4e régiment de hussards Saxe

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Le régiment de hussards ci-devant Saxe ou 4ème régiment de hussards :

 

Historique :

 1789-1791 :

Le 1er juillet 1790, il se trouvait en garnison à Metz.

 1792 :

Le régiment passa à l’ennemi et émigra en mai. Il se trouvait au camp de Neukirch, armée du Rhin à cette date[1].

Le journal militaire de 1792 raconte :

« le 9 mai, à 11 heures du soir, le 4e régiment de hussards ci-devant Saxe est passé tout entier sur le territoire étranger, trompé par son colonel, qui lui a dit que les généraux et l’état-major de l’armée de Strasbourg venoient de passer à l’ennemi, ce chef a dit aussi à ses soldats qu’on avoit formé le projet de les entrelacer par compagnies avec les gardes nationales, qui devoient les fusiller, ils ont reçu de lui chacun 6 livres le jour même de la désertion, 92 hommes et 88 chevaux de ce régiment sont rentrés en France le lendemain conduits par un maréchal des logis que le général Kellermann a fait officier à son arrivée »[2].

 

1793 :

Au début de 1793, les hommes du régiment qui n’avaient pas désertés se trouvaient à l’armée du Nord. Le régiment fut finalement dissous.

 

Le numéro 4 fut ensuite porté par le régiment Colonel-Général à partir de juin 1793.

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Portraits :

 Jean-Nicolas Bennerotte né le 9 novembre 1772 à Saint-Quirin dans la Meurthe. Entré comme hussard le 21 août 1789 au 4ème régiment (sans certitude) et fit les campagnes de 1792 à l’an IX aux armées des Ardennes, du Nord, de Sambre-et-Meuse, de Mayence, du Danube et du Rhin. A l’affaire de Rocroi (8 octobre 1793), il reçut un coup de feu au côté gauche. Nommé brigadier (25 fructidor an V) et maréchal des logis (1er prairial an VII), il se fit remarquer le 5 du même mois à l’affaire de Winterthur où il fut blessé d’un coup de sabre au bras gauche. Promu maréchal des logis chef (1er germinal an X), il tint garnison à Cambrai et à Valenciennes et fit partie de l’armée de Hanovre de 1803 à 1805. Nommé Adjudant sous-officier (1er messidor an XI), membre de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Il fut nommé sous-lieutenant (1er fructidor). A la Grande Armée en 1806 et 1807, il combattit à la division d’avant-garde du 1er corps de la Grande Armée en Prusse et en Pologne et se signala (9 octobre 1806) au combat de Schleitz où il reçut un coup de sabre à la main droite. De 1808 à 1813, il servit en Espagne dans le 3ème corps. Il fut promu lieutenant adjudant-major (14 juillet 1810) puis capitaine (26 décembre 1811). Il fut blessé d’un coup de feu au poignet droit (13 juin 1813) au combat de Carcagente. Maintenu à son corps lors de la réorganisation de 1814, il obtint sa retraite (2 septembre). Il mourut à Saint-Quirin, le 1er août 1819.

