28e régiment d’infanterie Maine

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Le 28ème régiment d’infanterie ci-devant Maine :

 

Ouvrage de Référence : Emile Simond, Le 28ème de ligne, Rouen 1889.

Historique :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à  Bastia en Corse. En juin 1791, le régiment fut envoyé à Draguignan puis à Arles avant de revenir au mois de décembre à Draguignan où il se trouvait toujours au 1er janvier 1792. Effectif de 980 hommes. Le 1er bataillon quitta Draguignan en avril pour se rendre à Monaco. Le 2ème bataillon quitta à la même date Grasse pour se rendre à Antibes. Presque tous les officiers du régiment émigrèrent et s’enfuirent durant les mois de juin à septembre 1792.

 1792 :

 Le 1er bataillon était à Monaco et prit une part active à la conquête du comté de Nice sous Anselme. Le bataillon était donc à l’armée du Midi et fut placé dans la 2ème division de l’armée sous les ordres du maréchal de camp Dumerbion. Au mois d’août, le 1er bataillon fut placé à la 1ère ligne sous les ordres du maréchal de camp Brunet. Cet officier commanda en septembre, une brigade composée du 1er bataillon du 28ème et du 1er bataillon du 51ème. Le 28 septembre, alors que d’Anselme entrait dans Nice, Brunet somma le fort de Montalban de capituler. Gachard qui commandait la garnison piémontaise laissa la place et le 29 septembre, le bataillon prit également la forteresse de Villefranche. Le maréchal de camp Brunet s’empara encore de Sospello le 3 novembre à la tête d’environ 2 000 hommes, mais les opérations furent bientôt stoppées par l’hiver. Le 1er bataillon fort de 530 hommes, cantonna à Sospello.

 L’armée du Midi prit le nom de l’armée du Var où il fit partie avec le 2ème bataillon de la 2ème division du général Dumerbion. Le 1er bataillon de chaque régiment ayant été institué « bataillon de guerre », les deux compagnies de grenadiers suivirent le 1er bataillon. Le 15 décembre, il rejoignit le 2ème bataillon à Nice et fut cantonné dans cette ville à Esa et Turbiglia. Le régiment fut renforcé par de nouvelles recrues et se trouva porté à 1 424 hommes. Au début de l’hiver, le général Biron commandant de l’armée du Rhin vint prendre le commandement de l’armée du Var désormais dénommée armée d’Italie. Biron prépara une offensive, du moins une expédition limitée sur la Vésubia. Le général Brunet ayant sous ses ordres le général Dagobert commandant de l’avant-garde se trouva chargé de l’opération.

1793 :

 Le 27 février, les troupes furent rassemblées à Colla-Bassa, les ennemis défendant le col Nègre. Les Français cherchèrent à les en déloger, ils firent monter de l’artillerie sur les hauteurs opposées. Deux colonnes d’assaut se mirent en route, la 1ère comprenait les deux compagnies de grenadiers du 28ème régiment d’infanterie et des chasseurs corses, elle attaqua le flanc gauche, la seconde colonne composée de compagnies du 91ème régiment se dirigea du côté opposée opérant une diversion. Les deux colonnes surmontèrent les obstacles, bousculant les défenseurs, des miliciens piémontais. Les Français les poursuivirent par des chemins escarpés et dangereux, plusieurs chevaux et deux mulets se tuèrent en tombant. Le passage fut barré, les miliciens défendirent une forte position, ils avaient amoncelés des pierres afin de les précipiter sur les Français, le passage fut impossible, la position était trop forte. Les Français battirent en retraite et bivouaquèrent à Saint-Colomban.

 Le lendemain, 28 février, l’attaque fut renouvelée, une diversion fut faite sur Bolena et le défilé de Lantosca défendu par les piémontais fut abandonné, le général Brunet s’y engouffra et passa dans le vallon de Saint-Estève se trouvant devant le col de Porsas. Les grenadiers du 28ème régiment passèrent à la colonne d’avant-garde de Dagobert. Avec les grenadiers de l’Hérault, ils furent envoyés sur des hauteurs à droite de la position ennemie pour nettoyer les crêtes jusqu’à Saint-Arnould. Les hauteurs furent en effet nettoyées et les Français bivouaquèrent sur les crêtes de Saint-Arnould. Le 1er mars, deux bataillons et les grenadiers du 28ème entrèrent finalement dans Lantosca où ils trouvèrent des vivres, les Piémontais se replièrent sur Bolena et Belvédère, protégeant le col de Tende, mais le 2 mars les Français les repoussèrent à nouveau et entrèrent dans Belvédère. Au total les Français perdirent 20 hommes tués, 50 blessés, 21 prisonniers mais l’ennemi fut repoussé, perdant également 150 tués ou blessés et 130 prisonniers[1]. Le 5 mars, le régiment était à l’armée d’Italie dans les troupes de réserve, et se trouva fort de 1 366 hommes[2].

 Il ne s’agit toutefois que d’un léger succès, les deux compagnies du 28ème d’infanterie participèrent encore au combat du Moulinet, les 9 et 13 mars. Elles occupèrent le village du même nom, mais le 9 furent attaqués par l’ennemi et durent céder le terrain et se replier, le caporal-fourrier Dupin s’étant blessé dans une chute ne pouvait suivre le rythme rapide de la retraite. Resté en arrière, il fut pris à partie par deux soldats ennemis, mais les fit bientôt prisonniers et les ramena dans les rangs français. Le 12 mars, le général Brunet contre-attaqua avec les grenadiers du 28ème régiment et du 70ème régiment d’infanterie. La colonne bivouaqua au soir non loin du village qu’elle assaillit le lendemain. Les 600 Austro-piémontais qui défendaient le village furent repoussés à leur tour, les Français eurent 8 tués, plus de 15 blessés dont 3 officiers[3].

