6e régiment d’artillerie à pied d’Auxonne

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Historique :

 1792 :

Le 1er janvier, le régiment se trouvait en garnison à Metz. Il comprenait un effectif de 926 hommes et 591 manquants. Le 10 mars, le régiment était parti en garnison à Metz. Il comptait un effectif de 667 hommes pour un complet de 940 hommes. Deux autres compagnies comprenant 80 hommes étaient en garnison à Thionville. Une demie compagnie à l’effectif inconnue était quant à elle placée à Sierck et Rodemack. Une autre demi-compagnie était en garnison à Sarrelouis pour un total de 63 hommes. Tandis qu’une autre comprenant 41 hommes était en garnison à Bitche. Les deux dernières étaient sous les ordres du maréchal Wurmser[1].

En avril, trois compagnies et demi quittèrent Metz pour rallier l’armée des Ardennes, les autres entrants dans la composition de l’armée du Centre[2]. Le 20 septembre, tout le régiment était présent à la canonnade de Valmy. Il participa aux guerres de la Révolution dans les armées de Sambre-et-Meuse et de Rhin-et-Moselle[3].

 1793 :

En janvier, l’Etat-major se trouvait avec trois compagnies à Metz. Huit compagnies et demie étaient à l’armée de Belgique, deux à celle des Ardennes, une à Bournonville, une à Longwy, une à Sarrelouis, une à Bitche, une compagnie et demie à Thionville, une escouade à Toulouse et une à Montmédy.

Un détachement de l’État-major fort de 260 hommes partit de Metz (26 janvier) et devait se rendre à Douai sur les arrières des armées du Nord et de Belgique[4].

Un détachement du 6ème fort de 66 hommes se trouvait (1er mars), en garnison à Liège. Il fit partie du corps d’armée principal de l’armée de Belgique du général Dumouriez[5].

Son dépôt se trouvait à Dunkerque (30 juillet)[6]. Un total de 24 hommes était au même moment en garnison à Bouchain et six à Arras[7].

Une compagnie fut un moment attachée au 1er bataillon du 88ème régiment d’infanterie.

Le 1er septembre, un détachement du régiment se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales, dans Perpignan[8].

 1794 :

Le 19 avril, un détachement de 82 hommes du régiment se trouvait à la brigade du général Osten, armée du Nord du général Pichegru. Il cantonna en compagnie d’artilleur du 9ème à Pont-à-Marque[9].

Un autre détachement se trouvait à la même date dans la division du général Souham de la même armée. Constitué de 15 hommes, il cantonna à Pont-Rouge.

En avril, un détachement du régiment fort de 65 hommes, était à l’armée du Nord du général Pichegru. Il fit partie des troupes de la division Michaud et tint garnison à Dunkerque[10].

 1796 :

Nous trouvons aussi trace d’un détachement du 6ème d’artillerie, à l’armée des Alpes à la date du 5 mars 1796[11].

 1799 :

Les 7e, 9e, 10e et 15e compagnies du régiment étaient à l’armée d’Italie au 30 vendémiaire an VII.

 1800 :

 Les 1ère et 4e compagnies du régiment étaient à l’armée du Rhin en l’an VIII.

Colonels :

Colonel François-Charles Quiefdeville de Belmesnil, 9 mars 1788 – 1er novembre 1792.

Colonel Charles-François-Daniel Dutot, 1er novembre 1792- ?

Colonel Montperreux, 1792-1793

Colonel Bonvoust, 13 avril 1793-1794

Colonel Claude Martraire, 1794-1800

Colonel Jacques Bardenet, 26 décembre 1801-8 juin 1802.

Colonel Alexandre-Antoine- Hureau de Sénarmont, 8 juin 1802-10 juillet 1806.

 

                                        État-major du régiment en 1792[12] :

 

Noms Grades
Lagrée, de Perthuis, de Bayette, Danger, Galbaud, Maisonneuve Lieutenant-colonel
Gentillon Quartier-maître trésorier
Doudard de la Grée et Bellemontre Adjudant-major
Boubers, Letterre, Barthelemy, de Percy, de Granchamps, Martinière, Thiballier aîné, Tardy, Bicquelley, Rouyer, Chervin, Amé, Crèvecœur, Ruffey, Pusignan, Vasservas, Taveau, Grivel, Laprun, Pracontal 1er capitaine
Thiballiet cadet, Despeyrut, Vermandovillers, Montpezat, Duraget aîné, Crestin, Duraget cadet, Tisseul, Barrois, Rennepont, Séguin, Sipheras, Belgarie, Chazans, Gouberville, Barville, Nacquart aîné, Flavigny, Dorigny, Bellegarde Second capitaine
Villeneuve, Boishamont, St-Cyr aîné, Coueffin, Faure de Giers, Taincourt, la Geneste, la Rochegirault, Chièvre, Nacquart cadet, Beausire, S-Cyr, Debelle, Eblé, Horson, Benoist, Jean, Borgnon, Doué, Alain 1er lieutenant
Dole, Lefebvre, Poix, Thevenot, Detteret, Eblé fils, Barbier, Figuet, Légier cadet, Livennes, Boirot, Conroux Second lieutenant

