51e régiment d’infanterie La Sarre

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Le 51ème régiment d’infanterie ci-devant La Sarre :

 

Historique :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à La Rochelle. Une insurrection civile et militaire ayant éclatée dans l’île de Tabago, trois compagnies du régiment furent embarquées pour mâter la révolte. Le 15 octobre 1791, elles débarquèrent dans l’île et rétablirent l’ordre. En juillet 1791, alors que le régiment était en garnison à la Rochelle, les habitants de la ville décidèrent d’offrir au corps, des cravates tricolores. Mais le lieutenant-colonel refusa d’avaliser l’organisation d’une cérémonie pour cette remise. Il finit par céder avant que la sédition soit totale.

 1792 :

 Les compagnies en garnison à Tabago rentrèrent en France au début de l’année 1792. Toujours à La Rochelle au 1er janvier, il comprenait un effectif de 925 hommes. Le dépôt du régiment était à Narbonne. Au mois de février, il cantonna dans l’île de Ré et comptait un effectif de 925 hommes[1]. Les deux bataillons se rassemblèrent à La Rochelle et en partirent le 31 mars. Ils se rendirent à Perpignan. C’est dans cette garnison que 18 officiers du régiment abandonnèrent leur poste et émigrèrent sur le champ.

1er bataillon :

 Il se mit en route le 17 juin, pour rejoindre l’armée du Midi. Les deux bataillons passèrent par Pont-Saint-Esprit, puis par Barcelonnette. Le 1er bataillon rejoignit le camp de Tournoux[2], il fit partie de la première ligne du camp du Var et cantonna à Colmars. Tandis que le second bataillon[3] marcha jusqu’à la Vallée du Verdon et la ville de Grasse où il cantonna en juillet. Le régiment était dans la formation de la division du Var du général d’Anselme aux ordres de Montesquiou. Le 51ème fit partie des troupes qui envahissèrent le comté de Nice, le 29 septembre. Le 1er bataillon entra dans la composition de la brigade Brunet. A six heures du matin, formant l’avant-garde avec un bataillon de grenadiers, le 51ème passa le Var à gué et marcha rapidement sur Nice. A cinq heures du soir, la ville ayant été évacuée par les Piémontais, les Français s’emparèrent de la place de Nice. La brigade Brunet dont le 51ème faisait partie s’empara dans la soirée de la forteresse de Montalban. Cette place défendue par quelques suisses capitula sans combattre. Aussitôt, le général d’Anselme entraîna le 51ème et d’autres troupes pour s’emparer du fort de Villefranche qui capitula également sans combattre (19 officiers et 300 soldats furent faits prisonniers)[4]. Le 51ème participa ensuite à la poursuite des Piémontais et entra dans la ville de Sospello.

 Le 1er novembre, le 1er bataillon était dans les rangs de la 1ère division du général Dagobert, 3ème brigade[5]. Le 18 novembre, il repoussa une offensive des Piémontais sur la ville de Nice. Le 23 novembre, le 1er bataillon s’embarqua sur l’escadre de l’amiral Truguet et participa le 24 à la prise d’Oneille. Il rentra ensuite dans ses cantonnements de Nice et de Sospello. Le 2 décembre, il repoussa encore, sous les ordres du vieux Dagobert, une attaque de 800 Piémontais sur la ville de Sospello évacuée par les Français. Dagobert et le 51ème les chassèrent de la place, s’emparèrent de quelques bagages, approvisionnements et de 20 prisonniers. Le 9 décembre, il réprima une révolte des habitants et le 2ème bataillon alla en garnison à Tournon. Durant tout ce temps, le 2ème bataillon occupa Grasse, Saint-Esprit et Antibes, c’est alors qu’il fut dirigé sur Tournon.

 1793 :

 Début 1793, le 1er bataillon était toujours à Nice. Il occupa Lescarene et prit part au combat de Sospello (14 février). Les Piémontais foudroyés par l’artillerie française, s’enfuirent laissant 300 prisonniers. Le 19 février, le 1er bataillon servit encore au combat de Braous et participa le 28 février, à la prise de Pietra Cava. Dans la soirée de ce jour, le vieux Dagobert, et les hommes du 51ème s’égarèrent dans la forêt de Mélisse. Ils furent attaqués de tous côtés par les milices piémontaises et effectuèrent une retraite périlleuse qui leur permit de rejoindre la brigade Brunet[6]. Le 24 février, deux compagnies du régiment se trouvaient à Tournon et en partance pour Nice. Le 1er mars, les deux bataillons du régiment furent réunis, effectif de 1 080 hommes. Le 2 mars, le régiment participa à une offensive ordonnée par le général Biron. Le lieutenant Joubert raconta à son père les débuts de cette nouvelle campagne :

