45e régiment d’infanterie La Couronne

45e-dinfanterie

Le 45ème régiment d’infanterie ci-devant La Couronne :

 

Historique :

 1790-1791 :

 Il fit partie des régiments mêlés aux insurrections et troubles qui ensanglantèrent la garnison de Lille en 1790. Il fut ensuite dirigé sur Béthune. Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à  Béthune.

 1792 :

 Il s’y trouvait toujours au 1er janvier. Il comprenait un effectif de 1 249 hommes et 266  manquants. Le 18 avril, le régiment était à l’armée du Nord. Deux bataillons comprenant 1 513 hommes étaient en position à Béthune[1]. A l’armée du Nord sous les ordres du général Rochambeau, il cantonna le 1er mai, à Sepmerie.

 Dès la déclaration de guerre il fut envoyé au camp de Maubeuge et au mois de juillet lors de l’invasion du sol français, le 1er bataillon fut envoyé à l’armée des Ardennes et le 2ème resta en garnison dans la place de Lille. Il défendit ensuite la place du Quesnoy. En novembre, au moins un bataillon du régiment se trouvait à l’armée de Belgique du général Dumouriez. Il fit partie du détachement du général Harville et nous le retrouvons en partie dans l’armée des Ardennes du général Valence[2]. Le 6 décembre, le régiment fit partie de la 4ème brigade d’infanterie, 2ème division du général d’Harville, 2ème division de l’armée du Nord. Le régiment cantonna alors à Namur[3]. Cependant il ne s’agit que d’une partie du régiment car le 1er bataillon était à la même date dans la 3ème brigade, de la 2ème division du général Diettmann, de l’armée des Ardennes du général Valence. Il cantonna dans les villages de Borlée, Vieux-Walef, Walef, Saint-Pierre et Walef-Saint-Georges. Le bataillon en question comptait 466 hommes[4].

 1793 :

 En 1793, le 1er bataillon était à l’armée des Ardennes et le 2ème en garnison à Béthune et Saint-Venant. Un détachement du dépôt du régiment partit de Béthune, le 15 février, pour se rendre à Valenciennes. Tout le régiment se trouvait à l’armée du Nord au commencement de 1793.

Au 1er mars, le 1er bataillon était dans la division de gauche du général Dietmann. Il cantonna à Heer[5]. Le 2ème bataillon était dans la division du général Harville. Il comprenait 441 hommes et il fut en garnison dans la ville de Namur[6].

Dès le 30 juillet, les deux bataillons étaient à l’armée du Nord du camp de César[7]. Au mois d’août, l’un des bataillons forma la demi-brigade du 45ème, de la division « du Nord » de Leclaire qui renforça la garnison de Dunkerque, le 28 août[8].

Le 2ème bataillon  fit partie de la division[9] du général Landrin[10] qui se trouvait présente le 5 septembre, sur la montagne de Cassel près d’Hartifort. Cette division fit partie de l’aile gauche du corps de bataille qui livra les trois jours suivants la bataille d’Hondtschoote[11]. Le 6 septembre, le 2ème bataillon du 45ème participa à cette bataille. La colonne Landrin qui devait lancer des attaques de diversion sur Wormhout fut repoussée avec pertes et rejetée en désordre au sud de cette localité. Le 7 septembre, le 45ème et la division Landrin occupèrent les villages de Wormhout et d’Eckelsbecke abandonnés par l’ennemi[12].

Le 1er bataillon du 45ème était présent le 15 octobre, à la division du général Fromentin, pour un effectif de 385 hommes. Il fit partie des troupes placées sous le commandement du général Jourdan chargé de débloquer la place de Maubeuge assiégée[13].

Historique du 1er bataillon :

 Louis Susane indique des cheminements différents, pour lui le 1er bataillon participa bien au siège de Namur à la fin de l’année 1792 (6 novembre-2 décembre), puis partit combattre sur le Rhin et servit sur cette frontière jusqu’à son embrigadement le 3 décembre 1794 dans la 89ème demi-brigade de première formation.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 Lors de l’amalgame, le 1er bataillon fut assemblé au 1er bataillon de Vendée et au 1er bataillon de la Meurthe pour former la 89ème demi-brigade. La 89ème demi-brigade de bataille fut formée, le 3 décembre 1794, selon Belhomme à Maëstricht, le 15 décembre, selon Louis Susanne. Elle se composait du 1er bataillon du 45ème, du 1er de Vendée et du 1er de la Meurthe.

 2ème formation :

 Elle devint à l’armée d’Italie, la 79ème demi-brigade de ligne.

