17e régiment de chasseurs à cheval

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17ème régiment de chasseurs à cheval :

 

Date de formation : mai 1793.

 

Formation :

Il fut formé à Saint-Omer avec le régiment de chevau-légers de West-Flandres et le 2e régiment de chasseurs à cheval (français), après le décret du 9 mai 1793, de la Convention Nationale. Un autre décret, du 4 septembre suivant, versant le 2e de chasseurs à cheval belge dans ses rangs. Le commandement fut confié à André-Joseph Deneck.

Historique :

1792 :

L’unité accompagna les Français lors de la conquête de la Belgique et le 21 décembre, elle se trouvait à Gand.

1793 :

Au début de 1793, il se trouvait à l’armée du Nord. Deux escadrons participèrent à l’offensive en Hollande. Là, le régiment toucha 200 chevaux et 50 selles.

Les appréciations sur l’unité étaient bonnes puisqu’en février les représentants en mission écrivirent :

« ce corps est formé de quatre escadrons, les hommes sont beaux, forts et de belle tenue, presque tous sont indigènes (Belges) et ont servi. Nous pensons que ce beau régiment devrait être mis dans l’ordre de nos régiments de chasseurs à cheval. Cela flatterait infiniment les officiers et les soldats ».

Puis ce fut le repli sur la France après l’évacuation de la Belgique. L’unité devint le 17ème de chasseurs à cheval français en avril, mais la campagne et la retraite l’avait décimé puisqu’il ne restait plus que cinq compagnies regroupant à peine 19 officiers et 194 hommes et 38 chevaux. Le 17ème fut envoyé à Charleville en septembre. Les chasseurs belges furent versés à Péronne en novembre, dans le 17ème de chasseurs à cheval, ils étaient commandés par le colonel de Rens.

1794 :

Devenu suspect aux yeux des représentants de la Convention, il fut licencié en septembre à Amiens. Une autre source donne le 6 avril, à Arras, par le représentant Bollet et l’adjudant-général Leblond[1].

Les 17ème et 18ème chasseurs à cheval ne furent pas recréés sous l’Empire : les numéros restèrent vacants.

 

État-major :

Capitaines, Sérésia, Courtois, Coomans, Beauchaton, Arkentin, Clainhains, Dauhève, Agaers, Pierre Reyniac, Verdun, Smidts et G. J. Barette.

Lieutenants, Delcroix, Coops, Davaine, Lacour, Parfait, Everaerts, Clonen, Cacette, Smidts, Peters.

Portraits :

François Bédart, originaire d’Ath, il servit dans les rangs de l’armée patriote durant la Révolution brabançonne (1790), capitaine sous les ordres d’Osten, aide de camp du général Berneron, capitaine au 17e régiment de chasseurs français, il fut arrêté et emprisonné pendant dix mois sous la terreur (1793-1794).

Jean-Louis Crabbé, né le 15 mai 1763, à Bruxelles, lieutenant au 17e régiment de chasseurs à cheval (1793), aide de camp des généraux Richepanse, Ney et Bourcier, colonel (juin 1815), aide de camp du maréchal Davout, Ministre de la Guerre, il servit à la bataille de Waterloo où il fut blessé (18 juin).

Albert Davaine, fils du général, il servit dans la Garde nationale de la Seine-et-Marne, capitaine à la Légion des Belges et Liégeois (1792), lieutenant au 17e régiment de chasseurs à cheval français (1793), il passa ensuite au 10e régiment de hussards (1794).

François Deglain, originaire de Bruxelles, ancien soldat de Clerfayt, servit dans les rangs des patriotes durant la Révolution brabançonne, lieutenant au 4e bataillon de chasseurs de la Légion des Belges et Liégeois (7 janvier 1793), passa au 17e régiment de chasseurs à cheval (12 août), commandant la Légion de police de Bruxelles (1794-1797), puis officier dans la gendarmerie impériale, mis en retraite en 1812.

