5e régiment de dragons Colonel Général

dragons-2

Le 5ème régiment de dragons ci-devant Colonel-Général :

 

Historique :

 

1792 :

Le 1er janvier, il comprenait un effectif de 403 hommes et 126 manquants. Il était en garnison à Landrecies. Il quitta Landrecies en mars pour se rendre à Valenciennes.

Il se débanda à l’affaire de Quiévrain les 28 et 29 avril. Il fut commandé par le colonel Auguste-Henri-Marie Picot marquis de Dampierre qui fut général de l’armée du Nord après la trahison de Dumouriez. Il était né à Paris en 1756 et avait servi dans les Gardes françaises et dans les régiments ci-devant de Chartres et des chasseurs de Normandie. Grand admirateur de Frédéric II, il voulut l’imiter jusque dans son costume ce qui lui valut un mot piquant du Roi Louis XVI. Aussitôt démissionnaire, il se retira dans ses terres. Favorable à la Révolution, il fut nommé président du directoire du département de l’Aube, mais ne put résister au désir de reprendre du service dans les armées et rejoignit Rochambeau en 1791 qui en fit un de ses aides de camp. Il fut lavé des accusations portées contre lui lors de la déroute de Quiévrain ayant par son autorité empêché le délitement total de son régiment. Les causes furent reportées sur le 6ème de dragons.

Le régiment se trouvait dans les rangs de l’armée du Nord au mois de mai[1].

1793 :

En janvier, une compagnie du régiment partit de Maubeuge pour se rendre à Dendermonde.

1796 : [2]

Le 5 avril, il fit partie de l’armée d’Italie et fit une reconnaissance. Le 10, il se trouva à l’affaire de Montelesino puis combattit à Mondovi, le 21 avril. Il était placé sous les ordres du général Stengel, commandant toute la cavalerie de l’armée d’Italie. La cavalerie était alors divisée en deux parties, l’une sous Beaumont prit la route de Tanaro, le 5ème de dragons et 25 hussards sous les ordres de Stengel prirent une autre route. A Mondovi,  Stengel croyant voir arriver le général Beaumont sonna la charge et entraîna environ 120 hommes du 5ème de dragons à la charge. Ils étaient fatigués, ainsi que les chevaux et tombèrent sur un ennemi dispos et nombreux. Le 5ème de dragons fut enfoncé, un escadron du 20ème de dragons fut rompu à son tour et l’infortuné Stengel fut grièvement blessé à ce combat. Il ne devait survivre que trois jours à ses blessures. Son aide de camp fut pris, le colonel Trouble percé de trois coups de sabre, deux officiers tués, six dragons également, 15 blessés et 23 faits prisonniers.

Le 5ème régiment suivit Bonaparte à Pavie, où la population était entrée en insurrection contre les Français. Un parlementaire fut accueilli à coups de fusils, les portes de la ville furent enfoncées à coups de hache. Les dragons chargèrent, les insurgés les accueillirent à coups de pierre, de fusils, des maisons, mais furent bientôt enfoncés et dispersés. Il fut dirigé ensuite au siège du château de Milan, où il aida à ouvrir la tranchée, à servir les pièces et à épauler les artilleurs et les ouvriers du génie. Il servit ensuite à l’affaire de la Corona. Cette bourgade avait été enlevée par l’ennemi, le 5ème de dragons ainsi qu’un bataillon de grenadiers et quatre canons se trouvaient à la garde du Quartier-général de Bonaparte dans un château près de Vérone. Il combattit à Castiglione et à l’affaire de Mondoli. Il chargea des uhlans à Castiglione, qu’il dispersa et enfonça. De nombreux prisonniers furent faits et le capitaine Lavasseur fut fait chef d’escadron sur le champ de bataille par le général Bonaparte.