« Saint-Martin est un village à 3 heures de nos cantonnements et à 5 de ceux des ennemis qui pouvaient y arriver par 5 ou 6 colonnes et me couper la retraite. J’avais 80 hommes et un sous-lieutenant. J’ai annoncé que le premier soldat dont les habitants auraient à se plaindre, je le renverrai sur les derrières ou le ferai passer à la cour martiale. Le même jour un soldat a pillé ; j’ai payé le dégât et renvoyé l’homme au colonel […] tous les jours, j’ai été menacé ; deux fois je me suis embusqué avec tout mon détachement dans un défilé où j’aurais fait tête à 500 hommes, mais personne n’est venu. Les habitants charmés de notre conduite nous ont offert leurs jeunes gens ce qui sans exemple dans le pays »[7].

Dans ces quartiers d’hiver en mars et avril dans la ville de Nice, deux compagnies de grenadiers étaient cependant au camp de Lancosta. C’est là que le régiment fut réuni (15 mai) pour reprendre la campagne. Le 20 mai, en compagnie du 50ème d’infanterie, le régiment partit de Saint-Martin sous les ordres du colonel Sérurier et chassa l’ennemi de Rora. Le 22 mai, le régiment participa à la prise du village et des redoutes défendant Isola. L’attaque eut lieu dans des conditions difficiles, sous la grêle et la neige. Les Français traversèrent de vive force le torrent Tinea, dont le pont avait été coupé. La position d’Isola défendue par 1 500 Piémontais fut finalement tournée et enlevée. Les capitaines de grenadiers Morangies et Lebrun se distinguèrent particulièrement[8]. Trop avancé, le 51ème dut cependant évacuer la position et se replier sur Rora dès le 29 mai. Le 2 juin, Le colonel Sérurier à la tête des grenadiers, du 51ème et du 3ème bataillon de chasseurs se couvrit de gloire à l’attaque de la Montagne de la Fourche[9] (camp de Rauss et des Milles Fourches). Le 8 juin, le général Brunet poussa son avantage et fit attaquer les passages des monts Lorthigera et la vallée de la Roya. Le 51ème à la tête duquel se trouvait le colonel Dortoman se chargea de l’attaque du camp des Fourches défendu par deux redoutes. Sous un feu d’enfer, il parvint au pied des redoutes mais dut se retirer. Les grenadiers furent particulièrement à l’honneur et le général Brunet indiqua à propos du régiment :

« Nous avons pris beaucoup d’effets de campement, les soldats vont en faire des pantalons, nous sommes véritablement des sans-culottes de nom et d’effets mais cela ne nuit ni au patriotisme, ni au courage de nos braves frères d’armes »[10].

Le 12 juin le régiment participa à la bataille d’Authion ou combat de Rauss que Joubert décrivit dans une nouvelle lettre à son père :

« Jusqu’à midi nous allions bien, nous étions déjà une centaine de grenadiers à couvert sous la redoute et prêts à entrer à l’arme blanche, quand le reste du bataillon aurait pu y parvenir. Deux fois mon capitaine monte et descend à la colonne pour l’engager à nous soutenir, deux fois refus. La redoute que nous avions laissée derrière nous, nous criblait de mitraille. [.] Nous n’avons plus que 40 grenadiers il faut tâcher de s’échapper […] 30 en ont le courage, nous glissons sur notre derrière le long de la pente à pic couverte de neige et à travers la mitraille, je reviens avec 12 grenadiers. Morangis se battit encore une heure avec ses 10 hommes et fut fait prisonnier. Nous avons eu 400 blessés, au moins 200 morts »[11].

Le général Brunet se proposait d’enlever le camp de Rauss. Ayant formé cinq colonnes d’attaque, dont les compagnies de grenadiers de Joubert formaient la 2ème colonne (à gauche), et le reste du régiment sous Dortoman, la colonne du centre ; l’attaque débuta dans de mauvaises conditions climatiques. Dortoman avec trois colonnes d’attaque s’empara du poste avancé du camp des Fourches, établi sur une hauteur escarpée et défendu par deux redoutes. Les ennemis laissèrent 200 prisonniers et 50 tués dans cette première attaque. Ayant repoussé une sortie du camp des Fourches, Dortoman et les hommes du 51ème s’emparèrent d’un mamelon clef de la position des Fourches. A 7 heures du matin, après ce préambule, l’attaque générale fut lancée sur le camp. Le capitaine de grenadiers Morangies pénétra dans les retranchements, mais il fut fait prisonniers avec 10 de ces hommes. Dortoman dut se replier et la 2ème compagnie de grenadiers du 51ème fut presque entièrement détruite. Seuls les lieutenants Joubert et Lebrun échappèrent au carnage. De son côté le colonel Sérurier fut également repoussé et dut se replier. L’attaque avait échoué. Les deux batailles des 8 et 12 juin coutaient 1 000 hommes aux coalisés, 2 000 tués, blessés ou prisonniers aux Français. Le 51ème avait perdu 250 hommes. En récompense de sa bravoure le colonel Dortoman fut finalement nommé le 17 juin, général de brigade[12].