 Le 28 mars, les deux bataillons du 28ème, s’illustrèrent à la défense du camp de Braons. Malgré la neige tombait, l’ennemi s’approcha à la faveur du mauvais temps du camp qu’il tenta d’enlever sur le coup des trois heures du matin. Bien gardés, les Français ne se laissèrent pas surprendre et repoussa l’ennemi avec perte, à cette occasion le grenadier Bussot s’empara de deux prisonniers en les saisissant tous deux au même moment par le collet[4]. Les deux bataillons restèrent ensuite en garnison dans ce camp ne comptant plus au 1er avril qu’un effectif de 681 hommes présents sous les drapeaux, beaucoup d’hommes étaient probablement dans les hôpitaux, sans compter les postes et les deux compagnies de grenadiers détachées à l’avant-garde. Le 28ème fit alors partie de la division du général Brunet, les Austro-piémontais occupant Sospello et faisant de nombreuses sorties pour s’attaquer aux postes et aux camps français. Les 17 et 19 avril, le régiment se trouva aux combats autour du col de Perus. Il comptait 735 hommes et participa à la prise de Sospello et du Mont Agaisen. La division Brunet s’attaqua ensuite au camp retranché piémontais défendant la position du col de Perus, fort d’environ 1 500 défenseurs[5]. L’ennemi fut mis en déroute le 17 perdant environ 200 hommes et 20 prisonniers, abandonnant vivres et matériels. Mais le 19 avril, les Piémontais ne tardèrent pas à revenir en force en trois colonnes d’attaque qui commencèrent l’assaut vers midi. La défense fut assurée par les grenadiers du 11ème, 28ème, 42ème et ceux du 91ème régiment et par des compagnies de fusiliers du 28ème. Les Sardes furent mis en complète déroute et poursuivis par les Français durant trois heures, perdant 100 hommes blessés ou tués et 20 nouveaux prisonniers, le capitaine Martin du 28ème, fut signalé pour sa bravoure dans ce combat. Les 1er et 2ème bataillons du 28ème furent ensuite à nouveau dévolus à la défense du camp de Braons. Le 1er mai, ils comptaient un effectif total de 1 366 hommes.

 Au mois de juin, la campagne se poursuivit, le 7, le régiment était fort de 1 177 hommes. Il participa à l’offensive du général Brunet destinée à tenter de repousser les Austro-piémontais des Alpes. Le 8 juin, les Français s’avancèrent sur plusieurs colonnes vers les hauteurs de Pietra-Cava sur la Bevera et la Roya. Le 28ème fut placé sous les ordres du général Mieskowsky commandant la 2ème colonne de droite. Lui-même divisa ses forces en trois colonnes dont l’une fut confiée au chef de bataillon Martin avec le 28ème d’infanterie. Elle se porta rapidement vers le col de Lignières et emporta à la baïonnette la position ennemie. Les Piémontais laissaient 200 morts et blessés, 150 prisonniers, deux canons et leurs bagages et effets de campement. Une fois encore les compagnies de grenadiers du 28ème furent citées et le chef de bataillon Martin s’illustra à nouveau par sa bravoure et fut blessé. Le Quartier-maître Castaing et le sous-lieutenant Gentilhomme furent tués durant l’attaque. Le même jour, le général Dumerbion s’emparait du camp de Perus et le 10 juin, Brunet occupa le camp de Brouis abandonné[6]. Le 12 juin, Brunet tenta de pousser son avantage et de s’emparer du camp piémontais de Raous établi sur les routes de Bolena à Saorgio. Divisés en cinq colonnes, les Français passèrent à l’attaque. Le 28ème régiment sorti du camp de Braous était à la 2ème colonne sous le commandement du colonel Lecointe du 50ème régiment. Le combat fut âpre, les cinq colonnes se brisèrent avec des pertes sur les défenses ennemies. Ce jour-là, les Français ne purent vaincre, le capitaine Pelletier du 28ème eut une la pommette de la joue droite emportée par un coup de feu. Après la retraite, les 1er et 2ème bataillons furent disposés aux camps de Braous et de Brouis, éprouvés par les combats, ils ne comptaient plus que 966 hommes le 28 juin. Renforcé, le régiment fut porté à 1 233 hommes, 609 étaient présents de Brouis et 324 au camp de Breglio. Le régiment resta au repos. Alors que le 2ème bataillon fut dirigé à l’armée de Toulon, le 1er bataillon resta à l’armée d’Italie, le 1er septembre, il compta encore 416 hommes à Levenso et 306 à Breglio[7].

 En septembre, le roi Victor-Amédée qui avait rejoint son armée ordonna une offensive générale, l’initiative avait changé de camp, les français furent en fâcheuse posture, Toulon s’était livré aux Anglais, la France était en pleine guerre civile, la Vendée et l’Ouest étaient en flammes depuis six mois, Lyon était également en pleine révolte. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, le duc d’Aoste attaqua la gauche française qu’il força à la retraite, le général Serurier abandonna Lantosca, quelques compagnies s’accrochèrent encore à Utelle. Le 1er bataillon du 28ème régiment défendit avec acharnement sa position de Levenso, le 2ème bataillon du 50ème de ligne l’épaule en défendant celle de Saint-Arnould. Sur toute la ligne, les sardes furent repoussés et perdirent 100 tués et 300 prisonniers pour seulement 20 pertes et 43 blessés chez les Français. Ailleurs, les Piémontais avaient aussi échoué sur Breglio et Sospello. L’hiver paralysa rapidement les opérations, le 1er bataillon se maintint sur sa position de Levenso et Breglio poste d’avant-garde. Le 28 septembre, il comptait encore 341 hommes à Levenso et 208 à Breglio[8].

