18e régiment de dragons Roi

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Le 18ème régiment de dragons ci-devant du Roi :

 

 Ouvrage de référence : F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, 1744-1894.

 

 Historique :

En 1789, le régiment était en garnison à Aix. Il passa à Albi puis Castres en 1790. Il députa à la Fête de la Fédération du 14 juillet, à Paris, le lieutenant Brochier, le maréchal des logis chef Bernière, les appointés, Fieuse et Delmas. En 1791, il passa à Carcassonne et à Narbonne, composé de trois escadrons de deux compagnies.

 1792 :

En garnison à Montpellier en janvier, effectif de 437 hommes. Le 1er mars, il était en garnison à Narbonne avec 485 hommes. Le régiment fut d’abord désigné pour l’armée du Midi, deux escadrons se mirent en campagne et rejoignirent Narbonne, puis le 1er mai Avignon, camp du Var[1].

Le 10 août, fort de 270 hommes, deux escadrons, il était toujours au camp du Var sous les ordres du général d’Anselme. Il se trouvait au mois de septembre dans les rangs de la 3ème brigade du général Lasalcette, armée du Midi (général Anselme). Brigade formée avec le 2ème et 3ème bataillon des volontaires du Var et 1er bataillon des volontaires de l’Hérault.

Le 29 septembre, il était à l’avant-garde de la division, passa le Var à gué et entra dans Nice le lendemain. Il contribua à la prise de la ville et du château de Villefranche, où un matériel de guerre considérable fut enlevé ainsi que 100 canons. Le régiment fut envoyé à la poursuite de l’ennemi. Durant cette action, le capitaine Macquart avec 50 dragons, s’avança sur Saorgio, provoquant la panique des Piémontais qui laissèrent derrière eux quantité d’équipages, d’armes, de vivres et de munitions. La poursuite fut stoppée devant la position retranchée de Saorgio. Le régiment prit alors ses quartiers d’hiver et fut cantonné à Nice et Sospello. Mais il fut désigné pour l’armée des Pyrénées-Occidentales et se déplaça jusqu’à Carcassonne (28 décembre)[2].

 1793 :

Il reçut l’ordre de rejoindre l’armée et le 26 avril, fort de quatre escadrons, il atteignit Saint-Jean-Pied-de-Port, puis fut envoyé à Bayonne. Les Espagnols prirent l’offensive, 15 000 d’entre eux passèrent la Bidassoa, surprirent le camp de Sarre et rejetèrent les Français sur Bayonne. Le 4 mai, le régiment était réparti sur la Nive, dont il devait défendre le passage, un détachement fort de 180 hommes, commandé par le lieutenant-colonel était cantonné à Cambo, Ustaritz et Villefranque, un capitaine et 32 hommes étaient à Saint-Jean-de-Luz, le reste du régiment avec le colonel, à Biarritz. Il resta en position tout le mois de mai sur cette ligne.

Le 22 juin, après minuit, les Français se mirent en marche, formant cinq colonnes d’attaque, qui enlevèrent d’assaut le camp des Espagnols (combat du camp de Louis XIV), qui se réfugièrent sur la montagne de Louis XIV dans une position retranchée, hérissée de 40 pièces de canons de gros calibres. La montagne fut enlevée, les Espagnols perdirent 60 tués, 200 blessés et 15 prisonniers, 130 dragons du 18e participèrent à cette action. Le sous-lieutenant Laval fut blessé d’un coup de feu à la main droite, le dragon Chauvin fut mis à l’ordre de l’armée pour être entré le premier dans la redoute avec le colonel d’infanterie Wittot. Le 23 juillet, les Espagnols, fort de 3 000 fantassins, 400 cavaliers et quelques canons, traversèrent la Bidassoa et attaquèrent les Français en avant d’Urugue. Le colonel Robert du 18e de dragons, avec 90 dragons et 30 gendarmes à cheval mis en déroute leur aile gauche, coupant le régiment de Léon, le maréchal de camp Roufignac, le colonel du régiment, 12 officiers et 193 hommes furent faits prisonniers. Les Espagnols furent repoussés avec pertes laissant 150 hommes sur le terrain et quelques noyés dans leur fuite en voulant repasser la Bidassoa. Le sous-lieutenant Douce fut blessé de cinq coups de sabre à la tête, le lieutenant Bouvaquier de trois coups de sabre, un à la tête, deux au bras droit. Le dragon Chauvin fut encore cité à l’ordre de l’armée ayant tué deux cavaliers espagnols, la cuisse fracassée d’un coup de pistolet et s’étant écrié « sans ce maudit coup, j’en aurais tué un troisième »[3]. Pour perpétuer cette action héroïque, la Convention Nationale donna à la ville de Saint-Jean-de-Luz, le nom de Chauvin-Dragon. Le colonel Robert ayant été nommé général de brigade, il fut remplacé par Brochier à ce poste. Par la suite, il n’y eut plus d’actions notables, le 11 novembre il cantonnait à Saint-Jean-de-Luz. Un détachement de 34 hommes et 14 aux hôpitaux se trouvait le 21 décembre dans les brigades détachées de l’armée des Alpes. Le régiment se trouvait toujours à la fin de l’année à l’armée des Pyrénées-Occidentales[4].

 1794 :

D’après les dispositions générales, le régiment devait se renforcer jusqu’à 200 hommes par escadron dont le nombre devait être porté à six. Les Espagnols tentèrent une attaque contre le camp des Sans-culottes, le 5 février. Ils lancèrent 14 000 fantassins, 700 cavaliers et une nombreuse artillerie. Les avant-gardes françaises furent repoussées, le camp subit un assaut de sept heures contre un ennemi trois fois plus nombreux. Les Espagnols furent à nouveau repoussés, les pertes totales furent de 250 morts et 800 blessés dont les deux tiers espagnols. Le 7 mars, le lieutenant David fut blessé dans une reconnaissance d’un coup de feu au côté gauche.

Le 16 juillet, le régiment fut engagé dans le combat de Bastan, division du général Moncey, 13 bataillons et 700 chevaux, dont deux escadrons du 18e avec huit pièces de canons. Elle se lança à l’attaque des Espagnols, qui furent repoussés au-delà d’Ellisondo, laissant 200 prisonniers, quatre canons et 6 000 fusils ainsi qu’une grande quantité de munitions. La cavalerie était commandée par le général Caillet. Le 18e de dragons assista à la prise de la redoute du Commissaire, de celle de Marie-Louise et du fort de Sainte-Barbe, le 25 juillet. Deux escadrons assistèrent avec le colonel Brochier au bombardement de la place de Fontarabie, à la prise du camp de Saint-Martial et à la défaite des Espagnols à Fontarabie, le 1er août. La ville capitula ce jour, laissant 5 drapeaux, 200 canons, 2 000 prisonniers, 10 000 fusils et 40 000 projectiles sans parler des effets militaires divers alors que l’armée des Pyrénées-Occidentales manquait de tout. Les fusils des dragons avaient été retirés pour être donnés aux nouvelles troupes d’infanterie dès 1792.

