19e régiment de chasseurs à cheval

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Le 19ème régiment de chasseurs à cheval :


Formation :

Il comprenait six escadrons qui combattirent dans diverses armées et étaient issus de la dissolution de la légion de Rosenthal.

Historique :

1793 :

Le 19e régiment de chasseurs à cheval fut formé le 9 juin, à partir de la légion de Rosenthal, créée en 1792 et formée de 237 chasseurs à pied et 75 à cheval. Le 22 mai, la Convention, par décret, prorogea le terme fixé pour compléter le 19ème régiment de chasseurs à cheval du 1er juin au 1er octobre. Il servit d’abord à l’armée de l’Ouest puis à l’armée des Pyrénées Orientales.

Un détachement du régiment était présent à l’armée des Pyrénées-Orientales, avant-garde sous le commandement direct du général Dagobert, le 29 juillet et fort de 120 hommes[1]. Un escadron du régiment fut signalé comme s’étant mis en route d’Orléans, le 5 septembre, pour se rendre à Marseille[2].

Emile Gabory signale que des chasseurs du 19ème régiment furent tués dans le combat d’Ernée dans la Mayenne (durant la Virée de Galerne)[3].

1794 :

En 1794, il servit à l’armée du Nord, division Despeaux, en avant de Gand, le 3 juillet, et comptait 208 hommes. Le régiment servit au combat de Charleroi, il servit ensuite à la bataille de Fleurus, au siège de de Maëstricht et de Luxembourg, aux combats de Nivelles, d’Arlon, de Neufchâtel, au bois de Soignes et à Wahal. La même année au moins un escadron fut signalé à l’armée des Pyrénées-Orientales et se trouvait au combat du Boulou, à Bellegarde, à Colioures et à Saint-Laurent-de-la-Mouga.

1795 :

En 1795, il retourna à l’armée des Pyrénées.

1796 :

En 1796, il servit à l’armée de Sambre et Meuse. Le 29 pluviôse an IV, les 5ème et 6ème escadrons furent incorporés dans les quatre premiers, dont la force se montait alors à 516 hommes présents sous les armes, et 250 au dépôt.

1797 :

Il quitta l’armée de Sambre et Meuse et il rejoignit l’armée d’Italie, le 20 mars. Il arriva sous les murs de Gradisca après la prise de la ville et fut envoyé à la division d’avant-garde du général Murat. Il poursuivit l’ennemi toute la journée du 21 mars, et le rencontra le lendemain en avant de Gorizia sur la route de Laybach. La cavalerie ennemie, nombreuse, attendit les Français. Sans chercher à attendre les renforts qui suivirent le régiment, le 19ème de chasseurs à cheval s’élança sur l’ennemi malgré la différence du nombre et fit de nombreux prisonniers. L’infanterie autrichienne masquée derrière des haies et des fossés empêcha le régiment de faire totalement prisonnier le corps de cavalerie ennemi, qui laissa 60 prisonniers et de nombreux tués et blessés. Le régiment déplora la perte d’un capitaine, d’un maréchal des logis et de trois chasseurs[4].

1798-1800 :

En 1798 il continua de servir à l’armée d’Italie, où il resta jusqu’en 1800. Alors qu’il était en Italie, un rapport d’inspection du 30 prairial an VI (18 juin 1798) révéla un régiment à :

« L’instruction nulle. Le régiment ne connaît pas les premiers principes des manœuvres, les chasseurs ne montent à cheval que par routine ». De même si « la tenue est bonne, mais non conforme aux règlements militaires, dans l’arrangement du shako, de la cravate et de la coiffure. L’habillement et l’équipement sont bons. Il manque beaucoup de sabres et de carabines. Le général rappelle pour la tenue le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline des troupes à cheval du 24 juin 1792. Le commandant du régiment doit aussi sentir la nécessité de donner promptement des cocardes nationales à tout le régiment qui n’en porte aucune ».

