5e régiment d’artillerie à pied de Strasbourg

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Historique :

 1792 :

 Le 1er janvier, le bataillon se trouvait en garnison à Strasbourg. Il comprenait un effectif de 1 013 hommes et 304 manquants. Il était à l’armée du Rhin.

 1793 :

 En janvier, l’Etat-major se trouvait à Strasbourg, 983 hommes étaient à l’armée de Custine, 113 à l’armée du Centre, 38 à Wissembourg, 37 à Lauterbourg, 65 à Landau, 74 au Fort-Louis, 10 à Sarrelouis, 19 au Pont-du-Rhin, 17 à la Petite-Pierre, à Lichtenberg et à la redoute de Rhinau.

 Un détachement participa à l’héroïque défense de la ville de Mayence et il fut englobé lors de la capitulation dans la promesse de ne pas servir contre les coalisés avant une année. Désormais appelée armée de Mayence, toujours sous le commandement d’Aubert-Dubayet. Il fut envoyé en Vendée.

 Un détachement du 5ème d’artillerie se trouvait à l’armée du Rhin (30 octobre), réserve de l’armée sous Diettman. Le même détachement, se trouvait (17 décembre) à la division du général Diettman[1].

 1794 :

 Le 7 janvier, un détachement d’artillerie légère du régiment fort de 21 hommes était présent à l’armée des Alpes.

 1799 :

 Les 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 10e, 11e, 12e, 16e et 20e compagnies du régiment étaient à l’armée d’Italie au 30 vendémiaire an VII.

 1800 :

Les 1ère, 3e, 4e, 5e, 6e, 9e, 10e, 11e, 13e, 14e, 15e, 17e, 18e et 19e compagnies du régiment étaient à l’armée du Rhin en l’an VIII.

 1801 :

 Le 31 janvier, un bataillon expéditionnaire fut formé dans l’île de Ré avec 140 hommes de la 21ème de ligne, 106 hommes de la 56ème de ligne, 59 hommes de la 5ème légère, 58 hommes du dépôt colonial de Ré, 28 hommes de la légion de la Loire, 119 hommes du 5ème régiment d’artillerie à pied. Le bataillon fut formé à cinq compagnies dont une de canonniers. Il fut embarqué sur la frégate l’Africaine qui fut prise par les anglais en mer.

Chef de brigade du régiment[2] :

 De 1794 à 1799 : chef de brigade de Montfort,

En 1800 : chef de brigade Borthon de Lamotte,

En 1802 : chef de brigade Demarçay.

Portraits :

 Henri Beaufranchet, né à Paris le 24 décembre 1769, rue Saint-Nicolas du Chardonnay, fils de Gilbert écuyer et de Marie-Henriette-Barbe De Longpré. Son parrain est Henry Barriliad fils mineur d’Ignace écuyer et la marraine Angélique Verel fille majeure. Entra au service comme élève sous-lieutenant d’artillerie (1er septembre 1786). Lieutenant en second à la suite du 5ème régiment d’artillerie à pied (1er septembre 1789). Nommé 1er lieutenant (6 février 1792), puis capitaine (26 juillet). Il servit au camp de Wissembourg, armée du Rhin. Il passa comme capitaine à la 4ème compagnie d’ouvriers, et servit au siège de Mayence. Envoyé en Vendée (1794). Il servit en 1795 et 1796 dans l’île de Noirmoutier et dans l’île d’Aix. Il fut chargé en 1797, de l’inspection des côtes du Morbihan pour leur défense et leur armement et fut attaché à l’arsenal de Nantes durant l’année 1798. En 1799, il fut envoyé en Hollande pour l’armement des places puis à l’armée d’Italie où il fait les campagnes de 1800 et 1801. Il était au corps d’observation du Midi en 1801 et rentra en France (1802). Il commanda encore la 4ème compagnie d’ouvriers à Boulogne (16 thermidor An 13). Il se trouva assez déçu de ne pas avoir reçu la croix de Légion d’Honneur et écrivit à la Chancellerie :