 Les Piémontais toutefois n’en restèrent pas là, ils tentèrent à nouveau de percer la ligne française pour tendre la main à Toulon et le général Wins à la tête de 8 000 Austro-sardes passa le Var et s’avança sur Revest au confluent de la Tinea et du Var. Les 18 et 19 octobre, les combats se concentrèrent autour de Gillette, position clef défendue par les Français. Le général de brigade Dugommier, commandant l’aile gauche de l’armée d’Italie, accourra à marche forcée d’Utelle, en parcourant de nuit sept lieues. Le chef de bataillon Martin marchant de Broc sur Gillette surprit l’ennemi dans le village de Roque, qu’il était occupé à piller. Les pillards furent repoussés et Martin délivra une compagnie du 1er bataillon enfermée dans un vieux château près du village. Il fit 88 prisonniers. Le général Wins toutefois continua son mouvement offensif et attaqua Gillette défendu par le 1er bataillon du 28ème et des bataillons des 11ème, 50ème et 91ème régiments d’infanterie. Wins ne put progresser, son attaque fut enrayée. Le 19 octobre, les Français les attaquèrent et le capitaine Para ayant sous ses ordres les chasseurs des 28ème et 50ème régiments sauta le premier dans une redoute piémontaise dont il s’empara, secondé par le lieutenant Charton qui y fût blessé d’un coup de feu, mais aussi par le lieutenant Scherwing et le sergent Laurent, tous cités pour leurs actions. Ailleurs le capitaine Guillot toujours du 28ème et ayant sous ses ordres les chasseurs des 11ème et 91ème régiments emportèrent également plusieurs retranchements ennemis, recevant lui aussi une blessure. Le sergent-major Gaspard Eberlé, voyant tous les officiers de sa compagnie blessés, en prit le commandement, tua un soldat ennemi qui portait une capote d’officier et s’en revêtit et s’avança avec sa maigre troupe devant une redoute occupée par 300 austro-sardes. Eberlé, Alsacien, somma en langue allemande le commandant ennemi de se rendre. Trompé par la capote, l’officier autrichien n’eut pas le temps de se rendre compte de sa méprise et fut fait prisonnier avec son détachement. Eberlé fut nommé chef de bataillon le 3 novembre et adjudant-général chef de brigade le 21. La position de Gillette resta aux mains des Français, les Austro-sardes avaient perdus 400 hommes tués ou blessés, sans compter environ 700 prisonniers et deux canons.

 Mais les Piémontais ne lâchèrent pas si facile prise, après la bataille de Gillette, les Austro-sardes s’attaquèrent, le 22 octobre, à Utelle où était revenu en toute hâte le général Dugommier. Le poste d’Utelle fut attaqué par une force estimée à 5 000 hommes. A la faveur d’un épais brouillard, les ennemis purent s’approcher des avant-postes qui furent surpris et égorgés, mais la grand ‘garde eut le temps de faire une décharge qui ayant avertie le gros des troupes françaises, purent se mettre en état de défense. Les Français en mauvaise posture se retirèrent sur Utelle, laissant seul un unique poste, celui de la Madone érigé sur un pic élevé encerclé par les ennemis. Dugommier à la tête du 1er bataillon du 28ème régiment, des bataillons des 42ème et 91ème régiments et de quelques compagnies du 3ème bataillon de chasseurs purent se mettre en défense. 600 hommes furent placés à la défense d’un défilé, 200 autres furent dépêchés au secours du poste de la Madone avec ordre de ne pas tirer un seul coup de fusil et d’aborder l’ennemi par surprise à la baïonnette. Le capitaine Pelletier du 28ème d’infanterie fut de ce détachement et se distingua à nouveau lors de ce combat. Les Piémontais commirent l’erreur d’attendre le jour pour continuer leur attaque, ce qui permit aux Français d’organiser la défense du défilé, de surprendre leur avancée et de les accabler dans cette position. Le capitaine Guillot bien que blessé était resté à la tête de sa compagnie et montra à nouveau beaucoup de bravoure et de fermeté. Pelletier secondé par le lieutenant Scherwing et le sergent-major Laurent enfonça les piémontais qui furent chassé des hauteurs de la Madone et précipités dans le vide, ils perdirent environ une centaine d’hommes tant tués, blessés que prisonniers, l’attaque piémontaise avait encore une fois échouée.

 Le général Masséna, ayant remplacé Dugommier, s’empressa de préparer une attaque contre eux. Depuis leur échec devant Utelle, ils avaient abandonné le poste de la Torre mais avaient gardé celui de Castel-Gineste d’où ils menaçaient encore directement Utelle. A la tête de 500 hommes d’élite, parmi lesquels 200 du 28ème régiment d’infanterie, il partit le 14 novembre à la pointe du jour pour tourner la position par la droite, seul point possible d’attaque. Les avant-postes ennemis furent surpris et enlevés, la position après deux heures de combat fut prise d’assaut à la baïonnette. Masséna souhaitant pousser son avantage les poursuivit à travers des sentiers de chèvres, les rochers et les précipices. Une pièce de 4 fut poussée par les soldats, les officiers et le général lui-même. Après six heures d’effort, le canon fut enfin hissé et mis en batterie, le plateau du Brec fut gravi au pas de charge, l’ennemi n’opposant quasiment aucune résistance, 60 furent faits prisonniers, des vivres et plusieurs canons pris.

1794 :

 Durant l’hiver le 1er bataillon et les deux compagnies de grenadiers restèrent au cantonnement de Levenso, l’effectif du bataillon n’était plus que de 391 hommes plus quelques détachements, les compagnies furent toutes réunies à Utelle au mois de janvier. Il fut ensuite dirigé à l’armée des Pyrénées-Orientales et placé dans la brigade du général Guillot ancien officier du régiment comme nous l’avons vu.

