1er régiment de hussards Bercheny

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Le régiment de hussards ci-devant de Bercheny, ou 1er régiment de hussards :

Filiation : Ci-devant Bercheny puis 1er régiment de hussards

 

Historique :

Rétrogradé en 1783 à la 2ème place suite à la création du régiment Colonel-Général des hussards, il retrouva son numéro 1 lors de la réforme de 1791.

 1792 :

Il se trouvait dans les rangs de l’armée du Centre au mois de mai[1]. Le régiment servit à l’armée du Nord et notamment à la bataille de Jemappes.

 1793 :

En 1793, une partie du régiment émigra à la suite de Dumouriez et passa dans les rangs autrichiens. Il fut reconstitué à partir de deux compagnies de la légion à cheval du Calvados[2], de 100 dragons de la Montagne et d’une centaine de cavaliers du 26ème régiment de cavalerie. Il se mit en route de Commercy, le 14 juillet pour se rendre à Metz[3]. Son dépôt fort de 340 hommes, 84 aux hôpitaux et 7 en prison était présent le 21 décembre, dans la 2ème division du général Dours, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Chambéry.

Le régiment traversa la France pour se rendre à l’armée des Pyrénées-Orientales où il servit de la fin de 1793 à 1795.

Relevé de Frédéric Pradal, AD de l’Isère, L417 Lettres du bureau militaire aux agents et officiers du département du 1er mars 1793 au 29 nivôse An 4 :

« N° 301 – Au Citoyen Lajolais général de brigade à Grenoble. Du 6 7bre [septembre] 1793 : Nous vous remercions, citoyen général, des nouvelles rassurantes que vous avez eu la complaisance de nous communiquer sur la situation des troupes de la République dans la Maurienne, notre confiance dans leur bravoure et dans le zèle et l’expérience des Généraux qui la commandent contribuent beaucoup à nous rassurer. […] La commune de Grenoble à qui nous avons communiqué votre lettre concernant le départ du 1er Régiment de hussards, nous a annoncé que d’après la lettre que vous lui avez écrit à ce sujet elle se déterminait à vous demander le départ de ce corps sans délai, nous nous en rapportons à la réponse que vous fera sur cet objet. Nous pensons, citoyen général, que pour l’activité tant de la correspondance militaire que de celle qu’exige le concours de l’administration du département dans le service militaire, vu que la gendarmerie nationale est très fatiguée, les chevaux hors de service, vous pourriez retenir à Grenoble 36 à 40 hussards ou plus si vous le jugez à propos biens choisis dans ce corps comme vous l’annoncez ».

 

1794 :

En novembre, un détachement du 1er régiment de hussards se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales. Il combattit au Boulou.

 1795 :

 Une lettre des représentants en mission Dumaz et Réal du 9 floréal An III indique que :

« environ deux escadrons du 1er hussards et autant de chasseurs du 25ème régiment de nouvelle levée, ci-devant de la Montagne, sont répartis en détachements à Arles, Aix, Marseille et Toulon ».

 

1796 : [4]

Il fut ensuite envoyé à l’armée d’Italie où il servit de 1796 à 1799. Le régiment rejoignit cette armée au mois d’avril et assista à la bataille de Mondovi. Il se trouvait le 25 avril à la prise de Cherasco. Un de ses escadrons conduit par le capitaine Mathis passa le Pô le 8 mai et tomba sur un parti de cavalerie autrichienne. Il le poursuivit l’épée dans les reins jusqu’à Saint-Roch. Le 10 mai, il franchit l’Adda au-dessus de Lodi, prit de flanc les Autrichiens qui surpris se débandèrent, le 1er de hussards enleva tout sur son passage, retranchements et canons, les pertes furent toutefois lourdes.