 

Le 51ème et l’armée française restèrent sur leur position durant le restant du mois de juin, le mois de juillet et une partie du mois d’août. Il occupa le camp de Raolet au nord de Sospello et les deux compagnies de grenadiers, la position avancée de Lantosca. Victime de l’échec de l’opération du 12 juin, le général Dortoman fut conduit à l’échafaud et remplacé par Masséna dans le commandement du camp de Raolet. Le 8 septembre, les Piémontais déclenchèrent une offensive générale sur le front de l’armée d’Italie dans l’espoir de donner la main aux révoltés fédéralistes et royalistes qui avaient embrasés l’intérieur du pays. Les Piémontais furent repoussés partout mais s’emparèrent des redoutes avancées de Boulène, Lantosca et Condamine. Le lieutenant Joubert du 51ème fut fait prisonnier après une longue résistance  dans cette dernière redoute. Il défendit son poste durant 4 heures et demie et après avoir épuisé toutes ses cartouches, se défendit encore à l’arme blanche. La redoute fut cependant pilonnée avec du canon et Joubert dut mettre bat les armes. L’offensive des Piémontais fut un échec et le lieutenant Joubert fut libéré. L’hiver paralysa désormais les opérations sur ce front et les deux bataillons du régiment en furent retirés. Le 1er bataillon servit ensuite à la reprise de la ville de Toulon.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 C’est là, le 11 novembre 1793, qu’il fut amalgamé en première formation avec les 1er et 4ème bataillons des Bouches-du-Rhône pour former la 101ème demi-brigade de bataille[13]. Il devint le 2ème bataillon de cette unité. Mais il y a controverse car la 101ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme et Susanne au camp de Bruys, avec le 1er bataillon du 51ème, et les 3ème et 6ème bataillons des Bouches-du-Rhône. Dans l’état il est difficile de trancher sur sa composition.

 2ème formation :

 Le 29 février 1796, la 101ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 25ème demi-brigade de ligne, formée avec la 1ère demi-brigade provisoire, et la 84ème demi-brigade de bataille.

Historique du 2ème bataillon :

 1793 :

 Le 2ème bataillon fut envoyé au siège de Lyon et à l’armée des Alpes.

 1794 :

 Le 20 février, il reçut le renfort du 11ème bataillon du Var qui fut incorporé dans ces rangs[14].

 Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 La 102ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme, le 10 avril 1794, à Sospello, armée des Alpes. Selon Louis Susanne son amalgame interviendrait le 17 novembre 1793 ou peut-être 1794. Sa formation comprenait le 2ème bataillon du 51ème et les 3ème et 6ème bataillons du Var.

 2ème formation :

 Le 10 avril 1796, la 102ème de bataille devint à l’armée de l’Italie, la 69ème demi-brigade de ligne avec les 19ème et 166ème demi-brigade de bataille et le 2ème bataillon de la 170ème.

Colonels :

 Colonel Joseph Jouslard Chevalier d’Iversay (1733-), 21 octobre 1791-7 mars 1792. Lieutenant (1747), réformé (1749) puis réintégré comme enseigne (1752). Lieutenant (1753), capitaine (1758) puis de nouveau lieutenant à la réorganisation de 1763. Chevalier de Saint-Louis (1772), capitaine (1776), lieutenant-colonel régiment de Touraine. Emigra au commencement de 1792 (probablement l’un des fuyards de Perpignan)[15].

 Colonel Charles Guillaume Vial D’Allais (1749- ?), 7 mars-16 mai 1792. Entra au service (1766), capitaine (1778), major (1782), commandant de Cayenne (1785), colonel du régiment de Provence (21 octobre 1791), puis du 51ème[16].

 Colonel Joseph-Marie-Lavoine De la Venne Chevalier Desperriers, 16 mai-27 mai 1792. Lieutenant au régiment (1758), campagne du Canada, se distingua à la bataille du carillon (8 juillet 1758), blessé sous les murs de Québec (13 septembre 1759), chevalier de Saint-Louis pour sa campagne, capitaine commandant le détachement se rendant à Tabago (octobre 1790). Lieutenant-colonel du régiment (25 juillet 1791)[17].

