22e régiment de cavalerie Royal Navarre

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Le 22ème régiment de cavalerie ci-devant Royal-Navarre puis 21ème régiment de cavalerie :

 

Historique :

 1792 :

Il était en garnison à Besançon le 1er janvier et comprenait un effectif de 366 hommes et 153 manquants. Il partit de Gray le 14 février pour se rendre à Moulins et Nevers. Un escadron et demi et l’État-major partirent de Moulins pour se rendre à Aurillac[1].

1793 :

Son dépôt fut signalé en janvier à Aurillac et devant se déplacer sur Strasbourg.  Au début de 1793, le régiment se trouvait à l’armée du Nord.

Réforme de 1803 :

En nivôse an XI, il fut versé dans les 7ème, 15ème et 16ème de cavalerie.

Chef de brigade[2] :

 Au 9 novembre 1799 jusqu’en 1804 : chef de brigade Privé.

Portraits :

 

Jean-Baptiste Cervoni, né le 29 août 1765 à Soveria en Corse. Soldat au régiment ci-devant Royal Corse (juillet 1783), congédié (octobre 1786). Il fit son droit et devint avocat à la Porta, chef de l’une des divisions du Directoire de la Corse (1790), commandant de la Garde nationale de son canton et secrétaire des commissaires du département Cesari et Arrighi (avril 1792). Nommé sous-lieutenant au 22ème régiment de cavalerie, ci-devant Royal-Navarre (22 décembre). Il servit à l’armée des Alpes, comme aide de camp de Joseph Casabianca (5 février 1793). Blessé à la jambe droite (1er juin). Agent militaire auprès des représentants en mission Gasparin et Saliceti (septembre). Chef de bataillon (26 octobre), il fut à nouveau blessé à la cuisse et au bras droit au siège de Toulon (30 novembre). Il se signala à la prise de la redoute anglaise et il fut nommé chef de brigade sous Masséna (20 décembre). Nommé général de brigade et employé à la division Mouret (14 janvier 1794). Il servit à l’expédition d’Oneille (5 avril), division Masséna, puis au combat de Cairo (24 septembre). Employé à la division Freytag (1er juillet), puis à la division Laharpe au combat de Loano (24 novembre). Commandant la 1ère brigade de la division Meynier (6 décembre), puis la 3ème brigade de la division Laharpe (mars 1796). Commandant la 1ère demi-brigade même division (avril), il servit à Voltri où il fut chassé par Beaulieu (10 avril), puis à Dego (14 avril). Nommé commandant à Savone (17 avril), division Sauret. Il servit au quartier-général de l’armée d’Italie (29 avril), puis à Lodi (10 mai). Envoyé à Parme pour négocier la paix, il était à l’avant-garde de Kilmaine (20 mai), division Masséna (1er juin), division Despinoy (29 juin). Il servit à Castiglione (5 août) et il fut chargé d’organiser la légion lombarde (29 septembre). Il la commanda ensuite dès le 24 octobre et servit à Arcole (15 novembre). Nommé commandant de Vérone (2 décembre), il servit à Rivoli (14 janvier 1797), puis devant Mantoue. Il fut envoyé en Corse (13 mars) et commanda la 1ère brigade d’infanterie légère, division Masséna (5 août), puis 7ème brigade formée des 6ème et 12ème demi-brigades de ligne, 4ème division de Sérurier (septembre). Envoyé à l’armée d’Angleterre, il fut nommé général de division (15 février 1798), commandant l’avant-garde de l’armée de Rome (mars). Il occupa divers commandements internes en France et en Belgique en 1798 et 1799, puis en Corse en 1800. Commandant de la Légion d’honneur le 14 juin 1804, chef d’Etat-major du 2ème corps de la Grande Armée sous Lannes (12 avril 1809). Il fut tué à Eckmühl par un boulet de canon qui lui fracassa la tête, le 22 avril 1809[3].