 Le 29 janvier, le 1er bataillon du 28ème fut d’abord mis à disposition de la division Sauret, aile gauche de l’armée des Pyrénées-Orientales. Il servit à en composer l’avant-garde avec deux bataillons de chasseurs à pied et le 1er régiment de hussards. Cette avant-garde commandée par le général de brigade Guillot commença par occuper Elne et l’armée ne changea pas de position jusqu’au mois de mars. Le 19 février, le bataillon avait été renforcé et porté à 864 hommes. Il en comptait seulement 758 dès le 19 avril. Durant la campagne le bataillon fit le service de l’infanterie légère. Le 27 mars, l’armée entra en campagne après les mois d’inactions de l’hiver. La droite de l’armée se trouvait sur les hauteurs de Monestier et du Mas d’Eu, le centre en avant de Bages et la gauche à Elne et à Ortaffa. Durant le mois d’avril s’illustra particulièrement le fusilier Baudrier du 1er bataillon du 28ème. Le 1er régiment de hussards ayant surpris un poste ennemi le sabrait et Baudrier assistait à la scène de loin avec quelques camarades mais il aperçut trois espagnols qui avaient échappé fuyant sur la rive opposée du Tech. Il se mit à leur poursuite, atteignit le premier qu’il tira par les cheveux et tua d’un coup de baïonnette puis abattit le second d’un coup de fusil et courut après le dernier qu’il rattrapa et assomma à coup de crosse[9].

 Les Espagnols furent rapidement inquiétés, les Français avaient reçu des renforts en provenance de l’armée d’Italie, de Toulon, des Alpes et de la Vendée, troupes qui avaient été libérées par les victoires. Ils furent rapidement contraints de se limiter à rester sur la défensive dans leurs camps retranchés garnis d’artillerie. Dans la nuit du 29 au 30 avril, les divisions de gauche et du centre passèrent le Tech, au gué d’Ortaffa et à celui de Brouilla. La division de gauche fut chargée de maintenir le corps de 7 000 Espagnols commandé par le général Navarro et qui occupait Argelès, Collioure et Port-Vendres. Pendant ce temps se déroulait la bataille du Boulou, le 1er mai. L’armée espagnole du général comte de la Union était totalement vaincue. Suite à cette bataille, la division de gauche et deux brigades de celle du Centre furent chargés du blocus de la place de Collioure. La brigade de Guillot s’empara dans la nuit du 2 mai, du Puig-de-las-Daynas, poste important dominant par ses hauteurs le fort de Saint-Elme. La garnison était forte des 7 000 hommes de Navarro et pouvant de plus être secourue par voie de mer. La préparation du siège fut longue, les Espagnols tentèrent d’en déranger le déroulement. Le 8 mai, les grenadiers du 28ème en garde d’une batterie à peine achevée, furent assaillis par une partie de la garnison mais purent résister assez longtemps pour permettre aux renforts d’accourir, repoussant ainsi l’assaut.

 Une autre sortie eut lieu le 16 mai, sortie combinée par les garnisons des places de Collioure, de Port-Vendres et de Saint-Elme. Dans la nuit, une colonne vînt attaquer l’important poste de Puig-de-las-Daynas et pénétra dans la tranchée ouverte devant Saint-Elme. Le général Dugommier s’y trouvant fut blessé et sur le point d’être pris, mais les grenadiers du 28ème régiment se trouvaient avec lui et se firent tuer sur place. Les Espagnols durent se replier et bientôt évacuer Saint-Elme et Port-Vendres écrasés par le feu de l’artillerie française. Le 29 mai, les Espagnols faute de ressources capitulaient dans Collioure rendant la place. La division de gauche fut envoyée dans ses anciens cantonnements dans les environs de Perpignan au repos, le 1er bataillon du 28ème avait beaucoup souffert, le 19 juin il ne se composait plus que de 371 hommes[10].

 Le 18 juin, ayant pris du repos, la division Sauret se remit en marche, elle se porta en avant de Canteloup couvrant la gauche du blocus de Bellegarde. La place était entièrement encerclée, ville française, le général en chef souhaitait lui éviter les ravages d’un bombardement et qu’elle se rendit par famine. Des escarmouches eurent lieu dans le mois de juillet, ayant pour enjeu le fruit des récoltes des environs de la place. Le 11 juillet, une attaque fut avortée, une fougasse fut placée sous la muraille de la redoute de Panissas mais ne produisit pas l’effet désiré. Les grenadiers du 28ème qui se trouvaient prêt à l’assaut durent rester l’arme au pied. Bientôt les Espagnols du comte de la Union ayant reçu des renforts, une nouvelle bataille se profila, de la Union voulut tenter de débloquer la place. Il s’avança avec le gros de ses forces contre la droite française, tandis qu’une division de 6 000 hommes marchaient contre la division du général Sauret. La bataille eut lieu à Saint-Laurent-de-la-Mouga, les Espagnols y furent défaits totalement. La division Sauret se lança à la poursuite des ennemis et lui pris quelques prisonniers et un canon[11].

