15e régiment d’infanterie Béarn

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Le 15ème régiment d’infanterie ci-devant Béarn :

 

Historique :

 1790-1791 :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison au Havre.

Historique du 1er bataillon :

 1792 :

 Le 1er bataillon partit du Havre le 15 janvier et arriva le 27 à Arras[1]. Il comprenait seulement 333 présents pour 432 manquants. Il occupa Béthune où il reçut l’apport de 800 volontaires et se rendit par la suite à Lille où il arriva le 6 juin[2].

A la déclaration de la guerre, le bataillon fournit des hommes pour la garnison de Tournai et les avant-postes devant Lille. Les lignes furent forcées par les coalisés, le bataillon perdit quelques hommes, un sergent tué et un officier blessé (2 septembre). Roubaix fut attaqué, défendu par une centaine de fantassins la plupart du 15e d’infanterie. L’attaque eut lieu dans la nuit du 5 septembre, l’ennemi étant appuyé par des canons et une forte cavalerie. Après quatre heures de combat acharné, les derniers défenseurs durent abandonner la place ayant épuisé leurs munitions sous le commandement du lieutenant Arnaud.

Les coalisés pressèrent la garnison de Lille, le 15e d’infanterie occupa Five qu’il perdit au profit des Autrichiens. Le 24 septembre, le général Duhoux fit une sortie, traversa les faubourgs mais après un combat disputé dut rentrer dans ses murs. Le 15e perdit à cette occasion quelques soldats et un capitaine. D’autres sorties eurent lieu du 24 au 29 septembre sans plus de succès.

Les Autrichiens travaillèrent désormais à des retranchements pour faire le siège de Lille dans les règles. Il éleva des batteries et commença par la suite le bombardement de la ville. A la porte de Fives, les hommes du 15e subirent la canonnade et essuyèrent des pertes mais les alliés ne devaient jamais prendre la ville. Ayant abandonné le siège, le bataillon prit ses quartiers à Armentières et le 1er novembre dans le camp de la Madeleine-sous-Lille.

Il se mit en marche avec la colonne dirigée sur Lannoy où l’ennemi était fortifié et occupa la place. Le 6 novembre, il rejoignit la colonne du général Labourdonnaie et se présenta devant Tournai qui se rendit. Le bataillon du 15e régiment suivit la colonne qui se présenta devant Anvers et mit le siège devant la forteresse (par la suite la colonne passa sous les ordres de Miranda). La garnison forte de 1 100 hommes se rendit le 29 novembre. Après avoir terminé les ouvrages et les retranchements, les Français avaient ouvert le feu et la ville avait été soumise à cinq jours de bombardements avant d’accepter la reddition. Le 1er bataillon prit ensuite ses quartiers dans la ville d’Anvers.

1793 :

 Le 1er bataillon était au début du 1793 dans les rangs de l’armée du Nord. Il se trouvait dans la garnison d’Anvers au 1er janvier[3]. Il séjourna à Namur puis participa à l’invasion de la Hollande, il servit à Maseick à la fin de janvier et passa dans l’avant-garde du général Lamarlière qui défendait la tête de pont de Ruremonde. Il participa à une expédition contre des postes d’avant-gardes perdus. Il marcha de nuit par Herkensbosch, Declenbroch et Flodrop. L’ennemi fut chassé de sa position de Vessembec le 2 février. Le bataillon fut ensuite à la surveillance de la ligne de la Roer disséminé en différents postes.

Le 4 mars, les coalisés étant passés à l’offensive, s’ensuivit un combat avec une vive canonnade. Les Français durent brûler le pont, mais furent débordés, la Roer étant forcée sur d’autres points, le bataillon prit la route de Ruremonde. Une colonne de 1 800 Français fut enserrée par trois colonnes comprenant environ 15 000 hommes et dut faire retraite en bon ordre. Le 1er bataillon du 15e refusa d’abandonner son unique canon et à force d’héroïsme et malgré les attaques des hussards autrichiens réussissent l’exploit de conserver leur pièce d’artillerie.

Dans la nuit du 5 mars, les Français traversèrent la Meuse, puis le 1er bataillon fit retraite jusqu’au 1er avril où il se retrouva sur la rive droite de la Lys, à Frelinghien, Pont-Rouge et les écluses de Deulemont. Le bataillon et d’autres forces gardèrent cette position stratégique dans les mois qui suivirent, position considérée comme la clef de la Flandre. C’est durant cette période, que les grenadiers qui avaient combattu dans les rangs de l’armée de Moselle rejoignirent le bataillon et que ce dernier dû fournir un contingent de 50 hommes pour servir dans l’Ouest[4].