Le 3 août, le général Müller, commandant de l’armée, se lança à l’attaque de Renteria, de Lezo et du col du Passage à la tête de 6 000 hommes, dont un escadron du 18e de dragons. Les positions furent prises, la ville de Saint-Sébastien dut capituler, laissant entre les mains des Français, 2 000 prisonniers, 130 canons, 800 milliers de poudre et des magasins remplis diverses denrées. Le 5 août, l’armée fut réorganisée de quatre à trois divisions, quatre escadrons du 18e de dragons furent attachés à la 1ère division du général Frégéville, chargée de défendre Saint-Sébastien, les deux autres furent attachés à la division du général Moncey, chargée de défendre la vallée de Bastan et cantonnés à Ellisondo. Enfin, 33 dragons étaient détachés à la 2e division et cantonnés à Echalar. Le 19 août, deux escadrons furent envoyés à Tolosa que Frégéville avait pris le 9 et des détachements éparpillés à travers tout le pays. Le sous-lieutenant Le Berriais fut blessé d’un coup de feu. Le commandement de l’armée fut bientôt remis au général Moncey en remplacement de Müller (31 août). Le régiment pouvant difficilement vivre sur le terrain, il fut réuni à nouveau à Saint-Jean-de-Luz, le 25 septembre, puis cantonna à Saint-Sever.

Le 17 octobre, un détachement du régiment, attaché à la brigade du général Castelvert, participa à la bataille de Roncevaux. Les Espagnols furent chassés du col d’Arrair, les positions d’Orquin et Lanz furent prisent, puis celle de Biscarette. Dans cette dernière action, les Espagnols laissèrent 500 tués et blessés, 1 200 prisonniers et deux drapeaux. Le duc d’Ossuna qui commandait les Espagnols put s’enfuir in extremis en passant par des chemins difficiles et en abandonnant toute son artillerie dans la nuit du 17 au 18 octobre. Les Français ramassèrent 50 pièces de canon et leurs caissons et prirent les fonderies d’Orbaiceta et d’Eugny. Cette manœuvre permit également de commencer l’investissement de la place et ville de Pampelune, mais la dysenterie, un hiver rigoureux, le manque de vivres, contraignirent les Français à jeter l’éponge et à battre en retraite le 29 novembre. Pour couvrir cette manœuvre, les Français lancèrent une attaque les 27 et 28 novembre contre Bergara et Mondragon.

Cette attaque fut l’objet d’une bataille dans les gorges d’Ostir durant laquelle les Espagnols furent à nouveau vaincus laissant 1 000 hommes sur le terrain et 300 tués et 200 prisonniers le 28 novembre à Mondragon. L’armée effectua sa retraite en ordre, formée alors de cinq divisions, la 1ère dans la vallée d’Orola, la 2e division à Tolosa, la 3e division couvrant Hernanie, Saint-Sébastien, le Passage et Fontarabie, la 4e division occupant tout le cours de la Bidassoa, vallées de Bastan et Lérin et enfin la 5e division, à Saint-Jean-Pied-de-Port. Le régiment fort de 975 hommes était à l’arrière à Auch, avec un détachement de 134 hommes au Quartier-général de Saint-Jean-de-Luz[5].

 1795 :

Durant l’hiver, les maladies ravagèrent l’armée, le 9 janvier, plus de 18 000 hommes encombraient les hôpitaux, fièvres, mauvaise alimentation, la promiscuité aggrava encore la situation, une épidémie se déclara dans l’armée, se propageant à la population, 700 à 900 hommes mourraient chaque semaine dans les hôpitaux. La disette vint aggraver encore l’hécatombe, le pain manquant, il fut distribué à chaque soldat six onces[6] de riz, deux onces de légumes secs, une ration d’eau de vie et une de vinaigre, pendant 20 jours à partir du 15 mars. L’armée resta paralysée et en proie à ces difficultés jusqu’au mois de mai, la campagne ne commença que le 28 juin. Le 18e de dragons comptait 580 hommes à Auch, 260 à l’Etat-major général et dans les 3e et 4e divisions.

Le 28 juin, le 18e de dragons arriva à Tolosa puis se mit en marche pour Lécumbéry le 2 juillet, Salinas le 13, assista au combat à la prise de Bilbao le 17, avant d’être rattaché à la 1ère division. Le 23 juillet, il était à Vittoria, l’armée se préparait à investir Pampelune, mais la nouvelle de la paix de Bâle signée entre la France et l’Espagne mit fin aux hostilités. Le 17 août, la 1ère division quitta la Puebla, pour Vittoria, le 29 août elle se mit en marche pour rentrer en France. Le 18e de dragons cantonna à Mondragon, puis à Villaréal le 31, à Tolosa puis Saint-Jean-de-Luz le 3 septembre. Le régiment fut désigné pour rejoindre l’armée de l’Ouest. Un escadron atteignit Bordeaux le 20 septembre, les quatre escadrons en réserve à Auch furent envoyés avec tout le régiment à Niort, comprenant 1 101 hommes, avec son dépôt toujours à Auch fort de 221 hommes[7].

 1796 :

A l’armée de l’Ouest sous le commandement du général Hoche, le 18e de dragons prit part aux affaires de Saint-Vincent et Chantonnay où les Vendéens furent vaincus, puis à Saint-Fulgent où des patrouilles d’insurgés furent détruites. A Pouzanges, une poignée de dragons chargea une troupe de 400 Vendéens. Les dragons perdirent deux hommes et l’officier commandant le détachement, mais les insurgés furent sévèrement étrillés. La capture de Stofflet, le 26 février, puis celle de Charette, le 22 mars, à laquelle le régiment concourut, mirent bientôt fin aux combats. Le régiment fut réuni à Libourne, 4e escadron excepté, pour être dirigé à l’armée d’Italie. Dans les derniers jours de juillet, cinq escadrons du régiment furent dirigés vers Nice, l’armée d’Italie manquant cruellement de cavalerie. Le 4e escadron à Libourne fut envoyé à Bordeaux. Le gros du régiment fut envoyé à Milan où il arriva dans les premiers jours de novembre et fut passé en revue le 12 par le général Berruyer. Il comptait, 24 officiers, 126 dragons pour 23 chevaux d’officiers et 26 pour la troupe (Milan), 17 officiers et 161 hommes pour 15 chevaux d’officiers et 115 pour la troupe (Bordeaux), 8 officiers et 177 hommes pour 8 chevaux d’officiers et 102 chevaux pour la troupe (Marseille), un officier et 50 hommes aux hôpitaux, deux convalescents, deux en permission, trois en congé outrepassé, 9 détachés à Sospello, total général de 54 officiers, 526 dragons, 46 chevaux d’officiers, 243 pour la troupe, manquant de 283 chevaux. Le général Berruyer fit un rapport se plaignant que les régiments de cavalerie arrivant à l’armée étaient dépourvus des chevaux et matériels indispensables, plainte relayée par le général en chef Bonaparte au Directoire[8].

 1797 :

Le régiment fut placé à la réserve de cavalerie qui se trouvait à Villafranca, le 8 janvier. Bonaparte marcha sur les Autrichiens, laissant la division Augereau pour surveiller sur le bas Adige, le corps de Provera. Le 18e de dragons était réduit à 150 chevaux. Provera put surprendre le passage de l’Adige à Anghiari, le 14 janvier. Il construisit un pont de bateaux et passa le fleuve en marchant sur Mantoue alors bloqué depuis de longues semaines par l’armée française d’Italie. Les Français tentèrent de défendre le passage, une poignée de dragons du 18e régiment chargea environ 500 fantassins ennemis, qui furent fait prisonniers avec quatre canons. Le détachement commandé par le chef de brigade Bertot chargea ensuite le régiment des hussards d’Herdendy, dont 50 restèrent sur le terrain et son chef fut fait prisonnier. Dans l’action, Bertot, soldat âgé, fut blessé de cinq coups de sabre en cherchant à faire prisonnier le colonel ennemi mais succomba ensuite à ses blessures. Le sous-lieutenant Molard fut atteint de deux coups de sabre, huit dragons furent blessés. La colonne ennemie laissa 2 000 prisonniers et 16 canons, mais Provera marchait encore sur Mantoue. Bonaparte qui avait été vainqueur à Rivoli se lança à sa poursuite et l’atteignit avec la division Masséna et ses réserves.