Conduit par le général Murat, le 1er de hussard passa le pont de Borghetto le 30 mai, culbuta la cavalerie napolitaine et lui fit un nombre considérable de prisonniers. Une cinquantaine de hussards du régiment se laissèrent cependant emporter dans leur élan, et la cavalerie ennemie fit volte-face et détruisit ce détachement, ils furent tous pris ou faits prisonniers. Le régiment prit sa revanche dès le lendemain, atteignit la cavalerie ennemie, lui enleva des prisonniers et le repoussa derrière l’Adige. Le régiment s’établit ensuite à Roverbella, puis marcha sur Livourne, où les Anglais déguerpirent à son approche. Un escadron resta dans cette localité jusqu’à la fin de juillet, date à laquelle il rejoignit son corps pour combattre avec le régiment à la bataille de Castiglione. Il s’y couvrit de gloire, laissant sur le terrain nombre des siens (3 août, 1ère bataille de Castiglione), puis contribua à repousser les Autrichiens sur Borghetto le 5 août, passa le Mincio et entra dans Vérone le 7 août.

Le régiment s’engagea le 1er septembre, dans les gorges du Tyrol, attaqua l’ennemi le 2, le poursuivit jusqu’à l’Alla et le joignit encore le 4 septembre. L’action fut vive et meurtrière, le régiment perdit 80 hommes, le général Dubois fut tué, mais les Français furent vainqueurs. Le régiment poussa jusqu’à Roveredo, où il soutint un combat non moins ardent et meurtrier. La bataille fut une belle victoire française, les Autrichiens furent écrasés et perdirent 25 canons, 7 drapeaux, 6 000 prisonniers. Une belle charge du 1er de hussard ne fut pas étrangère à ce beau succès. Le 5 septembre, le régiment entra à Trente et poursuivit l’ennemi jusqu’au Lavis.

Le 8 septembre, le 1er régiment de hussards arriva en vue de Bassano et se jeta sur le parc d’artillerie autrichien encore présent devant la ville. Le régiment chargea, enleva plusieurs canons, 1 000 chevaux de trait, 400 voitures, et un matériel considérable d’équipages de pont. Il marcha le lendemain sur Porto-Legnago où il entra le 15 septembre et attaqua l’ennemi le 16. Lors de ce combat, il affronta les cuirassiers autrichiens, dont il fit 300 prisonniers après un dur combat. Le 17, il fit capituler un corps de uhlans et au moins d’octobre marcha à l’ennemi. Le 1er de hussards retourna devant Bassano, puis le régiment revint sur l’Adige et pris part à la terrible bataille d’Arcole. Ses pertes furent considérables durant les trois jours de la bataille. Il participa ensuite à la poursuite de l’ennemi et les rejeta jusque dans les gorges du Tyrol.

 1797 : [5]

En 1797, le régiment participe au combat d’Anghiari, où seules les 2ème et 5ème compagnies du régiment donnèrent. Elles fondirent sur les Autrichiens et leur enlevèrent des canons, des caissons et des prisonniers. Le 16 janvier, elle servit à la bataille de la Favorite où Provera mit bas les armes. Il poursuivit l’ennemi, l’attaqua à Trévise, puis le lendemain, deux escadrons conduits par Muller, attaquèrent une colonne autrichienne en fuite. Le 11 mars, le régiment eut encore une rencontre à Lovadina avec la cavalerie autrichienne, combat longtemps disputé, mais qui se termina par une victoire des Français. Les Autrichiens furent rompus et le 12 mars, le 4ème escadron passa la Piave et rejeta les uhlans jusqu’à Conegliano. Le régiment combattit au passage du Tagliamento et conduisit plusieurs charges, poussa des reconnaissances jusqu’à Gradisca. Le 4ème escadron de Mathis s’empara du Nogardo après une brillante attaque et le 19 mars eut un combat à Gradisca. La cavalerie impériale fut à nouveau rompue et défaite, elle perdit une cinquantaine de hussards de Toscane et reçut les félicitations de Bonaparte. Ayant atteint Adelsberg, le 1er de hussards atteignit Laybach et Trieste, mais l’armistice de Leoben mit fin aux combats et à la campagne.

 1800 :

Il servit ensuite à l’armée de Réserve et à la bataille de Marengo, le 14 juin 1800.

Chef de brigade du régiment[6] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Picard,

En 1803 : chef de brigade Le Rouvillois.