« j’ai l’honneur de vous observer que lors de la distribution des croix ne voyant pas que la modestie me permit comme Commandant de Corps de me porter moi-même sur la liste des militaires de ma Compagnie qui méritaient cette faveur, je me suis abstenu d’en faire la demande, persuadé qu’elle devait être faite par d’autres que par moi et j’ai attendu sans la solliciter, une distinction que je croyais due à mes services et mon ancienneté, étant entré dans l’artillerie comme élève en 1786 et ayant fait 9 campagnes, nonobstant les droits que je pourrais y avoir personne n’a pensé à moi, et j’ai été oublié. Le 1er inspecteur de l’artillerie, le général Pouget auquel j’ai fait mes réclamations a cherché à réparer cet oubli en me portant de suite sur un nouveau tableau qui a dû vous être présenté dans le temps mais comme je ne doute pas que le nombre des prétendants à la nouvelle distribution ne soit bien supérieur à celui que Sa Majesté a bien voulu fixer, je m’adresse directement à vous pour vous prier d’avoir égard à ma juste réclamation… ».

L’orgueilleux Beaufranchet devait attendre encore six ans la croix… Il servit à la Grande Armée de 1805 à 1807, en Autriche, Prusse et Pologne. Chef de Bataillon (12 janvier 1807). Il fut envoyé en Espagne où il servit jusqu’au 20 juillet 1810. Major au 9ème régiment d’artillerie à Pied (23 juin 1811), il servit dans l’Ouest et en Hollande. Chevalier de la Légion d’Honneur (3 octobre), puis chevalier de Saint-Louis (5 novembre 1814) et admis à la retraite. Promu au grade honorifique de colonel (16 février 1815), mais entra à nouveau au service comme lieutenant-colonel (5 octobre). Employé à l’école d’artillerie de Douai (15 février 1816), puis comme colonel. Il fut nommé colonel commandant au régiment à pied de Toulouse. Officier de la Légion d’Honneur (18 mai 1820). Il mourut le 31 mai 1832. Il laissa une veuve, Agathe Rousseau de Pantigny, habitant à Paris rue Saint-Dominique au numéro 28.

Jean-Louis Devaux, originaire de Paris, enrôlement à 18 ans dans le 4ème bataillon de Paris (3 septembre 1792), grenadier (24 novembre), passa de la 102ème demi-brigade d’infanterie au 5ème régiment d’artillerie à pied (1800), réformés pour infirmités en 1805.

Jean-Baptiste Duchand de Sancey, né à Grenoble le 11 mai 1780. Entré à l’école Polytechnique (1795). Lieutenant au 5ème régiment d’artillerie à pied (1797), il servit en Italie de 1800 à 1804, d’abord à l’armée d’Italie puis à celle de Naples. Il passa dans l’artillerie à cheval peut-être au 1er régiment d’artillerie à cheval. En 1804 et 1805, il servit à nouveau à l’armée d’Italie, et il fut nommé lieutenant en 1er (juillet 1807). Il servit ensuite en Espagne de 1808 à 1812. Il combattit à Somosierra (novembre 1808), à la prise de Madrid (décembre), puis à Talavera, où il est blessé d’un coup feu et à Almonacid. Il servit aux sièges de Lérida, Tortosa, Mequincenza, Tarragone, Sagonte où il fut légèrement blessé d’un coup de feu et au siège de Valence, où il fut grièvement blessé d’un nouveau coup de feu. Il passa ensuite à l’armée d’Aragon. Capitaine (30 août 1808), chevalier de la Légion d’Honneur (1808), puis chef d’escadron (16 janvier 1809). En 1813, il fut envoyé en Saxe et servit à la bataille de Wurschen. Il commanda la réserve d’artillerie du 5ème corps au combat d’Hoyerwerda. En 1813, il était chef d’escadron au 1er régiment d’artillerie à cheval, 12ème corps d’armée. Il se distingua lors de cette campagne comme chef d’Etat-major de l’artillerie et aide de camp du général Ruty. Impatient d’avoir la croix d’Officier de la Légion d’Honneur, il écrivit au prince de Neuchâtel, le maréchal Berthier le 2 juillet 1813 :