La bataille s’engagea à la Favorite le 16 janvier, le 18e de dragons se signala par sa bravoure dans l’affaire, les Autrichiens furent complètement battus, laissant 6 000 prisonniers, 20 canons et 15 drapeaux. Provera dut se rendre à merci. Le 17 janvier, le régiment rejoignit la réserve de cavalerie puis fut envoyé dans l’expédition lancée pour s’emparer de la Romagne. Elle fut menée par la division Victor, renforcée par le 18e régiment de dragons. Ses troupes furent réunies à Bologne, puis arrivèrent sur le Senio, le 4 février. Elles trouvèrent les ponts coupés et l’armée papale retranchée sur l’autre rive, forte d’environ 7 à 8 000 hommes. Elle avait été renforcée par des hordes de paysans mais malgré leur volonté de défendre le passage, les Français le forcèrent rapidement faisant 1 000 prisonniers, s’emparant de 14 canons, de 8 drapeaux et laissant 4 à 500 tués. La division poursuivit sur Faënza les troupes pontificales et atteignit la ville d’Ancône. Les pontificaux qui tentèrent de se défendre en avant de la ville furent enveloppés et fait prisonniers. Lorette fut pris et la route de Rome ouverte mais le Pape se décida à traiter avant la catastrophe finale et signa à Tolentino une paix où il cédait les légations de Bologne, de Ferrare et de la Romagne en plus d’une indemnité de 30 millions et de 800 chevaux pour la remonte de l’armée. La division Victor fut laissée en garnison avec le 18e de dragons dans la région, mais les habitants étaient très hostiles à la présence française. Des bandes prirent les armes et harcelèrent les troupes françaises, 12 dragons périrent dans cette guerre des partisans. Une révolte éclata dans le duché d’Urbin, des villages entiers étaient en pleine insurrection. Pour mater la révolte, le régiment fut dirigé contre eux. Les villages rebelles furent livrés aux flammes pour l’exemple et l’ordre enfin rétablit. Bonaparte entamant sa marche sur Vienne rappela la division Victor laissant peu de troupes à l’arrière, seulement des forces italiennes.

Victor remonta vers le Nord pour se rendre à Trévise mais se heurta à la révolte des Vénitiens qui l’obligea à suspendre son avance pour occuper le camp retranché de Castelnovo pour sécuriser les lignes de communications de l’armée d’Italie. Le 18e de dragons fut à nouveau engagé contre les insurgés, le 5 avril le sous-lieutenant Douce fut blessé d’un coup de feu. Le 15 avril, la ville de Vérone déclencha ses sinistres Pâques Véronaises où de nombreux Français furent massacrés par une populace fanatisée qui acheva dans l’hôpital de nombreux blessés ou égorgea des soldats isolés. La division Victor et le 18e de dragons fut envoyé contre la ville pour écraser les révoltés (20-24 avril), alors que les préliminaires de paix avec l’Autriche avaient été signés à Léoben le 18 avril. Le régiment cantonna à partir du 6 mai à Padoue, puis dans le Frioul vénitien, à Gémona jusqu’à la paix définitive signée à Campo-Formio le 17 octobre. Le régiment vint ensuite cantonner à Brescia puis à Pavie et enfin à Gênes.

 1798 :

En mars, il faisait partie de la division Reynier constituée de la 9ème et de la 85ème demi-brigade de ligne et du 22ème de chasseurs à cheval et 18ème de dragons. Il fut désigné pour l’expédition d’Egypte et l’armée d’Orient avec les 3e, 14e, 15e, 18e et 20e de dragons, 22e chasseurs à cheval et 7e de hussards sans compter un escadron de guides du général Bonaparte[9]. Le 18e de dragons fort de quatre escadrons à deux compagnies, soit 49 officiers, 460 hommes mais seulement 22 chevaux, fut embarqué pour moitié à Gênes et pour moitié à Marseille. Le convoi de Marseille mouilla à Toulon le 15 mai, puis mit la voile le 19. Il rallia ensuite Gênes le 22 mai, puis la Corse le 26 et Civita-Vecchia le 9 juin. Le 10 juin, la flotte française était en vue de Malte qui fut prise le 12. Après quelques jours, la flotte se remit en route pour l’Egypte, le 19 juin et se présenta devant Alexandrie le 1er juillet. Le régiment fut débarqué, la ville d’Alexandrie enlevée d’assaut le lendemain sous le commandement des généraux Kléber et Menou. Les tribus arabes sommées de coopérer et qui firent leur soumission fournirent 300 chevaux au prix de 240 livres la monture et 500 dromadaires au prix de 120 livres.

L’armée formée en cinq divisions se mit en route par intervalle, les deux brigades de cavalerie et la 5e division, sous les ordres du général Dugua se mirent en route en longeant le littoral pour Rosette le 5 juillet. L’embouchure du Nil fut atteinte le lendemain alors que la flottille du contre-amiral Perrée avait suivi par la mer. Les marins réunirent les barques nécessaires pour embarquer les cavaliers non montés avec leurs selles ainsi que des munitions, ils appareillèrent le 9 juillet pour remonter le Nil, en suivant la rive gauche. La flottille atteignit Ramanieh le 12 au matin alors que l’armée avait ralliée cette position dans de difficiles conditions par le désert. La flottille devait ensuite rallier par le Nil, Munieh, mais s’étant mis en marche dans la nuit, poussée par un vent violent du Nord, elle devança l’armée et se trouva en présence d’une flottille des Mamelucks et janissaires forte de 60 bâtiments armés.

La flottille fut assaillie le 13 juillet, dans le combat de Chobrakeit, combat inégal, les navires français étant moins nombreux, moins bien armés, l’ennemi fusillant aussi nos bateaux des deux rives élevées du fleuve. Les Mamelucks avaient apporté à dos de chameaux de petits canons qui firent des ravages dans les rangs français. Groupés sur les embarcations, en peine de répondre, les cavaliers français furent sévèrement mis à l’épreuve. Les généraux Andréossy et Zayoncheck, les firent débarquer et formèrent des carrés pour résister aux assauts de la nombreuse cavalerie arabe. Le 18e de dragons forma l’un d’eux, étrange situation pour un régiment de cavalerie. La situation fut sauvée par l’arrivée de l’armée française, marchant au son du canon, qui se présenta vers 8 heures du matin. Les Mamelucks étaient commandés par Mourad Bey qui fit ranger son armée forte de 18 000 hommes en bataille.

L’armée française, forte de cinq divisions, forma cinq carrés se flanquant entre eux, la faible cavalerie forma cinq pelotons qui furent placés au milieu des carrés, 36 canons étaient placés aux angles et à l’arrière, avec une réserve de 2 500 hommes commandée par Murat. Les Mamelucks se jetèrent inconsidérément sur ce dispositif défensif, ils ne purent enfoncer les carrés, les dépassèrent pour tomber sur la réserve mais furent fusillés à bout portant de toute part et mis en fuite, laissant beaucoup de morts. L’artillerie française et les tirailleurs obligèrent ensuite la flottille ennemie à se retirer, les Français avaient perdu 3 ou 400 hommes, l’ennemi 300 cavaliers, 500 hommes de la flottille, 9 canons et l’ensemble des 60 navires auxquels ils mirent le feu pour s’enfuir par la terre. Après cette victoire complète, l’armée campa à Chabour dans la soirée. Le 14 juillet, elle atteignit Koum-Chérif, le 15 Al-Kam, le 16 Abou-Néchabeb, le 18 Ouardan, le 19 Omm-Dinar non loin des Pyramides.

