31e division de gendarmerie mixte

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31ème division de gendarmerie, document transmis par Jérôme Croyet

 

Formation :

 Elle fut formée des troupes du ci-devant régiment des Gardes françaises. Cette formation fit suite au désir de l’Assemblée nationale de débarrasser Paris de nombreux soldats débandés.

Le 16 juillet 1792, elle ordonna que les anciens gardes françaises, Cent Suisses, gardes des ports, gardes de Paris, Suisses des compagnies des princes et même soldats de la ligne qui servaient dans la Garde nationale de Paris devaient s’inscrire sur un registre ouvert durant 15 jours par la municipalité de Paris. C’est avec ces hommes que la 31ème division fut formée.

Elle se composa de deux bataillons à pied (huit compagnies au total) auxquels fut adjoint un escadron de cavalerie et deux compagnies de canonniers de 55 hommes.

Historique :

 1792 :

En novembre, le général Labourdonnaye attaqua à Pont Rouge, Commines et Warneton. Les commissaires aux armées à celle du Nord pourront écrivirent à propos des 31ème et 32ème divisions de gendarmerie :

« Les trois divisions de gendarmerie et leurs canonniers ont soutenu leur réputation des hommes du 14 juillet, bravoure et discipline telle a été leur conduite. Il est bien doux pour nous, après avoir porté des plaintes contre plusieurs individus de ce corps, d’avoir à le louer ».

 

Le 23 octobre, le citoyen Beaufort de Thorigny fut nommé chef de bataillon. La division combattit ensuite à Jemmapes (6 novembre), et s’enfonça en Belgique : Gand, Breda, Maëstricht.

Elle participa à la prise de Gand. Le 18 novembre, le maréchal de camp Chamorin prit alors le commandement des trois divisions de gendarmerie. Elles occupèrent la rive gauche de l’Escaut et Anvers tomba quelques jours plus tard.

1793 :

Elle se trouvait à Anvers au début de 1793. Dumouriez en était très mécontent. Il écrivit dans ses mémoires :

« il y avait à Anvers deux faibles bataillons de gendarmerie nationale d’environ 350 hommes chacun, la troupe la plus indisciplinée et détestable pour la guerre. Ces féroces janissaires nommaient eux même leurs officiers et commettaient tous les crimes. Cette gendarmerie était composée des anciens Gardes françaises ».

Elle combattit à Neerwinden (18 mars 1793). Elle servit ensuite en Vendée. Précédée par les gendarmes à cheval qui furent envoyés dès le 28 avril 1793. Elle se trouva peut-être aux deux batailles de Fontenay (16 et 24 mai). Le 9 août, les 29ème et 31ème divisions de gendarmerie (tout au moins ce qui restait dans la capitale) furent requises en prévision des évènements qui se déroulèrent le lendemain. C’est à dire la commémoration de la prise des Tuileries. La 29ème envoya des hommes se poster au Louvre et à la Conciergerie, la 31ème à la prison de l’Abbaye et le reste du escorter avec les trompettes, « le cortège ».

1794-1798 :

Le 19 avril 1794, le bataillon faisait partie de l’armée du Nord sous les ordres du général Pichegru, division du général Souham. Il comprenait 516 hommes. Le général Lamarlière à une date inconnue était content de la division lorsqu’à Menin 400 gendarmes participèrent à la défaite d’un corps hollandais. Hélas ils s’illustrèrent un peu plus tard par le pillage de Furnes.

Le 15 juin 1794, la Convention décréta la réunion de cette division avec la 30ème pour former la nouvelle 30ème division de gendarmerie. En juillet, 400 hommes de la 31ème  division étaient encore à la division Souham.  Le 10 fructidor an 3,  la 31ème division était en activité à l’armée de Sambre et Meuse.

Embrigadement/Amalgame :

 1ère formation :

 Néant.

2ème formation :

D’après Belhomme, la 77ème demi-brigade de ligne fut formée, le 17 janvier 1799, à Rennes avec les deux bataillons de la demi-brigade étrangère, un bataillon de la 31ème division de gendarmerie et des détachements de la 52ème de ligne et de la 13ème légère de seconde formation.

