69e régiment d’infanterie Vigier

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Le 69ème régiment d’infanterie ci-devant régiment suisse Vigier :

 

Ouvrage de référence : Jules Vassias, Historique du 69ème régiment d’infanterie, 1672-1912.

 

Avant la réforme de 1791, il porta le numéro 71 en 1788, le numéro 70 de 1788 à 1790.

 

Historique :

 1789 :

 Le 25 janvier, le régiment forma une brigade avec le régiment suisse de Châteauvieux, lieutenant-général comte d’Haussonville, corps de Lorraine du lieutenant-général de Choiseul-la-Baume.

En juillet, il fut appelé aux abords de Paris, arriva à Brie-Comte-Robert mais un contrordre le renvoya à Toul.

Environ 400 hommes furent envoyés à Troyes, à cause des troubles des approvisionnements en grains de Paris au mois de septembre.

 1790 :

 Le 1er juillet, le régiment en entier était en garnison à Toul.

Lors des événements de la révolte de Nancy, le régiment fut envoyé en renfort et il fut rejoint par le détachement qui se trouvait encore à Troyes. Le 24 août, M. de Malseigne, maréchal de camp qui arrivait à Nancy pour y arrêter les comptes de la troupe fut confronté à des contestations qui s’élevèrent dans le régiment de Châteauvieux. Il fut ordonné au régiment de se mettre en route pour Sarrelouis mais le régiment refusa de bouger. La garnison était composée du régiment ci-devant du Roi comprenant 4 000 hommes et 190 officiers, du régiment suisse de Châteauvieux fort de 1 400 hommes et 60 officiers et enfin du régiment de cavalerie ci-devant Mestre de Camp fort de 500 cavaliers et 40 officiers. Les deux autres régiments firent cause commune avec Châteauvieux et

« les soldats avaient pillé les caisses militaires, ils s’étaient livrés aux plus grands excès de débauche et de licence, ils avaient maltraité, battu, blessé leurs officiers, ils en avaient mis plusieurs, ainsi que l’officier général qui les commandait dans des cachots. Ils avaient exigé de l’argent des autorités constituées de la ville, avec menace de pendre les officiers municipaux et les membres du département, s’ils s’y refusaient, ils avaient exprimé le plus grand mépris pour l’Assemblée constituante et brûlé ses décrets, enfin, le pillage général et le sac de la ville étaient annoncés et les principales victimes désignés »[1].

 Le 30 août, le 69e régiment fut mis au courant de sa mission de marcher contre les mutins. Le 31 au matin, il se mit en route et arriva à Frouard. Monsieur de Bouillé fut chargé de rétablir l’ordre, il rassembla des forces afin de mâter les rebelles, notamment les gardes nationales de Toul, de Metz, de Pont-à-Mousson, une partie de celles de Nancy, soit un total d’environ 6 000 hommes. Il reçut à Frouard une délégation des rebelles qui semblait avoir l’espoir de faire passer dans la rébellion les troupes de Bouillé. Ce dernier donna l’ordre de marcher sur les mutins.

Les officiers du régiment de Châteauvieux, tentèrent d’empêcher le carnage, alors que les forces de Bouillé étaient devant la porte de Stainville. Les mutins abattirent Monsieur Désilles et Shuphauwer, le premier tomba de trois balles de fusil, le second d’un coup de mitraille. Un combat confus s’engagea dans les rues jusqu’au soir, la rébellion fut mâtée. Le régiment fut ensuite dirigé sur Strasbourg.

 1791 :

 Le régiment prit le numéro 69. Il était dans les rangs de l’armée du Rhin.

 1792 :

Le 1er janvier, le régiment était en garnison à Strasbourg. Il fut licencié par le décret du 20 août. Les Suisses furent autorisés à entrer dans les troupes françaises avec leurs grades, l’engagement étant payé 300 livres pour un sergent, 200 pour un caporal, 150 pour un tambour et un soldat.

Le régiment fut licencié le 17 septembre, à l’armée du Rhin. Environ 600 de ses hommes s’enrôlèrent immédiatement dans les troupes de ligne de l’armée française.

Le restant des hommes fut licencié à Fort-Louis en Alsace, le 7 octobre et les hommes qui ne souhaitèrent pas reprendre du service dans l’armée française rentrèrent chez eux.

 1793 :

 Il fut peut-être reformé partiellement puisque nous retrouvons trace d’une compagnie du 2ème bataillon du 69ème d’infanterie qui fut versée à Briançon le 21 juillet, dans le 1er bataillon des chasseurs de l’armée des Alpes.

 

Etat-major du régiment en 1791[2] :

Colonel de Vigier de Steinbrugg,

Lieutenant-colonel baron de Paravicini,

Major comte de Thurn,

Quartier-maître trésorier avec rang de capitaine Drouin,

Capitaines : De Reyss, Carle, baron de Roll, Runser, Gottlau, chevalier de Paravicini, Luchem, chevalier de Berenfels, Bugnon, Jacobel, Pavillard (grenadiers), De Vonderweidt, aide-major Crosier, Dolfus, De Peyer, aide-major De Mont, Muller de Friedberg, baron d’Ogguer.