 Devenue 3ème division, la division Sauret continua à assurer le service du siège de la place de Bellegarde. Le général de brigade Guillot avec le 1er bataillon du 28ème et un bataillon d’infanterie légère fut détaché pour renforcer la 2ème division du centre devant Jonquière. Le 18 septembre, enfin Bellegarde rendait les armes ne pouvant plus longtemps prolonger la défense. Le 1er bataillon du 28ème rejoignit la division Sauret au camp de Canceret et les armées restèrent ainsi durant deux mois, lorsque le comte de la Union vînt se placer entre Figuières et Bellegarde avec une armée d’environ 50 000 hommes. Ils avaient élevé sous son ordre plus de 80 redoutes sur toutes leurs positions dans l’intention ferme de briser tout nouvel effort français. Dugommier se décida à les déloger lors de la bataille de la Montagne Noire qui se déroula les 17 et 20 novembre. La division Sauret exécuta le 17 novembre, une fausse attaque tandis qu’Augereau et Pérignon étaient chargés de l’effort principal. La brigade Guillot et le 1er bataillon du 28ème régiment s’emparèrent des postes avancés ennemis, mais fut par la suite égarée, trompée par son guide dans l’obscurité et ne put participer au gros de l’effort durant le lequel par ailleurs, le général Dugommier fut tué sur la Montagne Noire par un éclat d’obus. Sauret dut ensuite se replacer sur ses positions du camp de Canceret. La brigade Guillot fut mise à disposition du général Augereau et chargée comme le 17 de participer à l’attaque principale. Le 19 novembre au soir, elle se trouvait à l’avant-garde de la 1ère division, bivouaquant au Roc-Blanc.

 En novembre, le 1er bataillon du 28ème d’infanterie était dans les rangs de la brigade Guillot  avec le 1er et 8ème bataillons d’infanterie légère et le 2ème de chasseurs de l’armée des Pyrénées-Orientales[12].

 Le 20 novembre, la division Sauret partit à 4 heures du matin et précédée de trois bataillons de chasseurs du bataillon des Vengeurs formant la tête de colonne. Elle était suivie par la brigade du général Guien en réserve. Après avoir parcouru un chemin difficile, elle traversa la Mouga, escalada la montagne en face du village d’Escaulas, là où se trouvait la redoute centrale des Espagnols. La brigade Guillot s’empara de cette position à la baïonnette, sans tirer un coup de fusil avant de l’avoir abordée, les trois retranchements ennemis établis en échelon et malgré ses trois rangs de profondeurs et un feu nourri, furent emportés d’assaut sans coup férir, les Espagnols laissant 400 hommes sur le terrain, le général Guillot y fut blessé au bras droit. Puis l’attaque se porta sur la redoute de Nostra-Signora Del Roure, véritable forteresse construite en maçonnerie, hérissée d’une nombreuse artillerie et défendue par le feu croisé de 4 000 hommes. L’avant-garde emportée par un élan irrésistible balaya cette nouvelle position au corps à corps. L’adjudant-chef de bataillon Eberlé se mit à la tête des grenadiers de la 28ème et de 300 chasseurs à pied, les Espagnols furent passés au fil de l’épée, et le général comte de la Union tué dans l’action de deux balles. La position espagnole enfoncée et tournée, son général tué, le reste de la bataille fut une effroyable déroute pour les Espagnols, qui ne s’arrêtèrent qu’aux portes de Gérone, ayant perdu 9 000 tués et blessés, 8 000 prisonniers, 200 canons de tous calibres et un matériel considérable.

1795 :

 Cette victoire décisive augura de la fin de la campagne, mais les Espagnols tentèrent encore de résister pendant presque une année. La division Sauret fut envoyée au siège de la place espagnole de Roses. Ayant refusé de se rendre, les Français durent employer 29 jours de travaux préparatoires pour la construction de routes, l’assurance des moyens et du cheminement du ravitaillement. Et la tranchée fut ouverte durant 41 jours, durant lesquels il y eut des pluies torrentielles durant six jours, de la neige durant 15 jours, provoquant l’inondation des travaux d’approche durant 10 jours. Les conditions pour les assiégeants étaient déplorables. La garnison sur le point d’être prise d’assaut, s’embarqua dans la nuit du 2 au 3 février 1795 sur la flotte espagnole, ne laissant que 300 hommes pour faire illusion et qui furent faits prisonniers rapidement. Le 7 février, la brigade Guillot quitta le camp de Roses pour s’établir à Castillon de Ampurias et les mois de février, mars et avril se passèrent tranquillement au cantonnement.

 L’armée espagnole s’était toutefois reformée sous le commandement en chef de Don José Urrutia établi près de Gérone entre le Ter et la Fluvia. Les Français passèrent ensuite à l’offensive dans l’espoir de s’emparer de la riche récolte que promettait la région de la rive gauche de la Fluvia. Un grand nombre de voitures furent rassemblées, le 1er bataillon du 28ème régiment fut placé dans la réserve sur les hauteurs de Rimors, la bataille de la Fluvia eut lieu le 14 juin, commencée par un engagement de cavalerie défavorable aux Français, mais la réserve dont était le bataillon du 28ème put repousser les cavaliers ennemis et forcer les Espagnols à la retraite. Les pertes furent égales et lourdes dans les deux rangs, mais les Français purent s’emparer de 300 chariots de blé destinés à l’entretien de l’armée. Réduit le 18 juin à 331 hommes, le 1er bataillon du 28ème régiment d’infanterie fut amalgamé selon Emile Simond à Castillon de Ampurias.

Embrigadement/Amalgame 2ème bataillon :

 1er formation :

 La 55ème demi-brigade de bataille fut formée, le 19 juin 1795, à Perpignan selon Belhomme et Susanne, à Castillon de Ampurias selon Emile Simond[13]. Elle se composait du 1er bataillon du 28ème, des 2ème et 3ème bataillons de l’Ardèche.

 2ème formation :

 La 55ème de bataille fut incorporée dans la 4ème de ligne et 5ème légère de deuxième formation.