Portraits :

Jacques Chevalier Bardenet, né à Vesoul en Haute-Saône le 10 février 1754. Canonnier au ci-devant régiment d’artillerie de Besançon (1770). Sergent (1777), adjudant sous-officier (février 1792), lieutenant en 1er (mai), il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1798. Capitaine en second à la 5ème compagnie de canonniers à cheval de Hanicque (1er novembre). Il servit à Jemappes puis à Neerwinden. Capitaine-commandant (mars 1793), il passa chef de bataillon au 6ème régiment d’artillerie à pied (30 octobre). Chef d’État-major de l’artillerie à l’armée du Nord sous Eblé (décembre), il servit aux sièges d’Ypres, de Nieuport, du fort de l’Écluse, de Bois-le-Duc, de Nimègue et de Grave (1794). Chef de Brigade (7 octobre), il commanda l’artillerie en Hollande de 1795 à 1796. Placé à la suite du corps de l’artillerie en 1797 et 1798, il servit à l’armée de Naples comme chef d’État-major de l’artillerie sous Eblé (1798 et 1799). Il se signala à la bataille de La Trébie (18 au 20 juin 1799). Général de brigade par Macdonald (19 juin), il ne fut pas confirmé par le Directoire et servit à l’armée des Grandes Alpes (août). Il fut blessé à la cuisse à la bataille de Fossano et commanda l’artillerie de l’aile gauche de l’Armée d’Italie sous Turreau (mars 1800). Il commanda ensuite l’artillerie au centre de l’armée sous Suchet (avril), puis sous Dupont à Pozzolo (25 décembre). Commandant l’école d’artillerie de Valence (janvier 1802), il fut élu député de la Haute-Saône au Corps Législatif où il siégea de 1802 à 1806. Directeur d’artillerie à Auxonne, il fut envoyé à la Grande Armée (décembre 1806). Directeur du Parc d’artillerie du 8ème corps de Mortier en Allemagne (janvier 1807), puis du corps d’observation réuni à Stettin (fin 1807). Officier de la Légion d’Honneur la même année. Directeur du parc d’artillerie du 8ème corps de Vandamme (1809), commandant l’artillerie de réserve de l’armée d’Allemagne sous Junot (juin), puis du 8ème corps toujours sous Junot. Il le suivit en Espagne, mais il fut remplacé (décembre 1809) et servit en Allemagne puis en Espagne sous Masséna (1810). Chevalier de l’Empire la même année, il fut directeur du parc d’artillerie à Magdebourg (janvier 1812). Il prit part à la défense de la ville en 1813 et 1814, et ramena la garnison en France. En retraite (août 1814), chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Vesoul, le 3 septembre 1833.

Antoine-Marie Dufrenoy, originaire de Paris, enrôlé à 19 ans, au 4e bataillon de Paris (2 septembre 1792), mais passa au 10e bataillon de Paris (11 mai 1793). Il passa encore au 7e bis de Paris (1796), puis avec lui dans la 7e demi-brigade de ligne, caporal de canonniers (1797), passa au 6e régiment d’artillerie (1798), congédié en 1803.

Charles-Joseph Hermel, originaire de Paris, volontaire à 19 ans, au 4e bataillon de Paris (2 septembre 1792), passa au 10e bataillon de Paris (11 mai 1793), puis au 7e bis de Paris (6 mars 1796), passa à la 7e demi-brigade de ligne, canonnier (1797), passa au 6e régiment d’artillerie (1798), parti en 1800.

