16e régiment de chasseurs à cheval

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Le 16ème régiment de chasseurs à cheval :


Date de formation : 5 mars 1793[1]. Le 7 mars, levée de deux nouveaux régiments de chasseurs à cheval, dits chasseurs des côtes, l’un dans les départements de Bretagne, l’autre dans ceux de Normandie. D’abord appelés, 21ème et 22ème chasseurs, ils prirent les numéros 15 et 16.  Le 16ème fut un moment embarqué dans l’aventure fédéraliste, le général Wimpfen tenta d’organiser une armée en Normandie. Le régiment fut éparpillé dans toute la région au Mans, à Guise, à Coulommiers.

Formation :

Il fut formé avec les chasseurs normands de Labretèche. Formé sous le numéro 22 en mars 1793, par décret de la Convention, il prit le numéro 16 en juin par ordre du ministre de la Guerre Bouchotte. Il fut en fait commandé jusqu’en 1796 par le chef de brigade Louis Florentin Bretèche dit La Bretèche, un des héros de Jemmapes.

Historique :

1793 :

Le journal militaire de l’an II[2] indique que le régiment fut travaillé par les fédéralistes. Il reçut l’ordre par un décret du 2 juillet de se rendre à Orléans. Un autre décret du même mois en date du 13, déclara que les sous-officiers et soldats égarés avaient 15 jours pour rentrer dans leur devoir et les officiers restés séditieusement à Falaise furent cassés. Un autre décret plus tardif autorisa le régiment à se rassembler à Versailles. Le ministre de la Guerre autorisa le régiment à quitter Versailles pour se rendre aux frontières (3 octobre).

Entre temps deux détachements furent signalés dans les armées de l’Ouest. Cinquante-huit hommes partirent de Fontenay en Vendée, le 17 septembre, pour se rendre au Mans où ils arrivèrent seulement le 27. Cinquante autres partirent de Versailles le 25 septembre, pour rejoindre également Le Mans le 3 octobre. Le 9 octobre le régiment passa de Versailles à Laon où il devait arriver le 14[3]. Deux escadrons étaient effectivement en Vendée et participèrent au moins à la bataille du Mans, les 12 et 13 décembre.

1794 :

Les deux autres escadrons étaient à Boulogne et Gravelines jusqu’en 1794 faisant partie de l’armée du Nord. En mars, il était en mouvement et partit de Reims pour rejoindre Angers où il arriva le 9 mars. Un escadron du régiment et un détachement partirent de Coulommiers et de Melun pour arriver à Angers les 2 et 6 mars[4]. Le 16ème de chasseurs combattit à Machecoul. Pendant ce temps le reste du régiment servit à la bataille de Fleurus et à Aldenhoven (2 octobre).

1795 :

En 1795, le régiment était à Quiberon et une autre partie à Feiberg et prit part au siège de Mayence. En décembre, le régiment fut regroupé en Normandie où il se réorganisa.

1796 :

Au début 1796, il comptait 22 officiers 1 022 hommes et 717 chevaux. En mars, il dut rejoindre l’armée de Sambre et Meuse. En août, il passa sous le commandement du chef de brigade Pierre Col. Il combattit à la Salzbach, Neumarkt, Wurtzbourg, Altenkirchen. On doit noter en septembre le trait de bravoure du capitaine Chardon qui à Limbourgen fut chargé de porter les dépêches du général Kleber et traversa l’armée autrichienne pendant 28 lieues.

1797 :

En juillet, le 16ème passa sous le commandement du chef de brigade Edouard François Simon. Le régiment combattit à Neuwied.

1798-1799 :

En 1798, le 16ème de chasseurs était à l’armée de Batavie. Il fut entièrement rééquipé sur place aux frais de la République batave.

Simon devenu général, le régiment passa sous l’autorité d’Antoine Jean Durosnel. Il combattit après le débarquement anglais à Bergen, le 19 septembre, à Alkmaer le 2 octobre et Castricum le 6 octobre 1799.

Chefs de brigade[5] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Jean Durosnel

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Portraits :

Jean-Louis-Joseph Beranger, originaire de Paris, âgé de 24 ans lors de son enrôlement dans le 2ème de Paris (20 juillet 1791). D’abord volontaire dans la Garde nationale parisienne, bataillon du Petit-Saint-Antoine (1789). Congédié pour infirmités (8 juin 1792). Sous-lieutenant au 16ème régiment de chasseurs à cheval (1793), lieutenant (1795), capitaine (1797), retraité en 1803.

