19e bataillon de chasseurs

infanterie-legere-1792

Le 19ème bataillon des chasseurs :

 

Date de formation : Il fut formé le 28 février 1793, à Toul.

Formation :

 Il fut formé avec six compagnies de chasseurs de la Meurthe levées par le citoyen Dutruy.

Historique :

 1793 :

 Il fut dirigé sur la Vendée où nous le retrouvons comme composante de la garnison de Fougères dans l’Ille-et-Vilaine, le 30 octobre 1793. Les Vendéens ayant passé la Loire, ils se s’emparèrent de Laval et marchèrent sur Mayenne.

La défense de Fougères :

 Alors que l’armée vendéenne approchait, la garnison concentrée à Fougères se composait :

 Commandant en chef : adjudant-général Brière, sous le commandement supérieur du général Peyre commandant le département de la Manche. Brière était un officier courageux et énergique mais très ardent, il manqua selon Lemas des connaissances militaires nécessaires pour se défendre avantageusement. Il n’écouta pas les conseils avisés de l’officier d’artillerie Obenheim qui lui conseilla de se tenir sur la défensive et de se fortifier dans Fougères.

 Bataillon de chasseurs de la Charente

 19ème bataillon d’infanterie légère

 Trois autres bataillons de volontaires dont le 8ème du Calvados, le 6ème bataillon de la Côte d’Or et le bataillon de grenadiers et de canonniers de Coutances.

 Une compagnie détachée de canonniers, la compagnie des canonniers du Contrat Social.

 Enfin, 3 à 4 000 hommes des gardes nationales des bourgs de Fougères, Saint-Georges (Ille-et-Vilaine), Louvigné (Ille-et-Vilaine), Saint-Marc-le-Blanc (Ille-et-Vilaine), Saint-Georges-de-Reintembault (Ille-et-Vilaine), Mortain (Manche), Viré (Calvados), Coutances (Manche), Granville (Manche).

Le chef de la Garde nationale de Fougères, Boissier-Malherbe, avait été destitué par le représentant du Peuple Pocholle dénoncé par le Comité de Surveillance, il fut détenu chez lui. Le drapeau se trouvait encore chez cet homme, lorsque l’adjudant-général Brière en fut informé le 31 octobre. Le général Peyre, donna l’ordre de célébrer une cérémonie où les défenseurs et les habitants jurèrent fidélité à la république devant l’arbre de la liberté et de défendre la ville jusqu’à la mort. La cérémonie eut lieu, alors que le 1er novembre, l’armée vendéenne qui venait de quitter Laval, marchait sur Mayenne[1].

 Le 1er novembre, les Vendéens dispersèrent « l’armée » du général Lenoir formée de 17 000 hommes de levée en masse. Il n’y eut pas de combat, en un instant, les républicains se débandèrent et s’enfuirent, le général Lenoir resta quasiment seul avec le représentant Letourneur, ils durent fuir et se replièrent sur Alençon.

Le combat d’Ernée, 2 novembre :

 L’armée vendéenne n’arriva sur place à Mayenne que dans la soirée et trainant avec elle beaucoup de malades et de blessés. D’après un espion des républicains, ils laissèrent 200 personnes dans un hôpital, la dysenterie faisait déjà des ravages dans les rangs des rebelles, ils en mouraient chaque jour beaucoup. L’arbre de la Liberté fut coupé, un citoyen fut massacré pour n’avoir pas voulu crier « Vive le Roi » et les maisons des habitants sans distinction furent pillées par les Vendéens, ils avaient faim et manquaient de tout. Après un séjour d’une nuit dans la ville de Mayenne, les Vendéens se remirent en marche le lendemain pour Ernée, en Ille-et-Vilaine. Le 8ème bataillon du Calvados et les bataillons de réquisitionnaires qui défendirent Ernée n’attendirent pas les Vendéens, comme à Mayence, ils s’enfuirent. Le général Brière envoya le bataillon des chasseurs de la Charente qui à marche forcée arriva à Ernée le 2 novembre, au moment où l’avant-garde vendéenne entra dans la ville. Ils repoussèrent cette avant-garde et poursuivirent hardiment les insurgés, mais ils tombèrent bientôt sur le gros des forces vendéennes, ils étaient peut-être  à un contre vingt, sans doute plus. Ils furent totalement écrasés par l’armée royaliste, les Charentais malgré des prodiges de bravoure furent massacrés, à peine la moitié revint à Fougères dans la plus grande panique. Les Vendéens prirent Ernée, pillèrent les grains et les fourrages, brûlèrent les archives. C’est ici que Lescure rendit son âme à Dieu, le Saint du Poitou était mort. Dans la soirée du 2, le district de Fougères fit partir tous ses registres, ses caisses, les barils d’argenterie du district de la commune pour Rennes, escortés des administrateurs Foubert et Vigron. Le 3 au matin, le convoi arriva à Rennes, les Vendéens étaient proches de Fougères.

