67e régiment d’infanterie Languedoc

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Le 67ème régiment d’infanterie ci-devant Languedoc :

 

Historique :

 1790 :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à Montauban. Il se fit remarquer au commencement de cette année en passant un pacte fédératif avec la Garde nationale qui fut envoyé et lu à l’Assemblée nationale, le 8 avril. Lors d’une émeute sanglante intervenue le 10 mai, les catholiques de Montauban se précipitèrent sur les protestants pour les massacrer. Le régiment fut chargé de rétablir l’ordre et de défendre la minorité protestante. Désormais honnis par la population, cette dernière envoya à l’Assemblée nationale des accusations contre lui et demanda son départ immédiat de la ville. Le 26 juillet, le régiment écrivit à l’Assemblée pour laver son honneur et après une discussion vive entre les députés, le régiment fut maintenu à Montauban. Toutefois, il fut finalement dispersé, le 1er bataillon était placé à Lectoure et le 2ème à Auch dès le mois d’août.

 Le régiment ne resta pas dans ces positions. Au mois d’octobre, le 1er bataillon était à Figeac et le 2ème à Cahors. Le 3 décembre, le capitaine Saint-Sauveur du 2ème bataillon fut requis avec sa compagnie de grenadiers et un piquet de 44 gardes nationaux de réduire une insurrection paysanne dans le village de Saint-Germain (district de Gourdon). Les paysans sonnèrent le tocsin et accueillirent les hommes du 67ème à coups de jets de pierres. Le capitaine ordonna le repli sur Gourdon. Le drapeau et la loi martiale furent proclamés et toute la Garde nationale du lieu fut réquisitionnée. Etrangement la population et la Garde nationale se retournèrent contre la compagnie du capitaine Saint-Sauveur qui dut se retrancher dans une maison voisine de l’Eglise et menacer d’ouvrir le feu. Le détachement put cependant se replier après une nuit d’agitation, sur Cahors. Mais les agitateurs locaux continuèrent leur action, accusant le 67ème des pires maux. La compagnie de grenadiers fut contrainte à une série de duels et d’altercations avec les régiments ci-devant de Champagne et Royal-Navarre.

 1791 :

 Le 2ème bataillon du 67ème dut être écarté de la région et placer à Figeac en mars. Le 1er bataillon entra en rébellion à cette époque et par l’agitation des clubistes du régiment, les soldats s’emparèrent de la caisse, contenant 25 000 francs. Au mois d’avril, il fut déplacé à Auch par punition. Il fut encore déplacé entièrement au mois de septembre.

Historique du 1er bataillon :

 1791 :

 Le 1er bataillon rejoignit Lyon et le 2ème la ville d’Orange. Mais le 1er dont on se méfiait depuis sa rébellion fut finalement arrêté à Clermont.

 1792 :

 Le 1er bataillon était en garnison le 1er janvier, à Clermont et le Puy. Il comprenait 580 hommes et 185 manquants. Cinq compagnies étaient parties de Clermont-Ferrand, le 23 février, pour se réunir aux quatre compagnies présentes au Puy. La réunion fut effective le 28 février et le bataillon arriva à Tarascon dès le 8 mars.

 1793 :

 Le 1er bataillon fut signalé au début du 1793 dans les rangs de l’armée du Nord.

 Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation

 Il ne semble pas que le 67ème fut amalgamé en première formation[1]. La 125ème demi-brigade de bataille ne fut pas formée selon les différents auteurs que sont Bertaud et Roucaud, Susanne et le Journal de l’An VII. Toutefois Belhomme indique qu’elle fut formée à Vannes, le 31 mars 1795, avec le 1er bataillon du 67ème, et les 11ème et 12ème bataillons de la formation d’Orléans. Il s’agit peut-être d’une erreur tous ces bataillons furent amalgamés seulement en 2ème formation.

 2ème formation :

 Le 1er bataillon du 67ème régiment fut versé dans la 34ème demi-brigade de ligne de ligne à l’armée des Côtes de l’Océan.

Historique du 1er et 2ème bataillon :

 1792 :

 Le 2ème bataillon était en garnison le 1er janvier, à Valréas. Il participa à la conquête du Comtat-Venaissin. En avril, il fut appelé à l’armée des Alpes et atteignit la ville de Grenoble où il se révolta le 17 mai contre son colonel. Le général en chef, Montesquiou, le jugeant peu sûr le renvoya immédiatement en garnison dans les départements du Cantal et de la Lozère. Ce ne fut qu’en juillet, qu’il fut rappelé au camp de Lyon puis fut dirigé vers Belfort et Neufbrisach où il intégra l’armée du Rhin[2].

 1793 :

 En 1793, le régiment était à l’armée du Rhin du général Custine. La brigade du 67ème était commandée par le général Meynier. Le 19 juillet, elle se rendit maître des gorges de l’Albertsweiler à l’aile gauche de l’armée du Rhin qui venait de passer sous le commandement du général Beauharnais. Ce général qui devait tenter de libérer la garnison de Mayence assiégée poussa mollement l’offensive. Le 22 juillet, la brigade du 67ème tourna la position des hauteurs de la chapelle Sainte-Anne poussant à la retraite les Austro-prussiens. L’aide-major Chabert fut blessé pendant cette opération. Ce combat se termina par une complète déroute de l’ennemi[3].