 Colonel Louis-Siméon-Auguste Dagobert de Fontenilles[18] (1738-1794), 27 mai 1792-8 mars 1793. Lieutenant (1756), capitaine (1768), chevalier de Saint-Louis (1781), major (1787). Lieutenant-colonel (1er janvier 1791), puis colonel du 51ème. Général de brigade (8 mars 1793), maréchal de camp (20 septembre). Se distingua particulièrement en Italie, reçut de nombreuses blessures. Général en chef de l’armée des Pyrénées-Orientales, campagne d’Espagne, remporta plusieurs victoires avant de mourir d’une fièvre à Puycerda, le 9 avril 1794[19].

 Colonel Jean-Jacques Dortoman[20] (1742-1793), 8 mars-19 août 1793. Enseigne (1759), Lieutenant (1760), puis sous-lieutenant à la réorganisation de 1763. Lieutenant (1764), capitaine (1770), lieutenant-colonel du 93ème (23 mars 1792), colonel du 51ème. Malgré sa conduite élogieuse et brave, il fut rendu responsable des échecs de la bataille du camp de Rauss et guillotiné[21].

 Colonel Rivas, 22 août 1793-1794.

 

                                             Les cadres du régiment en 1791[22] :

 

Noms grades
Lassus et Ranchin Lieutenants-colonels
De Vaublanc et Descoffres Adjudants-majors
Desperriers, Boéry de la Boissière, De Saint-Jean, Du Parquet, De Vernhes, Du Rignac, De Merleval, De Méhée, Dupuy, De Lamothe, De Cuy, De Saint-Exupéry, De Grégenille, De Loyac, De Calonne, D’Avenne, De la Chenaye, De Baillet. Capitaines
Miollis, Dalidon, Desolmes, Jacquemart, Le Brun, Dallaines, Ch. De Baillet, De Luzean, De Gouvault, De Leybardie, De Barville, De Vigier, De Mauran, De Listeroy, De Comblat, De Frasans, De Millebert, De Montbel. Lieutenants
Pasteur, Laugé, De Sarran, De Marcillac, De la Ferté, Philip, De Chevanne, De Langallerie, De la Roche-Aymon, Dufaur, De Ladevèze, De Boéry, De hautboutet, De Frasans, Rouvray, La Puiserie, Joubert, La Gauthière. Sous-lieutenants

 

                            Les cadres des deux bataillons du 51ème en novembre 1793[23] :


Noms grades
Saint-Jean et Morangies Lieutenants-colonels
Longuefosse Quartier-maître trésorier
Villevalleix et Motte Adjudants-majors
Loyac[24], Davenne, Lachenaye[25], Dalidon[26], Desolmes[27], Jacquemart[28], Poly, Molette, Lebrun, Gouvault[29], Leybardie[30], Laugé[31], Philip[32], Moreau, Courrois, Langlois[33], Gauthier, Meissonnier. Capitaines
Millebert[34], Montbel[35], Chevanne[36], Langallerie[37], Pinel, Laroche-Aymon[38], Dufort[39], Ladevèze[40], Brestin, Ballet, Brunet, Barthey, Rideau, Baukay, Joubert[41], Touche, Godard, Bertet, Razonts, Lagauthière[42]. Lieutenants
Boéry[43], Rentière, Delhorme, Marais, Mathis, Clauze, André, Largey 1, Delort, Olivry, Jaunon, Laborie, Largey 2, Garnier, Maifret, Astier, Bocage. Sous-lieutenants

 

Portraits :

 Jean Abrans, fils de Jean, journalier, et de Marie Chanieu, né le 30 juillet 1770 à la Chapelle, canton de Barbezieux, Charente, ayant pour parrain Jean Duraud laboureur habitant Sainte-Eulalie sous Barbezieux et comme marraine Marie Abrans sa tante paternelle, baptisé en présence de Pierre Niollet, de Jacques Lacombes et d’André Doublet tous laboureurs. S’enrôla volontaire au 51e d’infanterie (20 mars 1791). Il passa par amalgame à la 102e demi-brigade de bataille puis à la 69e demi-brigade de ligne. Blessé d’un coup de feu à l’affaire du 2 frimaire an 4 dans le pays de Gênes. Dans les guides du général en chef de l’armée d’Italie (9 pluviôse an 7), admis dans la garde des Consuls (2e complémentaire an 9) comme chasseur. Servit dans l’armée des Côtes de l’Océan entre 1804 et 1805. A la Grande Armée entre 1805 et 1807, campagnes d’Allemagne, de Prusse et de Pologne. Nommé caporal au régiment de fusiliers-chasseurs de la Garde (13 juillet 1807). Campagne d’Espagne en 1808. A la retraite (30 juin 1810) alors qu’il servait dans le 1er régiment de fusiliers-chasseurs à pied, 2e bataillon, 1ère compagnie de la Garde impériale. Il mourut le 3 juin 1830.