Le 5ème de dragons suivit ensuite le général Bonaparte à Vérone, où il marcha sur l’Adige et rencontra le 7 août des hussards autrichiens. Soutenu par le 24ème régiment de chasseurs à cheval, le 5ème de dragons les enfoncèrent, refoula l’arrière-garde ennemie dans Vérone, et s’engagea dans les rues, appuyé par quelques compagnies d’infanterie. L’ennemi fut culbuté et perdit 300 prisonniers. Le régiment se mit en route dès le lendemain à la poursuite de l’ennemi en repli sur Sega. De nouveau joints par les cavaliers français menés par Leclerc, les Autrichiens perdirent une centaine de chevaux. Il combattit ensuite à Serravalle, faisant partie de l’avant-garde. Il sabra quelques piquets de hussards et déboucha devant le village. Mais la position était difficile d’accès, protégée par l’Adige d’une part et de l’autre par une montagne escarpée. Malgré les difficultés, le 5ème de dragons s’engagea, se jeta sur les tirailleurs ennemis, puis tomba nez à nez tout à coup avec une colonne d’infanterie ennemie. Les carabiniers de la 4ème légère étaient la seule infanterie qui s’était engagée avec lui. Mettant pied à terre, les dragons firent face, rallièrent quelques hussards, chargèrent les Autrichiens, coupèrent la retraite et firent prisonniers un bataillon. La nuit, permit au restant des ennemis de s’enfuir.

Le 5ème de dragons servit ensuite à la prise de Trente, ils marchèrent sur le Lavis, poursuivirent l’ennemi, le rattrapa et lui fit encore 300 prisonniers, dont un escadron de hussards. Il marcha ensuite sur Saint-Michel et combattit à Primolano. Il se porta sur le champ de bataille. Les Autrichiens finirent par plier, les Français se précipitèrent sur le centre ennemi. Le 5ème de dragons traversa la Brenta, chargea les fuyards et soutenu par quelques chasseurs du 10ème régiment, tailla en pièces les fuyards sur une bonne distance. Le régiment arriva ensuite sous le feu du fort de Covolo. Quelques dragons mirent pied à terre, se dispersèrent en tirailleurs dans les rochers et fusillèrent les servants des batteries ennemies. L’avant-garde ayant rejoint, les Autrichiens abandonnèrent la position et un canon et se replièrent. Rejetés sur Cismone, ils s’établirent au nombre de 3 000 sur la route et les escarpements alentours. Le régiment contourna l’obstacle ayant en croupe une partie des carabiniers, l’autre partie accrochée aux crins des chevaux. Le mouvement ainsi opérée, très rapide, permit au 5ème de dragons de disperser 150 hussards autrichiens alors en flanquement, taille en pièce l’infanterie, s’empara de l’artillerie et des attelages et d’un drapeau, bientôt rejoignit par six autres et d’un guidon qui furent présentés au général en chef.

Le régiment continua de former la garde du Quartier-Général et le lendemain de cette affaire, dut soutenir un nouveau combat, l’affaire de Brenta. Ce fut une brillante attaque où s’illustra Lannes qui lors de la décision de l’action chargea les Autrichiens en fuite. Les grenadiers hongrois furent malmenés, deux bataillons se rendirent, les canons furent pris, le pont sur la Brenta enlevé, l’Etat-major n’eut que le temps de fuir sur la route de Citadella. Lannes pris lui-même deux drapeaux à l’ennemi. Le 5ème de dragons fut alors lancé à la poursuite de l’ennemi. Il le rattrapa, rompit les hussards qui tentaient de protéger la retraite et tomba sur le dernier bataillon de grenadiers hongrois encore en état de combattre. Aveuglés par la poussière soulevée par les hommes et les chevaux, ils durent rapidement se rendre, incapables de se défendre efficacement. Le 5ème de dragons enleva le parc d’artillerie et plus de 200 caissons attelés. Le régiment fut en partie chargé de ramener ses prises à Bassano, le restant sous les ordres de Milhaud, continua sur la route de Citadella. Milhaud ne laissa pas de répit à l’ennemi, il le talonna jusqu’à cette localité, fit mettre en batterie deux pièces autrichiennes de prise, puis pénétra dans la ville. Tombé sur des hussards autrichiens, il rétrograda sous la protection de son artillerie, mais les Autrichiens ne demandèrent pas leur reste et continuèrent la retraite, jusqu’à Padoue.

