3e régiment d’artillerie à pied de Besançon

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Historique :

 1792 :

 Le 1er janvier, le régiment était en garnison à La Fère. Il comprenait un effectif de 986 hommes et 531 manquants. Au mois d’avril, cinq compagnies du régiment se mirent en route de La Fère pour se rendre à Douai[1].

 1793 :

 En janvier, son État-major et 90 hommes étaient à Valenciennes, 42 hommes étaient à Dunkerque, 30 à Bergues, 23 à Lille, 24 à Douai, 12 à Cambrai, les autres compagnies étant employées à différentes armées[2].

 1798 :

 La 18e compagnie du régiment était au corps de Delmas à l’armée d’Italie le 30 frimaire an VI.

 1799 :

 Les 6e, 9e, 10e, 14e, 15e, 16e et 18e compagnies du régiment étaient à l’armée d’Italie au 30 vendémiaire an VII.

 1800 :

 Les 1ère, 2e, 3e, 4e, 6e, 7e, 8e, 9e, 12e, 16e, 17e, 18e, 19e et 20e compagnies du régiment étaient à l’armée du Rhin en l’an VIII.

Chef de brigade du régiment[3] :

 De 1794 à 1805 : chef de brigade Lobréau.

Officiers morts des fièvres à Saint-Domingue 1802 :

 Capitaines Burgala, 2e compagnie, 1er juin 1802, Masseron, 6e compagnie, 6 juin 1802, lieutenants Millot, 5e compagnie, 22 mai 1802, Moret, 5e compagnie, 16 juin 1802, Siroutot, 11e compagnie, 13 juin 1802, Grassot, 15e compagnie, 8 juin 1802.

Les premiers légionnaires du régiment :

 Capitaine Lemaye, signalé pour sa conduite à Corfou,
Capitaine Moisson, pour s’être distingué au siège de Lille,
Adjudant-major Britcher, pour sa conduite à Corfou, comme sergent,
Adjudant-major Possot, pour son action d’éclat à l’armée d’Helvétie, étant sergent-major, le 15 fructidor An VIII,
Sergent-major Gaudinet, pour s’être distingué au siège de Mayence en l’An IV,
Sergent-major Ravenet, pour s’être distingué au siège de Nimègue, An II,
Sergent Leroy, pour sa conduite à Cadibone, An VIII,
Sergent Poëte, pour sa conduite à la défense du Pont du Var, An VIII,
Sergent Drouhin, pour s’être distingué au siège de Valenciennes,
Caporal Larose, pour sa bravoure à Corfou,
Caporal Guillemin, l’artificier Langoumois, les canonniers Blanchet, Saire et
Flévet, pour avoir partagé l’honneur de l’action de l’adjudant-major Possot,
Caporal Itasse, pour son fait d’arme à Vieux-Brisach, An VIII,
L’artificier Weber, pour s’être distingué au siège de Vérone, An VIII.

 

Portraits :

 Jacques Chevalier Bardenet, né à Vesoul en Haute-Saône le 10 février 1754. Canonnier au ci-devant régiment d’artillerie de Besançon (1770). Sergent (1777), adjudant sous-officier (février 1792), lieutenant en 1er (mai), il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1798. Capitaine en second à la 5ème compagnie de canonniers à cheval de Hanicque (1er novembre). Il servit à Jemappes puis à Neerwinden. Capitaine-commandant (mars 1793), passa chef de bataillon au 6ème régiment d’artillerie à pied (30 octobre). Chef d’Etat-major de l’artillerie à l’armée du Nord sous Eblé (décembre), il servit aux sièges d’Ypres, de Nieuport, du fort de l’Ecluse, de Bois-le-Duc, de Nimègue et de Grave (1794). Chef de brigade (7 octobre 1794), il commanda l’artillerie en Hollande de 1795 à 1796. Placé à la suite du corps de l’artillerie (1797 et 1798), il servit à l’armée de Naples comme chef d’Etat-major de l’artillerie sous Eblé (1798 et 1799). Il se signala à la bataille de La Trébie (18 au 20 juin 1799). Général de brigade nommé par Macdonald (19 juin), il ne fut pas confirmé par le Directoire et servit à l’armée des Grandes Alpes (août). Il fut blessé à la cuisse à la bataille de Fossano et commanda l’artillerie de l’aile gauche de l’armée d’Italie sous Turreau (mars 1800). Il commanda ensuite l’artillerie au centre de l’armée sous Suchet (avril), puis sous Dupont à Pozzolo (25 décembre). Commandant l’école d’artillerie de Valence (janvier 1802), il fut élu député de la Haute-Saône au Corps Législatif où il siégea (1802 à 1806). Directeur d’artillerie à Auxonne, il fut envoyé à la Grande Armée (décembre 1806). Directeur du Parc d’artillerie du 8ème corps de Mortier en Allemagne (janvier 1807), puis du corps d’observation réuni à Stettin (fin 1807). Officier de la Légion d’Honneur la même année. Directeur du Parc d’artillerie du 8ème corps de Vandamme (1809), commandant l’artillerie de réserve de l’armée d’Allemagne sous Junot (juin), puis du 8ème corps toujours sous Junot. Il le suivit en Espagne, mais fut remplacé en (décembre) et servit en Allemagne puis en Espagne sous Masséna (1810). Chevalier de l’Empire la même année, il fut directeur du parc d’artillerie à Magdebourg (janvier 1812). Il prit part à la défense de la ville (1813 et 1814), et ramena la garnison en France. En retraite (août 1814), chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Vesoul, le 3 septembre 1833.