Luc-Siméon-Auguste Dagobert, dit de Fonteville, né à la Chapelle-en-Juger dans la manche en 1736. Lieutenant (1756), il servit en Allemagne durant la guerre de Sept ans de 1757 à 1762. Blessé d’un coup de feu à la joue à la prise de Minden (9 juillet 1759). Blessé à la main gauche à l’affaire d’Ober-Weimar (2 septembre), blessé encore à l’épaule à la prise de Wetzlar, puis blessé de deux coups de feu dont un au pied droit près de Wesel (17 octobre 1760). Capitaine (1768), il fit la campagne de Corse, 1768 et 1769. Capitaine-commandant (1776), chevalier de Saint-Louis (1781), major (1787) notamment au bataillon des chasseurs royaux du Dauphiné (1788). Lieutenant-colonel (1791), colonel du 51ème régiment d’infanterie (mai 1792). Il commanda l’avant-garde de l’armée du Var (12 octobre), maréchal de camp (novembre), il fut vainqueur au col de Broons (20 novembre), puis à Sospello (14 février). Il servit au col de Negro (28 février), sur les hauteurs de la Vésubie (2 mars). Il passa à l’armée des Pyrénées-Orientales dont il commanda l’avant-garde (10 mai). Général de division, il fut défait au Mas D’eu (20 mai) et servit à Truillas (17 juillet). Il s’empara du camp espagnol de Montlouis et il fut vainqueur au col de la Perche (28 août). Il entra à Puycerda (29 août), fut vainqueur près d’Olette (4 septembre). Il occupa le commandement provisoire de l’armée des Pyrénées-Orientales, il fut battu à Truillas en avant de Perpignan (22 septembre) et renonça à son commandement. Il reprit celui de la division de la Cerdagne, s’empara à nouveau de Montlouis (29 septembre), de Campredon (5 octobre), qu’il dut évacuer. Il chassa les Espagnols des villages de Monteilla et de Martinet, mais il fut suspendu de ses fonctions (17 novembre). Il fut toutefois réintégré (31 janvier 1794), replacé dans son commandement de la division de la Cerdagne (29 mars), vainqueur des Espagnols à Belver (10 avril), il prit Urgel le 11 avril mais décéda le 18 avril à Puycerda. Le 30 avril, la Convention Nationale décidait que son nom serait inscrit au Panthéon.

Pierre-Dominique baron Garnier, né le 19 décembre 1756 à Marseille. Soldat au régiment ci-devant de Beauce (1773), puis au régiment de l’île de France, compagnie Legay (février 1774). Obtînt son congé (1779), volontaire dans les dragons de la Guadeloupe de 1780 à 1787. Il rentra en France (1788). Architecte (mars 1789), Capitaine dans la Garde nationale de Marseille, il enleva à la tête de 50 hommes le fort de la Garde et fit la garnison prisonnière (30 août). Lieutenant-colonel en second du 2ème bataillon fédéré de Marseille (30 juin au 15 septembre), il marcha à sa tête à l’attaque du palais des Tuileries (10 août). Il fut blessé d’un coup de sabre durant l’assaut et reçut le grade de lieutenant dans le 51ème régiment d’infanterie (15 septembre). Adjoint aux adjudants-généraux de l’armée des Alpes, lieutenant-colonel en second (8 octobre). Envoyé en Corse (26 octobre), il passa à l’armée du Rhin (20 janvier 1793). Il combattit à Rülzheim, Jockgrim, Rheinzabern, Gemersheim. Nommé général de brigade et envoyé à l’armée d’Italie (septembre), puis devant Toulon (novembre). Général de division nommé par les représentants du Peuple (20 décembre). Commandant la division des Côtes de Toulon (22 décembre). Envoyé à l’armée d’Italie (avril 1794). Commandant la division de gauche, il servit à la prise de Saorgio (29 avril). Commandant une division sous Masséna (mars 1795), il fut vainqueur à Bagna (25 juin). Il reprit également le poste d’Issondo (31 juillet). Réformé, non compris dans la réforme des états-majors, il fut maintenu à son poste et commanda une division à l’armée des Alpes (octobre). Repassa à l’armée d’Italie, il réprima l’insurrection des Barbets (1796). Commandant la 4ème division de l’armée d’Italie (27 mars). Il était à Nice (29 avril), puis commanda la 5ème division de l’armée dite de la Côte à Loano (9 mai). Il commanda la colonne mobile du col de Tende (septembre), puis une division à l’armée des Alpes (janvier 1797). Il occupa fréquemment de nombreux postes différents dans les mois qui suivent, commandement de places, d’unités, de subdivisions et divisions militaires, départements. Employé à l’armée d’Italie (1799), puis à celle de Naples, il commanda Rome (fin mai) et il fut vainqueur des Napolitains à Monte-Rotondo (21 septembre). Il capitula dans Rome (30 septembre). Commandant le département des Alpes-Maritimes (juin 1800), il fut réformé (1801). Rappelé (1809), comme commandant la 4ème division de réserve à Gand, il commanda Barcelone (août 1811) et rentra en France (1812). Commandant d’armes dans les provinces illyriennes (avril 1813), commandant Laibach, il évacua Fiume (26 septembre), se replia à Parme puis Turin. Commandant supérieur à Blaye (mars 1814). En retraite (décembre), baron (31 décembre), commandeur de la Légion d’honneur (17 janvier 1815) et chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Nantes, le 11 mai 1827.