Historique du 2ème bataillon :

 1792-93 :

 Le 2ème bataillon après avoir défendue Lille en 1792, fit partie de la garnison qui défendit la place du Quesnoy en 1793. La place ayant capitulé et les hommes ayant juré de ne pas servir contre les coalisés durant une année, la garnison et le 2ème bataillon furent dirigés sur la Vendée.

 1794-95 :

 Le bataillon fit la campagne à l’armée de l’Ouest en 1794. Il participa à la garde de l’île de Noirmoutier, reconquise sur les Vendéens. Ce serait là qu’il fut amalgamé en première formation, dans la 90ème demi-brigade (début 1795).

Digby Smith indique cependant que le 2ème bataillon fut transféré fin 1794 à l’armée du Nord et qu’il fut amalgamé en 1795 à cette armée. En avril 1794, le 2ème bataillon fut également signalé comme présent dans la division du général Michaud, armée du Nord du général Pichegru. Fort de 673 hommes, il était en garnison à Dunkerque[14]. L’une et l’autre des versions peuvent s’assembler et sont plausibles.

Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 La 90ème demi-brigade de bataille fut formée, le 18 août 1794, à Château-Quartier, selon Belhomme est Susanne. Selon Belhomme il se composait du 2ème bataillon du 45ème, du 8ème des Fédérés et du bataillon de Bergues et de Dunkerque.

Louis Susanne indique une autre formation et cite bien le 2ème du 45ème et le 8ème des Fédérés mais ajoute le 4ème du Nord (dit de Lille) [15].

Le journal de l’An VII confirme cette incorporation, ce qui donne deux sources pour cette thèse contre Belhomme. Il est plausible que les deux unités soient les mêmes. Peu après cette unité fit échouer une tentative de débarquement des Anglais[16].

 2ème formation :

 La 90ème de bataille devint la 33ème demi-brigade de ligne. En seconde formation, le numéro 90 resta vacant.

État-major du régiment :

 Colonel Joseph-Marie-Anne De Moyria, 21 octobre 1791-29 juin 1792.

Colonel Charles-Antoine-Guillaume Blandin de Chalain, 29 juin 1792-8 mars 1793.

Colonel François Goulu, 8 mars 1793- ?. Soldat au régiment en 1776, il fut blessé et fait prisonnier le 22 décembre 1793, à la défense de la place du Quesnoy.

Lieutenant-Colonel Joseph Romanet chevalier Du Chaillou. Nommé à son poste, le 2 juin 1792 et fait général de brigade, le 15 mai 1793.

 

État-major du régiment en 1792[17] :

 

Noms Grades
Beaujeu et ? Lieutenant-colonel
Carlier Quartier-maître trésorier
? Adjudant-major
De Vins, Monsures, Beaudreuil, la Bastide, Renaud, du Chausset, Dubuysson, Desmures, de Chalvet, Chamblas, de Noguès, Simonot, Montburon, de Lapornerie, de Pralas, de Macklot, d’Aulon Capitaine
De Ternaux, de Missolz aîné et cadet, de la Lombardière, de Vaux, des Périchons, des Roches, de Saint-Julien, de Lhommel, Gallay, de Champvalier, de Chossat, de Monthuchon, de Beneauville Lieutenant
De Castelnau, de Linsvillers, de Rivals, Chargere, de Bienvenu, Dalex, Courvoisier, Beziets. Sous-lieutenant

 

Portraits :

 Antoine-Marie Bard, né en 1759 à Montmort près de Toulou-sur-Arroux, diocèse d’Autun. Gendarme dans la compagnie bourguignonne (1778), retiré (août 1781). Commandant dans la Garde nationale (1791), lieutenant au 45ème régiment d’infanterie (mai 1792). Il fut blessé à la bataille de Jemappes (6 novembre) et passa avec les hommes destinés à former les bataillons d’Orléans, dans le 10ème bataillon de la formation d’Orléans dont il devint le lieutenant-colonel. Il servit à la bataille de Chatonnay (5 septembre 1793) et passa général de brigade (4 octobre). Il reçut le commandement de la division de Luçon après l’arrestation du général Tuncq (7 septembre). Il marcha sur Mortagne mais il fut grièvement blessé au combat de La Tremblaye (15 octobre). Il laissa le commandement à Marceau. Il protesta contre le système des colonnes volantes, dite colonnes infernales et également contre les massacres ordonnés par le général Turreau qui le suspendit de ses fonctions, dès le 24 mars 1794. En pleine Grande Terreur, il fut emprisonné mais sauvé par le coup d’État du 9 Thermidor. Fait général de division (1795), il fut réformé pour ses blessures (septembre). Il fut placé à la tête des gardes nationales de la Saône-et-Loire (1814) et tint et sut tenir tête aux coalisés. Il mourut dans son village natal, le 9 novembre 1837.