Simon Faultrier, fils d’un officier d’artillerie de Metz, frère de Faultrier de l’Orme qui fut général de division d’artillerie. Né à Metz le 22 août 1763. Entra au service comme élève à l’école d’application de Metz. Lieutenant en second au 3ème régiment d’artillerie (août 1779). Lieutenant en 1er (4 mai 1783). Capitaine en second (8 avril 1787), puis capitaine-commandant (22 août 1791). Il servit à l’armée du Nord, puis de Moselle, puis de Sambre et Meuse de 1792 à 1796 au 4ème régiment d’artillerie. Entré dans ce régiment (8 janvier 1793), il servit au combat d’Arlon puis à la bataille de Fleurus (26 juin 1794). Chef de Bataillon (24 septembre), puis chef de brigade (13 novembre). Il servit à l’armée du Rhin de 1796 à 1800. Commandant le 2ème régiment d’artillerie (13 mars 1800), à l’armée d’Italie. Il fut blessé d’un coup de canon à l’attaque du château de Vérone (janvier 1801). Commandant provisoire de l’artillerie de la République Italienne (11 juin 1802). Commandant l’école d’artillerie de Plaisance (avril 1803), commandant l’artillerie et la place de Plaisance (20 septembre). Directeur du parc de siège de l’armée des Côtes de l’Océan (septembre 1804). Chevalier de la Légion d’Honneur (11 décembre 1803), officier de l’ordre (14 juin 1804). Directeur de l’artillerie à Bruges (juin 1805), chef d’Etat-major des réserves d’artillerie à la Grande Armée (24 avril 1806). Membre d’une commission près l’administration des poudres et salpêtres (11 août). Général de brigade (22 novembre), commandant l’artillerie du 1er corps de Bernadotte (2 décembre). Il fut fait prisonnier à Marienwerder (28 janvier 1807). Libéré à la fin de la guerre, durant l’été, il fut nommé commandant l’artillerie du corps d’observation du général Dupont (5 novembre). Nommé commandant de l’école d’artillerie de Strasbourg, il conserva ses fonctions à l’armée et servit en Espagne (1808). Servit au combat d’Alcoléa (7 juin), il fut fait prisonnier à Baylen (22 juillet). Débarqué à Toulon (21 septembre), il retrouva un poste (octobre), nommé commandant de l’artillerie du 4ème corps d’Espagne. Il servit à Almonacid (11 août 1809), et cessa ses fonctions (mars 1811). Baron de l’Empire (2 mai), admis à la retraite (14 février 1812). Chevalier de Saint-Louis (18 juin 1817). Il mourut à Metz, le 24 juin 1832[4]. Il s’était marié à Marguerite-Charlotte de Bony. A sa mort, en plus de sa veuve, ses héritiers furent Catherine de Faultrier, majeure domiciliée à Metz rue des Clairvaux. Louis-Charlotte de Faultrier, veuve de Pierre-Michel Sottier-Defresnois, ancien commissaire des guerres, domiciliée à Metz rue d’Asfeld et Marie-Adélaïde de Cabannes épouse de Pierre-Hugues-Philippe Comte de Thénines, demeurant à Metz elle aussi rue des Clairvaux, Madame veuve de Faultrier née Lydie Curel ainsi que son neveu et fils de la précédente Pierre-Charles de Faultrier mineur, le neveu du défunt, Alfred de Faultrier, substitut du procureur du Roi à Thionville, mais aussi sa nièce Sophie de Faultrier épouse de Léopold-Georges Desaulnois, ancien officier de cavalerie demeurant à Pont-à-Mousson, son neveu Louis-Alphonse de Faultrier, lieutenant du génie en garnison à Montpellier, son neveu Emile de Faultrier capitaine d’Etat-major à la résidence de Troyes et enfin son frère Benjamin de Faultrier interdit et sous la tutelle d’Alfred Faultrier.