2ème bataillon :

 1792-1793 :

 Le 2ème bataillon du régiment se trouvait en mars 1792 à Grasse et Faïence. Il se trouva à Antibes où il fut un moment réunis avec le 1er bataillon le 1er mai. Il fit ensuite partie de l’armée du Midi, avec le 1er bataillon, 2ème division sous les ordres de Dumerbion. A l’arrivée de l’hiver, le 2ème bataillon fort de 288 tint garnison à Nice où il se trouva en décembre. Il suivit le destin du 1er bataillon durant la campagne de l’hiver 1792-1793 à l’armée d’Italie, puis dans celle du printemps. En septembre 1793, le 2ème bataillon fort de 481 hommes était envoyé en garnison à Brignolles pour rejoindre l’armée de l’intérieur en formation sur les arrières suite aux troubles et à la révolte de Toulon.

 Le 28 septembre, il était fort de 525 hommes après avoir reçu quelques renforts et fit partie « de l’Armée Révolutionnaire de l’Intérieur », future armée de Toulon. De Brignoles, il marcha sur Toulon aux mains des royalistes depuis le 23 août. Il servit au siège de Toulon d’octobre à décembre et se trouva dans les rangs du corps de l’Ouest partagé en trois divisions sous les ordres des généraux Laborde, Mouret et Garnier. Il était à la division Garnier, division de gauche placée devant Malbosquet et Brégayon. Le siège ne commença vraiment qu’avec l’arrivée du général Dugommier, mais avant son arrivée eurent lieu de violents combats d’artillerie. Le 30 novembre, 5 à 6 000 hommes de la garnison exécutèrent une sortie dans l’intention de détruire les ouvrages français. Ils furent repoussés après quelques succès avec pertes. Le 11 décembre, le 2ème bataillon fort de 371 hommes, était toujours à l’aile gauche du siège. Dans la soirée du 16 décembre, par une pluie torrentielle les troupes françaises furent disposées pour l’attaque générale. Il était fort d’après Emile Simond de 823 hommes et sous le commandement de Lapoype dut s’emparer du Mont Faron[14]. Divisées en deux colonnes, les troupes de Lapoype se lancèrent à l’attaque, le 2ème bataillon dans la première colonne. Le 17 décembre, s’avançant de Revest, les Français gravirent la Croix-Faron et furent accueillis par une violente mousqueterie. Sous ce feu, malgré les chevaux de frise et les rochers lancés par l’ennemi, le 2ème bataillon enleva d’assaut la redoute du sommet, le capitaine Dufresne de Beaucourt fut le premier sur la position et fut promu adjudant-général chef de bataillon sur le champ de bataille par le représentant Barras. Le lieutenant Bonnecarère qui le suivait de près fut blessé d’un coup de baïonnette à la poitrine et l’adjudant Guillaume fut lui aussi remarqué pour sa bravoure et nommé lieutenant. Le 19 décembre, les troupes françaises entraient dans Toulon, abandonnée par les Anglais après avoir mis le feu à l’arsenal.

1794 :

 Envoyé de nouveau à l’armée d’Italie, le 2ème bataillon du 28ème régiment fut cantonné quelques temps dans les premiers jours de janvier à Saint-Laurent du Var, Gallières et Saint-Jeannet. Le 12 janvier, il reçut l’ordre de se rendre à Nice où il demeura jusqu’en mars. Renforcé, il comprenait le 21 mars un effectif de 1 113 hommes. En avril, il fut envoyé à Sospello et de là au camp du Col de la Couture où il fut amalgamé le 19 avril 1794.

Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 La 56ème demi-brigade de bataille fut formée du 2ème bataillon du 28ème, 2ème de l’Ariège, 2ème de l’Aveyron (le 2ème de l’Ariège avait reçu le 14ème bataillon de la Drôme, d’après Bertaud et Roucaud). Emile Simond dans son histoire du 28ème régiment confirme le fait[15].

 2ème formation :

 Le 19 juin 1796,  la 56ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 85ème demi-brigade de ligne.

Colonels :

François-Charles Le Prestre de Thémericourt De Jaucourt, en juillet 1791.

Claude d’Héran, en janvier 1793.

Portraits :

 Dufresne de Beaucourt, né en 1765 à Amiens, sous-lieutenant de remplacement au régiment du Maine (1785), puis en pied (1788), lieutenant puis capitaine (1792), adjudant-général chef de bataillon (17 décembre 1793), confirmé dans ce grade par le Comité de Salut Public (25 décembre). Adjudant-général chef de brigade (1795), en retraite (1807), il mourut en 1842.

Jean-Pierre Dupin, né en 1771 à Strasbourg, enfant de troupe au régiment du Maine (22 septembre 1778), soldat (25 juillet 1785), caporal-fourrier (30 juillet 1790). Il se distingua au siège de Toulon où il fut nommé sergent (20 janvier 1794). Il combattit à l’armée des Pyrénées-Orientales et reçut deux blessures au fort de Saint-Elme, obtenant le grade de sergent-major (19 juin). Il gravit par la suite les échelons jusqu’au grade de capitaine et fît la plupart des campagnes de l’Empire, n’étant mis à la retraite qu’en 1815. Il mourut en 1844.

Gaspard Eberlé, né le 11 juin 1764 à Schelestadt, entra comme soldat au régiment du Maine, (23 septembre 1781). Caporal (1er mai 1787), sergent (16 mars 1792), sergent-major (9 novembre), chef de bataillon (3 novembre 1793), adjudant-général chef de brigade (21 novembre). Se distingua particulièrement au siège de Toulon et à l’armée des Pyrénées-Orientales. Nommé le 4 novembre 1796, chef de la 56ème demi-brigade provisoire qui devînt la 85ème demi-brigade de ligne. Il accomplit une foule d’actions d’éclats avec ses hommes durant la campagne d’Italie, notamment à la bataille de Rivoli. Il servit en Egypte avec sa demi-brigade et put revenir en France (1800). Il eut le bras droit emporté par un obus au passage du Mincio (26 décembre). Fait général de brigade (1802), commandant de la Légion d’honneur, chevalier de l’Empire, commandant d’armes à Nice (1814), puis de la place de Briançon (1815). Admis à la retraite (5 juin 1816), il mourut en 1837. Une autre source, indique que le sergent Gaspard Eberlé, « suisse » engagé dans le régiment tua le major autrichien De Caprera commandant le corps franc croate de Gyulai à l’assaut d’une redoute, il fut reçu par le général Dugommier qui l’embrassa et le fît sur le champ adjudant-général chef de bataillon.