André-Joseph Deneck, originaire de Bruxelles, ancien aide de camp de Vander Mersch, capitaine à la Légion des Belges et Liégeois (15 juillet 1792). Il passa dans le 1er régiment de chasseurs à cheval belges comme colonel (fin 1792), il fut nommé à la tête du 17e régiment de chasseurs à cheval (français) à sa formation (mai 1793). Nommé chef de brigade adjoint au 5e régiment de hussards (16 mars 1795), réformé en 1800.

Mathieu Ermens, originaire de Louvain, ancien dragon du régiment d’Arberg (Autriche), servit dans l’armée des patriotes lors de la Révolution brabançonne, capitaine au 2e régiment de chasseurs belges (25 novembre 1792), puis au 17e régiment de chasseurs à cheval français (1793), quitta le régiment (5 juin 1795), pour entrer dans le 8e régiment de hussards (1er août), commandant l’île de Cadzand (21 mars 1797-22 mars 1799), adjoint à l’état-major de Frantzen dans l’armée gallo-batave (1800).

Charles-Joseph baron Evers, né à Bruxelles le 8 mai 1773. Entra au service de la France comme lieutenant au 1er bataillon des chasseurs belges (15 juillet 1792). Il servit à l’armée du Nord de 1792 à 1796. Nommé capitaine au 2ème bataillon de chasseurs belges (1er septembre), il fut blessé d’un coup de sabre sur la tête et d’un coup de feu à la jambe droite en passant la Lys à la nage (6 septembre 1796). Chef d’escadron au 17ème de chasseurs à cheval (1er septembre 1793), il passa lors du licenciement des troupes belges, chef d’escadron adjoint au 5ème régiment de hussards (22 février 1795). Il servit ensuite aux armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, du Danube et du Rhin de 1795 à 1801. Il se signala à l’avant-garde de Jourdan lors de la prise de Königsberg (20 mars 1799), puis lors de la retraite (28 mars). Chef d’escadrons titulaire au 5ème de hussards (mai 1799), il servit à Saint-Blaise (29 avril 1800), à Engen (3 mai), au combat d’Ulm (5 juin) et dans un combat contre les manteaux rouges (19 décembre). Servit sous Mortier au Hanovre (1803), nommé colonel des chasseurs à cheval de la légion Hanovrienne (24 octobre). Noté par le général Pelletier en 1805 : « Bon officier, servant avec zèle, possédant de l’esprit de détail d’un corps, d’une reconduite recommandable et beaucoup d’intelligence ». Chevalier du Mérite de Hollande (janvier 1807), il servit ensuite en Espagne sous Beaumont de Carrière (novembre 1808). Rentra en France pour raisons de santé (avril 1810), il fut nommé général de brigade en mars 1812, employé dans la 17ème division militaire, commandant l’île de Gorée. Appelé à la Grande Armée, il fut placé à la suite de l’Etat-major et employé à la réserve de cavalerie en Russie. Resta malade à Königsberg, il fut fait prisonnier (5 janvier 1813). Rentra en France (juin 1814), nommé chevalier de Saint-Louis (juillet), lieutenant-général honoraire, il donna sa démission du service de la France, démission acceptée (6 septembre). Il entra ensuite dans l’armée des Pays-Bas comme lieutenant-général inspecteur général de cavalerie. Officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de Guillaume des Pays-Bas. Il mourut au Château de Jambes près de Namur, le 9 août 1818.

Lambert-Henri-François Frantzen, originaire de Louvain, gendre de Van der Mersch, capitaine au 2e régiment de chasseurs à cheval belges (24 novembre 1792), chef d’escadron au 17e régiment de chasseurs à cheval français (12 janvier 1793), fut employé avec son grade à l’état-major de l’armée du Nord, auprès du général Dewinter (15 mai 1794), adjudant-général provisoire, pour avoir fait en Hollande, 500 prisonniers et pris deux pièces de canon avec 30 hussards, confirmé dans ce grade par un arrêté du Comité de Salut Public (13 juin 1795), chef d’état-major du général Songis (4 février 1796), réformé (15 mars 1797), mais cependant employé durant la « guerre des paysans » en Belgique (1798-1799), commandant de l’île de Cadzand (1799), remis en activité de service par un arrêté du Directoire (6 juillet 1799), chef d’état-major du centre de l’armée gallo-batave (24e, 25e et 26e division militaire, 4 juillet 1800), de nouveau mis en retraite (23 septembre 1801), nommé inspecteur des forêts à Maëstricht, il avait épousé la fille du général patriote de la Révolution brabançonne, Van der Mersch.