Jean-Baptiste Gaudenard, né en 1754 à Valay près de Gray. S’engagea au 4ème régiment d’artillerie (1771). Appointé (1779), sergent (1780), sergent-major (1785), puis second lieutenant (1791). Nommé 1er lieutenant (1792), capitaine (1793), il participa à l’expédition de Saint-Domingue puis regagna la France pour causes d’infirmités et de blessures. Il entra comme capitaine-commandant au bataillon des pontonniers du Rhin (1802) et devint la même année chef de bataillon au 3ème régiment d’artillerie. L’année suivante il fut inspecteur de la manufacture d’armes de Roanne et prit sa retraite en 1809.

Jean-Baptiste Hazard, né à Selleries dans le département du Nord, le 17 août 1771, fils de Jean-Joseph et de Marie-Françoise Magnies, son parrain est Jean-Baptiste Hazard son oncle et sa marraine Jeanne-Joseph Fontaine sa cousine germaine. Entra au service au 3ème régiment d’artillerie à pied (1er avril 1791). Il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1794. Il fut versé dans la 5ème compagnie d’artillerie à cheval devenue la 11ème compagnie d’artillerie à cheval, attachée au 3ème régiment d’artillerie à pied (1er mai 1792). Il fut blessé à la bataille de Jemappes où malgré le feu destructeur de l’ennemi, il resta à son poste jusqu’à ce que le champ de bataille fût aux mains des français. Il servit encore (novembre), à la bataille devant Liège où il oublia, dit ses états de service, sa blessure et servit avec un grand courage sa pièce. Il fut blessé à l’affaire de Werwinde (7 mars 1793). Il fut encore blessé devant Courtrai (1er messidor An II) et fut nommé fourrier (24 messidor An II). En prairial An II, il servit à la bataille de Rousselard en avant d’Ypres, où il démonta à l’ennemi plusieurs canons et fit sauter plusieurs caissons et mis en désordre un bataillon de grenadiers hongrois. Il servit à l’armée de Sambre-et-Meuse (1795 et 1796). Maréchal des logis (7 thermidor An 4). Le 30 fructidor An 4, il servit devant Guissen où restant avec trois canonniers, il soutînt avec sa pièce pendant neuf heures le feu de 14 pièces et empêcha l’ennemi de passer la rivière. Il servit ensuite à l’armée du Danube puis à l’armée du Rhin de 1797 à 1801. Maréchal des logis-chef (19 ventôse An 8), puis quartier-maître trésorier (15 brumaire An 11). Nommé 1er lieutenant (17 ventôse An 12), puis capitaine en second (1809) et en 1er (octobre 1811). Chevalier de la Légion d’Honneur (2 novembre 1814). Il fut mis en retraite (1er octobre 1816). Il mourut le 22 mars 1848.

Claude-Joseph-Nicolas Lambinet, né à Besançon le 8 juin 1753 fils de Jean, soldat au régiment royal d’artillerie, bataillon de Monsieur de Soucy, compagnie de Monsieur le chevalier de Coni et de Marie-Françoise Leponnetier. Son parrain été Nicolas-Joseph Flamand soldat dans la même unité, compagnie Saint-Michel et sa marraine Claudinette Lasoye. Il servit comme enfant de troupe au 3ème régiment d’artillerie, probablement avec son père dès 1769. Sergent (1780), sergent-major (1792), lieutenant en 1er (1er juin), capitaine en second (31 mai 1793), capitaine en 1er (19 thermidor An 2), chef de bataillon (13 prairial An 12), sous-directeur (germinal An 13). Il avait servi trois ans à Saint-Domingue de 1802 à 1804. Il servit ensuite à l’armée du Portugal (1808), chevalier de la Légion d’Honneur (1804). Il obtînt sa retraite (1808), après 39 ans de service et 18 campagnes. Il retourna à Besançon, où il jura fidélité au roi (1816). Il s’était marié à Jeanne-Claude Jeannicot à une date non connue et mourut à Besançon le 18 décembre 1839.