 

Guillaume, soldat au régiment du Maine (1782), caporal (1786), sergent (1788), sergent-major puis adjudant (1792), lieutenant (1793), capitaine en 1794.

 

François-Gilles baron Guillot, né à Angers le 17 août 1759. Soldat au ci-devant régiment du Lyonnais (1775). Sergent au régiment ci-devant du Maine (1780). Sergent-major (1788), adjudant sous-Officier en avril, quartier-maître trésorier (avril 1791). Capitaine (6 novembre 1792), il servit à l’armée du Var, puis à celle d’Italie entre 1792 et 1793. Il se signala au combat de Lantosque (8 septembre 1793), blessé d’un coup de feu à la jambe droite au combat de Gillette (19 octobre). Il servit au siège de Toulon et il est nommé chef de brigade (3 novembre). Général de brigade (20 décembre), il passa à l’armée des Pyrénées-Orientales (janvier 1794). Il commanda l’avant-garde de l’armée à la division Sauret (30 janvier), servit aux sièges du fort Saint-Elme et de Collioure. Blessé d’un coup de feu au bras droit à l’attaque des redoutes espagnoles (20 novembre), bataille de la Montagne Noire après avoir été envoyé au secours d’Augereau. Il servit à la division Sauret au siège de Roses du 24 novembre 1794 au 3 février 1795. Il servit à la division Haquin, bataille de la Fluvia (15 juin 1795). Envoyé à l’armée d’Italie (octobre), il commanda la 2ème brigade de la division Casabianca à Nice (décembre). Il servit sous Despinoy au siège du château de Milan (juin 1796), puis commanda Pavie (juillet), Tortone et Alexandrie (janvier 1797). A la division Gardanne (mars), il fut employé à la 13ème division militaire, puis aux armées d’Angleterre et de l’Ouest (1798). Commandant le département du Var (octobre 1800), commandant de la Légion d’honneur (juin 1804), commandant de la 2ème brigade de la division Chabran au corps de l’armée des Pyrénées-Orientales en Catalogne (1808). Il servit sous Reille à Castellon de Ampurias (2 janvier 1809), et à l’armée de Catalogne (1810). Baron de l’Empire, il fut fait prisonnier par surprise par les Espagnols au fort de Figuières (10 avril 1811). Il fut enfermé dans un cachot humide après avoir tenté de séduire quelques soldats de la garnison et condamné à mort mais l’exécution fut différée et il fut délivré par les Français lorsque la place capitula (19 août). Mis aussitôt en état d’arrestation, il fut conduit à la citadelle de Perpignan et sa conduite examinée par une commission d’enquête et par un conseil de guerre. Il fut condamné à mort pour négligence (24 novembre 1813), mais la décision fut annulée par la Cour de cassation (25 janvier 1814). Il fut finalement libéré et déchargé de cette accusation en mai et réintégré dans son grade (juillet), recevant également la Croix de chevalier de Saint-Louis (août). Commandant l’arrondissement de Barcelonnette, il fut appelé à Paris (19 avril 1815), mais cessa ses fonctions et resta sans emploi (30 avril). Il fut admis à la retraite en octobre et mourut à Draguignan dans le Var, le 28 janvier 1818.

 

Claude d’Héran, né le 29 mars 1729, il entra au service comme lieutenant au régiment provincial d’Aix (1er février 1757). Il passa lieutenant aux grenadiers royaux (10 mai 1761), puis capitaine (1er mai 1773). Il fut réformé (15 décembre 1775). Il servit de nouveau, ayant été élu lieutenant-colonel du 3ème bataillon du Var (12 septembre 1791). Les représentants du Peuple le nommèrent colonel du 28ème régiment d’infanterie (20 novembre 1792) et il reçut son brevet confirmatif (31 janvier 1793). Il obtînt son congé de retraite pour infirmités (10 janvier 1795) et fut mis définitivement à la retraite le 4 juin de la même année.

François-Charles Le Prestre de Théméricourt De Jaucourt, né le 24 juin 1740 à Vaux en Normandie. Entra comme Enseigne (1er janvier 1756) au régiment ci-devant de Picardie, qui devînt par la suite Colonel-Général. Lieutenant (24 février 1757), aide-major (26 février 1761), puis capitaine (13 octobre 1762), capitaine en second (2 juin 1776), capitaine-commandant (28 août), puis lieutenant-colonel du régiment ci-devant du Maine (15 avril 1784). Après la mort du colonel de Rully, il prit le commandement du régiment et fut nommé effectivement le 25 juillet 1791. Il cessa de servir (1792) et fut destitué le 31 janvier 1793.