La bataille de Fougères, 3 novembre :

 Le 2 novembre, trop tardivement, les troupes et la population creusèrent fébrilement des retranchements, la route de Laval fut coupée, à toutes les portes de Fougères, des pièces de canon furent placés aux portes, l’officier du génie Obenheim fit son maximum pour convaincre Brière de se retrancher dans la ville, mais le général Brière ne l’entendit pas de cette oreille. Il plaça le 19ème bataillon d’infanterie légère à plus d’une lieue en avant de la ville en face d’Ernée et marcha, le dispositif était lâche et vers 10 heures du matin, l’armée vendéenne se mit en route pour Fougères. Stofflet conduisit l’avant-garde avec les tirailleurs, La Rochejaquelein disposa son armée en bataille en trois corps, le centre la colonne la plus faible suivit la route. Deux colonnes à droite et à gauche flanquèrent le centre. Derrière avançait la cavalerie du prince de Talmont et de Forestier, l’arrière garde était composée d’un imposant convoi de voitures chargées de munitions et de vivres, mais aussi de blessés et accompagnée par des milliers de femmes et de civils, à pied ou à dos de cheval, sur des chariots tirés par des bœufs. L’avant-garde vendéenne tomba sur celle de Brière et le 19ème bataillon d’infanterie légère. Ils ouvrirent le feu et chargèrent pensant l’ennemi en petit nombre. Les Vendéens sur le commandement de La Rochejaquelein reculèrent et s’enfuirent, les républicains chargèrent, ils ne virent pas le danger. De gauche et de droite surgirent les deux colonnes vendéennes qui prirent de flanc le 19ème bataillon d’infanterie légère. Il fut accablé et écrasé, encerclé. Ses hommes refusèrent de se rendre et préférèrent la mort. Ce sacrifice ne fut pas inutile, un tiers de l’effectif pu s’enfuir en désordre et rejoindre Fougères, où par ailleurs ils jetèrent l’épouvante dans la garnison. Devant Fougères le combat se poursuivit, les canonniers du Contrat Social se défendirent avec courage, les bleus tinrent la ligne durant une heure et demie. Mais les excellents tirailleurs de Stofflet étaient de bons tireurs, ils firent un feu dévastateur et les hommes tombèrent les uns après les autres. Soudain, la cavalerie de Talmont surgissant sur l’arrière de la ville de Fougères, à l’arrière des bleus, déclencha la panique, 400 défenseurs chargés de défendre ce côté, s’enfuirent sans autre forme de procès et s’enfermèrent dans  le château de Fougères. Les Vendéens pénétrèrent dans la ville, 300 royalistes furent libérés des geôles républicaines, puis marchèrent ensembles sur la première ligne républicaine ainsi totalement tournée. Le sauve qui peut devint général. Dans toutes les directions les hommes tentèrent de s’enfuir, poursuivis par les Vendéens qui ne firent pas de quartier. Toutes les maisons furent fouillées de haut en bas et les soldats républicains pris furent fusillés sans miséricorde. Les 400 soldats du château furent fait prisonniers et les Vendéens se contentèrent de leur couper les cheveux et de les renvoyer. Les autres furent traités selon l’officier du génie Obeheim d’une manière honteuse, ce fut une véritable boucherie, Crétineau-Joly raconte :

« on massacre tout ce qui se présente sous l’habit militaire, on investit les habitations, on en fait sortir ceux qui s’y sont ménagés une retraite, et ils meurent sous le fer des prisonniers que peu d’heures auparavant ils allaient immoler ». Beauchamp dans son Histoire de la Guerre de Vendée, dit « des soldats se jettent dans les maisons et s’y cachent pour échapper à la mort, mais les Vendéens les poursuivent et ne leur font point de quartier, aussitôt découverts, aussitôt fusillés ».

Un autre historien Th. Muret dans son livre Les guerres de l’Ouest dit simplement que les fusillés furent d’anciens prisonniers bleus tondus et ayant trahis leur serment de ne plus servir contre le Roi. A la mairie, le maire Le Sueur et des notables patriotes furent faits prisonniers. Théodore Lemas raconte à leur sujet :

 

« Ils furent entrainés au château, entourés d’une foule de vendéens, déjà ivres. Ils descendirent la rue de la Pinterie presqu’au milieu d’une obscurité complète, obscurité qui permit à quelques-uns de s’échapper, la pluie qui n’avait cessé de tomber toute la journée, augmentait la confusion, et le trouble de cette troupe […] Dans la cour du château au milieu des cadavres qui couvrent le sol, Le Sueur revêtu de son écharpe tricolore est fusillé contre le mur de la tour Raoul, ses compagnons partagent le même sort, leur nombre et leur qualité a été oublié »[2].

 

 Embrigadement/amalgame :

 1ère formation :

 La 19ème demi-brigade légère fut formée selon Belhomme[3] à Granville, le 2 mai 1794. Sa formation comprenait le 19ème bataillon de chasseurs, le 8ème bataillon des Vosges et le 7ème bataillon de la Manche.

 2ème formation :

 Elle fut versée en seconde formation dans la 6ème demi-brigade légère.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Théodore Lemas, Un district Breton durant les guerres de l’Ouest et de la Chouannerie, 1793-1800, p. 53 à 54.

[2] Idem, p. 62.

[3] Belhomme, Histoire de l’infanterie en France.