Barthélémy Joubert,  fils de Claude-Marie Joubert[44] né le 14 avril 1769 à Pont-de-Vaux, Ain. Elève au collège de Saint-Trivier-de-Courtes, de 1777 à 1780 [45] puis envoyé au collège de la congrégation Saint-Joseph à Louhans où il resta de 1780 à 1785. Il s’évada du collège le 1er janvier 1785 pour s’engager dans un régiment d’artillerie à La Fère, en Picardie. Il fut mis en congé au mois d’avril sur demande de son père et dut rentrer au pays. Il fut ensuite confié à Lyon « aux bons pères » de la compagnie de Jésus puis au séminaire Saint-Irénée de la congrégation Saint-Sulpice[46]. En octobre 1786, il intégra la faculté de droit de l’Université de Dijon où il effectua trois années d’études supérieures. En 1789, lors des premiers troubles de la révolution, il était sergent de la Garde nationale de Dijon. Il fut présent lors des émeutes du 15 et du 17 juillet 1789, qui eurent lieu dans la capitale de la Bourgogne[47]. De retour au pays, il devint sergent dans la Garde nationale. Il s’engagea à Bourg, le 4 septembre 1791, comme volontaire national[48]. Il fut alors signalé comme ayant une taille imposante pour l’époque de  5 pieds 8 pouces. Dès le 15 septembre, il fut élu sergent dans la compagnie de grenadiers du bataillon. Son père insista pour qu’il brigue un brevet d’officier dans les troupes de ligne. Il fit intervenir Etienne Deydier, député depuis le 25 août à l’Assemblée législative. Deux mois s’écoulèrent, au cours desquels, les volontaires des deux compagnies du district de Pont-de-Vaux végétèrent. Le 14 octobre 1791, il relança Etienne Deydier pour obtenir un brevet[49]. Le 25 novembre, il était toujours à Pont-de-Vaux, lors d’un dîner de Sainte-Catherine donné pour le départ des volontaires. Il y prononça une réponse à une poésie écrite par Bouchard dit Poupon. Enfin il partit à Bourg avec les volontaires du district, pour la formation du 3ème bataillon de l’Ain. Elle eut lieu le 12 décembre 1791 et il fut élu caporal dans la compagnie de grenadiers. Avant la fin de l’année il passa sergent et suivit la compagnie des grenadiers du 3ème qui fut envoyée au début de 1792 pour cantonner à Dole. Sa compagnie entra dans le 1er bataillon du Bas-Rhin. Lors de la déclaration de guerre, Joubert était en permission et se trouvait à Pont-de-Vaux, attendant son brevet d’officier dans la ligne. Il partit immédiatement pour rejoindre son corps à Dole. Il y arriva à temps le 1er mai, pour se mettre en marche dès le lendemain pour Strasbourg. Enfin son père lui écrivit le 16 mai, que son brevet était arrivé. Il fut nommé sous-lieutenant au 51ème régiment d’infanterie ci-devant Hainaut depuis le 23 avril[50]. Il repartit immédiatement pour Pont-de-Vaux où il écrivit le 25 mai une lettre de remerciement à Etienne Deydier pour son soutien. Le 9 juin, il atteignit Narbonne et retrouva sa nouvelle unité. Il servit dès ce moment et jusqu’en 1798 à l’armée d’Italie. Il fut lieutenant (1er novembre) et servit à la 2ème compagnie du 1er bataillon de grenadiers de son régiment. Il combattit à la prise d’Isola (19 mai 1793), aux affaires du camp des Fourches (31 mai et 12 juin), où il défendit avec opiniâtreté la redoute de la Condamine au col de Tende. Il y fut blessé et fait prisonnier (8 septembre), il fut libéré peu après lors d’un échange et dut jurer de ne point servir pendant la durée d’une année. Son bataillon fut amalgamé pour former la 102ème demi-brigade de bataille[51] (17 novembre). Nommé adjudant-général chef de bataillon (10 avril 1794) et confirmé (10 mai). Il servit à la division Sérurier et devint (13 juin 1795) adjudant-général chef de brigade. Il participa à la défense de la redoute du Petit Gibraltar (19 septembre). Il combattit à la bataille de Loano (22 novembre), où il commanda la 2ème brigade de la division Meynier. Fait général de brigade (24 décembre), il servit à la bataille de Montenotte (11 avril 1796), à la bataille de Millésimo (13 avril). Il combattit encore à la prise du camp retranché de Ceva (16 avril), à la bataille de Mondovi (22 avril). Commandant de la 1ère brigade de la division Masséna, il servit à la bataille de Lodi (10 mai) et entra dans Vérône (3 juin). Attaqué le 29 juillet, par l’armée autrichienne de Wurmser au défilé de la Corona, il dut battre en retraite sous le nombre. Il combattit sous Augereau à la bataille de Castiglione (4 août). A la division Vaubois, il culbuta les Autrichiens sur les hauteurs de Campara (19 novembre) et reçut le grade de général de division. Il contint (12 janvier 1797), l’offensive autrichienne du général Alvinzy à la Corona mais dut se replier. Il se couvrit de gloire à la bataille de Rivoli (13 et 14 janvier). Chargé de poursuivre les Autrichiens, il s’empara de Trente et de Roveredo (23 et 28 janvier). Nommé au commandement de trois divisions pour opérer dans le Tyrol, il s’empara du pays en battant les Autrichiens sur le Lavis (20 mars). Il s’empara ensuite de Clausen, Brixen et des gorges d’Innsbruck, dans lesquelles il entra le 28 mars. Il fit sa jonction avec Bonaparte à Unzmark (4 avril) et assista aux conférences du traité de Léoben (18 avril). Il fut par la suite en congé, avant d’être nommé commandant en chef de l’armée de Batavie (23 décembre). Il fut nommé commandant en chef de l’armée de Mayence (11 juillet 1798), puis de celui de l’armée d’Italie (14 octobre). En opposition avec le gouvernement sur la conduite des opérations, il démissionna (11 décembre). La situation catastrophique le rappela vite à de hauts commandements, notamment celui de la 17ème division militaire de Paris (18 juin 1799), puis celui des armées d’Italie et des Grandes Alpes (5 juillet). Il attaqua l’armée autrichienne du général Bellegarde à Acqui (13 août), puis l’armée austro-russe de Souvarov à Novi (15 août). Il fut tué d’une balle au cœur au commencement de l’action, en criant « soldats, marchez à l’ennemi ». Malgré le courage des troupes françaises, cette bataille fut une défaite qui consomma l’évacuation de l’Italie[52].