Jean-Baptiste Franceschi ou Francesqui dit Franchesci-Delonne, originaire de Lyon, sculpteur qui avait concouru au prix de Rome sans l’obtenir. Il s’enrôla comme sous-lieutenant à la compagnie de la section des Arts, alors âgé de 25 ans (6 septembre 1792), versé au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre), sous-lieutenant, blessé à la bataille de Kaiserslautern (28 novembre 1793). Blessé à nouveau à la bataille de Lembach (17 décembre). Second lieutenant d’artillerie à la 149e demi-brigade de bataille (22 mars 1794), adjoint à l’Etat-major de l’artillerie de l’armée de Moselle, puis de l’armée de Sambre et Meuse, rang de sous-lieutenant dans les troupes à cheval et aide de camp du général Debelle, blessé à Friedberg. Il se distingua à Ukerath et dans la retraite de l’armée sur Dusseldorf (1796), à nouveau lieutenant (février 1797), capitaine, nommé par le général Hoche sur le champ de bataille de Neuwied (18 avril), aide de camp du général Soult (1799), il se distingua lors d’une reconnaissance à Alznach (29 août), et dans deux affaires durant la campagne d’Helvétie (25 septembre et 9 octobre), fut nommé chef d’escadron sur le champ de bataille par le général en chef Masséna (passage de la Linth, 13 octobre). Il se trouve enfermé dans la place de Gênes durant le mémorable siège, les vivres manquants et la situation étant affreuse pour la troupe qui mourrait de faim, Franceschi fut choisi pour s’échapper et porter au Premier Consul, la nouvelle de leur situation désespérée. Parti dans une embarcation avec six rameurs, après une traversée périlleuse de 14 heures, il réussit à forcer le blocus de l’ennemi mais dut se jeter à la mer et aborder à la nage la rive de Pietra, d’où il gagna Paris (26 mai 1800). A l’armée de réserve, le Premier Consul voulut faire parvenir des dépêches au général Masséna, le chargea de retourner à Gênes, ce qu’il tenta de faire en se rendant à Antibes, forçant quelques hommes à le conduire en canot dans la place ayant avec lui deux grenadiers et quinze jours de vivre. Après une croisière de cinq jours et quatre nuits, ayant touché l’île de Capraia, il parvînt à retourner dans Gênes malgré le feu des canonnières anglaises et des bâtiments qui tentèrent de le stopper. Il fut nommé chef d’escadron au 4e de hussard (1801), aide de camp du général Soult (1802), colonel (1803), colonel  du 8e de hussards (1805). Il se distingua à Austerlitz et fut nommé au grade de général de brigade (24 décembre). Il fut employé à l’armée de Naples (1806), aide de camp du roi Joseph, il fit une campagne vigoureuse en Calabre (1807), passa avec Joseph en Espagne (1808), général de division et premier aide de camp du roi d’Espagne, il commanda la division de cavalerie du 2e corps de l’armée dans la péninsule. En une seule charge, il culbuta le général espagnol La Romana dont les troupes formaient la gauche de l’armée espagnole (1809), fait prisonnier de guerre, il mourut de mauvais traitements et de misère dans les  prisons de Carthagène, le 23 octobre 1810. Il avait été fait baron de l’Empire, commandant de la Légion d’honneur et chevalier de la Couronne de Fer.

Fribis, cavalier au 4ème régiment de hussards (mai 1787), sous-lieutenant au 6ème de hussards (avril 1793), lieutenant (thermidor an II). Capitaine sur le champ de bataille à l’affaire de Beyheim en Hollande (an VIII). Passa au 1er régiment de cuirassiers (5 ventôse an VIII). Décoré de la Légion d’honneur (1807). Il fut fait prisonnier et reçu trois blessures à l’affaire de Marchiennes près Aniche. Il fut tué à Hollabrünn le 9 juillet 1809[3].

Novillars, cavalier au 4ème régiment de hussards (1er thermidor an VII). Sous-lieutenant à la demande du général Lecourbe pour action d’éclat à l’affaire du 1er messidor an VIII. Lieutenant au 24ème régiment de cavalerie à la demande du général Moreau pour action d’éclat à la bataille de Hohenlinden (12 frimaire an IX). Passé au 1er régiment de cavalerie (22 pluviôse an X). Capitaine (22 thermidor an XI). Nommé aide de camp du général Margaron (20 fructidor an XI). Reçut un sabre d’honneur pour action d’éclat à la bataille de Hohenlinden par décret du 18 pluviôse an II. Trois blessures, dont deux graves, dans les différentes affaires sur le Danube, an VIII et IX[4].

Pierre-Claude Pajol, né à Besançon le 3 février 1772, entra comme volontaire au régiment provincial de Besançon (1789), sous-lieutenant au 82e d’infanterie ci-devant de Saintonge (12 janvier 1792), blessé à Spire (29 septembre), de deux coups de baïonnette au bas-ventre et à la main gauche, capitaine (12 mai 1794), aide de camp de Kléber, campagne à l’armée de Sambre-et-Meuse, chef de bataillon à la 6e demi-brigade de bataille (9 février 1796), passa chef d’escadron au 4e hussards (21 juillet 1799), général de brigade (1er mars 1807), général de division (7 août 1812), il servit à la Grande Armée, à l’armée d’Allemagne et d’Italie, un des plus brillants cavaliers de l’épopée impériale. Demanda et obtînt sa retraite (1815), remis en activité (1830), gouverneur de Paris et commandant la 1ère division militaire jusqu’en 1842, il mourut le 20 mars 1814. Il était grand cordon de la Légion d’honneur, comte de l’Empire et Pair de France. Avers indique que jusqu’à la fin, il aimait évoquer ses souvenirs du régiment de Saintonge ou 82e d’infanterie.

Article de Laurent B.

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[1] Journal Militaire de 1792, p. 393.

[2] Journal militaire de 1792, p. 415.

[3] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 326.

[4] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 339.