Le 5ème de dragons fut ensuite envoyé à Vérone, puis participa à la bataille de Saint-Georges. D’abord bousculés, les Français se reprirent, la cavalerie entra en action, le 20ème de dragons, le 10ème de chasseurs à cheval sur la droite, le 15ème de dragons sur la gauche. Le 5ème de dragons chargea les uhlans qui menaçaient l’artillerie française, les stoppa, permettant à l’infanterie de se déployer. Il resta ensuite près de Bonaparte pendant l’action, longtemps sous le feu de l’artillerie et du feu ennemi, qui lui causèrent de cruelles pertes. L’ennemi fut vaincu, il laissa sur le terrain 25 canons et 2 000 prisonniers, les pertes avaient toutefois été lourdes. Le régiment suivit encore Bonaparte, participa au combat de Fontaniva sur la route de Vicence. Les Autrichiens furent refoulés sur le village, mais se rallièrent, la position là encore étant forte (la Brenta et des hauteurs). Ils résistèrent jusqu’à la fin du jour, puis ce fut la retraite. Le régiment était également à l’affaire de Caldiero, rencontra les avant-postes autrichiens sur le pont de Villa-Nova. Une affaire s’engagea, les Français s’emparèrent de Caldiero aux cris de « Vive la France ! Vive Bonaparte ! », mais furent chargés par les réserves autrichiennes. Le 5ème et le 15ème de dragons les repoussèrent permettant aux Français de se maintenir sans réussir toutefois à prendre Caldiero.

N’ayant pas réussi à prendre Caldiero, le général Bonaparte changea de plan. Le 14 novembre, il fit défiler ses troupes sur Ronco et passa l’Adige sur un pont de fortune. Bonaparte était en train de tourner un ennemi trop fort et s’attaqua à la position d’Arcole, clef de la victoire. Les dragons du 5ème chargèrent les hussards ennemis qui se dispersèrent, mais la bataille fut indécise, longue, le terrain étant peu propice aux manœuvres, étriqué. Le 5ème de dragons participa à repousser les Autrichiens lors d’une contre-attaque qu’ils lancèrent pour s’emparer des passages sur l’Adige et couper la retraite aux Français. Après trois jours de combats, les Français furent victorieux, 8 000 autrichiens étaient tombés, 5 000 avaient été faits prisonniers, 18 canons et 4 drapeaux restèrent entre les mains de l’armée française.

1797 : [3]

Les Autrichiens tentèrent à nouveau de joindre et de briser le blocus de Mantoue. Le 10 janvier, ils attaquèrent la division Masséna à Saint-Michel dans le but de prendre Vérone. Ils furent repoussés avec pertes et bientôt vaincus lors des batailles de Rivoli du 12 au 14 janvier et de la Favorite, le 16 janvier. Le régiment qui avait jusqu’à ce moment suivi Bonaparte, fut envoyé avec le corps de Joubert envahir le Tyrol. Il rejoignit les troupes de Joubert sur le Lavis où il trouva le 8ème régiment de dragons. Il servit dans la campagne du Tyrol contre les Autrichiens de Laudon et les insurgés tyroliens. Il combattit à Cembra où les Français taillèrent en pièces les insurgés leur faisant 4 000 prisonniers. Il resta sous le feu ennemi durant trois heures, alors que le fort de Cembra était enlevé par une vive attaque, empêchant les Autrichiens de manœuvrer pour troubler l’attaque française. Le régiment combattit ensuite à Neumarkt, ayant passé l’Adige, il se jeta sur l’arrière-garde autrichienne, conduit  par l’intrépide général Dumas. Ce dernier ayant pris une quarantaine de dragons, partit en vedette sur les bords du lac, bouscula quelques partis de cavalerie ennemie, s’empara de canons et fit 2 000 prisonniers.