Les Mamelucks défendirent la capitale du Caire, et une bataille fut menée le 21 juillet, la bataille des Pyramides. Le 18e de dragons y participa, le scénario fut similaire à la journée de Chobrakeit, Mamelucks, janissaires et Arabes furent totalement vaincus et décimés dans des charges suicidaires contre les carrés français infranchissables. Ils laissèrent 7 000 tués sur le champ de bataille, Mourad Bey pris le parti de s’enfuir dans le Sud après avoir incendié sa flottille portant son trésor. Les Français s’emparèrent toutefois de canons et d’un riche butin. Le capitaine Simon, du 18e de dragons fut blessé durant la bataille d’un coup de feu et le dragon Giroux s’illustra durant le combat par sa bravoure. Le 22 juillet, un détachement de la 32e de ligne s’empara du Caire, tandis que Bonaparte y fit son entrée le lendemain. Pour monter sa cavalerie, le général en chef créa un centre de remonte au Caire et un autre à Boulak. Le 18e dragon avec l’infanterie du général Vial fut envoyé en garnison à Damiette.

Ce dernier atteignit Mansourah le 4 août et y laissa une garnison formée de 3 officiers et 60 hommes de la 13e demi-brigade de ligne et de 69 dragons du 18e régiment. Les populations musulmanes étaient hostiles aux Français dans leur immense majorité. Le poste de Mansourah fut attaqué le 9 août, il n’y eut qu’un seul survivant parmi la garnison française :

« Le 22 thermidor, à 8 heures du matin, il se manifesta quelques rassemblements. Une multitude armée attaqua le poste qui fut obligé de se replier sur la caserne que l’on avait barricadée. La caserne elle-même fut investie par la multitude qui essaya d’y mettre le feu, mais le feu vif de mousqueterie que faisaient les Français, obligeait toujours les Turcs à se retirer et rendait leurs efforts nuls. Les cartouches commençaient à diminuer, une dizaine de soldats avaient déjà été tués, plusieurs étaient blessés, le nombre des combattants était trop inégal pour pouvoir échapper à leurs mains si l’on ne tentait pas un coup d’audace pendant qu’il était encore temps, puisqu’il restait environ 100 hommes et quelques munitions. Ils essayèrent de sortir de la caserne, ce qui leur réussit assez bien, à cela près de la perte de quelques hommes. Le danger présent qui fait toujours oublier les suites funestes, ne permit pas au chef de ces troupes de réfléchir sur leur situation. Pendant qu’une partie contenait cette populace effrenée, l’autre s’emparait d’une quantité de barques nécessaires pour embarquer le tout et s’abandonner au courant du Nil. Tout concourait à leur perte, les habitants de l’autre rive, du village de Talka, empêchèrent les Français de s’embarquer par une grêle de balles qui en tua une partie. Le reste voyant que ce moyen d’échapper à la mort ne pouvait leur réussir, essaya de sortir de Mansourah pour se diriger vers le Caire. Quoique accueillis de pierres, de morceaux de poteries, de coups de fusils lancés par les fenêtres, bien accompagnés et suivis de près, ces braves militaires, bien que diminuant de nombre à chaque instant, faisaient feu partout. Bientôt, le nombre des combattants réduit à 30, obligés d’abandonner les blessés qui étaient sur le champ assommés, manquant totalement de cartouches ne se défend plus qu’avec la baïonnette ou le sabre. Enfin plusieurs bandes de ces fanatiques se jetèrent avec un acharnement incroyable sur ce reste de braves et les décapitèrent. Un seul des 129 Français, nommé Mourchon, dragon au 18e régiment, échappa à la férocité turque en se jetant dans le Nil, quoique traversé d’une balle à la cuisse et de plusieurs coups de sabre, préférant se noyer plutôt que de subir mille tourments. Mais sachant nager, la nature s’y refusa. Il aborda sur l’autre rive, dans le Delta, à un quart de lieue du village de Shoubra, vers lequel il se dirigeait sans dessein formé. Il vit venir à lui plusieurs cavaliers turcs, il se jeta de nouveau dans le Nil. Ayant aperçu que deux cavaliers lui faisaient signe d’approcher, il revint à terre. La première réception qui lui fit l’un deux en l’abordant fut de lui tirer un coup de fusil à bout portant, qui rata, l’autre prenant pitié de sa situation, lui exprima qu’il s’opposerait à ce qu’il lui soit fait du mal. Les habitants du village le traitèrent humainement jusqu’à ce qu’il se fut rendu ce qui ne tarda pas. Le 3 fructidor, l’adjudant-général Laugier qui remontait au Caire pour instruire Bonaparte de la disparition du détachement, arrivé à hauteur du village de Shoubra, entendit crier en notre langue : « venez me délivrer, je suis Français ! ». On vit paraître un malheureux se traînant et dépouillé, n’ayant pour tout vêtement qu’un mauvais caleçon qui lui servait à cacher sa nudité. Après les premières transports de  joie qu’il éprouvait de revoir des compatriotes, il pria l’adjudant-général Laugier de lui donner quelque argent afin de récompenser les paysans, des soins qu’ils avaient pris de lui, en assurant qu’il était le seul Français qui eût échappé au massacre. Tel est le récit fidèle de ce malheureux événement fait par le citoyen Mourchon, appuyé d’une pièce authentique qui a été remise au général Berthier, chef d’Etat-major de l’armée d’Orient »[10].

Suite à ce massacre, la division Victor et le 18e de dragons furent chargés de patrouiller dans la région de Damiette, formant des colonnes mobiles pour circoncire la rébellion, le village de Shouara constituant un des foyers. Le 20 septembre, un parti de 2 000 révoltés armé de trois canons fut attaqué dans ce village par la division. Les canons furent pris, les insurgés dispersés laissant sur le champ de bataille 3 à 400 morts. Dans ce combat, le dragon Pampeno s’empara d’un drapeau et fut cité à l’ordre de l’armée le 3 vendémiaire an VII. Le calme revint dans la région mais la révolte s’étendit au Caire qui éclata le 21 octobre. Les dragons au dépôt du régiment participèrent à sa réduction. Par la suite, le 4 décembre, un millier de cavaliers montés furent rassemblés de tous les régiments de l’armée et sous les ordres de Davout, avec une batterie d’artillerie légère et six navires de guerre partit rejoindre dans le Sud, la division Desaix. Le 18e de dragons fournit un escadron de 100 chevaux, commandé par le chef d’escadron Bouvaquier, ce renfort atteignit Beni-Souyef, le 9 décembre.

 1799 :

Le général Bonaparte décida l’expédition de Syrie et rassembla une force de 10 000 fantassins formés en quatre divisions, commandées par Kléber, Régnier, Lannes et Bon, ensuite que 1 200 cavaliers sous les ordres de Murat : 1er escadron du 7e de hussards, un du 22e de chasseurs à cheval, un du 20e de dragons, trois du 3e de dragons, trois du 14e de dragons et trois du 18e de dragons auquel s’ajoute le régiment des dromadaires (formé le 9 janvier, notamment avec quelques dragons du 18e régiment)[11].

