1er régiment d’infanterie Colonel-Général

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Le 1er régiment d’infanterie ci-devant Colonel-Général :

 

Historique :

 En avril 1790, le régiment resta en dehors des querelles qui éclatèrent dans la garnison de Lille entre les régiments Royal-Vaisseaux et La Couronne d’une part et les chasseurs d’Alsace et de Normandie d’autre part. Le régiment couvrit les chasseurs qui cherchèrent refuge dans la citadelle. Il se rendit ensuite en garnison à Dunkerque. Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à Dunkerque. Le 24 juin 1791, presque tous les officiers du régiment abandonnèrent leurs postes et emportèrent les drapeaux. Ils s’enfuirent à Furnes pour rejoindre l’émigration et l’armée du prince de Condé. La Garde nationale de Dunkerque lui confia l’un de ses drapeaux[1].

1792 :

 Le régiment était à l’armée du Nord du général Rochambeau en mars. Il était en marche pour rejoindre la place de Condé (1er mai), armée du Nord du général Rochambeau.  Il comprenait un effectif total de 1 070 hommes pour 445 manquants.

Le 10 mai, un détachement du 1er régiment fut attaqué à Macou poste avancé commandé par le sergent Denis Rousselot surnommé Saint-Denis. Vieux soldat, ferré sur le règlement, à cheval sur la discipline il était né à Rosce-sur-Maresnie près le Fayl-Billot, communes comprises dans le district de Langres en Haute-Marne. Il était âgé de 52 ans et avait pas moins de 30 années de service. Il s’était engagé dans le régiment le 6 avril 1762 et avait été fait caporal le 19 mars 1775, puis sergent le 1er septembre 1786. Il était également vétéran breveté du Roi depuis le 4 novembre 1786. A Macou, cerné par l’ennemi et ne disposant que de huit hommes, il dit à ses soldats : « Enfants, si je recule tuez-moi, si quelqu’un recule je le tue ! ». Le poste résista à l’attaque des cavaliers ennemis, trois hommes furent blessés dont l’un reçut une balle dans la cuisse. Rousselot lui dit « ce n’est rien, tu marches encore, et s’il te reste des cartouches ne fais pas attention à cette misère, charge et tire ». Les hommes de Rousselot purent s’échapper et rentrer dans la place de Condé occupé par le régiment. Le général Rochambeau l’invita le lendemain à manger à sa table et le 25 mai, le maréchal Luckner le fit officier dans une cérémonie publique. Le régiment était commandé par le colonel Charles-Auguste d’Hervilly depuis le 23 novembre 1791.

Le régiment était au camp de Maulde, alors que quelques compagnies furent détachées aux postes de La Chaussette, du Coq et de Macou. Ces postes furent attaqués au tout début des hostilités par les Autrichiens qui s’en emparèrent et repoussèrent ces faibles détachements jusque sous le canon de la place de Condé[2]. Après l’affaire de Maulde où les Autrichiens tentèrent de s’emparer de cette position et de plusieurs avant-postes français, le 1er régiment d’infanterie fut déployé dans ce secteur. Un détachement était en avant de l’Escaut commandé par le capitaine Gastines pour garder les postes de Vieux-Condé, de la Chaussette, du Coq et de Macou. Les 28 et 29 avril, un bataillon du 1er était dans la colonne du général Biron qui subit une sévère déroute à l’affaire de Quiévrain. Il s’agissait probablement du 1er bataillon. Le 27 mai, un paysan, les jambes nues, vint avertir cet officier de l’approche d’environ 2 000 fantassins et de 600 cavaliers autrichiens. Le paysan fut envoyé par le capitaine Gastines au général O’Moran qui en référa au maréchal Luckner. Tous les postes français en avant de l’Escaut furent assaillis à la fois et les hommes du 1er régiment après une défense vaine furent contraints de se replier sur Condé. Les ennemis tentèrent d’empêcher cette retraite. D’après les rapports français, 60 ennemis furent tués ou blessés, 5 chevaux tués, un capturé pour un seul tué et 8 blessés du côté du 1er régiment. Le 25 juin, il était à l’aile droite, 1ère division d’infanterie, 1ère brigade de la division de l’armée du Nord sous le commandement du maréchal de camp Linch.