Charles Ghigny, né à Bruxelles, il reçut un certificat en date du 3 ventôse an II :

« Les Belges unis aux Français, Nous président et membres de l’Assemblée général des Belges réfugié en France, séant à Paris sous les auspices de la Commune et des autorités constituées, déclarons et attestions que le citoyen Charles Ghigny, natif de Bruxelles, chef d’escadron au 17e régiment de chasseurs à cheval belges, après avoir passé au scrutin épuratoire, a été reconnu par nous pour un bon patriote, ce dont il nous a produit des preuves, prions en conséquence ceux à qui il appartiendra de le reconnaître comme un bon républicain, et lui donner l’hospitalité, l’aide et l’assistance dues aux hommes libres. Taille de 5 pieds 6 pouces, cheveux et sourcils blonds, front carré, nez moyen, yeux bleus, bouche moyenne, menton pointu, visage ovale, âgé de 23 ans » [2].

 

François-Charles de Langlois, né à Paris, le 27 octobre 1759, ancien dragon du marquis de La Fayette (18e régiment, 1778), capitaine dans la Légion du Nord (5 août 1792), capitaine à la Légion des Belges et Liégeois. Nommé à la tête du 2e régiment de chasseurs à cheval belge (10 avril 1793), sa nomination ne fut pas reconnue, il passa dans les chevau-légers de West-Flandre et de là, dans le 17e régiment de chasseurs à cheval français (mai), parvînt au grande de lieutenant-colonel dans le régiment, jusqu’à son licenciement (juillet 1794), fut replacé comme chef d’escadron à la suite du 3e régiment de dragons, il fut destitué de son grade en 1805. La perte de son commandement en 1793, le remplit d’amertume contre Deneck qu’il accusa d’être un « traître et un fripon » et que les officiers belges du régiment «  plus de 50 contre 7 ou 8 Français, étaient des déserteurs autrichiens et que la presque totalité des chasseurs étaient Français », propos fortement exagérés[3].

Joseph Larmey, originaire de Mons, il servit dans l’armée des patriotes durant la Révolution brabançonne, puis dans la cavalerie nationale de Valenciennes (28 avril 1791), passa dans la Légion des Belges et Liégeois, capitaine (1792), passa au 2e régiment de chasseurs à cheval belges (20 novembre), puis au 17e régiment de chasseurs à cheval français (1793).

Antoine-François-Joseph Leblond, né vers 1760, à Ligny-sous-Cauche, dans le Pas-de-Calais, dragon au régiment ci-devant de Belsunce (mars 1781), parti avec son congé (juin 1786), capitaine au 1er bataillon des volontaires du Pas-de-Calais (26 septembre 1791), aide de camp du général Carrion (27 mai 1793), adjudant-général chef de bataillon (13 septembre), incarcéré sur ordre de Joseph Lebon, à Arras, alors occupé à une mission de complément de la cavalerie française de l’armée du Nord (21 avril 1794), conduit par la gendarmerie à Paris, mais remis en liberté par un arrêté du Comité de Salut Public (6 juin), de nouveau arrêté puis libéré (24 juillet), adjudant-général chef de brigade nommé par le représentant du Peuple Bollet, à l’armée des Côtes de Brest (18 décembre 1794), chef d’escadron à la 20e division de gendarmerie (9 avril 1795), il écrit en l’an IV :

« J’ai servi en qualité d’adjudant-général à l’état-major de l’armée du Nord jusqu’au 8 décembre 1793, j’ai quitté cet état-major en vertu d’un ordre de son chef Ernouf qui me chargeait de l’organisation du 17e régiment de chasseurs à cheval, lequel était destiné à être composé d’un rassemblement d’hommes à cheval, que l’on nommait cavalerie belge et liégeoise. Ma nomination pour cette opération a été confirmée par arrêté des représentants du Peuple Bollet et Vidalin, chargés du complément de la cavalerie de l’armée du Nord. Le résultat du travail que je fis à ce sujet a été le licenciement de cette troupe, au moment où je terminais l’opération de ce licenciement, ordonné par arrêté du Comité de Salut Public, je fus enlevé par ordre de Joseph Lebon »[4].