Paul-Marie Horiot, chef de Bataillon au 3ème régiment d’infanterie, né à Malleroy dans la Haute-Marne le 4 mars 1769. Il servit au 6ème régiment d’artillerie à pied depuis le 2 décembre 1784, jusqu’au 15 août 1791. Capitaine au 3ème bataillon de la Haute-Marne (18 octobre 1792), il fit les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Nord et de Belgique. Le 12 messidor An 2, il était à la prise de Mons, où il s’empara de six caissons et d’une batterie qu’il  tourna avec succès contre l’ennemi. Il fit ensuite les campagnes suivantes, et se trouva à l’armée d’Italie, notamment à la bataille de Novi (15 août 1799). Il fut nommé chef de bataillon après s’être distingué (21 germinal An 8), en Ligurie, sous les ordres du général Soult, et le 25 du même mois, il fut grièvement blessé dans un combat contre des forces ennemies supérieures en nombre. Réformé pour sa blessure (15 brumaire An 9), il rentra avec son grade à la 3ème demi-brigade légère (12 brumaire An 10) ensuite chevalier de la Légion d’Honneur à sa création[13].

Edouard-Louis Maillard de Liscourt, né à Langres le 11 janvier 1778, canonnier (1798) dans le 6ème régiment d’artillerie à pied, fourrier (1801), sergent (1802), sergent-major (1803), lieutenant en second (1804), aide de camp du général Sorbier, passé dans l’artillerie de la Garde (1806), chevalier de la Légion d’Honneur (9 juillet 1809). Lieutenant en 1er (27 août 1808), capitaine (17 juillet 1809), employé à l’État-major général de l’artillerie, capitaine commandant (1er octobre 1812), officier de la Légion d’Honneur (14 septembre 1813), major (28 décembre 1813). Lieutenant-colonel (1816), commandant l’artillerie du département de la Gironde (1816). Colonel (1823), directeur de l’arme à Bayonne, à La Rochelle, à Nantes, retraité (1832). Chuquet écrit à son propos dans une note commentant les mémoires de Griois, tome 2 :

« il aurait refusé d’exécuter l’ordre de faire sauter le magasin à poudre de Grenelle, mais quoi qu’en dise Mme de Boigne dans le premier tome de ses mémoires, p. 349-352, il a comme l’écrit Pasquier ses mémoires, tome II, p. 286, cherché à se faire valoir, et l’ordre ne fut jamais donné, cf, l’étude de L. Grasilier dans le bulletin de 1906 de la Société d’histoire contemporaine »[14].

Simon-Hubert Maire dit Lemaire, né à Besançon le 12 juillet 1755. Canonnier au régiment ci-devant d’Auxonne (février 1775). Il servit en Bretagne à la défense des côtes de 1778 à 1780, 2ème canonnier (1777) 1er canonnier (1781), il servit lors de l’expédition de Genève sous Jaucourt, sergent (1782), sergent-major (1785). Il servit sous Bouillé à Nancy de 1790 à 1791. Lieutenant en 1er à l’armée du Nord (1792), capitaine en second au 6ème d’artillerie à pied (novembre). Il fut envoyé en Vendée, détaché à la Rochelle (1793). Général de brigade d’artillerie commandant l’artillerie des trois premières divisions de l’armée des Pyrénées-Occidentales (janvier 1794). Commandant en chef les parcs d’artillerie de l’armée des Pyrénées-Occidentales (juin). Commandant de l’artillerie de la 1ère division de cette armée (mars 1795). Inspecteur d’artillerie, chargé sous Du Puch du 5ème arrondissement (fin 1797). Employé à l’armée de Mayence (1798), puis à celle du Danube (1799). Commandant l’artillerie de l’aile droite de l’armée du Rhin (décembre). Il servit à Moesskirch (5 mai 1800), dirigea le passage de l’Inn à Neufbeuern (9 décembre). En congé (1801). Il commanda l’artillerie de l’armée de l’Ouest, puis redevint inspecteur d’artillerie (janvier 1802). Commandant de la Légion d’Honneur (juin 1804). Commandant l’artillerie du camp de Walcheren (décembre), admis à la retraite (juin 1805). Commandant de l’artillerie à Dunkerque d’août à octobre 1809. Commandant la levée en masse du département de la Haute-Saône (janvier 1814). Il mourut dans sa ville natale, le 21 juin 1817.

Etienne-Alexandre Noël, originaire de Paris, enrôlé à 19 ans au 7e bis de Paris (1792), passa à la 7e demi-brigade de ligne (1796), passa au 1er régiment d’artillerie (1798), congédié du 6e régiment d’artillerie pour infirmités (1802).

