armée du Midi (juillet à octobre), puis à l’armée d’Italie, il servit à la division Laharpe (avril 1796) et prit part à la victoire de Montenotte (12 avril). Il servit à Dego (14 avril) et fut mortellement blessé à la hanche droite (15 avril).

Emmanuel Pouillat, de Bâgé-le-Châtel, Ain, fils aîné de Benoîte Bernigaud née vers 1733, veuve de Jacques Pouilliat. Frère de Jean-Baptiste Pouillat. Il s’engagea volontairement à une date inconnue, au 79ème régiment d’infanterie ci-devant Boulonnais. Il figura en 1792 sur une liste des citoyens de la commune engagés dans les troupes de ligne. Il fut signalé sur une liste de la commune en date du 3 février 1793. Sa mère fut signalée le 6 avril 1794, comme ayant droit aux secours des familles et déclara à son sujet :

« qu’il était sergent-major des volontaires au régiment 79, cy devant Boullonay mort à l’hôpital de la commune de Narbonne le 23 septembre 1793, ainsy qu’il est constaté par l’extrait mortuaire ».

Article de Laurent B.

sehri

[1] Journal militaire de 1790.

[2] Journal militaire de 1792.

[3] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée des Pyrénées-Orientales, 1er septembre 1793.

[4] Chuquet, Dugommier.

[5] Pièce générale, C. Duval, L’invasion de la Savoie par l’Armée Sarde en 1793.

[6] Pièce N° 7, idem, pages 64 à 66.

[7] Selon un état des troupes du général de brigade Badelaune et de l’adjudant-général Boyer, C. Duval, ibid, page 163.

[8] Pièce général, C. Duval, ibid, pages 96, 97 et 98.

[9] Lettre du général Badelaune au général en chef Alexandre Dumas du 5 Floréal An II, citée par Krebs et Moris La campagne des Alpes, tome 2, pièces justificatives page 252.

[10] Idem, page 272.

[11] La brigade du 2ème bataillon du 79ème est composée du 2ème bataillon d’infanterie légère, 3ème du Jura, 2ème du 79ème, artillerie, sapeurs, gendarmes à pied et à cheval, pour un total de 2 701 hommes, Krebs et Moris, ibid, page 321.

[12] 23 mai, d’après Digby Smith, Napoleon’s Regiments: Battle Histories of the Regiments of the French Army, 1792–1815. London, Greenhill Books, 2000, page 52.

[13] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française, page 353.

[14] Roussel, pages 205 et 206.