L’armée se mit en marche après s’être concentrée à El Arish, le 17 février. Elle atteignit Gaza, le 23 février et livra un combat contre Abdallah le lendemain, les dragons le poursuivirent pendant deux lieues, lui prenant deux canons et lui sabrant 300 hommes. Les Français perdirent 60 tués ou blessés. Le chef de brigade du 18e de dragons, Lédée, fut chargé de commander un dépôt de cavalerie formé à Gaza avec tous les hommes démontés des différents régiments de cavalerie et avec les chevaux éclopés. Le 3 mars l’armée atteignit Jaffa où elle retrouva Abdallah qui fut repoussé, la ville fut enlevée le 6 mars d’assaut. Bonaparte continua sa marche en avant, atteignant Kakoum le 15 mars où fut encore repoussé Abdallah, il atteignit Saint-Jean-d’Acre, le 19 mars. Le siège infructueux devait durer jusqu’au 20 mai. Une armée de secours venue de Damas, forte de 25 000 hommes, dont 12 000 cavaliers, passa le Jourdain au pont de Yacoub mais fut battue par l’avant-garde française commandée par Junot à Nazareth, le 8 avril. En danger d’être toutefois submergée, la division Kléber qui n’était forte que de 3 000 hommes, fut rejointe par Bonaparte et la division Bon, ainsi que toute la cavalerie disponible. L’armée de Damas fut vaincue le 16 avril, à la bataille du Mont-Thabor, où le 18e de dragons s’illustra et participa à la poursuite de l’ennemi. Tous les assauts contre Saint-Jean-d’Acre ayant échoué, la retraite et le retour en Egypte fut décidé par Bonaparte, l’armée se remit en route le 20 mai, protégée dans sa retraite par la cavalerie. Le 2 juin, elle atteignit El Arish, le 7 Salahieh, ayant essuyé une perte totale de 1 500 hommes. La division Kléber, avec le 18e de dragons fut placée en garnison et en surveillance à Damiette.

Une armée turque forte de 8 000 janissaires fut transportée par la flotte anglaise jusqu’à Damiette, un premier contingent de 4 000 hommes fut débarqué. Le 1er novembre, le général Verdier commandant la place de Damiette, fit une sortie contre l’ennemi, avec environ 1 000 hommes, de la 2e légère, de la 32e de ligne, le 18e de dragons et le régiment de dromadaires. Malgré le feu de la flotte anglaise, les Français se jetèrent sur leur camp, les janissaires firent feu de leurs fusils non équipés de baïonnettes, mais furent enfoncés et taillés en pièces. Environ 3 000 furent tués ou se noyèrent, 800 furent fait prisonniers. Les Français s’emparèrent de 32 drapeaux, d’une pièce de 24 et de quatre pièces de campagne. Durant ce combat, le capitaine Simon fut blessé de trois coups de  sabre, le lieutenant David d’un coup de sabre à la main gauche, le capitaine Loizeaux, d’un coup de lance à la cuisse gauche, le lieutenant Lannabras d’un coup de sabre au bras droit, le lieutenant Martin, d’un coup de sabre au pied. Le chef d’escadron Leclerc se fit particulièrement remarquer et eut deux chevaux tués sous lui, ce qui lui valut du commandant en chef un sabre d’honneur (confirmé le 20 décembre 1800).

Pendant ce temps, l’escadron du 18e de dragons dans le sein de la division Desaix, participa à la conquête de la Haute-Egypte. Forte de 5 000 fantassins, 1 200 cavaliers, 14 canons et d’une flottille, il se mit en route pour Minieh le 20 décembre 1798, Melaouy le 21, Syout le 24, Girgeh le 29.

Il reprit sa marche le 23 janvier, pour Denderah, puis les ruines de Thèbes, le 24, le détroit des Deux-Montagnes le 25, Esné le 26, arriva à hauteur de Syène, le 2 février sur la rive gauche du Nil. Il traversa le fleuve poussant devant lui dans de nombreux combats les Mamelucks de Mourad Bey. Le 18e de dragons s’illustra aux combats de Souaki le 3 janvier, de Tahtah le 8 janvier et de Samhoud le 22 janvier. Acculé, Mourad Bey décida un mouvement offensif vers le Caire, marchant sur Syout mais devant la nouvelle des forces présentes dans la ville et la menace de la division Desaix, il se jeta dans le désert et se réfugia dans la grande oasis. Son lieutenant, Hassan, qui campait aux puits de la Guitta, surprit la flottille française à Baroul, s’en empara et massacra 500 Français. Desaix se porta contre lui et l’affronta le 2 avril au combat de Byr-el-Bar. Il s’agissait d’un défilé, que les hommes du 7e de hussards et du 18e de dragons atteignirent avant les Mamelucks. Commandés par le colonel Duplessis, du 7e de hussards, ils se jetèrent sur l’ennemi qui fut rompu, mais Duplessis ayant été tué, les Mamelucks se reformèrent. Les deux régiments vinrent finalement à bout des mamelucks d’Hassan. Le chef d’escadron Bouvaquier qui commandait l’escadron du 18e de dragons, fut percé de coups de sabre dans l’action et tué. Le capitaine Delmas fut également tué ainsi que plusieurs dragons et bien d’autres blessés. Les Mamelucks se dispersèrent.

Le 18 avril, Mourad forma encore un rassemblement à Beni-Adin. Davout vint l’y attaquer avec une force de 2 000 hommes dont l’escadron du 18e de dragons. L’ennemi étant trois fois plus nombreux préféra toutefois se mettre en défense. L’avant-garde de Mourad, forte de 300 hommes fut entamée par celle des Français, repoussée sur un oasis, le village cerné et enlevé après un vif combat. Le village avait été fortifié, les maisons crénelées et barricadées. Les Français durent enlever chacune d’elles dans un âpre combat où il ne fut pas fait de quartier. Pour contraindre les défenseurs, il fut parfois nécessaire de bouter le feu aux maisons, finalement le village tomba aux mains des Français ainsi que le trésor de Mourad bey, chameaux, plumes d’autruches, outres, gommes, caisses de poudre d’or et environ 6 000 esclaves, ce bourg étant un entrepôt de commerce de l’Egypte avec le Darfour. Mourad put s’enfuir à nouveau, accompagné d’une troupe de 400 fidèles et s’enfonça dans le désert. La conquête de la Haute-Egypte fut terminée par la prise du port de Cosseir, sur la mer Rouge, le 29 mai, par le général Belliard.

 1800 :

Après le départ de Bonaparte, Kléber prit le commandement en chef, il dut subir des revers, comme la perte du fort d’El-Arish, clef du passage entre la Palestine et l’Egypte, assiégé depuis le 30 décembre qui tomba par trahison et dont toute la garnison fut massacrée par les Turcs. Kléber se résigna à signer avec le grand vizir la convention d’El-Arish, devant conduire à l’évacuation par la flotte anglaise des troupes françaises d’Egypte (24 janvier). Cette convention ne fut pas reconnue par le gouvernement anglais et exigea que toute l’armée française soit faite prisonnière. Kléber se résigna alors à la résistance. Il écrasa l’armée turque à la bataille d’Héliopolis, le 20 mars, mais le 18e de dragons était alors séparé en trois unités, à Alexandrie, à Damiette et en Haute-Egypte, son dépôt au Caire. Kléber marcha alors sur le Caire à nouveau en insurrection et repris la ville aux insurgés après un siège de 35 jours de combat, la ville capitula le 24 avril. Mourad bey fit sa soumission devant Desaix en Haute-Egypte dont il reçut la responsabilité, mais Kléber fut assassiné par un fanatique musulman, le 14 juin, jour de Marengo. Il fut remplacé par le général Menou, qui se fit « musulman » et appeler Abdallah Menou.

 1801 :

Le 28 février, une flotte anglaise de 70 navires se présenta devant Alexandrie mais à cause d’une mer grosse ne put débarquer son corps expéditionnaire de 18 000 Anglais, Napolitains et Maltais. Elle se présenta devant Aboukir, le 6 mars, puis débarqua enfin 5 000 hommes le 8 au matin. Le général Friant, commandant d’Alexandrie, disposait de 1 500 combattants des 25e, 61e et 75e de ligne, des 18e et 20e régiments de dragons et de 12 pièces d’artillerie. Il tenta de repousser l’ennemi à la mer, dans le combat dit d’Aboukir, ou de Canope, le 8 mars. Une charge du 18e de dragons enfonça une première ligne de fantassins anglais mais vint mourir sur la deuxième ligne, le régiment subit à cette occasion de lourdes pertes. Il se reforma avec le 20e régiment de dragons et effectua une charge victorieuse irrésistible. Le combat était cependant inégal, Friant préféra abandonner le champ de bataille et se replier sur Alexandrie, 1 100 Anglais avaient été tués ou blessés sur 5 000, pour 400 des 1 500 Français.