D’après Belhomme, la 82ème demi-brigade de ligne fut formée à Rennes, le 12 février 1799, avec le 2ème bataillon de la 141ème demi-brigade de bataille, un bataillon de la 31ème division de gendarmerie, et les 2ème et 3ème bataillons de la 28ème demi-brigade légère qui n’eut plus qu’un seul bataillon, le 1er.

D’après Belhomme, la 19ème demi-brigade légère de seconde formation fut formée à Rennes, le 11 mars 1799, avec des détachements des 3ème et 6ème demi-brigades légères de seconde formation, les restes de la 31ème division de gendarmerie et la demi-brigade étrangère.

 

Portraits :

Jean-Baptiste Beaufol dit Beaufort de Thorigny, né à Paris en 1761. Soldat au régiment ci-devant de Languedoc (1777). Il servit dans le régiment de dragons d’Orléans, (16ème de l’arme en 1791) (1778). Garde nationale soldée de Paris, 4ème division, compagnie Demongé (octobre 1789). Adjudant sous-officier à la 31ème division de gendarmerie (août 1792). Il servit à l’armée du Nord (octobre). Adjudant-général chef de bataillon nommé par Beurnonville (23 octobre), blessé de deux coups de sabre l’un à la tête, l’autre au cou à la bataille de Jemappes (6 novembre). Il servit aux sièges de Gand, Bréda et Gertruydenberg, puis à la bataille de Neerwinden (18 mars 1793). Il servit à la bataille de Tourcoing, où il fut blessé d’un coup de sabre à la main gauche, d’un autre à l’œil et d’un coup de feu au bras droit (18 mai). Il servit à la retraite du camp de César, puis il fut envoyé à Orléans avec le grade de général de brigade (18 août). Général de division provisoire nommé à Orléans par le représentant Laplanche (14 octobre), il commanda l’arrondissement de Mortain et l’armée des Côtes de Cherbourg par intérim (15 novembre). Il fut blessé d’un coup de feu à la main droite à l’affaire de La Pellerine, le même jour, il commanda ensuite à Rennes. Il fit prisonnier le prince de Talmont (2 janvier 1794), détruit la bande de François Cottereau dans la forêt du Pertre, puis il fut vainqueur de Puisaye et des chouans à Liffré. Commandant la division militaire de Rouen, il fut confirmé général de brigade et envoyé à l’armée des Pyrénées-Orientales (août). Il commanda la 1ère brigade de la division Augereau et fut blessé (19 septembre). Il servit à la bataille de la Montagne Noire, (17 novembre) et commanda la 2ème division de Pérignon à la mort de Dugommier. Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite à la reconnaissance de Bascara (1er mars 1795). Autorisé à prendre sa retraite (septembre), il fut toutefois envoyé à l’armée du Nord, comme commandant de la place d’Ypres, dès le 12 octobre, puis à Ostende. Employé à la 16ème division militaire entre 1796 et 1798, il fut réformé (1801), et un court moment remis en activité (1809). Il fut fait chevalier de Saint-Louis (1815), s’engagea dans les volontaires royaux en mars et obtint une retraite (1816). Il mourut à Corbeil dans la Seine-et-Oise en 1825.

 

Charles-Louis Girault, originaire de Paris, d’abord soldat au régiment ci-devant de la Guadeloupe de 1782 à 1790, volontaire dans la Garde parisienne soldée entre 1790 et 1791. S’engagea à 25 ans dans le 3ème bataillon de Paris (20 janvier 1792). Se retira dès le 1er décembre, mais reprit du service dans la 36ème division de gendarmerie (1er mai 1793), maréchal des logis chef (6 mai), adjudant-major capitaine (26 mai), adjoint aux adjudants-généraux (3 octobre), il rentra à la 36ème division (18 août 1794). Capitaine à la suite de la 31ème division de gendarmerie (1er décembre 1794), il passa à la 49ème demi-brigade de ligne (1796). Adjoint aux états-majors (1799), réformé en 1808.

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Article de Didier Davin et Laurent B. , iconographie Jérôme Croyet