2e corps hussards de la Liberté

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2ème corps des hussards de la Liberté, puis 8ème puis 9ème régiment de hussards :

 

Article modifié de Didier Davin paru dans un numéro du Bivouac de 2001.

 

Date de formation : 2 septembre 1792.

Filiation : 2ème corps des hussards de la Liberté, puis 8ème régiment de hussards, puis au 4 juin 1793, 9ème régiment de hussards.

Le 2 septembre 1792, création d’un corps dénommé les hussards de la Liberté sous le commandement du citoyen Dumont (2ème corps des hussards de la liberté). L’unité se rebella contre son chef en février 1793. L’unité était quasiment nue et désarmée lors d’une inspection diligentée le 27 février 1793, par le général Dumouriez. Dumont fut destitué et l’unique escadron de ce corps dissout le 22 mars. Les restes de cette unité furent à l’origine de la création d’un nouveau régiment.

Historique :

 1792 :

Son décret de formation parut en même temps que celui du 1er corps, le 2 septembre 1792. Il s’organisa à Lille, Beauvais et Paris. En novembre aux ordres du citoyen Levasseur-Dumont un fameux coquin trafiquant de fournitures qui vendait des brevets d’officiers aux plus offrant, le régiment fut bien loin d’être en mesure de prendre les armes. Il était dans un état déplorable hors d’état d’entrer en campagne pour intégrer l’armée du Nord de Dumouriez. Les étendards étaient de fond blanc, avec au centre le chiffre 8 car il porta pendant un temps le numéro 8 de l’arme, entouré d’une couronne de feuillage. En haut un ruban portant la divise : Discipline/Obéissance/A la Loi, en bas un ruban portant la mention, Hussards de la République. Dans les angles quatre macarons rouge et bleu, portant des feuillages, un bonnet phrygien et un ruban où étaient inscrits, en haut à gauche Liberté, en haut à droite Ou La Mort, en bas à gauche Citoyens et en bas à droite Incorruptibles. D’après P. Charrié, ces étendards restèrent en service au 9ème de hussards jusqu’en 1796.

 1793 :

Le 1er escadron du 8ème de hussards « dit de la République » quitta Paris le 5 octobre 1793, pour Douai. Dumouriez destitua Dumont en février et le remplaça par l’un de ses aides de camp, le chef de brigade Morgan. En mars, le corps de hussards connue à l’armée de Belgique comme Hussards de la Liberté forma un 10ème régiment de hussards. En mai 1793, le comité de la guerre réincorpora des hommes licenciés par Dumouriez. Finalement, le régiment fut renuméroté 9ème régiment de hussards suite à la suppression du numéro 4, ci-devant de Saxe qui avait émigré en grande partie en mai 1792.

Une certaine agitation régnait dans ses rangs comme l’indique un décret de la Convention Nationale du 29 juin 1793 :

« Art I, l’exécution du décret du 3 mai dernier concernant les officiers et sous-officiers des hussards composant les trois premières compagnies du ci-devant dixième et actuellement neuvième régiment des hussards, dit de la Liberté, demeure suspendue, jusqu’à ce qu’il ait été statué par les tribunaux militaires, sur les causes de la destitution et licenciement des 45 hommes, officiers, sous-officiers des hussards dudit régiment. Art II, en conséquence, le ministre de la guerre demeurera chargé de faire juger incessamment par les tribunaux militaires, les causes et motifs de cette destitution. Art III, les recrues faites par les 45 hommes, et qui sont avec eux à l’Isle-Adam, rejoindront ledit régiment, et y seront incorporés pour y servir en qualité de hussards du neuvième régiment. Art IV, Jusqu’au jugement définitif, le ministre de la guerre demeure autorisé à tenir lesdits 45 hommes, soit à l’Isle d’Adam, soit dans tous autres lieux, et à leur continuer leur paie, conformément à la solde du régiment et au grade de chacun d’eux ».

