5e bataillon de chasseurs Cantabres

infanterie-legere

Le 5ème bataillon de chasseurs ci-devant chasseurs Cantabres[1] :

 

Historique :

 1788-1790

 Il fut formé en 1788 à Saint-Jean-Pied-de-Port, avec le corps de Montréal. Le 1er juillet 1790, il était toujours en garnison dans cette place.

 1792 :

 Il se trouvait toujours à Saint-Jean-Pied-de-Port, effectif de 427 hommes.

 1793 :

 Une compagnie du bataillon se trouvait au début de 1793 à l’armée du Nord. En 1793, le bataillon fut signalé à l’armée des Pyrénées-Orientales où il resta jusqu’en 1795 selon Digby Smith.

 1794 :

 Des informations contradictoires évoquent cependant un départ pour l’armée du Nord : le bataillon à la date du 19 avril 1794, serait à l’armée du Nord du général Pichegru. Il ferait partie des troupes de la brigade du général Osten. Le bataillon fort de 993 hommes cantonnerait à Pont-à-Marque et Rupilly[2].

 Embrigadement/Amalgame :

 1ère formation :

 Le 23 avril 1795, le bataillon fut amalgamé en première formation aux 1er et 2ème bataillons des chasseurs des montagnes pour former la 5ème demi-brigade légère[3]. Il devint le 2ème bataillon de cette unité.

La 5ème demi-brigade légère de première formation fut formée le 24 avril 1795, à Bayonne, selon Belhomme. Elle se composait du 5ème bataillon des chasseurs, et des 1er et 2ème bataillons des chasseurs des Montagne selon Louis Susanne ou chasseurs des Pyrénées-Occidentales selon Belhomme. Nous pensons qu’il s’agit des bataillons de l’armée des Pyrénées-Occidentales.

 2ème formation :

 Elle servit à l’armée de Sambre et Meuse où il fut amalgamé en seconde formation dans la 24ème demi-brigade légère, avec la 169ème, la demi-brigade de chasseurs des Montagnes, le bataillon des chasseurs francs de Cassel, la légion des Francs, le 1er et le 2ème bataillons des chasseurs du Nord, le bataillon de chasseurs du Monts-des-Chats, la légion Nantaise et le 3ème des Ardennes. L’amalgame eut lieu le 6 octobre 1796, selon d’autres sources.

État-major :

 Lieutenant-colonel François de Bazent du Bulay, 21 octobre 1791.

Lieutenant-colonel Alexandre de Lalain, 6 novembre 1791.

Lieutenant-colonel Amédée de Willot, 23 mars 1792.

Lieutenant-colonel Jannot-Adrien-Bon de Moncey, 15 mai 1793. Futur maréchal de l’Empire.

 

Etat-major du régiment en 1792[4] :

 

Noms Grades
Delalain et Dubalay Lieutenant-colonel
Schidtz Quartier-maître trésorier
Delpuech Adjudant-major
Castillon, de Landos, de Montfort, de Macquart, d’Autel, le Duc, Bresson, de Moncey Capitaine
De la Bourgonnière, de Bouelle, Postel des Minières, de Rougemont, de Percy, de Gestas, de Chauveron, Sucre Lieutenant
De Pracontal, l’Eschalard, de Quengo, de Berous, de Fribois, de Foucault, de Toulouse-Lautrec, André Sous-lieutenant

 

 Portrait :

Amédée comte de Willot, né à Béfort ou Belfort en août 1755. Volontaire dans un régiment provincial (1771), enseigne (1774), lieutenant au régiment provincial de Paris (1775), servit à l’armée de Bretagne du maréchal de Vaux (1779), capitaine (1787). Licencié avec son régiment en 1791. Commandant la Garde nationale du district de Saint-Germain-en-Laye et aide de camp du général Choisy (juin 1791). Lieutenant-colonel en second du 5ème bataillon de chasseurs ci-devant Cantabrès. Il servit à l’armée des Pyrénées-Orientales et commanda en chef au combat de Céret (20 avril 1793), dans les mémoires de Griois, il est dit à son propos : « les représentants Brunel et Le Tourneur déclarèrent après la défaite (de Céret) que Willot ne méritait pas la confiance qu’on devait l’éloigner, et ils finirent par le mettre en arrestation, mais il n’était pas encore général »[5]. Chef de brigade de la 5ème légère (1er juin 1793), il servit au combat de la Montagne de Louis XIV (22 juin) et il fut nommé général de brigade à titre provisoire, armée des Pyrénées-Occidentales. Suspendu et emprisonné à la Citadelle Saint-Esprit à Bayonne comme suspect de royalisme (octobre). Il fut réhabilité après le coup d’Etat du 9 Thermidor (avril 1795) et retrouva son grade (juin). Il retourna à l’armée des Pyrénées-Occidentales, commandant la 1ère division à la place de Marbot et décida de la victoire de Lecumberry (3 au 6 juillet 1795). Il fut nommé sur le champ de bataille général de division. Il occupa Miranda (25 juillet) puis il fut envoyé à l’armée de l’Ouest. Il commanda la 3ème division (octobre) et provisoirement l’armée en l’absence de Hoche. Il entra à cette époque en relation avec le comte d’Artois durant son séjour à l’île d’Yeu. Commandant la 3ème division à l’armée des Côtes de l’Océan (janvier 1796), il fut envoyé sur la frontière des Pyrénées, disgrâce déguisée. Envoyé à l’armée de Rhin-et-Moselle, il commanda une division militaire, puis il fut élu député des Bouches-du-Rhône au Conseil des Cinq Cents. Secrétaire du Conseil, puis inspecteur de Salle, il fut arrêté durant le coup d’Etat du 18 fructidor (septembre 1797) et déporté à Sinnamary en Guyane. Autorisé à rentrer en France après le coup d’Etat du 18 Brumaire, il resta à l’étranger et chercha à organiser un corps de volontaires royalistes pour débarquer dans le Midi de la France (1800). Il servit dans les rangs des émigrés au siège de Gênes, puis passa en Sicile. Au service du roi de Naples, il commanda l’île d’Elbe, puis se réfugia à Minorque (1802), puis à Londres et aux Etats-Unis (1804). Il passa en Angleterre (1813) et rentra en France avec le roi Louis XVIII dans les fourgons des armées étrangères. Il le suivit à Gand aux Cents-Jours, puis fut admis à la retraite (novembre 1815). Baron, gouverneur de la division militaire de la Corse (1815), comte (1816), commandeur de la Légion d’honneur, commandeur de Saint-Louis (mai 1821). Il mourut à Santeny en décembre 1823, Seine-et-Oise.

Article de Laurent B.

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[1] Depuis 1788.

[2] E. Desbrières, La cavalerie française sous la Révolution, tome 1, page 410.

[3] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française, tome 1, page 361.

[4] Roussel, pages 246 et 247.

[5] Griois, mémoires, p. 37.