Stanislas-Marie-Adélaïde comte de Clermont-Tonnerre, né en 1757, fils d’un maréchal de camp, 1er chambellan du roi de Pologne. Il épousa en 1782, Marie-Louise-Joséphine-Delphine de Rosières de Sorans (1766-1832), dont il eut trois enfants, mais seule une de ses filles atteignit l’âge adulte. Il fut initié à la franc-maçonnerie. Colonel en second du régiment ci-devant Royal-Navarre (1789). Député aux Etats-généraux pour la noblesse, il fut deux fois arrêté et relâché. Il fut également élu deux fois à la présidence de l’Assemblée et prononça un discours célèbre en faveur de la citoyenneté pour les Juifs. Il pactisa avec le Tiers-Etat, faisant partie des 47 députés nobles qui rejoignent l’Assemblée nationale (25 juin). Il vota également l’abolition des privilèges proposée par Noailles, dans la fameuse nuit du 4 août. Toutefois, il fut rapidement en opposition avec les mouvements avancés, milita pour le maintien de la torture contre l’avis de Guillotin, s’opposa à Robespierre, demanda la répression sévère des émeutes et le renforcement du pouvoir royal. Il fonda le club des Amis de la Constitution Monarchique avec d’autres monarchistes. En 1791, il prit position contre le suffrage universel, contre la vente des Biens Nationaux, contre les droits des gens de Couleurs, contre le rattachement d’Avignon à la France. A la séparation de l’Assemblée, il travailla sur la Constitution Française, publia une analyse. Alors qu’il avait été arrêté et relâché, il fut massacré le 10 août 1792, jour la prise de Tuileries par un attroupement qu’ameuta l’un de ses domestiques contre lui. La foule envahit son domicile, il fut apparemment défénestré.

Pierre-François Didot, originaire de Paris, fils de Pierre-François imprimeur-libraire, imprimeur de Monsieur, enrôlé à 21 ans au 3e bataillon de Paris, canonnier (25 juillet 1791), se distingua à Quiévrain, puis durant la bataille des défilés de l’Argonne (septembre-octobre 1792), notamment à La Croix-au-Bois, puis à la bataille de Jemappes (6 novembre), sous-lieutenant au 22e de cavalerie (16 avril 1793), il mourut le 3 mai 1794.

Dominique Diettmann, fils d’un vitrier né à Lunéville le 21 novembre 1739. Soldat aux gendarmes d’Artois (1760). Il servit durant la Guerre de Sept Ans de 1760 à 1762. Fourrier-major (1773), porte-étendard des gendarmes de Flandres avec rang de lieutenant-colonel (avril 1776), chevalier de Saint-Louis (août 1781), mestre de camp (1782) puis colonel du 22ème régiment de cavalerie (5 février 1792). Maréchal de camp (22 mai), il servit à l’armée du Centre de La Fayette, puis sous Dumouriez. Employé à la division Le Veneur (août et septembre), lieutenant-général (12 septembre) et commandant une division à l’armée des Ardennes. Il servit sous le duc de Chartres à la bataille de Neerwinden (18 mars 1793). Commandant l’armée des Ardennes du 5 au 11 avril, il commanda ensuite la cavalerie de l’armée du Rhin (13 mai). Battu à Rixheim (16 mai), il fut nommé au commandement provisoirement en chef l’armée le 18 mais refusa ce poste, reprenant dès le 29 mai celui d’une division. Nommé commandant en chef de l’armée du Nord et des Ardennes (22 juillet), il refusa à nouveau le poste et resta à la tête de sa division de cavalerie à l’armée du Rhin. Il mourut à Colmar d’un « goutte remonté », le 21 mars 1794[4].

Dornès, cavalier au régiment Royal-Navarre en 1778. Sous-lieutenant, lieutenant (1792), capitaine (26 janvier 1793), major au 1er régiment de cuirassiers (6 brumaire an XII). Nommé colonel du 12ème régiment de cuirassiers (6 nivôse an XIV). Décoré de la Légion d’honneur en mars 1803[5].

Comte de Pierrepont, mousquetaire (1761), lieutenant en second au régiment du Roi (10 février 1763), capitaine au régiment Royal-Navarre Cavalerie (4 mai 1771), chef d’escadron (1788). Lieutenant-colonel au régiment Colonel-Général (6 novembre 1791), démissionnaire (26 avril 1792). Chevalier de Saint-Louis (28 juin 1789)[6].

Vézien de la Tour, gendarme de la gendarmerie royale (16 août 1768). Brigadier surnuméraire à la compagnie des Gendarmes anglais (1784). Lieutenant surnuméraire au 22ème régiment de cavalerie (1788). Capitaine au 1er régiment de cavalerie (janvier 1792). Destitué par les représentants du Peuple à l’armée du Nord (16 septembre 1793)[7].

Article de Laurent B.

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[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaire des chefs de brigade et capitaines de vaisseau de Bonaparte Premier Consul, 1799-1804, p. 39.

[3] Dictionnaire de Georges Six.

[4] Dictionnaire de Georges Six.

[5] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 323.

[6] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 342.

[7] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 352.