1801-1803 :

Il passa ensuite à l’armée de l’Intérieur puis à l’armée de l’Ouest en 1801. En l’an VIII, alors en garnison dans la 17ème division militaire, le régiment portait le dolman et surtout vert, parements et collet aurore, shako noir, garni de blanc avec turban aurore. En l’an XI, à l’issue d’une nouvelle inspection, la tenue fut trouvée : « Peu satisfaisante tant pour les officiers que pour les sous-officiers et chasseurs », ce qui est due au manque de fournitures : « ce régiment réclame ses remplacements de l’an 10 qu’il n’a pas reçus, il n’a que des dolmans et n’a pas de surtouts ».

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Chefs de brigade[5] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Louis Brue.

Portraits :

Armand-Charles Filleul, né à Passy vers 1771, grenadier dans le 1er bataillon de Paris, il obtint un brevet de sous-lieutenant au 50ème régiment d’infanterie (13 mars 1793). Adjoint aux Etats-majors (1795), capitaine au 19ème régiment de chasseurs à cheval (1800), aide de camp du général Ferrand à Saint-Domingue de 1802 à 1809. Il passa chef d’escadron au 4ème régiment de chasseurs (1811) et il fut fait prisonnier au passage de la Bérézina (1812). Il rentra en France et devint lieutenant-colonel (1830), aide-major de la place de Paris de 1815 à 1832, retraité (1834), il était chevalier de Saint-Louis et de la Légion d’honneur.

Antoine Geny, né le 25 janvier 1771 à Argentant, Orne. Volontaire au 1er bataillon de l’Orne (20 septembre 1791). Cavalier au 27ème régiment de cavalerie (20 mars 1793). Chasseur au 19ème régiment de chasseurs à cheval (12 septembre), brigadier (21 mars 1795), maréchal des logis (2 août 1798), maréchal des logis chef (26 juillet 1803), sous-lieutenant (6 juin 1807). Il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine (22 mai 1809) à Essling, lieutenant (31 août 1810), capitaine (30 septembre 1812). Officier servant au 4ème escadron du 19ème régiment de chasseurs à cheval (février 1813). Il fut blessé d’un coup de sabre au bras droit à Freiberg (29 août). Il fut grièvement blessé de six coups de lance (19 septembre) à l’affaire de Borach, en Saxe. Il passa au 10ème régiment de chasseurs à cheval (1er septembre 1814). Il demanda à toucher sa retraite à Versailles (25 novembre 1815). Chevalier de la Légion d’honneur le 25 janvier 1816.

 

Lieutenant Joackim, s’illustra au combat de Gorice, le 22 mars 1797. Il fut ensuite nommé capitaine.

 

Capitaine Lambertini, fut tué au combat de Gorice, le 22 mars 1797.