Le lieutenant Bégard fut tué, le chef d’escadron Leclerc tué, le lieutenant Capelle blessé d’un coup de feu au genou gauche, le capitaine Jobard fut blessé d’un coup de  baïonnette, le sous-lieutenant Dumas fut blessé d’un coup de feu à la main. Le brigadier Palluel, du 18e de dragons, fut chargé par le général Friant de porter des ordres au commandant du fort d’Aboukir, mission qu’il accomplit dans les plus grands dangers, traversant les lignes ennemies une première fois jusqu’au fort puis une seconde fois au retour. Il força le passage le sabre à la main, eut son cheval tué, fut sommé de se rendre par cinq Anglais, en tua deux, mis en fuite ou blessa les autres et put rejoindre Alexandrie. D’autres faits de bravoure furent signalés, comme celui des brigadiers Albaret et Caillet, qui s’apercevant que le sous-lieutenant Javarry avait eu son cheval tué sous lui et avait été fait prisonnier, chargèrent les Anglais, dégagèrent leur officier, en tuant trois et en blessant deux, revenant par ailleurs eux-mêmes blessés. Enfin le dragon Giroud qui eut son cheval tué sous lui dans les rangs ennemis, se débarrassa de quatre Anglais, dont deux qu’il tua et put rejoindre les lignes françaises. Ces quatre hommes furent récompensés d’un fusil d’honneur garni d’argent, confirmé par un arrêté du Premier Consul (15 septembre 1802) et décorés de la Légion d’honneur (24 septembre 1803).

Les Anglais mirent le siège devant Aboukir, Menou expédia en renfort à Friant, le général Lanusse avec 3 400 hommes, 500 cavaliers et 9 canons. Il atteignit Alexandrie le 11 mars, portant les forces de Friant à 4 600 hommes et vingt canons au camp des Romains. Ils furent attaqués par l’armée anglaise d’Abercromby, 18 000 hommes, le 13 mars. Ayant étaient pris de flanc par Lanusse, ils durent se retirer en laissant 1 900 tués et blessés, pour seulement 600 Français. Le général Menou vint bientôt avec le gros de l’armée, portant les forces françaises à 8 000 fantassins, 1 360 cavaliers et 50 canons, à Alexandrie qu’il atteignit les 19 et 20 mars. Les 3e et 14e régiments de dragons étaient commandés par le général Boussart, les 15e, 18e et 20e régiments de dragons par le général Roize, le 7e de hussards, le 22e de chasseurs à cheval et le régiment des dromadaires par le général Bon, le tout formant la cavalerie française sous les ordres de Roize.

Le 21 mars, Menou livra la bataille d’Aboukir, ou du camp des Romains, lançant l’attaque contre les 15 000 Anglais d’Abercromby qui ne disposait cependant que de 200 cavaliers mais de 70 canons. Le général Roize lança sa cavalerie sur l’ennemi, d’abord les 3e et 14e régiments de dragons qui chargèrent la première ligne ennemie. Une partie du 14e régiment s’empêtra dans des fossés creusés sur le front du camp anglais. Les Anglais furent toutefois enfoncés, pénétrèrent dans le camp où s’engagea un corps à corps au milieu des tentes et du matériel anglais. Sous le feu de la seconde ligne anglaise, décimés, ils durent se replier. Roize lança alors l’ensemble de sa cavalerie, enfonça à nouveau la première ligne anglaise mais échoua sur la seconde laissant les deux tiers de ses cavaliers tués ou blessés sur le champ de bataille. Il dut se replier derrière l’infanterie française. Cette dernière avait perdu 2 500 hommes pour 2 300 Anglais, les deux armées se retranchèrent sous Alexandrie[12].  Le capitaine Durafour et le sous-lieutenant Brun du 18e de dragons furent tués, le lieutenant Martin à nouveau blessé d’un coup de feu au cou.

La situation était critique, une armée turque descendant de Syrie vers l’Egypte, un corps de 6 000 Cipayes des Indes fut débarqué sur la mer Rouge et s’empara de Cosseir. Les Anglais prirent Rosette puis Ramanieh coupant l’armée française en deux et marchèrent sur le Caire. Le général Belliard, commandant de la ville, fit refluer vers lui toutes les troupes de la Haute-Egypte, dont l’escadron du 18e de dragons. Les Mamelucks pressèrent les Français et dans un engagement du 5 avril, le sous-lieutenant Coulon fut tué, le sous-lieutenant Grandbosq blessé d’un coup de sabre à la main droite et le sous-lieutenant Laval d’un coup de lance à la tempe. Entouré de toutes parts, le général Belliard signa sa capitulation le 27 juin au Caire. Autour d’Alexandrie des combats eurent lieu, notamment celui du 22 août au fort Marabout. Le régiment participa à cette action, réduit à 29 officiers, 194 dragons et 87 chevaux. Le lieutenant Arnould à la tête de 15 dragons, chargea un escadron anglais qui venait de prendre un canon français et parvint à le reprendre et à le ramener dans nos lignes. Les dragons Buneau et Ondel se signalèrent dans cette action, le lieutenant Arnould fut récompensé par un sabre d’honneur et les deux dragons d’un fusil d’honneur garni en argent.

Ce dernier fait d’armes ne put empêcher la capitulation d’Alexandrie, de l’armée française du général Menou, le 30 août. L’armée française prisonnière fut embarquée sur des navires anglais et reconduite en France avec armes et drapeaux. Le 18e de dragons était réduit à cette date à 29 officiers et 212 hommes. Il débarqua à Marseille et fut envoyé en garnison à Alençon où se trouvait l’escadron complémentaire du régiment. Ce dernier était commandé par le chef d’escadron Besnière. Il fut stationné à Caen et complété avec des réquisitionnaires et des conscrits de nouvelle levée. Il faisait partie des troupes de l’armée de l’Ouest et de la 14e division militaire. Il fut employé dans l’Ouest au maintien de l’ordre, à la sûreté des voitures publiques et à l’escorte des fonds du gouvernement.

 1802 :

La fusion des quatre escadrons d’Egypte et de l’escadron complémentaire du 18e de dragons eut lieu à Alençon, le 16 février, sous la conduite du général Grouchy, inspecteur de cavalerie. Le régiment était dans un état lamentable, manquant de tout, habillement, armement, beaucoup de vétérans d’Egypte avaient obtenu leur congé définitif, l’instruction du régiment était dès lors elle aussi très faible. Il reçut des hommes et des chevaux de divers régiments, notamment du 10e de dragons, son effectif au 20 août était de 299 hommes et 276 chevaux. Le 29 décembre, le chef de brigade Lédée fut mis à la retraite et remplacé par le chef de brigade Lefebvre-Desnoëttes.

 1803 :

Au 9 mars 1803, l’état-major du régiment était le suivant :

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État-major : Chef de brigade Lefebvre-Desnoëttes, chefs d’escadrons, Leclerc, Ruat, Laroche, capitaine quartier-maître trésorier Ardouin, capitaine adjudant-major Désirat, lieutenant adjudant-major Pucheu, officiers de santé, Barlet aîné et Barlet jeune.