Jean-Marie-Antoine comte Defrance, fils du conventionnel Jean-Claude Defrance, né à Wassy en Haute-Marne en 1771. Elève à l’école militaire de Rebais (juillet 1789), il servit aux dragons du Cap pour combattre la révolte noire à Saint-Domingue (août 1791). Atteint de la fièvre jaune, il rentra en France. Volontaire au 3ème bataillon des Fédérés (10 juin 1792), sous-lieutenant à la 3ème compagnie du bataillon (juillet). Officier d’ordonnance du général Duhoux, commandant le camp de Soissons. Envoyé en mission auprès de Dumouriez, puis de Kellermann, il servit à Valmy (20 septembre), puis rejoignit son bataillon à Cambrai. Il servit à Jemappes (6 novembre). Quartier-maître trésorier du bataillon (février 1793), il servit à l’armée du Nord. Nommé au 7ème de cavalerie, fut toutefois capitaine au 1er escadron de la Seine-Inférieure, il tomba malade ayant tout juste rejoint le 7ème de cavalerie. Commissaire à l’inspection des dépôts de cavalerie légère à l’armée des Ardennes, à Saint-Mihiel puis à Verdun (novembre 1793 puis avril 1794). Capitaine au 16ème de chasseurs à cheval à Alençon (1795), puis au 11ème de chasseurs à cheval. Chef de brigade à l’armée de l’Intérieur (juin), division Favereau à Laon (juillet), puis Huet à Rouen (mars 1796), en réforme (septembre). Employé à l’armée de Mayence sous Jourdan, 6ème division Férino (février 1799). Il servit à Stockach (25 mars), chef d’Etat-major de la division Tharreau, puis Ney, puis Mesnard (septembre), il se distingua à Zurich (26 septembre). Chef de brigade du 11ème de chasseurs à cheval (29 novembre), adjudant-général à l’armée d’Italie (mars 1800), chef de brigade du 12ème de chasseurs à cheval, envoyé à la réserve de cavalerie de Nansouty, armée du Rhin (avril). Il servit à Stockach (3 mai), Moëskirch (5 mai), Memmingen (10 mai). Division Vandamme (11 mai), envoyé à la division Lorge (15 mai) et franchit le Saint-Gothard (28 mai). Servit sous Digonnet à l’attaque de Bellinzona (30 mai). A l’armée de Réserve, brigade Duvignau (6 juin), il servit à Spinetta (13 juin) puis à la bataille de Marengo (14 juin). Passa à la 2ème armée de Réserve, armée des Grisons. Division de cavalerie Lariboissière fin novembre, il franchit le Splügen (9 décembre). Il servit à la division d’Helvétie de Montchoisy (1801). Division légère de Bourcier à l’Armée des Côtes de l’Océan en décembre 1803. Nommé écuyer de Cavalcadour de l’Empereur, en conservant le commandement de son régiment (juillet 1804). Général de brigade (février 1805), suivit l’Empereur en Autriche en tant qu’écuyer. Commandant la brigade des carabiniers de la 1ère division de grosse cavalerie de Nansouty à la Grande Armée. Il servit à Iéna (14 octobre 1806), à Willenberg (10 mars), à Gusstadt (9 juin) et Friedland (14 juin). Chevalier de l’Ordre du Lion de Bavière (janvier 1807), chevalier de la Couronne de Fer (décembre), comte de l’Empire (1808), servit en Allemagne (1809), bataille de Landshut (21 avril), Ratisbonne (23 avril) et blessé à Wagram (6 juillet). En mission en Espagne pour notifier au roi Joseph la naissance du roi de Rome (1811), puis inspecteur de cavalerie, général de division (juillet). Commandant la 4ème division de cuirassiers (1812), corps de cavalerie de Montbrun, il servit à la Moskova (7 septembre), à Winkowo (18 octobre). Capitaine dans l’escadron sacré durant la retraite de Russie, il fut ensuite commandant de la 3ème division de dragons, 3ème corps de cavalerie d’Arrighi (1813). Il servit à Leipzig (7 juin), puis à Dennewitz (6 septembre), Dessau (12 octobre) et à la bataille de Leipzig (16 au 19 octobre). Commandant la division des gardes d’honneur à l’armée de Champagne (1814), il servit à la Rothière (1er février), chargea à Montmirail (11 février), à Château-Thierry (12 février), à Berry-au-Bac (19 février) où il repoussa le corps russe de Saint-Priest devant Reims (7 mars). Repoussé (12 mars), il prit part à la  reprise de Reims (13 mars), puis servit à Arcis-sous-Aube (20 et 21 mars). Inspecteur de cavalerie (1815), il se retira dans ses foyers au retour de l’Empereur. Commandant d’un dépôt de cavalerie (mai), à nouveau inspecteur entre 1815 et 1817, commandant la 1ère division militaire de Paris (1819). Commandeur de Saint-Louis (1820), écuyer cavalcadour du Roi (1822), inspecteur général de cavalerie, chargé de réorganiser l’école de cavalerie de Saumur (1824). Commandant la 2ème division de cavalerie (mars 1825), il occupa divers postes d’inspecteur jusqu’en 1828, Grand-Croix de la Légion d’honneur (1829), il occupa d’autres postes d’inspecteur jusqu’en 1834. Il mourut à Epinay-sur-Seine, en juillet 1855.

D’Herbigny, cavalier au 16ème régiment de chasseurs à cheval (1803). Lieutenant dans le train des équipages (1812). Il passa au 1er régiment de cuirassiers (19 novembre 1814). Mis en non-activité en 1815[6].

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Un petit mystère par Jérôme Croyet :

 

Le 16ème de chasseurs était initialement le 22ème qui devait être formé dans le Calvados. Il fut réformé suite aux troubles fédéralistes pour devenir 16ème. Mais l’historiographie retient le 21ème régiment de chasseurs pour accueillir les hussards braconniers, or dans ce document nous découvrons une autre destination, le 16ème, ex-22ème. S’agit-il d’une portion des Hussards Braconniers mis là pour « patriotiser » le régiment ayant des tendances fédéralistes ? La question reste posée.

Article de Didier Davin, Jérôme Croyet et Laurent B.

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[1] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 42 et 43.

[2] Journal militaire de l’An II.

[3] Journal militaire de 1793.

[4] Journal militaire de 1794.

[5] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 42 et 43.

[6] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 328.