Tandis que le 2ème bataillon restait en garnison à Condé, le 1er bataillon était à l’armée du Centre et en garnison à Saarlouis. En novembre, un bataillon du 1er était à l’armée de Belgique du général Dumouriez dans la colonne du général Berneron[3]. Au 31 décembre, le 2ème bataillon du régiment faisait partie de la garnison de Malines sous les ordres du gouverneur d’Averton. Il comprenait un effectif de 491 hommes.

1793 :

 Le 1er était à l’Armée de Moselle, le 2ème en Brabant, armée du Nord. Le régiment combattit à la bataille de Neerwinden (18 mars). Il s’illustra le 30 avril, dans un combat d’avant-poste livré près de Valenciennes. Kilmaine qui commandait l’Armée déclara « que le 1er régiment a servi à sa manière accoutumée, c’est-à-dire on ne peut mieux ».

1794 :

 En avril, le 2ème bataillon du régiment, composé de 625 hommes était dans la division du général Moreau, de l’armée du Nord du général Pichegru. Il cantonna à Heke non loin de Cassel[4]. Un détachement de 13 hommes du régiment se trouvait à la même date en cantonnement à Rousbrugge. Il fit partie de la division du général Michaud, armée du Nord[5]. Le 2ème bataillon fit ensuite la campagne de 1794 sous les ordres de Jourdan dans l’armée de Sambre-et-Meuse.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 Entre le 6 et le 26 avril 1794, le 1er bataillon fut amalgamé en première formation pour former la 1ère demi-brigade de bataille. Le 1er bataillon du 1er régiment devint le 2ème bataillon de la 1ère demi-brigade. La 1ère demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme le 27 avril 1794 à Arlon. Toutefois Susanne indique la date du 26 avril. Sa formation comprenait le 1er bataillon du 1er, le bataillon de la Butte des Moulins et du  3ème du Loiret.

2ème formation :

 Le 17 février 1796, la 1ère de bataille devient la 31ème demi-brigade de ligne, à l’armée de Rhin et Moselle ou du Nord selon les sources.

Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 Le 2ème bataillon du 1er régiment fut amalgamé au début de l’année 1795, pour former la 2ème demi-brigade de bataille[6]. La 2ème demi-brigade de bataille fut formée le 23 janvier 1795 à Ypres selon Belhomme, le 11 avril 1794 selon Louis Susanne. Elle se composait du 2ème bataillon du 1er, du 4ème de la Somme et du 5ème de Paris.

 2ème formation :

 La 2ème de bataille devint à l’armée de Sambre-et-Meuse, la 9ème demi-brigade de ligne le 24 mars 1796.

 Colonels :

 Colonel Jean-François Marquis de Rochedragon, 1er janvier 1784-25 juillet 1791. Il quitta le régiment après sa nomination comme maréchal de camp, le 30 juin 1791.

Colonel Jean Dubois de Chantereine, 25 juillet-23 novembre 1791.

Colonel Charles-Augustin de Courcy d’Hervilly, 23 novembre 1791-26 octobre 1792.

Colonel Louis-Adrien Brice de Montigny, 26 octobre 1792. En 1796, il était général de brigade et commandant en chef des Invalides.

État-major du régiment en 1792[7] :

 

Noms Grades
De Menou, M. Briel Lieutenant-colonel
Baron Quartier-maître trésorier
De Bourg et ? Adjudant-major
Noury, d’Averron, Le Veneur, Roger, Damoiseau, Payret, Jouan Capitaine
Auret, la Forêt Divonne, de Villetehart, de Pavin, Lafond, Maurepande, Cerf Lieutenant
Gauffe, Noël, Brats, Magines, Laloüe, Joly, Chemin, Langlois, Buguet, Plaideau, Buys, Six, Taaff, Warenghein, Réal, Taverne, Mercier Sous-lieutenant

Article de Laurent B.

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 [1] Louis Susane, Histoire de l’Ancienne infanterie française, tome 2, pages 306 et 307.

[2] Idem, page 307.

[3] E. Desbrières, La cavalerie pendant la Révolution, tome 1, page 329.

[4] Idem, page 412.

[5] Idem, page 413.

[6] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française, tome 1, page 337.

[7] Roussel, Etat militaire de la France pour l’année 1792, pages 74 et 75.