Antoine-Louis Popon de Maucune, né à Brive en 1772, sous-lieutenant au corps des pionniers (1er février 1786), lieutenant (mai 1787), grenadier dans la Garde nationale parisienne (1789), grenadier au 1er bataillon de Paris à sa formation (22 juillet 1791), passa lieutenant au 28ème régiment d’infanterie (10 juin 1792). Il fut capitaine (1794), nommé chef de bataillon par Bonaparte pour la distinction de ses services à Arcole (1796), chef de la 39ème demi-brigade nommé sur le champ de bataille de Tauffern dans les Grisons par le général en chef de l’armée d’Italie (1799). Général de brigade (10 mars 1807), puis de division (26 mai 1811), il servit à l’armée d’Espagne, puis du Portugal et d’Italie. Retraité (1818), décédé à Paris (18 février 1824). Commandeur de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de Fer, baron de l’Empire. Il avait reçu un coup de feu à la cuisse gauche à la prise de Menin (19 juin 1792), puis un coup de baïonnette au bras droit et à l’épaule gauche à Tauffern (25 mars 1799). Il avait également reçu un coup de feu au pied droit à la bataille Novi (15 août), puis un autre qui lui fracassa le fémur gauche en Galicie (23 mai 1809), un coup de feu à la cuisse droite et au talon droit à Fuentès de Onoro (5 mai 1811). Le général Maucune que Napoléon notait comme « étant un brave » se distingua dans les batailles de Novi, de Gusstadt, d’Alba de Tormes, de Fuentes de Onoro, de Burgos[16].

François Parra, né à Belley, le 20 décembre 1733. Soldat au ci-devant régiment de Lyonnois (1756). Il servit au Hanovre de 1757 à 1762. Blessé à la jambe à la droite et au bras gauche au siège de Cassel (1762). Porte-drapeau (1763), sous-lieutenant au régiment ci-devant du Maine (1776, 28ème d’infanterie en 1791). Lieutenant en second (1777), en premier (1778). Lieutenant de la compagnie de Chasseurs (1780). Capitaine (1789), chevalier de Saint-Louis. Il servit à l’armée d’Italie (1792) et s’illustra à l’attaque de la Gilette (octobre 1793). Général de brigade (novembre). Envoyé à Toulon, il servit durant le siège et rejoignit ensuite l’armée d’Italie (janvier 1794). Commandant la place de Nice (décembre). Commandant la 1ère brigade de la division Casabianca (décembre 1795). Commandant à Antibes (mars 1796) puis à Avignon. Employé à la 8ème division militaire (septembre 1797), il fut envoyé à nouveau à l’armée d’Italie mais ordre lui fut donné de cesser à la suite d’une dénonciation de l’administration centrale des Alpes-Maritimes pour des faits remontant à l’époque de la réaction thermidorienne (janvier 1800). Il obtînt une retraite et mourut à Belley, le 9 mars 1821.

Louis Pelletier, né en 1754 à Saint-Lubin dans l’Eure-et-Loir, soldat au  régiment Lyonnois (1771), sergent au régiment du Maine (1779), sergent-major (1786), adjudant (1791), lieutenant, adjudant-major puis capitaine (1792), il fut nommé général de brigade (3 décembre 1793), devînt commandant de la Légion d’honneur et prit sa retraite le 1er octobre 1814.

Antoine-Charles-Gabriel-Bernard De Montessus comte De Rully, né à Rully le 3 décembre 1755. Il servit d’abord dans l’artillerie de 1772 à 1776, puis il nommé capitaine de dragons (18 mars 1776) et attaché au régiment de Custine (9 juillet). Il devint sous-lieutenant des gendarmes bourguignons avec rang de lieutenant-colonel (3 juin 1778), puis mestre de camp en second au régiment ci-devant de Foix (3 juin 1779). Il fut promu mestre de camp commandant du régiment ci-devant de Maine (1er janvier 1784). En 1789, il était en Corse avec son régiment et eut à réprimer une insurrection à Bastia (5 novembre). Le calme revenu entre la troupe et la population, une autre émeute éclata l’année suivante suite à la violence de Rully. Le 17 avril 1790, vers 5 heures de l’après-midi plusieurs bateaux furent signalés dans le golfe de Saint-Florent. Le bruit courut à Bastia qu’ils étaient destinés à emmener le régiment du Maine dont le départ avait été sollicité et sans doute obtenu par le comte de Rully qui ne se plaisait guère en Corse. Le peuple s’agita et voulut s’opposer à l’éloignement du régiment du Maine. Au lieu de calmer le peuple, le colonel l’excita par des propos insultants, et la population furieuse était résolue à empêcher par la force le départ qu’elle soupçonnait. Le 19 avril, la Garde nationale de Bastia s’empara des portes de la citadelle, le colonel chercha à y pénétrer, on lui cria de se retirer, mais il continua sa marche avec un pistolet dans chaque main, injuriant au passage les habitants. Un officier de son régiment chercha à le calmer, puis de l’arrêter, une discussion s’engagea entre eux, le colonel perdit la tête, fou de colère il déchargea un pistolet sur l’officier, la balle le manqua et atteignit au ventre une femme qui mourut. Le général commandant la place, lui retira son commandement, mais il était trop tard, le tocsin sonna, les rues se remplirent d’hommes armés qui demandèrent que le comte de Rully leur soit livré. Ce dernier se retira dans une maison où il se trouva assiégé. Alors qu’il sortait pour parlementer il tomba atteint par de nombreuses balles d’armes à feu.

Article de Laurent B.

sehri

 

[1] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 31.

[2] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée Française d’Italie, le 5 mars 1793.

[3] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 32.

[4] Emile Simond indique que le combat a été narré par le général Biron dans un rapport du 29 mars 1793, Nice.

[5] D’après Emile Simond, la division Brunet comptait au 22 mars 1793, 2 970 hommes.

[6] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 33.

[7] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 34.

[8] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 35.

[9] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 43.

[10] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 44.

[11] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 45.

[12] Chuquet, Dugommier.

[13] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 47.

[14] Emile Simond, Le 28ème régiment d’infanterie de ligne, p. 41.

[15] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p 41, Emile Simond précise qu’il fut amalgamé avec le 2ème de l’Ariège, le 2ème de l’Aveyron et le 14ème bataillon révolutionnaire de la Drôme.

[16] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 1, p. 220.