François Fontaine, né vers 1754, natif « d’Angé-sur-Mesne »[18]. Garçon-cloutier de la taille de 5 pieds, 3 pouces et 4 lignes, cheveux et sourcils noirs, yeux bruns, nez grand, visage ovale, bouche assez bien faite, menton rond. Il s’enrôla le 3 mars 1792, pour une durée de trois années, à Bâgé-le-Châtel, Ain : « pour servir dans le 45ème régiment d’infanterie ci-devant La Couronne ». Il déclara ne pas savoir signer.

Simon Guillaumat, né vers 1767, natif de Cosne-sur-Loire, département de la Nièvre. Garçon-cloutier, de la taille de 5 pieds, cheveux bruns, sourcils idem, yeux bruns, nez assez bien tiré, bouche moyenne, visage long, menton rond et fendu par le milieu. Il s’enrôla le 3 mars 1792, pour une durée de trois années, à Bâgé-le-Châtel, Ain : « pour servir dans le 45ème régiment d’infanterie ci-devant « La Couronne ». Il déclara ne pas savoir signer.

Jean-François Hugot, originaire de Paris, il servit comme grenadier au régiment ci-devant de La Couronne, entre 1783 et 1791. S’enrôla à 35 ans, dans le 8e bataillon de Paris, capitaine (21 septembre 1792), passa à la 131e demi-brigade de bataille (1794), puis à la 1ère demi-brigade de ligne, retraité (1800), il mourut en 1806.

Article de Laurent B. et iconographie de Jérôme Croyet

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[1] E. Desbrières, La Cavalerie française de la Révolution, tome 1, page 105.

[2] Idem, page 329 et 330.

[3] Idem, page 345.

[4] Idem, page 347.

[5] Idem, page 355.

[6] Idem, page 359.

[7] 3 hommes en prison, 73 détachés, 708 de forces réelles, 137 à l’hôpital, 495 sous les armes et 225 manquants, V. Dupuis, La campagne de l’Armée du Nord, de Valenciennes à Hondtschoote, page 9.

[8] 45ème demi-brigade composée du 5ème bataillon des Vosges, du 10ème de Paris, du 10ème de Seine-et-Oise et d’un bataillon du 45ème régiment, idem, pages 369 et 370.

[9] Division composée du 8ème de cavalerie, du 1er bataillon de la Marne, du 3ème de la Marne, du 3ème de l’Oise, du 4ème de l’Aisne, du bataillon de Molière, du 1er et 2ème de l’Indre-et-Loire, du 2ème bataillon du 5ème, du 2ème du 45ème, du 2ème des volontaires nationaux, du 1er de la Haute-Vienne, du 1er bataillon du Nord, d’une Cie d’artillerie légère soit environ 6 000 hommes, idem, page 424.

[10] Jean-Noël Landrin (1752- ?), Canonnier à Saint-Domingue 1767-1774, dans la milice bourgeoise comme sous-lieutenant 1774-1779. Capitaine de canonniers 1792, armée du Nord 1792-1793, chef du 1er bataillon de Saint-Denis (avril 1793), général de division (30 juillet 1793), sert à Hondtschoote, suspendu le 13 septembre, mandé à Paris le 17, décrété d’arrestation et emprisonné à la prison des Ecossais le 20. Libéré le 15 août 1794, réintégré comme capitaine d’infanterie (1795). Armée du Rhin. A nouveau destitué et réintégré en 1796, en retraite en 1797. Se retira dans le département de l’Oise en 1811. Georges Six, dictionnaire, page 52.

[11] V. Dupuis, déjà cité, page 424.

[12] Durant la journée du 8, la division Landrin, resta l’arme au pied et passa par Bergue pour atteindre Dunkerque le 9 septembre 1793. Son inaction fit manquer un succès plus important dans cette bataille, idem, page 466.

[13] V. Dupuis, tome 2, d’Hondtschoote à Wattignies, pages 100 et 274.

[14] E. Desbrières, déjà cité, tome 1, page 413.

[15] Louis Susane, déjà cité, tome 1, page 346.

[16] Idem, tome 5, page 209 à 211.

[17] Roussel, pages 132 et 133.

[18] Il s’agit de la ville d’Angers, chef-lieu de département du Maine-et-Loire, 49.

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