Il fut bientôt complété par un second décret en date du 29 frimaire an 2 :

« Sur la proposition du comité de la guerre, la Convention Nationale rapporte le décret du 29 juin, qui suspend l’exécution de celui du 3 mai, relatif aux trois compagnies des hussards de la Liberté, licenciés arbitrairement par Dumouriez. Elle décrète que la loi du 3 mai, qui réintègre ces trois compagnies, sera exécutée sur le champ »[1]

 

Uniforme :

La première tenue portée à la fin de 1792, est décrite par un bordereau administratif : Habit bleu de Prusse, court à la Hussarde orné de tresses (cordonnets) jaunes (entourant quatre rangs de boutons jaunes) collet et parements rouges, doublure rouge, Gilet rouge à trois rangs de boutons (sans tresse), culotte bleue de Prusse galonnée de jaune, bottes noires à galons et glands jaunes. Bonnet à la hussarde noir, sommet du bonnet en drap rouge, à sa base inscrit en rouge La Liberté ou La Mort, ceinturon noir. Cette tenue a été vue en Belgique à la fin de 1792 par Gregorius qui a illustré le journal d’un bourgeois de Bruges : Jean-Baptiste Copieters sous le titre « Hussard de la République ». Seule différence notable l’absence d’inscription sur le bonnet et les passepoils rouges à la culotte au lieu de jaunes. Nous pouvons compléter la description par une cravate blanche, la doublure rouge de l’habit retroussée sur les hanches, une flamme noire passepoilée de jaune au bonnet et un cordon et glands jaunes, sabre à poignée cuivre, monture à trois branches, fourreau noir à embout cuivre.

En décembre 1792, les hommes commencèrent à toucher une pelisse bleue céleste à tresses et boutons jaunes, fourrure noire ou grise et une sabretache. Ils ont parfois été représentés portant la pelisse par-dessus leur habit (Titeux) avec des basques trop longues, or l’habit était très nettement court. Ils la portaient vraisemblablement simplement sur leur gilet. L’habit fut remplacé par un dolman plus classique dans le courant de 1793. Et la couleur de fond devint entièrement bleu céleste pour la pelisse, la culotte et le dolman. Le dolman devint à collet et parements bleu céleste vers 1795. La sabretache dont le motif reste ignoré ; vraisemblablement un arbre de la Liberté ; était suspendue par deux bélières comme un dessin d’époque le précisa un an plus tard (dessin de Hauck en 1794, Hollande).

Chefs de brigade[2] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Ducheyron,

En janvier 1801 : chef de brigade Etienne Guyot.

Portraits :

François Badouaille, né à Saint-Sulpice-le-Dunois dans la Creuse, engagé à 23 ans au 1er bataillon de Paris, il devint canonnier à sa formation (21 juillet 1791). Il passa au 9ème régiment de hussards (1er janvier 1793), maréchal des logis, puis commissaire du dépôt général de cavalerie de Besançon (1794). Il prit deux pièces de canon et un obusier et tua quatre canonniers qui mettaient le feu à cette dernière pièce à l’affaire de Linselles (18 août 1793). Il fut blessé à Menin (22 octobre) de plusieurs coups de sabre en combattant contre les chevau-légers de Kalkreuth, dont il fit quatre prisonniers, il fut ensuite admis aux Invalides en 1796.

Louis-Marie-Elzéar Baud, originaire de Paris, âgé de 14 ans au moment de son enrôlement dans le 2ème bataillon de Paris. Démissionnaire (décembre 1792), réquisitionnaire au 11ème bataillon de Paris (1793), maréchal des logis au 9ème régiment de Hussards (1798), congédié (1802). Chef de Bureau à l’administration générale des Postes en 1835[3].