Charles Morard La Bayette de Galles, né à Goncelin dans l’Isère en 1734. Entra dans l’artillerie (1749), sous-lieutenant (1756) et lieutenant (1762). Capitaine (1766), chef de brigade (1784), lieutenant-colonel du 3ème régiment d’artillerie (1791), puis colonel du régiment (novembre 1792). Il servit avec son régiment à l’armée du Nord (1792-1793). Il commanda l’artillerie sous Beurnonville à la bataille de Jemappes (6 novembre 1792), puis l’artillerie sous les ordres de Dumouriez à l’expédition de Hollande durant l’hiver 1792-1793. Général de brigade (mars), division La Marlière (mai), suspendu de ses fonctions probablement à cause de sa noblesse (juin). Il ne reprit du service qu’en 1795, commandant l’artillerie de l’armée des Alpes, puis commandant de la 3ème division de l’armée à Annecy. Il fut mis en retraite en novembre 1795 et 1797 après une courte remise en activité à l’armée d’Italie.

Jean-Ignace Pierre, né à Villers dans le Doubs le 19 avril 1740. Volontaire dans la brigade d’artillerie de Loyauté, dite brigade de Saint-Auban (novembre 1759). Il servit à Minorque de 1760 à 1763. Sergent (août 1763), il servit ensuite au régiment d’artillerie de la Fère (1765). Garçon-major avec rang de lieutenant en 3ème (1771), il fut détaché en Amérique avec brevet de capitaine d’artillerie des colonies (21 octobre 1776). Il rentra en France (1778), chevalier de Saint-Louis (décembre 1789). Lieutenant en second (1791), adjudant-major la même année, puis nommé capitaine en second (18 mai 1792). Capitaine-commandant au 3ème régiment d’artillerie à pied (26 juillet), chef de bataillon sous-directeur d’artillerie à Givet (août 1793). Général de brigade employé à l’armée d’Italie, division Garnier (novembre). Il fut chargé de commander Marseille (décembre) et fut envoyé à Nice. Commandant des places de Colmars et d’Entrevaux (20 juin 1794), puis de la place de Toulon, il fut destitué de son commandement par les représentants Guérin et Poultier (mai 1795), et ne fut pas compris dans la réorganisation de juin des Etats-majors. Retraité (mars 1796), il vécut ensuite à Morteau puis à Sens où il mourut le 23 novembre 1796.

Charles-Louis-Didier Songis aîné, fils d’un président du grenier à sel d’Arcis-sur-Aube et frère aîné du général Nicolas-Marie Songis, né à Troyes le 13 février 1752. Aspirant à l’école militaire de Sedan (1767), élève artilleur (1769), lieutenant en second au régiment d’artillerie ci-devant de Metz (1770). Il servit aux Antilles, de 1777 à 1785, lieutenant en 1er (1779), employé à la Martinique, il servit à la prise de la Dominique, à l’affaire de Sainte-Lucie, à la prise de Grenade et de Tobago. De retour en France, il fut détaché aux forges de Mézières (1786), chevalier de Saint-Louis (1787). Il servit à l’armée du Centre (1792), notamment à Grisoëlle, Valmy, Jemappes et au siège de Maestricht. Chef de bataillon (mars 1793), il servit à Neerwinden (18 mars). Chef de Brigade au 3ème régiment d’artillerie à pied (26 mars) puis sous-directeur du parc de l’armée de Belgique (5 avril). Commandant en second l’artillerie de l’armée du Nord (30 juillet), général de brigade et directeur de l’artillerie à Lille (août). Commandant en chef de l’artillerie de la 1ère division de l’armée du Nord, il servit au siège d’Ypres (juin 1794). Général de division, commandant l’artillerie à Lille (août), il fut nommé à l’armée des Côtes de Brest (juin 1795), mais ne rejoignit pas son poste. Commandant à Bruxelles la division de Belgique, puis commandant du département de l’Escaut (février 1796). Admis à la réforme (février 1797), chargé de l’inspection des bataillons auxiliaires dans la 21ème division militaire (août 1799). Employé au dépôt de conscrits de la 4ème division militaire (mars 1800), commandant à Courbevoie, le dépôt de conscrits de novembre 1800 à juin 1801. Admis à la retraite, il fut encore conservateur des forêts à Caen (20 juin). Officier de la Légion d’Honneur (23 avril 1821), en retraite de son poste de conservateur (1822), il mourut à Falaise, le 22 mars 1840.