« Monseigneur j’ai 15 ans de service dans l’artillerie et 4 ans et demi de grade de chef d’escadron : j’ai fait en cette qualité toutes les campagnes d’Espagne et notamment celles de l’Armée d’Aragon j’ai commandé l’artillerie d’une attaque aux sièges de Lérida, Mequincenza, Tortose, Tarragone, Sagonte et Valence. J’ai été blessé trois fois, j’ai été cité à votre altesse dans plusieurs rapports de Monsieur le Maréchal Duc d’Albufera, la Croix d’Officier de la Légion d’Honneur a été demandée pour moi au siège de Tortose renouvelée au siège de Sagonte et à celui de Valence, elle vient d’être redemandée pour moi par Monsieur le Maréchal Duc de Reggio, je n’ai pu jusqu’ici fixer la bienveillance de sa majesté l’Empereur, j’ose supplier votre altesse d’avoir la bonté de s’intéresser à moi ».

Sa demande paya, il fut nommé officier de la Légion d’Honneur (8 juillet), six jours après sa lettre. Il passa chef d’Etat-major de l’artillerie du 7ème corps après avoir occupé la même place au 12ème corps en 1813 et 1814. Il fut nommé colonel (1815). Il démissionna après la bataille de Waterloo, et ne sera réintégré dans son grade qu’en 1830. Il fut encore fait commandant de la Légion d’Honneur (11 juin 1831), alors qu’il était maréchal de camp, commandant l’école d’artillerie de Metz. Il commanda l’école d’artillerie de Vincennes (1836). Il fut nommé lieutenant-général (11 mars 1840), puis inspecteur général et Grand’Officier de la Légion d’Honneur (21 mai 1843). Mis en retraite (1848). Il mourut, le 3 janvier 1849. Il fut l’un des amants de la belle Pauline Bonaparte, sœur de l’Empereur.

Jean Comte Fabre de Lamartillière, né à Nîmes dans le Gard en 1732. Sous-lieutenant d’artillerie (1757), il fit la guerre de Sept ans et gagna ses galons de lieutenant (1762). Il fut à la Guadeloupe de 1764 à 1768, passa capitaine (1772), et il fut chargé d’inspection de la fonderie royale de Douai (1779). Chevalier de Saint-Louis (1781), major (1788), lieutenant-colonel (1791) puis colonel du 5ème régiment d’artillerie ci-devant de Strasbourg (octobre 1792). Il commanda l’artillerie de l’armée des Pyrénées, puis de celle des Pyrénées-Orientales (juin 1793). Il servit au combat de Thuir (17 juin), fut blessé à Peyrestortes (18 septembre) et fut nommé général de brigade (14 août). Il dirigea l’artillerie lors des sièges du fort de Bellegarde (1794), puis de la citadelle de Roses et du Fort de la Trinité en 1794 et 1795. Il fut blessé à la bataille de la Montagne Noire (17 novembre 1794) et s’empara de Figuières. Général de division (12 juillet 1795), commandant en chef de l’artillerie de l’armée du Rhin, de Mayence, du Danube, d’Helvétie et d’Italie entre 1797 et 1800. Il servit à Stockach (25 mars 1799), puis à Zurich. Commandant de l’artillerie de l’armée de la Gironde (1801), sénateur (1802), admis à la retraite, vice-président du Sénat, Grand-Officier de la Légion d’Honneur (1804), comte de l’Empire (1810), Pair de France (juin 1814). Il mourut à Paris, le 27 mars 1819.

Le général Griois écrit de lui dans ses mémoires : « Haut degré, la capacité, le talent, la bravoure et l’activité. Quoique d’un âge avancé, nulle fatigue ne l’effrayait aucune privation ne lui coûtait. Mais extrêmement dur pour lui-même, il l’était davantage pour les autres. Je n’ai jamais rencontré d’hommes de formes plus acerbes et d’un caractère plus profondément méchant. Ses traits portaient l’empreinte d’une malignité féroce. Sa bouche au sourire sardonique et ses petits yeux, ombragés d’un épais sourcil rouge ardent comme ses cheveux, reflétaient parfaitement l’instinct de son âme, qui semblait jouir du mal d’autrui. C’est le seul homme pour lequel j’ai jamais eu de la haine, mais celle que je lui portais était profonde et bien méritée »[3].