Amé-Jean-François-Auguste Berger, originaire de Thionville, enrôlé à 18 ans, au 3e bataillon de Paris (18 juillet 1791), retiré (1er décembre 1792), employé dans le train d’artillerie de l’armée de Moselle, capitaine au 9e hussards, aide de camp du général Brune (1793), aide de camp du général Vezu (1795), chef d’escadron (avril 1796), commandant en chef l’école d’équitation de Versailles (septembre), chef de dépôt de remontes à Colmar (1798), employé à la formation des bataillons auxiliaires (1799), sous-inspecteur aux revues (1800), employé aux armées des Grisons et du Rhin, puis aux camps de Brest et de Boulogne (1803-1805), chevalier de la Légion d’honneur (1805), inspecteur aux revues (1811), employé à la Grande Armée (1812-1813), officier de la Légion d’honneur et chevalier de Saint-Louis (1814), intendant de l’Ecole militaire (1815), inspecteur aux revues de la cavalerie de la garde royale (1816), baron (12 février 1817), et autorisé à porter le nom de Berger de Castellan, intendant militaire (15 septembre), chef de la garde royale, commandant de la Légion d’honneur (1820), admis à la retraite avec le grade de lieutenant-général (1830), il mourut à Vaux, Seine-et-Oise le 1er janvier 1855.

Antoine-Constant Brancas, né à Paris vers 1764, fils du futur duc de Lauraguais et de Sophie Arnould. Grenadier, caporal puis sergent au bataillon des Jacobins-Saint-Honoré de la Garde nationale parisienne. Volontaire au 1er de Paris, puis sous-lieutenant au 104ème d’infanterie (22 janvier 1792). Adjudant-général à l’armée du Nord (1793), blessé à Neerwinden, capitaine au 5ème de hussards (1795), chef d’escadron au 9ème de hussards (1797), major du 7ème de hussards (1803), il reçut la Légion d’honneur (1804), colonel du 11ème régiment de cuirassiers (1806), officier de la Légion d’honneur (1807), il fut tué à la bataille d’Essling en 1809.

Descrivieux, engagé au 9ème régiment de hussards en 1803. Sous-lieutenant (1809), lieutenant (1813), lieutenant adjudant-major au 1er régiment de cuirassiers (20 novembre 1816). Passa au 2ème régiment de cuirassiers de la garde royale (22 novembre 1828). Chevalier de la Légion d’honneur (17 juillet 1809). Blessé d’un coup de feu à la tête (24 décembre 1810). Blessé d’un coup de feu au bras (22 mai 1811). Blessé d’un coup de baïonnette au bas-ventre (14 juin). Le 13 mai 1809, il chargea dans un faubourg de Vienne un bataillon d’infanterie, fit mettre bas les armes à plus de 200 hommes et les ramena auprès du maréchal Lannes.

Philippe-Christophe baron De la Motte-Guéry, né à Nancy en 1769, lieutenant aide de camp (3 novembre 1792), capitaine au 8ème régiment de hussards (9 janvier 1793), puis chef d’escadron au même régiment (1794). Chef d’Escadron au 12ème régiment de cavalerie (29 août 1799), major (29 octobre 1803), colonel en second (31 mars 1809). Colonel du 5ème régiment de cuirassiers (7 septembre 1811), colonel aux cuirassiers du Roi (11 mai 1814). Chevalier de la Légion d’honneur (20 mars 1804), officier de l’Ordre (11 octobre 1812), puis commandeur (29 juillet 1814). Créé baron de l’Empire, le 28 septembre 1813. Au passage du Rhin le 21 avril 1797, il chargea à Anspach les cuirassiers ennemis avec 200 hommes, les culbuta et s’empara d’une colonne d’équipages et de chevaux de main ainsi que des fourgons du général Klinghin. Aux affaires des 1er, 2 et 3 décembre 1800, il contribua par la sagesse de ses manœuvres au succès de la bataille de Hohenlinden, dégagea un régiment de chasseurs poursuivi par l’ennemi et enveloppa un régiment de dragons autrichiens dont 150 furent tués ou blessés. Prisonnier par les insurgés espagnols et interné à bord du ponton La Castille, dans la baie de Cadix avec 1 500 hommes et 600 officiers, il s’échappa le 16 mai 1810 après une révolte suivie d’un sanglant combat et parvint à rejoindre la flotte française qui était en vue[4].

 sehri

[1] Journal Militaire de 1793, tome 2, pages 277 et 278.

[2] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 44.

[3] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 268.

[4] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 283.