Nicolas-François-Thérèse Gondallier de Tugny, né à Bouffignereux le 26 janvier 1770 dans l’Aisne. Sortit sous-lieutenant de l’Ecole Militaire de Paris (26 janvier 1785), et reçu élève à l’école d’artillerie de La Fère, 46ème sur 48 (1786). Sortit 30ème sur 41, il fut nommé surnuméraire au 7ème régiment d’artillerie à pied (1789). Lieutenant en second (1791), lieutenant en 1er (février 1792), il servit à l’armée du Nord. Adjudant-major (mars), puis capitaine en second (juillet). Il fut employé à l’armée de Moselle (novembre), jusqu’en avril 1795. Il servit à l’affaire d’Arlon (9 juin 1793), puis il fut nommé capitaine en 1er (décembre). Il servit à l’armée de Sambre-et-Meuse de 1795 à 1797. Il servit au siège de Luxembourg, puis de Mayence (1794 et 1795). Il fut envoyé à l’armée d’Angleterre (1798 et 1799), puis à l’armée du Rhin (1800 et 1801). Il servit à Hohenlinden et il fut nommé chef de bataillon au 6ème régiment d’artillerie à pied (avril 1802). Major au 2ème régiment d’artillerie à pied (juin 1804), il servit en Italie (1805 et 1806), puis à l’armée de Naples (1806 à 1809). Colonel du 5ème régiment d’artillerie à pied (juillet 1806), il fut autorisé à passer au service de Naples comme général de brigade (31 décembre 1809). Baron de l’Empire (avril 1812), puis général de division toujours au service de Naples (juin 1813), il commanda l’artillerie napolitaine, puis il fut nommé ministre de la Guerre et de la Marine à Naples. Il démissionna du service de Naples (janvier 1814), et rentra en France, sans emploi et sans solde. Il fut nommé commandant en chef l’artillerie du 9ème corps de Brune (avril 1815), mais quitta son commandement le 10 août et rentra chez lui. Admis à la retraite comme maréchal de camp (octobre), il mourut à Bourguignon-sous-Montbavin dans l’Aisne, le 30 octobre 1839.

Enrôlements dans le régiment, registre d’enrôlement pour les troupes de ligne, Dijon février 1792 – mai 1793, archives municipales de Dijon, 1 H :

Pierre-François Dambrun, vigneron natif de Chenôve y demeurant, fils de défunt Claude aussi vigneron audit lieu et de feue Anne-Catherine Georges, âgé de 37 ans, 5 pieds et trois pouces et demi, cheveux châtains foncés, front large et carré, yeux gris, nez relevé, bouche petite, menton rond, légèrement gravé de petite vérole, a déclaré vouloir servir au 6e régiment d’artillerie en garnison à Metz et ne savoir signer (mars 1792).

Joseph Montecord, natif de Bastia en Corse, fils de défunt Bartholoméo manouvrier audit lieu et de Marie Angèle, âgé de 35 ans, 5 pieds, 3 pouces et 9 lignes, cheveux noirs, front étroit, yeux gris-jaunes, nez large, bouche grande, menton large, basané, a déclaré vouloir servir dans le 6e régiment d’artillerie et ne savoir signer (mars 1792).

Pierre Guillot, natif de Dijon, fils de défunt Claude vigneron au même lieu et d’Agnès Boisselier, âgé de 29 ans, 5 pieds, 3 pouces et 9 lignes, cheveux châtains, front couvert, les yeux gris-jaunes, nez large, bouche moyenne, menton plat, petite cicatrice au front au-dessus de l’œil droit, a déclaré vouloir servir au 6e régiment d’artillerie et ne savoir signer (mars 1792).

Article de Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] E. Desbrières, déjà cité, tome 1, page 106.

[2] Journal Militaire de 1792.

[3] Louis Susane, déjà cité, tome 6, page 251.

[4] Journal Militaire de 1793.

[5] Idem, page 357.

[6] 13 hommes au dépôt, 4 au camp de Gyvelde, V. Dupuis, La campagne de 1793 à l’Armée du Nord, de Valenciennes à Hondtschoote, pages 16 et 17.

[7] V. Dupuis, idem, page 20 et 23.

[8] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée des Pyrénées-Orientales, 1er septembre 1793.

[9] E. Desbrières, déjà cité, page 409.

[10] Idem, page 413.

[11] Krebs et Moris, La campagne dans les Alpes, tome 2, page 353.

[12] Roussel, déjà cité, pages 168 à 170.

[13] Charles-Théodore Beauvais, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des français, 1792-1815.

[14] Mémoires de Griois, tome 2, et dossier de la Légion d’Honneur, base Léonore.