Le 5ème de dragons marcha ensuite sur Bolzano, évacué par les Autrichiens il s’élança à nouveau à sa suite, sabrant les trainards, atteignant l’arrière-garde qui fut malmenée et perdit encore 300 hommes. Les Autrichiens tentèrent de surprendre le régiment à Colman, résolus à défendre le pont, et répandant son infanterie en tirailleurs dans les bosquets et les rochers. Mais là encore, le 5ème de dragons chargea, ne laissant pas le temps aux Autrichiens de respirer. Ils durent se replier sur Clausen. Cette localité fut le théâtre d’une affaire contre les Impériaux. La position était difficile d’accès, facile à défendre. Les Autrichiens ne se contentèrent pas d’attendre, ils attaquèrent, mais furent chargés par Dumas et le 5ème de dragons. Les uhlans autrichiens furent rompus, se débandèrent et se réfugièrent dans la place de Clausen. Dumas s’élança à leur suite dans la ville, sabra tous ceux qui résistèrent et fit prisonniers une colonne autrichienne. Le reste prit la fuite vers Brixen, où les Français forcèrent le passage s’emparant de la ville. A plusieurs reprises, les Autrichiens tentèrent de mettre en difficulté les Français dont les lignes de communication s’étiraient et rendaient de jour en jour l’armée française plus faible au fur et à mesure qu’ils pénètraient plus profondément dans les montagnes.

Le 5ème de dragons s’illustra lors d’un combat où il rompit une colonne autrichienne, lui prit trois canons. Le 8ème de dragons perdit toutefois ces pièces, il fut ramené. Le 5ème vint à son aide et sous la conduite du chef de brigade Milhaud reprit les canons et refoula les audacieux. Il se trouva également à l’affaire de Mulbach, où la colonne française chemina à travers les montagnes et les gorges étroites communes à ce pays. Elle était de plus encombrée par 2 000 prisonniers autrichiens. Les Impériaux passèrent à l’attaque, tentèrent de rompre l’arrière-garde où se trouvait le 5ème de dragons. Chargé, il tint bon, notamment par l’action du 1er escadron, qui fit quelques prisonniers. Les préliminaires de paix de Leoben mirent fin à la campagne sur ce dernier engagement victorieux.

Chefs de brigade[4] :

Au 9 novembre 1799 : chef de Brigade Milhaud,

En janvier 1800 : chef de brigade Louis Bonaparte,

En mars 1803 : chef de brigade Privé,

En avril 1804 : chef de brigade Lacour.

État-major :

Chef de brigade Milhaud

Chef d’escadron Rouvilliers, s’illustra au combat de la Brenta et à la prise de Citadella.

Capitaine Lavasseur, s’illustra dans une charge à la bataille de Castiglione et fut nommé par Bonaparte, chef d’escadron sur le champ de bataille pour sa brillante manœuvre.

Portraits :

 

Claude Bernard, né le 11 octobre 1767 à Ameuvelle dans les Vosges, fils de Claude et de Marguerite Blanchard. Son parrain était Claude Manœuvre et sa marraine Marguerite Vialle, respectivement d’Ameuvelle et de Bourbeville. Entra comme volontaire (18 septembre 1788) au régiment de dragons ci-devant Colonel-général qui prit le n° 5 en 1791. Il fit les campagnes de 1792 à 1793 à l’armée du Nord. Le 16 mars 1793, il se distingua devant Ruremonde, coupé par quatre hussards ennemis qui lui criaient de se rendre, il en tua un et se fit jour au milieu des trois autres. Le 8 floréal an II, il traversa plusieurs fois les rangs des cuirassiers ennemis, en tua deux et sauva la vie à plusieurs dragons dont les chevaux s’étaient abattus pendant la charge. Il passa l’année suivante à l’armée des Ardennes et obtint (24 brumaire an II) le grade de brigadier. Passa en l’an IV à l’armée de la Moselle et en l’an VI à celle d’Italie, il fut nommé maréchal des logis (6 frimaire). A l’affaire de Pavie, il tua plusieurs révoltés et sauva la vie à un officier français. Il prit part à la campagne des Grisons en l’an VIII et fut attaché au corps d’observation de la Gironde et fit campagne du Portugal en l’an IX. Membre de la Légion d’honneur (18 décembre 1803). Au moment de sa retraite, il était maréchal des logis à la compagnie d’Elite du 5ème régiment de dragons et ainsi décrit : « Agé de 36 ans, taille d’1 m 74, cheveux et sourcils châtains, yeux bleus, front élevé, nez épaté, bouche moyenne, menton rond, visage ovale ». Il passa avec le grade de brigadier dans la Gendarmerie du département de la Sarthe (22 thermidor) et fut admis la retraite (8 août 1814). Il mourut le 18 juillet 1827. Il s’était marié avec Marie-Nicole Dubois, dont il avait eu une fille unique Marie-Caroline Bernard épouse de Pierre-François Bernier.