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Portraits :

Chef de brigade Philippe Glad. Lieutenant quartier-maître trésorier du régiment de Bercheny (1789). Il était chef d’escadron lorsqu’il rédigea ce rapport en 1792. Nommé chef de brigade (8 mai 1793), il commanda le régiment contre les rebelles de Lyon au cours de l’été et de l’automne. Il tint ensuite garnison à Bourg jusqu’en janvier 1794[7]. Commandant le régiment, il se retira après la bataille de Lodi, le 10 mai 1796.

Chef de brigade Bougon, remplaça Glad dans son commandement après la bataille de Lodi. Tué le 3 août 1796, à la 1ère bataille de Castiglione.

Chef de brigade Carové successeur de Bougon, Carové fut tué à la bataille de Roveredo où « il se jeta dans la mêlée à la tête d’une centaine de hussards et fut tué en combattant avec la plus rare bravoure ».

Chef de brigade Picard, il prit le commandement du régiment le 17 septembre 1796.

Chef d’escadron Mesmer, fit prisonnier un bataillon de Colloredo à la bataille de la Favorite le 16 janvier 1797.

Chef d’escadron Muller, s’illustra le lendemain du combat de Trévise (janvier ou février 1797), où « il poussa une reconnaissance et se trouva en face d’une colonne nombreuse. Quoiqu’il n’eût avec lui que deux escadrons, il la fit charger. Une centaine d’Autrichiens furent tués ou blessés, Schneider, hussard de la 5ème compagnie en mit lui seul 11 hors de combat ».

Capitaine Mathis, commandant l’un des escadrons du régiment, il s’illustra lors du passage du Pô, le 8 mai 1796. Il se distingua encore au combat de Trévise, à la tête du 4ème escadron qu’il commanda (janvier ou février 1797), où il enleva 50 chevaux à l’ennemi, enfonça la cavalerie autrichienne et la poursuivit jusqu’à Lovadina. Le 4ème escadron de Mathis s’illustra encore le 11 mars 1797 au combat de Lovadina, puis le 12 lors de la poursuite des Uhlans autrichiens qui furent repoussés jusqu’à Conegliano. Après la bataille du passage du Tagliamento, le 4ème escadron toujours conduit par Mathis, s’avança jusqu’au village de Nogardo, occupé par l’ennemi, chargea et enleva la position.

Capitaine Marteau, grièvement blessé au combat du 4 septembre 1796.

Capitaine Apsel, prit le commandement du régiment à la mort de Carové.

Lieutenant Georges, grièvement blessé au combat du 4 septembre 1796.

Lieutenant Bohn, s’illustra à la bataille de Roveredo.

Lieutenant Morin, s’illustra à la bataille de Roveredo.

Sous-lieutenant Rodvelche, resta sur le champ de bataille de Lodi, le 10 mai 1796.

Sous-lieutenant Boshertz, s’illustra à la bataille de Roveredo.

Adjudant Greff, s’illustra à Borghetto, le 30 mai 1796, où il fit prisonnier un officier supérieur de la cavalerie napolitaine. Il s’illustra encore à la bataille de Roveredo.

Maréchal des logis Neiderst, s’illustra à la bataille de Roveredo.

Maréchal des logis Weber, s’illustra à la poursuite des Autrichiens après la prise de Trente, sur les bords du Lavis où « il s’engagea avec un sous-officier autrichien et fut grièvement blessé, il força néanmoins son adversaire à lui rendre ses armes et le fit prisonnier ». Il s’illustra encore le 16 septembre 1796 où « les maréchaux des logis Hans et Weber, le trompette Jacob, tombés dans une division de uhlans, ne craignirent pas de la sommer, et ce qu’il y eut de plus singulier encore, ils lui firent mettre bas les armes ».

Maréchal des logis Hans, s’illustra le 16 septembre 1796, où « les maréchaux des logis Hans et Weber, le trompette Jacob, tombés dans une division de uhlans, ne craignirent pas de la sommer, et ce qu’il y eut de plus singulier encore, ils lui firent mettre bas les armes ».