François-Séverin Marceau-Desgraviers, né à Chartres en mars 1769. Soldat au régiment d’Angoumois (1785). Entra dans la Garde nationale parisienne (juillet 1789). Elu capitaine de la 2ème compagnie du 1er bataillon d’Eure-et-Loir (6 novembre 1791), adjudant-major (1er décembre), lieutenant-colonel en second (25 mars 1792). Il servit au siège de Verdun et porta au roi de Prusse la capitulation de la place (2 septembre). Il passa sur sa demande dans les cuirassiers légers de la légion germanique (4 septembre). Il servit en Vendée, passa capitaine au 19ème régiment de chasseurs à cheval (1er mai 1793). Il sauva le représentant du peuple Bourbotte des rebelles lors du désastre de Saumur (10 juin). La Convention déclara dès le 13 juin qu’il avait bien mérité de la Patrie. Il servit à la division de Luçon sous le général Lecomte et signala à la bataille de Luçon (14 août), puis à celle de Chatonnay (5 septembre). Adjudant-général puis général de brigade (16 octobre) après sa belle conduite à la bataille de la Tremblaye. Il contribua grandement à la victoire de Cholet (17 octobre) puis il fut promu général de division (10 novembre). Il poursuivit les Vendéens sans relâche, combattit à Antrain (18 novembre). Il fut nommé à titre provisoire commandant de l’armée de l’Ouest (27 novembre). Il fut vainqueur à la bataille du Mans (13 décembre), puis à Savenay (23 décembre). Dès le 25 décembre, malade et écœuré par les massacres, il quitta son commandement et obtînt un congé (30 décembre). Il demanda expressément à servir aux frontières et il fut envoyé à l’armée des Ardennes (avril 1794). Il commanda une nouvelle division créée le 8 mai puis passa à l’armée de Sambre et Meuse. Il prit Thuin (10 mai) puis commanda l’avant-garde de l’armée des Ardennes (27 mai). Commandant deux divisions, Mayer et Marceau (juin) il commanda l’extrême droite des forces républicaines à  la bataille de Fleurus. Armée de Sambre-et-Meuse, commandant de division, il servit à la bataille de l’Ourthe (2 octobre). Servit au blocus de Mayence sous Michaud (avril 1795). Il assiégea Ehrenbreistein (septembre) et repassa le Rhin. Il se défendit à Neuwied (18 octobre), s’empara des gorges de Stromberg (10 novembre). Accablé par les Autrichiens, cerné, il se fit jour par la force et rejoignit les Français (7 décembre). Il fut encore vainqueur à Soultzbach (17 décembre) et signa un armistice avec le général autrichien Kray (31 décembre). Commanda les trois divisions de l’aile gauche de l’armée de Sambre et Meuse et surveilla le Rhin (août 1796) avec quatre divisions. Il s’empara le 29 juillet du fort de Koenigstein et couvrit la retraite de l’armée, il combattit à Limburg (16 septembre), à Freylingen le 18 et arrêta l’ennemi à Altenkirchen, c’est là le 19 septembre, qu’un chasseur tyrolien le blessa au côté gauche d’une balle. Porté chez le commandant prussien de la ville, il agonisa et mourut à 3 heures du matin, le 21 septembre. Il fut inhumé à Petersberg et honoré par ses ennemis. A l’anniversaire de sa mort, il fut incinéré et ses cendres recueillies et placées dans une urne déposée dans un tombeau en forme de pyramide élevé selon les plans du général Kléber, il était le fils du procureur du bailliage de Chartres.

 

Le volontaire Niou,

« il s’était engagé très jeune, était capitaine au 19ème de chasseurs à cheval, le général Dufour venait d’emporter les redoutes de Pellingen près de Trèves en 1795. Les autrichiens ayant une cavalerie quatre fois plus nombreuses que celle du général français font un retour offensif, il fallait briser ce choc ou se résoudre à être écrasé dans les retranchements, conquis, il est vrai, mais non pas encore mis en état de défense. Le général Dufour ordonne à Louis Niou de charger avec sa troupe légère la masse presque impénétrable de la cavalerie autrichienne, le jeune homme lui dit « où m’envoies-tu ? A la mort, mais à la Gloire ! Marche, répond le général, l’impétueux Niou vole, tandis qu’il arrête, renverse ou dissipe l’ennemi, il laisse à son général le temps de former son infanterie encore en désordre et d’occuper les redoutes, le jeune Niou perd son cheval, dans le combat, il abat un cavalier autrichien, s’empare de sa monture, il a la joue coupée d’un coup de sabre, l’épaule et le bras fracassés, il reparaît vainqueur, et tandis que son sang ruissèle, il jouit de son triomphe dans les bras de son général »[6].

 

Lieutenant Peyrot, s’illustra au combat de Gorice, le 22 mars 1797. Il fut ensuite nommé capitaine.

 

Enrôlements dans le régiment, registre d’enrôlement pour les troupes de ligne, Dijon février 1792 – mai 1793, archives municipales de Dijon, 1 H :

 

Pierre Forey, fils de Jean, jardinier et de Marie Lanuinière, né le 28 mars 1767, 5 pieds et 5 pouces, cheveux et sourcils roux, yeux gris, barbe rousse, nez bien fait, bouche petite, menton a fossette, a déclaré vouloir servir dans le 19e régiment de chasseurs à cheval et a signé, le 19 prairial de l’an 2.

 Article de Didier Davin, Jérôme Croyet et Laurent B.

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[1] Chuquet, Dagobert, p. 441 et 442.

[2] Journal Militaire de 1793, p. 659.

[3] Emile Gabory, Les Grandes Heures de Vendée, p. 291.

[4] G. Fabry, Rapports historiques des régiments de l’armée d’Italie pendant la campagne de 1796-1797, p. 564.

[5] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 42 et 43.

[6] Emile Cère, Les Petits Patriotes, p. 167 et 168.