Armand Le Brun de Lahoussaye, né à Paris en 1768, sous-lieutenant au 82ème régiment d’infanterie (1791), puis sous-lieutenant au 5ème régiment de dragons, capitaine à la légion de la Moselle, aide de camp du général Beurnonville (1792), chef d’escadron du 3ème régiment de hussards, qu’il mena à la bataille de Frœschwiller, colonel de ce régiment (1794), promu général de brigade (1er février 1804), puis de division (14 mai 1807), baron de l’Empire (22 novembre 1808). Il commanda une division de dragons en Russie composée des 7ème, 23ème, 28ème et 30ème régiments de dragons, généraux de brigade Seron et Thiry. Il fut fait prisonnier par les Russes (10 décembre 1812), rentra en France à la paix (1814), employé par Napoléon sous les Cent-jours et mis en non-activité par la suite (1815). Disponible (1818), retraité (1833), il mourut à Paris en 1846. Dans ses souvenirs de Gonneville dit : « qu’il était poltron et n’avait pas la réputation d’être franc »[5].

Edouard-Jean-Baptiste comte de Milhaud, né à Arpajon dans le Cantal en juillet 1766. Fils de cultivateur, aurait été élève du génie de Marine (1788), puis sous-lieutenant dans un régiment colonial (1790). Il fut élu à cette date commandant de la Garde nationale du canton d’Aurillac (1791). Il se présenta comme candidat à l’Assemblée Législative mais échoua, puis il fut élu député à la Convention Nationale pour le département du Cantal, politiquement dans les rangs des montagnards. Membre du Comité Militaire, il vota la mort du Roi et prit la défense de Marat (13 avril 1793). En mission à l’armée des Ardennes, il fut nommé capitaine du 14ème régiment de chasseurs à cheval (9 mai). En mission à l’armée du Rhin (juin), chef d’escadron du 20ème régiment de chasseurs à cheval (22 juillet). Représentant en mission à l’armée des Pyrénées-Orientales (décembre). Il épousa à Perpignan, le 9 juillet 1794, la citoyenne Marianne Lignières alors âgée de 19 ans. Il rentra à la Convention (26 août) et chercha à sauver son collègue Carrier, vainement. Il fut nommé chef de brigade au 5ème régiment de dragons (28 janvier 1796), servant à l’armée d’Italie 1796-1797. Il combattit à Primolano (7 septembre) et à la bataille de Bassano (8 septembre), à celle de Saint-Michel où il fut blessé à la tête. Armée d’Angleterre 1798-1799, commandant le Palais du Luxembourg au coup d’Etat du 18 brumaire, chef d’Etat-major de Murat, puis général de brigade (1800). Armée de réserve, puis armée d’Italie dans la division Kellermann, puis dans la division Monnier à l’armée du Midi (1801). Commandant de Mantoue, puis la Ligurie et à l’armée des Côtes de l’Océan 1802-1805. Commandant la brigade de cavalerie légère formée des 16ème et 22ème chasseurs à cheval dans la 2ème division de dragons de Walther. Il s’empara de Linz (1er novembre 1805), et d’Enns (3 novembre), il servit aussi à Austerlitz (2 décembre). Commandant la cavalerie légère du 4ème corps (1806), puis une brigade de cavalerie légère formée des 11ème et 13ème chasseurs à cheval, à la réserve de cavalerie du prince Murat, il servit en Allemagne et en Pologne, notamment à Boitzenburg (27 octobre) et fit capituler 6 000 Prussiens à Pasewalk (29 octobre). Il servit à la bataille de Golymin (26 décembre) et il fut nommé général de division (30 décembre). Il servit avec sa division, la 3ème de dragons à Ziegelhoff (7 février 1807) et le lendemain à Eylau. Il était à l’attaque de Königsberg (14 juin). Comte de l’Empire, il passa ensuite avec sa division du 4ème corps en Espagne et combattit à Ciudad-Real (27 mars 1809), Talavera (28 juillet), Almonacid (11 août). Il fut vainqueur au combat d’Ocana (12 novembre), servit à la bataille du même nom (19 novembre), encore vainqueur à Antequera (4 février 1810). Grand Officier de la Légion d’honneur (juin 1810), il servit à Rio d’Almanzor (4 novembre). Rentra en France, il commanda la division militaire de Wesel, puis une division de cavalerie en formation à Mayence (février 1813). Commandant diverses divisions de cavalerie dans divers corps en 1813, il livra un brillant combat de cavalerie à Zeitz (10 octobre) et servit à Wachau (16 octobre) et à Hanau (30 octobre). Commandant du 5ème corps de cavalerie (1814), Il fut vainqueur à Sainte-Croix (24 décembre) puis servit à Saint-Dizier (27 janvier 1814), à Brienne (29 janvier), à la Rothière (1er février), à Mormant (17 février), à La Ferté-sur-Aube (28 février), à la défense de Troyes (4 mars), au combat de Saint-Dizier (26 mars). Chevalier de Saint-Louis, admis à la retraite, il commanda la 1ère division de cuirassiers (mars 1815). Appelé à Paris après avoir laissé échapper le duc de Bourbon, il fut commandant en chef du 4ème corps de cavalerie (cuirassiers) en mai. Il servit durant la campagne de Belgique, à Ligny (16 juin) puis Waterloo (18 juin). Admis à nouveau à la retraite puis proscrit comme régicide, il obtînt de rester en France. Il fut relevé de sa retraite (février 1831), cadre de réserve de l’Etat-major général, puis en réforme (1832). Il mourut à Aurillac, le 8 janvier 1833. Un des plus grands cavaliers de l’épopée révolutionnaire et impériale.

