35e division de gendarmerie à pied ou des vainqueurs de la Bastille

Formation : Formation de la division durant l’automne 1792.

 Historique :

 1792 :

 Elle ne comprenait qu’un seul bataillon de cinq compagnies de 110 hommes et une seule compagnie de canonniers forte de 55 hommes. Plus tard elle se composa de huit compagnies formant deux bataillons et deux compagnies de canonniers. Cette unité fut commandée par le lieutenant-colonel Rossignol et se composait des vainqueurs de la Bastille.

 1793 :

 Elle partit avec le général Santerre pour renforcer les troupes chargées d’éradiquer l’insurrection vendéenne. Santerre qui avait promis de réunir 100 000 hommes, en trouva seulement 1 500 pour partir affronter les paysans vendéens.

La légion sous le titre de 35ème division de cavalerie, se trouva  à Thouars sous les ordres du général Salomon. Cette colonne forte de 5 000 hommes se dirigea vers Saumur menacée par les Vendéens au début de juin. Les Vendéens confièrent (les auteurs ne sont pas d’accord) près de 8 000 hommes à Fleuriot, Boutillier ou Bonchamps. Ils interceptèrent cette division à Montreuil-Bellay. La division de gendarmerie était forte d’environ 500 hommes mais elle ne put se déployer, Salomon dut se contenter d’une longue fusillade qui au bout de quatre heures vit les munitions manquer aux bleus. Leurs six pièces de canon durent se taire. Les Vendéens tournèrent la position et vers minuit passé, ce mouvement fut consommé. Salomon ordonna la retraite, mais les charretiers, recrutés parmi les gens du pays, coupèrent les traits des chevaux et abandonnèrent canons et voitures. Les rebelles chargèrent et poursuivirent les bleus qui furent massacrés dans la nuit. Le général Rossignol grand fanfaron devant l’histoire estima que les blancs venaient de perdre 4 000 hommes contre 102 pertes dans les rangs républicains. Le mémorialiste Poirier de Beauvais du camp adverse proposa le chiffre de 4 000 hommes également mais pour les pertes bleues. La division Salomon dans tous les cas, et la 35ème division de gendarmerie ne demandèrent pas leurs restes… ils se débandèrent pèle mêle jusqu’à Thouars où ils arrivèrent en pleine panique[1].

 Fin juin, elle fut dans les rangs de la division de Niort, armée des Côtes de la Rochelle, forte de 490 hommes.

 1794 :

 Le 15 juin, la Convention décréta la réunion de cette division avec la 33ème pour former la nouvelle 32ème division de Gendarmerie.

Portraits :

 Jean-Antoine Rossignol dit Francoeur né à Paris en 1759. S’engagea volontaire au régiment Royal-Roussillon (1775). En congé (1783), il devint ouvrier-orfèvre et participa à la prise de la Bastille (14 juillet 1789). Fusilier dans la Garde nationale parisienne, puis sergent et enfin capitaine dans la 35ème division de gendarmerie des vainqueurs de la Bastille (août 1792). Lieutenant-colonel de cette division (9 avril 1793), il passa adjudant-général à l’armée des Côtes de la Rochelle (12 avril). Il fut toutefois mis en état d’arrestation à Saint-Maixent (juin) puis remis en liberté (4 juillet). Adjudant-général chef de brigade (10 juillet), général de brigade (12 juillet), général de division (15 juillet), il fut nommé commandant en chef de l’armée des Côtes de la Rochelle (24 juillet). Ascension incroyable si nous en jugeons par les piètres qualités de ce politicien sans-culotte. Sa carrière fut chaotique, il fut suspendu de ses fonctions par les représentants Bourdon de l’Oise et Goupilleau de Fontenay (22 août). Mais grâce à ses appuis, il fut de retour dès le 28 août et reprit son commandement le 31. Vainqueur à Doué et Thouars, il fut battu à Coron (18 septembre) et passa général en chef de l’armée des Côtes de Brest à la place de Canclaux (29 septembre). Le 11 novembre, il fut encore nommé commandant en chef de toutes les forces de l’Ouest, armée de l’Ouest, des Côtes de Brest, des Côtes de Cherbourg. Battu à Dol et Antrain durant la virée de Galerne, il fut rétrocédé au commandement de l’armée des Côtes de Brest (25 novembre). Il fut destitué par ordre du Comité de Salut Public (27 avril 1794) et finalement décrété d’arrestation (2 août). Il fut décrété d’accusation par la Convention à la suite de l’insurrection montagnarde et jacobine du 1er prairial (25 mai 1795). L’amnistie générale décrétée par la Convention avant sa séparation sauva sa tête, mais il fut encore décrété d’arrestation (11 mai 1796), comme complice de Babeuf mais acquitté. A la tête des citoyens du Faubourg Saint-Antoine, il prit part à la journée révolutionnaire du 18 fructidor (4 septembre 1797). Admis au traitement de réforme (2 juillet 1798), il demanda à se rendre auprès de Bonaparte mais ne put le rejoindre en Égypte, ayant toutefois gagné Naples. A nouveau décrété d’arrestation (16 septembre 1800) comme conspirateur, il reçut l’ordre de s’éloigner de la capitale à 40 lieues de celle-ci et il fut arrêté à nouveau (18 octobre) à Melun à la suite de l’attentat contre le 1er Consul (24 décembre). Déporté aux îles Seychelles (1801), il mourut dans l’île d’Anjouan, Comores le 29 mars 1802.

Article de Didier Davin et de Laurent B.

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[1] Emile Gabory, La Révolution et la Vendée, p. 172.