 

Louis Massion, né à Bruxelles en 1768, lieutenant à la Légion des Belges et Liégeois (1er juillet 1792), capitaine au 5e bataillon de chasseurs (Belges), lieutenant au 17e régiment de chasseurs français (1793).

Antoine-Léopold Paillet, originaire de Paris, volontaire à Paris, à 20 ans (3 septembre 1792), versé au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre), retiré du service (30 novembre), capitaine au bataillon de réquisition de la Réunion, de Paris (1793), incorporé comme brigadier-fourrier au 17e chasseurs à cheval (2 janvier 1794), passa au licenciement de son corps au 8e régiment de hussards, comme simple hussard (mars), congédié en 1800. Il fournit un congé du bataillon de Paris, 9e bis, ou dit de l’Arsenal au moment de sa réforme définitive.

Jean-Baptiste Rens, originaire de Grammont, nommé lieutenant-colonel dans la Légion des Belges et Liégeois (1792), colonel du 17e régiment de chasseurs à cheval (1793).

Senig, originaire de Wetzlar, il servit dans l’armée impériale, puis dans les troupes belges au service de la France (1792), blessé à Jemappes (6 novembre), blessé à Aldenhoven et Bohain (1793), passa au 17e régiment de chasseurs à cheval, capitaine, colonel et commandant d’armes à Ypres (1801). Il reçut une recommandation en date du 25 mai 1800 :

« Bruxelles, le 5 prairial an 8, le préfet de la Dyle au Ministère de la Guerre, permettez-moi mon cher Ministre, de vous recommander l’adjudant-général Sénig, que j’ai vu à Bruxelles à son retour de l’armée de Hollande, où il a servi avec distinction. Cet officier s’est occupé dans ses loisirs, cet officier s’est occupé dans ses loisirs d’un plan d’organisation légionnaire, au moyen duquel un corps considérable de troupes, peut se porter à une très grande distance avec toute la rapidité possible. Cette idée, qu’il a pris la peine de me développer, m’a paru ingénieuse, mais c’est à vous qu’il appartient d’en apprécier les avantages, je me borne, mon cher Ministre, à vous demander pour cet officier les bontés dont il m’a paru digne, Doulcet de Pontécoulant »[5].

 

Jacques Smeeters, né le 15 septembre 1757, à Louvain, servit dans les troupes belges au service de la France (1792), lieutenant au 17e régiment de chasseurs à cheval, passa au 9e régiment de hussards (6 avril 1794), adjoint à l’état-major de l’adjudant-général Frantzen (9 décembre), blessé d’un coup de feu dans les reins à la bataille de Saalfeld (16 octobre 1806), retraité avec la grade de capitaine (1807), il reprit du service à son grade dans la 76e cohorte (9 août 1812), passa au 146e régiment de ligne, aide de camp du général Jacquemart, chef de bataillon. Il était aussi chevalier de la Légion d’honneur.

Watrin, né à Beauvais en 1772, capitaine au 17e régiment de chasseurs à cheval, général de division, il mourut durant l’expédition de Saint-Domingue en 1803.

Pierre-Corneille Vermeulen, originaire d’Anvers, ancien soldat de l’abbé de Tongerloo, lieutenant à la Légion des Belges et Liégeois (8 novembre 1792), passa au 17e régiment de chasseurs à cheval français (1793).

Article de Laurent B. et Didier Davin

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[1] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 544.

[2] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 546 et 547.

[3] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 543.

[4] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 544 et 545.

[5] Eugène Cruyplants, La Belgique sous la domination française (1792-1815), 1912, tome II, p. 548.