 

Le volontaire Louis-Joseph Moreau :

« Louis Joseph Moreau, né à Soissons, s’était engagé à 12 ans, comme trompette dans le 5ème régiment de Dragons. Le Général Ferrand, le fit entrer ensuite dans le 18ème régiment de Chasseurs à Cheval. Il se battit avec courage dans de nombreux combats, dans l’un d’eux, il se retrouve entourés d’ennemis, allons trompette français lui dit le général ennemi, tu me parais courageux, crie Vive le Roi ! Et je te promets un sort heureux. Monsieur le Général, j’appartiens à la République Française, je la sers, je ne crains rien, et je saurai mourir pour elle. Moreau tomba percé de coups. Ranimé 4 heures après, il fut l’objet de tous les soins. La Convention décréta qu’il serait amené devant-elle. Il fut en effet conduit à Paris, dans une litière avec toutes les précautions nécessaires et introduit au Palais Législatif. A sa vue, éclatèrent les applaudissements, de tous les côtés, on lui envoya des mouchoirs remplis de pièces d’or ou d’argent, Moreau les refusa disant, « Moi ! Je n’en veux point, qu’on en dispose en faveur des pauvres, j’ai versé mon sang pour la Patrie, elle ne m’abandonnera pas, mais comme elle ne peut soulager tous les malheureux, qu’on leur distribue cet argent, ils en ont plus besoins que moi ». La Convention, lui accorda 1 700 francs de pension, il avait reçu 17 blessures que le célèbre chirurgien Desault parvint à guérir. Moreau fit dans la suite la Campagne d’Italie où il donna de nouvelles preuves d’intrépidité, dans les retranchements du col d’Etrantes, il eut la jambe emportée par un boulet. Quand tout danger de mal fut disparu, il fut ramené à Paris et admis aux Invalides.[6] »

Article de Laurent B.

sehri

[1] Journal Militaire de 1792, p. 393.

[2] Selon L’histoire régimentaire et divisionnaire de l’armée d’Italie en vertu des ordres du général en chef Bonaparte par les chefs de corps ou les conseils d’administration, 1844, p.209 à 227.

[3] Selon L’histoire régimentaire et divisionnaire de l’armée d’Italie en vertu des ordres du général en chef Bonaparte par les chefs de corps ou les conseils d’administration, 1844, p.209 à 227.

[4] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 41 et 42.

[5] Mémoires de Griois, tome 2.

[6] Emile Cère, Les Petits Patriotes, p. 159 à 160.