Robert baron Motte, né à Notre-Dame-de-Fresney dans la Calvados, le 3 décembre 1754. Soldat au régiment ci-devant de Sarre (mai 1780). Caporal (1783), sergent (1784), sergent-major (1787), adjudant sous-officier (avril), puis sous-lieutenant (mai 1792). Adjudant-major (20 août), il servit au siège de Toulon où il fut nommé par les représentants du Peuple, chef de bataillon (20 décembre). Il servit ensuite à l’armée des Pyrénées-Orientales (avril 1794), nommé général de brigade. Commandant la place de Perpignan, il passa à la division Sauret (octobre), notamment à la bataille de la Montagne Noire (17 au 20 novembre), puis au siège de Roses (24 novembre au 3 février 1795). Commandant les troupes à Perpignan (mai), il passa à l’armée du Midi en 1795, puis à la 9ème division militaire (avril 1796). Il servit ensuite à l’armée des Alpes puis à celle d’Italie qu’il rejoignit (octobre). Employé dans la Maurienne sous Elie, il passa à la division Masséna (décembre), commandant la 1ère brigade d’infanterie légère composée des 2ème et 20ème demi-brigades légères de seconde formation. Toujours à la division Masséna (avril 1797), commanda la même unité composée des 2ème et 11ème demi-brigades légères de seconde formation (juillet). En congé, puis envoyé à nouveau à la 9ème division militaire (octobre), il rejoignit l’armée d’Italie (avril 1798). Commandant à Verceil (mars 1799), puis du département du Var, il fut employé à la 8ème division militaire (fin 1801). Commandant de la Légion d’honneur (juin 1804), commandant le département de la Drôme (octobre), il passa à la 13ème division militaire, puis commandant du département du Finistère et le camp de Brest (décembre 1806). Commandant le département de la Drôme (janvier 1811), baron de l’Empire (février 1812), commandant le département du Taro (juin), puis admis à la retraite (décembre). Remis en activité comme commandant du département de la Drôme (15 avril 1815), puis commandant supérieur de Grenoble et de l’Isère (14 mai), il capitula (9 juillet) et cessa ses fonctions (septembre). Il mourut à Valence, le 25 novembre 1848.