Nicolas-Grégoire Aulmont de Verrières, né à Paris en 1746. Gendarme de la maison du Roi (1762). Elève artilleur (1765), lieutenant au 1er régiment d’artillerie de La Fère (1767), capitaine (1778), chevalier de Saint-Louis (avril 1790). Capitaine au 3ème régiment d’artillerie (1er novembre 1792). Il servit sous Aboville à l’armée de la Moselle. Chef de brigade d’artillerie (août 1793), général de brigade, il servit à Kaiserslautern (28 au 30 novembre). Destitué pour négligence par le représentant du Peuple Duquesnoy et mis en arrestation (18 mai 1794). Détenu à Longwy, il fut acquitté par un tribunal criminel de l’armée de Sambre-et-Meuse (5 juillet) et mis en liberté, puis relevé de sa suspension et mis en retraite (septembre). Il fut réintégré dans l’armée comme chef de brigade et employé à l’armée des Alpes et d’Italie (mars 1795). Il servit sous Dujard à la bataille de Loano (24 novembre). Il commanda l’artillerie au siège de Milan (juin 1796). Appelé par Bonaparte, il commanda l’artillerie des îles Ioniennes (novembre 1797). A nouveau général de brigade, à Corfou (septembre 1798), il servit au combat de Butrinto (18 octobre). Il fut assiégé dans Corfou et contraint de capituler avec le général Chabot (3 mars 1799). Employé comme commandant d’artillerie dans diverses divisions militaires de l’intérieur, il obtint on ne sait comment un sabre d’honneur. Armée de Réserve (août 1800), il commanda en second l’artillerie de l’armée des Grisons sous Macdonald (novembre). Il servit au passage de Splügen (27 novembre). Inspecteur d’artillerie (1802), commandant de la Légion d’Honneur (1804), Commandant l’artillerie du 8ème corps en Italie (janvier 1806). Puis à l’armée d’Italie où il servit sous Sorbier. Armée de Naples, il commanda la Basse-Silésie et la place de Glogau (décembre). Admis à la retraite (1809), chevalier de l’Empire (1810), puis baron (1812). Il commanda la place de Landau du 7 mai 1812 au 24 décembre 1814. Admis à la retraite dès le mois de janvier une seconde fois, il défendit Landau, jusqu’à la Restauration, puis il fut pour la troisième et dernière fois admis à la retraite (1er janvier 1815). Il mourut à Saint-Germain-en-Laye en novembre 1831.

Griois fait une description de lui dans ses mémoires : « Nous allions nous lever de table lorsque qu’arriva le général de Brigade Verrières en grand uniforme, il regrettait nous dit-il de n’avoir pas été admis à notre réunion. Ce général d’un âge avancé et qui avait dans l’artillerie une assez pauvre réputation, venait faire sa cour aux deux aides de camp de Bonaparte. On était peu flatté de sa visite. On le reçut assez mal, et il dut se repentir de s’être fourvoyé parmi des jeunes gens qui ne se souciaient pas de lui et que le champagne avait mis en gaîté. Mais il ne nous lâcha pas, il nous accompagne au Palais-Royal, et il entra avec plusieurs d’entre nous au bal du Prix Fixe, véritable bastringue entièrement composé de filles, où, à coup sûr, paraissait pour la première fois un général en grande tenue. La sotte figure qu’il faisait nous divertit beaucoup »[5]. Le petit neveu de Griois qui fait paraître ses mémoires en 1909, ajoute à propos de Verrières, qu’il s’agissait d’un homme bavard, mou et inconsistant.

Enrôlements dans le régiment, registre servant à l’inscription de ceux qui se dévouent à la défense de la Patrie dans la troupe de ligne sur la réquisition des généraux. Août 1792, Série H, 1 H archives municipales de Dijon :

François Poutet, de Maisaudant dans le département du Doubs, âgé de 45 ans, 5 pieds et 5 pouces, a déclaré vouloir servir dans le 3e régiment d’artillerie et ne savoir signer.

Article de Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Journal Militaire de 1793.

[3] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de Vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 45.

[4] Georges Six indique le 24 novembre, les papiers de la Chancellerie le 24 juin.

[5] Général Griois, Mémoires, p. 115.