1er escadron : 1ère compagnie d’élite, capitaine Burdiat, lieutenant David, sous-lieutenant Dumas et Marignol. 5e compagnie, capitaine Simon, lieutenant Larrivière, sous-lieutenant Douce.

2e escadron : 2e compagnie, capitaine Cordier, lieutenant Javarry, sous-lieutenants Bozon et Grandboscq. 6e compagnie, capitaine Danger, lieutenant Laveine, sous-lieutenant Lavaud et Martin.

3e escadron : 3e compagnie, capitaine Pistre, lieutenant Pichard, sous-lieutenants Roussel et Laval. 7e compagnie, capitaine Guiard et lieutenant Capelle.

4e escadron : 4e compagnie, capitaine Loizeaux, lieutenant Arnould, sous-lieutenants Chavanne et Lannabras. 8e compagnie, capitaine Jobard, lieutenant Merey, sous-lieutenants Bouvatier et Fourcadier.

Effectif de 348 hommes, 312 chevaux, à Nevers, le 4 juin 1803.

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Pertes du 18e de dragons :

 Lagrange et Mercier, dragons, tués, armée des Pyrénées-Occidentales, 28 novembre 1793.

Magni, Herismendi, dragons, tués, armée de l’Ouest, 17 avril 1796.

Bertot, chef de brigade, tué au combat d’Anghiari, passage de l’Adige, 14 janvier 1797.

Durafoux, brigadier, Jenteil, Dutreny, Bernard, Eymard, Besfray, Germain, Bezeuil, Aynard, Dutreuil, dragons, tués, Romagne, 10 mars 1797.

Carles, fourrier, tué, Romagne, 26 mars 1797.

Dupin, dragon, tué, Romagne, 9 avril 1797.

Labbé, capitaine, Dubonnet, Durant, maréchaux des logis chefs, tués à Mansourah, Egypte, 9 août 1798.

Blauel, Delaunay, Petireau, Nodin, Jarand, Henri, Livardière, Rosée, Devaux, Azerm, Dufau, maréchaux des logis, Lombat, brigadier fourrier, Lafont, Dubreuil, Bastien, Bourgeois, Langlois, Didier, Ladoux, Colombiès, brigadiers, Pernette, trompette, Percier, Dauphin, Bellavoine, Frinot, Durafour, Daloize, Barde, Laroche, Jean, Ledoux, Azéma, Audouy, Desage, Danus, André, Mignollo, Antoine, Ayné, Lacombe, Sarlat, Serres, Rouzet, Audinet, Cazasons, Peyrard, Fages, Jambon, Caze, Arnoult, Lacache, Padé, Joste, Mondeil, Gros, Maisonneuve, Sidérac, Fournier, Giraud, Desperon, Bonnard, Bonnet, Poillet, Cugno, Gigot, Boulloc, dragons, tués à Mansourah, 9 août 1798.

Soulet, dragon, mort de ses blessures, Egypte, 23 août 1798.

Guichard, maréchal des logis, tué, Damiette, Egypte, 28 janvier 1799.

Carnot, brigadier, tué, El-Arish, 18 février 1799.

Picq, brigadier fourrier, tué, Syrie, 10 mars 1799.

Bouvaquier, capitaine, Matelin, brigadier, Juzans, Fourton, dragons, tués, combat de Byr-el-Bar, Haute-Egypte, 2 avril 1799.

Turte, dragon, tué, Egypte, 11 avril 1799.

Spindler, Dupenne, Paillet, dragons, tués, Damiette, 1er novembre 1799.

Giroux, Crassac, Mérignac, Poirier, dragons, tués, Egypte, 10 août 1800.

Delmas, capitaine, Durafour, capitaine, Brun, sous-lieutenant, Walder, maréchal des logis chef, Graff, Mourchon, brigadiers, Simons, Montant, Olivier, Aude, Martel, Dayme, maréchal des logis, tués, bataille d’Aboukir, 8 mars 1801.

Schenneberg, Vallet, maréchaux des logis, tués, bataille d’Aboukir, 21 mars 1801.

Coulon, sous-lieutenant, tué, Egypte, 5 avril 1801.

Terpème, dragon, mort de ses blessures, Egypte, 5 mai 1801.

Boiromai, brigadier, mort de ses blessures, Egypte, 9 août 1801.

Lhoste, maréchal des logis, mort de ses blessures, Egypte, 18 août 1801.

Juglas, dragon, tué, Egypte, 26 août 1801.

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Chefs de brigade[13] :

Du 19 mars 1788 : colonel vicomte de Noailles,

Du 21 octobre 1791 : colonel Courtais de Moreaux,

Du 2 janvier 1793 : chef de brigade Fornier d’Albe,

Du 15 juin 1793, chef de brigade Robert,

Du 27 septembre 1793 : chef de brigade Brochier,

Du 10 mars 1795 : chef de brigade Bertot,

Du 25 juin 1796 : chef de brigade Ledée,

Du 30 décembre 1802 : chef de brigade Lefebvre-Desnoëttes.

Portraits :

 Nicolas Bertot, né en 1737, dragon (8 février 1756), fourrier (1759), maréchal des logis (1763), porte-guidon (8 août 1771), réformé (1776), replacé (20 août 1780), sous-lieutenant (16 août 1781), lieutenant surnuméraire (1er mai 1788), capitaine au 18e de dragons (25 février 1792), chef d’escadron (18 juin 1793), chef de brigade (10 mars 1795). Il fut tué au combat d’Anghiari, le 15 janvier 1797. Chevalier de Saint-Louis (10 décembre 1789).

Denis Brochier, né à Graune, le 11 mai 1735. Dragon (1755), fourrier (10 juin 1760), maréchal des logis (20 décembre 1761), réformé (1763), fourrier (1765), porte-guidon (25 juillet 1770), quartier-maître (1er juin 1772), quartier-maître trésorier (7 juin 1776), lieutenant en second (18 juin 1784), lieutenant surnuméraire (1er mai 1788), une place de lieutenant aux Invalides (14 mars 1789), retraite non accordée, capitaine au 18e de dragons (25 février 1792), chef d’escadron (2 janvier 1793), chef de brigade (27 septembre). Chevalier de Saint-Louis (10 décembre 1789).

Jean-Pierre-Gauthier Clerc dit Leclerc, baron de l’Empire né en 1765 dans le Jura. Dragon au 18ème régiment ci-devant dragons du Roi (1783), brigadier (1788), maréchal des logis (1791), maréchal des logis chef (1793), sous-lieutenant (1er avril 1793), lieutenant (an II), capitaine (floréal an II), chef d’escadron (an VIII). Major au 9ème régiment de dragons (1806), colonel en second (1809), colonel du 25ème régiment de dragons (23 août 1811), il passa à la tête du 2ème régiment de chevau-légers-lanciers (12 janvier 1813). Nommé général de brigade (26 décembre), destitué (1815), réintégré et retraité la même année[14].

Henry Courtais de Moreaux, né à Doullens, le 29 juillet 1734. Volontaire dans la compagnie de son père au régiment de Clermont-Cavalerie, cornette au régiment (1er août 1753), capitaine (7 juillet 1754), major (26 janvier 1773), lieutenant-colonel du régiment Conty-Dragons (24 juin 1780), colonel du 18e de dragons (21 octobre 1791). Chevalier de Saint-Louis (décembre 1763).

Gaspard-Hilarion Fornier d’Albe, né le 17 avril 1769, sous-lieutenant de remplacement dans les chasseurs des Vosges (14 septembre 1784), sous-lieutenant dans les chasseurs de Lorraine (15 mars 1788), capitaine de remplacement au 12e régiment de chasseurs à cheval (14 septembre), aide de camp du citoyen Grave, maréchal de camp (20 décembre 1791), lieutenant-colonel du 18e régiment de dragons (27 mai 1792), chef de brigade du régiment (2 janvier).