 En août, le régiment fut dirigé vers Bitche et Metz pour ensuite être envoyé en renfort à l’armée du Nord. Le 26 août, il arriva à Soissons, le 29 il était à la Fère, le 30 à Saint-Quentin, le 31 à Péronne, les 1er et 2 septembre à Bapaume et le 3 septembre à Arras[4].

 La brigade du 67ème passant sous les ordres du général Loeillot-Demars[5]. Elle fit partie du corps de bataille du général Jourdan qui participa à la bataille d’Hondtschoote du 6 au 8 septembre. Le 2ème bataillon éprouva dans ce combat des pertes sensibles : 10 tués, 122 blessés et 32 disparus. Le 11 septembre, la brigade du 67ème reçut l’ordre de se porter en avant de Bailleul afin de se réunir aux forces des généraux Dumesny et Hédouville. Eclairé par le 17ème de cavalerie, le régiment passa par Rousbrugghe et Poperinghe[6].

 Les deux bataillons firent partie des troupes réunis début octobre, pour tenter de débloquer la place de Maubeuge investie par les coalisés. Sous le commandement du général de division Duquesnoy, le régiment séparé en deux demi-brigades se mit en route pour Guise, atteignit cette localité, le 8 octobre. Le 15, le 1er bataillon comptait un effectif de 458 hommes et le 2ème de 421 hommes avant la bataille de Wattignies[7].

 1794 :

 Après 1794, la brigade du 67ème fut envoyée à l’armée des Côtes de l’Océan où elle participa aux combats contre les insurgés vendéens et chouans.

 Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 En 1794, la demi-brigade du 67ème passa à l’armée des Côtes de l’Océan. A l’origine prévu par l’amalgame pour former les 125ème et 126ème demi-brigades d’infanterie, le régiment ne fut pas amalgamé.

 2ème formation :

 La demi-brigade du 67ème fut amalgamée en deuxième formation, le 19 février 1797, dans les rangs de la 34ème demi-brigade de ligne (1er et 2ème bataillons des 67ème, 148ème et 85ème demi-brigades de bataille, 3ème de Seine-et-Oise, 3ème d’Arras, 2ème de Paris (de 3ème formation).

Colonels :

 Colonel Claude Marquis de Saint-Simon, 25 juillet-19 décembre 1791.

Colonel Marie-Alexis-François-Régis Regnaud, 19 décembre 1791-18 novembre 1792.

Colonel Pierre-Elyzée Ferrand de Roze, 18 novembre 1792. Il fut guillotiné en 1794.

 

État-major du régiment en 1792[8] :

 

Noms Grades
De Lansfoc et Ferrand Deroze Lieutenant-colonel
Henry Quartier-maître trésorier
Raguet et Peyrese Adjudant-major
Daleyrac, Desfranc, Santerre, de Bonot, Chazeaux, Robert, Clericy, de Chambaud, de Nattes, d’Auréville, Legrand, Sauveterre, S. Sauveur, de Manneville, de Guillon, Lalande, Villeneuve Capitaine
Lagrange, Postel, de la Chauffée, de Brunet, de Calan, Dutour, de Bonot, Daligny, de Lamelouse, Gastebois, de Molette, de la Ruelle, Parsouru, de Vergnes, de Rainvilliers, de Ribaut, de Lahaye, d’Héroudeville, de la Forçade Lieutenant
Demonteil, de Leymarie, de Verteuil, de Mollette, de Brancion, de Nanchat, de la Roche, de la Salle, de Morin, de Morin, Honoré de Géres, des Essarts, de Camprieu, de Sarcé, Eymenier, de Vielcastel, de Kmatec, de Pichard Sous-lieutenant

 

Portrait :

Petit dit Vive, de Bâgé-le-Châtel, soldat au régiment 67ème régiment d’infanterie ci-devant Languedoc-infanterie. Il figura en 1792, sur une liste des citoyens de la commune engagés dans les troupes de ligne. Il fut signalé sur une liste de la commune, en date du 3 février 1793.

Article de Laurent B.

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[1] Louis Susane, déjà cité, page 351.

[2] Louis Susane, déjà cité, tome 6, pages 368 à 371.

[3] Arthur Chuquet, ibid, pages 50 et 51.

[4] Sa brigade dite du 67ème, est composée des 2 bataillons du 67ème, et du  2ème des Vosges, 4ème de Gironde, 7ème du Jura et 2ème de Seine-et-Oise, V. Dupuis, déjà cité, tome 1, page 275, 276 et 283.

[5] Odon Nicolas Loeillot-Demars (1751-1808), sous-lieutenant (1768), lieutenant (1772), en Corse (1773-1775), capitaine (1778), major-général troupe Ile-de-France (1780), major (1781), servit aux Indes (1779-1783), chevalier de Saint-Louis (1788). Commandant la Garde nationale d’Obernai, lieutenant-colonel du 2ème bataillon des volontaires du Bas-Rhin, armée du Nord sous les ordres de Jourdan, fut défait à Menin et destitué (16 septembre 1793), décrété d’arrestation et emprisonné à la prison de l’Abbaye à Paris (20 septembre). Libéré le 26 août 1794, relevé de sa suspension (1795) et envoyé à l’armée des Côtes de Cherbourg. Commandant à Liège (1796), réformé (1797), administrateur de l’hôpital de Landau (1800), commandant la 5ème demi-brigade de vétéran (1807).

[6] Ordre de Berthelmy à la brigade du 67ème cité par V. Dupuis, déjà cité, tome 2, page 209.

[7] V. Dupuis, idem, pages 93, 94 et 101.

[8] Roussel, pages 189 à 191.