Claude baron Prost, né à Auxonne en Côte d’Or le 5 février 1764. Il servit au régiment ci-devant de Strasbourg, qui deviendra le 5ème de l’arme (avril 1780). Blessé par un boulet à l’épaule droite au siège de Gibraltar (1782). Sergent (1788), maréchal des logis à la 1ère compagnie d’artillerie à cheval (1er mai 1792), lieutenant (avril 1793), capitaine-commandant (30 novembre). Il servit à l’armée du Nord (1792), puis à l’armée de Moselle (1793). Division Lefebvre, il servit à la bataille d’Arlon (13 avril 1794). Servit ensuite aux armées de Rhin et Moselle, puis de Sambre et Meuse de 1794 à 1796. Il se signala à Altenkirchen (septembre 1796), chef d’escadron (juin 1797). Il servit aux armées du Danube et d’Helvétie (1799). Commandant l’artillerie de la réserve sous Klein à la bataille de Zurich (25 et 26 septembre). A l’armée du Rhin, il servit à Moesskirch (5 mai 1800), puis sous Lecourbe à Rosenheim (9 décembre). Chef de bataillon au 5ème régiment d’artillerie à pied (avril 1801). Chef d’escadron au 1er régiment d’artillerie à cheval (juillet), major de ce régiment (mai 1803). Colonel directeur d’artillerie à Perpignan (octobre 1803), puis au 1er régiment d’artillerie à cheval (octobre 1805). Employé finalement à l’armée de Naples, directeur d’artillerie à Maestricht (9 mars 1806), il servit au siège de Gaëte (juin). Commandant en chef de l’artillerie des divisions mobiles stationnées entre la Loire et la Gironde (février 1807). Commandant en chef de l’artillerie de campagne du camp volant de Napoléon-Vendée et du parc de réserve de Blaye (mai). Commandant en second l’artillerie du corps d’observation de la Gironde, devenu armée du Portugal sous Junot (octobre). Il fut blessé à Vimeiro (21 août 1808). Chef d’Etat-major de l’artillerie du 7ème Corps de l’armée d’Espagne, devenu par la suite armée de Catalogne (février 1809). Il servit au siège de Girone (1809). Baron de l’Empire (1810), puis général de brigade (juillet 1811). Il servit au siège de Figuières (1811), mais il devînt sourd et fut rappelé à Paris et admis à la retraite (novembre 1813). Commandant l’artillerie active de l’armée de Réserve de Paris (janvier 1814), puis le personnel d’artillerie de Vincennes, il fut admis à la retraite (mai). Commandeur de la Légion d’Honneur (août), chevalier de Saint-Louis (octobre), admis aux cadres de la réserve (mars 1831). Il mourut à Belleville près de Paris, le 4 juillet 1834.

Enrôlements dans le régiment, registre servant à l’inscription de ceux qui se dévouent à la défense de la Patrie dans la troupe de ligne sur la réquisition des généraux. Août 1792, Série H, 1 H archives municipales de Dijon :

François Siredey, de Joux, district de Semur, âgé de 21 ans, 5 pieds et 3 pouces, demande à servir dans le 5e régiment d’artillerie.

François Blaudain,  de Delormay, district de Semur, âgé de 17 ans, 5 pieds et 5 pouces a demandé de même.

Enrôlements dans le régiment, registre d’enrôlement pour les troupes de ligne, Dijon février 1792 – mai 1793, archives municipales de Dijon, 1 H :

Thomas Parigot, fils de Louis et de dame Marguerite Halliot, tous les deux morts à Vaude près Troyes en Champagne, exerçant à Dijon où il est domicilié depuis 8 ans la profession de fabricant de bas, natif dudit lieu de Vaude, âgé de 29 ans, 5 pieds et 4 pouces, cheveux et sourcils noirs, yeux gris-bruns, front large et découvert, nez aquilin et narines ouvertes, bouche grande, menton carré, et gravé de petite vérole, n’ayant jamais servi, s’est engagé pour servir dans le 5e régiment d’artillerie et a signé.

Article de Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] Ordre de bataille de la Collection Nafziger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

[2] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de Vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 45.

[3] Général Griois, Mémoires, p. 47.