Joseph-Thomas Ledée, né à Versailles en 1751, soldat dans Normandie-Infanterie (1767), grenadier (1768), dragon au régiment Royal (1769), brigadier (1770), maréchal des logis (1771), maréchal des logis dans Noailles-Dragon (1772), chef d’escadron (1792), passa au 26e régiment de cavalerie et chef de brigade (an II), chef de brigade lors du licenciement du 26e de cavalerie versé dans le 15e de dragons (an III), chef de brigade au 18e de dragons (an V). Campagne en Espagne (1793-1795), en Italie (1796-1797), en Egypte (1798-1801). Admis à la retraite le 8 nivôse an XI.

Charles Lefebvre-Desnoëttes, né à Paris, le 14 décembre 1775, il sert dans la 1ère compagnie de la légion franche des Allobroges en qualité de soldat  (15 septembre 1792), passa sous-lieutenant au 5e régiment de dragons (15 février 1793), lieutenant à la suite (15 nivôse an V), lieutenant titulaire (23 messidor an VI), capitaine, aide de camp du Premier Consul (12 pluviôse an VIII), chef d’escadron adjoint à l’Etat-major de la Garde des Consuls (9 thermidor an VIII), chef d’escadron de la Gendarmerie d’élite (3e jour complémentaire an IX), chef de brigade au 18e de dragons (9 nivôse an XI), général de brigade (19 septembre 1806). Campagnes à l’armée des Alpes (1792), du Nord (1793), de Sambre et Meuse (an II), de Rhin et Moselle (an III), d’Italie (an IV et V), dans la Belgique et contre les insurgés (an VII), en Italie (an VIII).

Laurent-François-Marie De Marbeuf, né à Bastia, département du Golo, le 26 mai 1786. Elève pensionnaire à l’Ecole militaire de Fontainebleau (22 septembre 1803), caporal (21 avril 1804), sous-lieutenant au 25e de dragons (16 janvier 1805), lieutenant (21 novembre 1806), adjudant-major (10 novembre 1807), capitaine d’ordonnance de l’Empereur (29 octobre 1808), chef d’escadrons aux chasseurs à cheval de la garde impériale (6 avril 1810), colonel du 6e chevau-légers (7 novembre 1811), mort de ses blessures à la Grande Armée, le 25 novembre 1812. Chevalier de la Légion d’honneur (1er octobre 1807), baron de l’Empire (15 août 1809), campagne à la Grande Armée (1805-1807), en Espagne (1808), en Autriche (1809), en Russie (1812). Blessé d’un coup de lance au bras gauche, d’un à la cuisse droite, d’un au côté droit, d’un dans l’aine droite et d’un à l’épaule droite et fait prisonnier de guerre, le 21 mars 1807. Rendu à la paix de Tilsitt, les blessures avaient été reçues lors d’une reconnaissance près d’Ortelsbourg, en Pologne, lors d’une reconnaissance. Mort de ses blessures reçues à la bataille de Krasnoë (14 août 1812), à l’hôpital de Mariempol.

Louis-Marie vicomte De Noailles, né à Paris, le 17 avril 1756. Garde du corps du Roi, compagnie écossaise (14 décembre 1768), sous-aide-major surnuméraire au régiment de Noailles-Cavalerie (6 novembre 1771), aide-major surnuméraire avec rang de capitaine (2 mars 1773), sous-aide-major titulaire (23 avril 1775), réformé (11 juin 1776), aide-maréchal général des logis surnuméraire en Bretagne et Normandie (1er juin 1776), rang de mestre de camp de cavalerie (17 avril 1779), mestre de camp du régiment Colonel-Général de hussards, (22 août), mestre de camp lieutenant-commandant au régiment de Roi-Dragons (27 janvier 1782), mestre de camp du régiment des chasseurs d’Alsace (10 mars 1788), député du bailliage de Nemours aux états-généraux (5 mai 1789), président de l’Assemblée nationale constituante (26 février 1791), maréchal de camp employé dans le 2e division militaire (28 novembre), démissionnaire (27 mai 1792), employé comme général de brigade par le général en chef de l’armée de Saint-Domingue (1802), il mourut à l’île de Cuba, par suite de blessures, le 7 janvier 1804. Campagnes en Amérique (1779-1781), Armée de Saint-Domingue (1802-1804), il reçut plusieurs blessures dans le combat soutenu le 1er janvier 1804, en vue de l’île de Cuba par la goélette Le Coursier contre la goélette anglaise Hazard. Chevalier de Saint-Louis (13 janvier 1780), commença à servir sous le titre et le nom de chevalier d’Arpajon, pour prendre le nom de vicomte de Noailles en 1775.

Jean-Baptiste Robert, né à Thionville en Moselle le 9 octobre 1733. Fils de notaire, soldat au régiment ci-devant d’Artois-Dragons de 1752 à 1754, puis dans celui des dragons de la Reine de 1755 à 1763. Il servit durant la guerre de Sept ans, en Allemagne de 1757 à 1762. Trésorier au régiment des dragons du Roi (avril 1763), réformé (octobre 1764), mais ensuite maréchal des logis (8 octobre) puis quartier-maître chargé de la caisse du régiment. Sous aide-major (25 juillet 1770), à nouveau réformé (1776). Replacé comme lieutenant, il fut nommé lieutenant en 1er (28 décembre 1781),  rang de capitaine (2 juillet 1787), chevalier de Saint-Louis (1789), capitaine titulaire au régiment (mars 1792). Capitaine au 18e de dragons (25 juillet). Il servit à l’armée d’Italie, nommé lieutenant-colonel du 18ème régiment de dragons (2 janvier 1793). Il servit à l’armée des Pyrénées, puis des Pyrénées-Occidentales de 1793 à 1795.  Chef de brigade du 18ème de dragons (15 juin 1793), général de brigade (3 juillet), blessé de trois coups de sabre à l’affaire de la Croix des Bouquets (23 juillet). Nommé général de division (5 octobre), mais ne servit pas en tant que tel n’ayant pas reçu ses lettres de service. Nommé commandant de Bayonne (14 octobre), puis envoyé à Saint-Jean-de-Luz (19 octobre). Employé au camp de Bidart (31 octobre) puis envoyé à Saint-Jean-Pied-de-Port (16 décembre). Commandant la division des Vallées d’Oloron à la place de Courpon (février 1794), commandant la 1ère division à Saint-Jean-de-Luz en remplacement de Frégéville (23 avril) et chargé du commandement de la division des Vallées (juin 1794). Il repoussa les Espagnols de la vallée d’Aspe (4 septembre). Commandant la division des Vallées (3 novembre), devenue 6ème division de l’armée des Pyrénées-Occidentales (février 1795). Chargé du commandement de la 2ème subdivision de la 11ème division militaire de Bordeaux (28 septembre), il mourut en fonction à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées, le 1er juillet 1798.

 Article de Laurent B.

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[1] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 24.

[2] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 25.

[3] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 26.

[4] Général Ansoborlo, Les soldats de l’An II au pays basque, l’armée des Pyrénées-Occidentales, société des sciences, lettres et arts de Bayonne, Bayonne, 1988.

[5] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 29.

[6] Une once correspondant à 33 grammes.

[7] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 30.

[8] F. Cuel, Historique du 18e de dragons, p. 31.

[9] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 35.

[10] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, pages 39 et 40.

[11] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 41.

[12] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 50.

[13] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 41 et 42.

[14] De Bourquerey, Historique du 25ème régiment de Dragons, p. 188 et 189.