Joseph Richaud, de Pont-de-Vaux, Ain, engagé volontaire à une date inconnue, caporal au 51ème régiment d’infanterie[53] ci-devant Sarre-Infanterie. Il entra à l’hôpital d’Auxerre le 6 messidor An II (24 juin 1794)  et y décéda le 6 thermidor An II (24 juillet 1794)[54].

  Article de Laurent B.

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[1] Painvin, historique du 51ème régiment, page 155.

[2] Fort de 788 hommes.

[3] Fort de 338 hommes.

[4] Painvin, déjà cité, page 157.

[5] Chuquet, Dagobert, p. 438 à 440.

[6] Painvin, déjà cité, page 159.

[7] Général Jacques Schmitt, Un grenadier Bressan, le général Joubert, page 76.

[8] Painvin, déjà cité, page 160.

[9] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française, page 353 à 355.

[10] Painvin, déjà cité, page 161.

[11] Louis Susane, déjà cité, page 80 et 81.

[12] Painvin, déjà cité, pages 162 et 163.

[13] Louis Susane, déjà cité, tome 1, page 348.

[14] Belhomme, Historique de l’infanterie, page 61.

[15] Painvin, déjà cité pages 575 et 576.

[16] Idem, page 576.

[17] Idem.

[18] 4 fois blessés au cours des campagnes d’Allemagne pendant la guerre de 7 ans, il s’illustra en Corse en 1768 et 1769 et reçut la croix de Saint-Louis. Major des chasseurs royaux du Dauphiné, il avait 56 ans en 1791. Chef acquis aux idées nouvelles, il se coiffait d’un bonnet de police lors des pauses. Idem, page 67.

[19] Painvin, déjà cité, page 577.

[20] Dagobert est nommé provisoirement maréchal de camp, le 12 octobre 1792.

[21] Painvin, déjà cité, pages 577 et 578.

[22] Painvin, déjà cité, pages 153 et 154.

[23] Painvin, déjà cité, page 166.

[24] Déjà capitaine en 1791.

[25] Idem.

[26] Lieutenant en 1791.

[27] Idem.

[28] Idem.

[29] Idem.

[30] Idem.

[31] Sous-Lieutenant en 1791.

[32] Idem.

[33] Tué au Col d’Ardente, en janvier 1794.

[34] Déjà lieutenant en 1791.

[35] Idem.

[36] Sous-lieutenant en 1791.

[37] Idem.

[38] Idem.

[39] Idem.

[40] Idem.

[41] Idem.

[42] Idem.

[43] Déjà Sous-lieutenant en 1791.

[44] Claude-Marie Joubert (1740-1826), avocat reçu à Dijon 1766, juge-mage à Pont-de-Vaux, député de cette ville à l’assemblée des trois ordres de Bourg en 1789, administrateur du district de Pont-de-Vaux 1790, président du directoire en 1790 puis en An III, agent municipal de Pont-de-Vaux An VIII, Maire en 1800 mais vite remplacé, avocat à Lyon, conseiller à la cour royale. Dominique Saint-Pierre, Dictionnaire des hommes et des femmes politiques de l’Ain de 1789 à 2003. Au titre de la contribution mobiliaire de 1791 à Saint-Trivier, Claude-Marie Joubert payait une somme de 4 livres et 16 deniers pour la taxe fixe, de 13 livres, 17 deniers et 8 sols pour la cote d’habitation et de 75 livres pour la cote mobiliaire soit un total de 93 livres, 13 deniers et 8 sols. AC de Saint-Trivier, REV 2.

[45] Général Jacques Schmitt, Joubert, la vie brève d’un grenadier bressan, pages 20 à 22.

[46] Général Jacques Schmitt, Joubert, la vie…. Op cit, pages 24 à 26.

[47] Idem, pages 29 et 30.

[48] Ibidem, page 47.

[49] Ibidem, page 53

[50] Ibidem, page 62.

[51] Amalgame du 2ème bataillon du 51ème, et des 3ème et 6ème bataillons du Var pour former la 102ème demi-brigade de ligne. Général Jacques Schmitt, Joubert, la vie… op cit, page 89.

[52]  Georges Six, Dictionnaire des généraux de la Révolution et de l’Empire 1792-1815, page 606 et 607.

[53] L’appellation manquait dans le document, Terry Crowdy, French Revolutionary… op cit.

[54] AD de l’Ain 9 L 33.