Lieutenants : Cohendet (grenadiers avec rang de capitaine), Dufour (idem), De Reiset (idem), Blanc, De Minghini, De Blumenthal, baron de Berenfels, sous-aide-major De la Barge, De Muller, Cartier, sous-aide-major Grimm aîné, De Glutz, Techterman de Bionnens, Carlé fils, Martin, De Jacklin, P. de Vonderweidt, De Gibelin, De Grugger.

Sous-lieutenants : Luchen fils, Keyser (grenadiers), De Ziegler, Reding de Biberegg, De Bergamin (grenadiers), De Wallier, Weguelin, Baletta, François Chollet, Amey, J. Vonderweidt, Gaugler, Neuhaus, Dolfus, Pierre Cholet, Brunner, Curton, De Maillardos, porte-drapeau Struder (rang de capitaine), Peccaud (idem), Guinchard (idem), Klein (idem).

Portraits :

 François-Pierre-Joseph baron Amey, né à Sélestat dans le Bas-Rhin en 1768. Fils d’un chirurgien-major au régiment suisse Walner. Cadet au régiment suisse de Vigier (1783). Sous-lieutenant (1788), il était dans les rangs des soldats qui combattirent l’émeute de Nancy (1790). Licencié avec son régiment (7 octobre 1792). Capitaine à la 1ère compagnie de la légion du Rhin. Aide de camp du général Coustard de Saint-Lô à l’armée du Rhin (novembre). Il servit à l’armée des Côtes de la Rochelle dans les rangs de la division Duhoux, puis Menou. Il fut blessé (25 juin 1793). Adjudant-général chef de bataillon (23 juin), il servit à l’armée de l’Ouest sous Kléber et Marceau. Général de brigade employé à la division Müller (28 novembre), blessé à la bataille du Mans (12 décembre). Suspendu de ses fonctions (août 1794), réintégré aussitôt (septembre). Il servit à l’armée des Alpes, mais cessa ses fonctions non compris dans la réorganisation des Etats-majors (juin 1795). Il servit à Saint-Cloud au coup d’Etat du 18 brumaire et il fut remis en activité. Il servit à l’armée du Rhin (1800) et à l’expédition de Saint-Domingue (1801 et 1802). Mais il rentra en France, commandant de la Légion d’honneur (1804), puis eut divers commandements mineurs dans l’intérieur. Employé comme brigadier de la 1ère brigade de la 2ème division d’Heudelet (1806),  il servit à Golymin (26 décembre), puis il fut blessé à Eylau (8 février 1807). Gouverneur d’Elbing, commandant la 2ème brigade de la 2ème division de Carra Saint-Cyr, 4ème corps de Soult (avril 1807). Baron de l’Empire, il fut envoyé en Espagne (1808). Commandant la légion allemande, à la 1ère division Reille, 7ème corps de Catalogne (1809). Il participa au siège de Girone puis fut envoyé en Hollande (août 1810), puis au corps d’observation de l’Elbe (1811), 1ère brigade de la 9ème division de Belliard. Sous Belliard et Merle en Russie, 3ème division du 2ème corps, il servit à Polotsk (19 août 1812), général de division (19 novembre), il fut blessé à la Bérézina (28 novembre). Grand’ Officier de la Légion d’honneur (août 1813), il fut chargé de la défense de la ligne d’Ems (septembre) et servit au 11ème corps de la Grande Armée. En janvier 1814, commandant la 2ème division du 11ème corps de Macdonald. Il servit en Champagne puis sous Pacthod avec qui il fut fait prisonnier à la Fère-Champenoise (25 mars). Chevalier de Saint-Louis la même année, il adhéra aux Cents-Jours puis il fut mis en retraite (septembre 1815). Mis en activité (1831), replacé en retraite (1833). Il mourut à Strasbourg en 1850, le 16 novembre[3]. Il avait eu cinq chevaux tués sous lui dont deux à la bataille d’Eylau.

François-Robert-Joseph-Guillaume De Vigier De Steinburgg, soldat cadet en 1743, il fit la campagne d’Italie cette année-là. Enseigne de drapeau de la compagnie Haal (8 mars 1745). Enseigne à pique (9 avril 1747), 2ème sous-lieutenant (2 juin 1751), 1er sous-lieutenant (12 avril 1753), 2ème lieutenant aux gardes suisses (7 décembre 1755), 1er lieutenant aux gardes suisses (1er mars 1759), capitaine commandant de la demi-compagnie de Begenwald (2 février 1760), capitaine de grenadiers (1er juillet 1763). Brigadier (3 janvier 1770), maréchal de camp (1er mars 1780). Il obtînt le 30 mars 1783, le commandement du régiment par la mort du comte de Waldmer, qui prit donc son nom et commanda jusqu’à sa dissolution en 1792. Il mourut en 1794. Il avait été fait chevalier de Saint-Louis, le 24 mai 1760[4].

Article de Laurent B.

sehri

[1] Mémoires de M. de Bouillé.

[2] Jules Vassias, Historique du 69ème régiment d’infanterie, p. 330.

[3] Georges Six, Dictionnaire des Généraux et des Amiraux de la Révolution 1792-1814.

[4] Jules Vassias, Historique du 69ème régiment d’infanterie, p. 351 et 352.