Trompette-major Plumelin, s’illustra au combat de Bassano en octobre 1796, où il fit prisonnier le colonel des hussards de Berdedy.

Trompette Jacob, s’illustra le 16 septembre 1796, où « les maréchaux des logis Hans et Weber, le trompette Jacob, tombés dans une division de uhlans, ne craignirent pas de la sommer, et ce qu’il y eut de plus singulier encore, ils lui firent mettre bas les armes ».

Hussard Roize, volontaire au 1er régiment de hussards le 15 vendémiaire an II. Nommé sous-lieutenant au 20ème régiment de dragons (an VI). Prisonnier de guerre par les Anglais (1799). Rentra la même année (1er thermidor). Lieutenant (3 messidor an VIII), capitaine (1er brumaire an IX). Aide de camp du général Davout. Chef d’escadron au 1er régiment de cuirassiers en remplacement de Berckeim (16 mai 1806). Major au 14ème régiment de dragons (1807). Chevalier de la Légion d’honneur, blessé aux batailles de Iéna et de Hoff[8].

Hussard Grasse, s’illustra à la bataille de Roveredo.

Hussard Marchet, s’illustra à la bataille de la Favorite, le 16 janvier 1797, où il enleva un drapeau.

Hussard Schneider, s’illustra le lendemain du combat de Trévise (janvier ou février 1797), où :

« le chef d’escadron Muller poussa une reconnaissance et se trouva en face d’une colonne nombreuse. Quoiqu’il n’eût avec lui que deux escadrons, il la fit charger. Une centaine d’Autrichiens furent tués ou blessés, Schneider, hussard de la 5ème compagnie en mit lui seul 11 hors de combat ».

 

Nicolas-François baron Christophe, né le 23 septembre 1770 à Nancy, frère du général Jean-François Christophe. Sous-lieutenant au 2ème régiment de hussards en qualité de fils de citoyen actif du 24 juillet au 20 août 1792. Il passa capitaine au 1er régiment de hussards (1er mars 1793), servant alors à l’armée de Moselle, puis aux armées du Nord, du Rhin, d’Helvétie de 1793 à 1799. Chef d’escadron à la suite du 7ème régiment de dragons (26 octobre 1799), il servit aux armées d’Italie et de Naples de 1799 à 1803. Major au 24ème régiment de chasseurs à cheval (29 octobre 1803). Il servit aux armées d’Italie et de Dalmatie entre 1805 et 1806, colonel à la suite du 24ème régiment de chasseurs à cheval (2 février 1807), colonel du 25ème régiment de chasseurs à cheval (22 mars). Division Sahuc à l’armée d’Italie (1809), baron de l’Empire (1810), division Chastel en Russie (1812), officier de la Légion d’honneur (22 août), blessé d’un coup de biscaïen qui lui traversa la cuisse gauche à la Moskova (7 septembre). Rentra au dépôt de son régiment (6 février 1813) et fut nommé général de brigade (25 mars). Admis à la retraite (10 juillet), mais remis en activité (janvier 1814), membre du conseil d’administration du dépôt général de cavalerie de Versailles, chevalier de Saint-Louis (20 août), il fut mis en non-activité (septembre) puis à nouveau en retraite (mars 1816). Il mourut à Versailles, le 14 août 1839.

 Article de Laurent B. et Frédéric Pradal

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[1] Journal Militaire de 1792, p. 394.

[2] Journal Militaire de 1793, p. 325, décret de la Convention Nationale du 13 mai 1793.

[3] Journal Militaire de 1793, p. 500.

[4] Selon L’histoire régimentaire et divisionnaire de l’armée d’Italie en vertu des ordres du général en chef Bonaparte par les chefs de corps ou les conseils d’administration, 1844, p.244 à 247.

[5] Selon L’histoire régimentaire et divisionnaire de l’armée d’Italie en vertu des ordres du général en chef Bonaparte par les chefs de corps ou les conseils d’administration, 1844, p.244 à 247.

[6] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de Vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 44.

[7] Note transmise par Frédéric Pradal.

[8] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de Cuirassiers, p. 344.