Un détachement du régiment combattit à Saumur où il fut presque entièrement fait prisonniers, les survivants se trouvèrent le 28 juin à la bataille de Nantes. Voir à ce sujet le département de la Loire-inférieure et l’article sur la Garde nationale de Nantes.

Dans la nuit du 20 au 21 septembre, le 1er bataillon fit partie d’une colonne lançant une attaque de Pont-Rouge en direction d’Ypres, Menin et Courtray. Le bataillon se rangea sous les batteries de Werwick, les tirailleurs enlevèrent Warneton et firent 80 prisonniers. Commencée vers 10 heures du matin, l’action se prolongea jusqu’au soir, le régiment perdit 40 hommes, deux officiers furent blessés. Le 22 septembre, la bataille reprit, la colonne s’était repliée sur Warneton puis se reporta en avant et emporta Werwick abandonnée par les coalisés après un combat de deux heures. Mais une redoute ennemie qui n’avait pas été enlevée continua son feu sur les colonnes françaises et coûta la vie à quelques hommes et la perte de deux chevaux.

Le 23 septembre, le 1er bataillon se porta sur Menin et le 24 avec le 2e bataillon de l’Yonne s’empara de Wewelgen après une heure de résistance de la part de l’ennemi. Le 25 septembre, les Autrichiens revinrent à la charge et reprirent le village, les deux bataillons se replaçant sur leurs positions de départ à Menin. Le 26 septembre, ils furent attaqués toute la journée par la cavalerie et l’artillerie ennemies mais réussirent à se maintenir. Toutefois devant l’importance des forces ennemies, les deux bataillons durent évacuer Menin. Le 1er bataillon du 15e d’infanterie perdit quelques hommes dans ces opérations et bivouaqua à Rekem. La journée du 27 fut une canonnade entre les belligérants, le bataillon reçut l’ordre de se rendre à Lincelles, puis deux jours après à Deulemont-sur-la-Lys. Il occupa ensuite Blaton et Lincelles où il sera amalgamé durant l’hiver.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 La 29ème demi-brigade de bataille fut formée à Blatton, le 15 janvier 1794, selon Belhomme, le 14 janvier selon Louis Susanne[5].

Elle se composait du 1er bat du 15ème, 4ème de la Sarthe, 14ème des Fédérés.

 2ème formation :

 La 29ème de bataille devint à l’armée de l’Intérieur, la 14ème demi-brigade de ligne, le 5 mars 1796.

Historique du 2ème bataillon :

 1791-1793 :

 Le 2ème bataillon fut envoyé dans l’île de Saint-Domingue, il embarqua le 1er novembre 1791 au Havre[6]. A son embarquement il fut diminué de 60 hommes détachés sur la frégate la Fortunée et sur la corvette la Fauvette. Ses grenadiers furent également détachés à l’armée du Nord, le bataillon était donc réduit à 500 hommes, dont une partie des nouvelles levées qui n’étaient pas encore complètement habillés et équipés.

Le 2ème bataillon du régiment fut entièrement détruit dans les combats qui firent rage sur l’île de Saint-Domingue. Au mois de mars 1793, il fut considéré comme anéanti.

Embrigadement/amalgame :

 1ère formation :

 La 30ème demi-brigade de bataille ne fut pas formée selon Louis Susanne, Bertaud et Roucaud et le Journal de l’An VII.  Le 2ème bat du 15ème qui aurait dû la former fut perdu à Saint-Domingue.

 2ème formation :

 Ce bataillon entra dans la composition de la 40ème demi-brigade de ligne de seconde formation, de l’armée des Côtes de l’Océan. Ce fait cité par Belhomme et Bertaud et Roucaud est faux, il ne s’agit que du dépôt du 2ème bataillon du 15ème régiment.

 D’après Belhomme, la 40ème demi-brigade de ligne fut formée à Lyon, le 29 juillet 1796, avec les 28ème et 184ème demi-brigades de bataille, le 2ème bataillon du 15ème régiment d’infanterie, le 2ème bataillon de l’Eure et le 14ème bataillon de la Seine-Inférieure. Belhomme qui fait une confusion, cite également une formation en 1er amalgame, le 30 janvier 1795 à Lille, avec le 2ème bataillon du 15ème, le 26ème des réserves ou 4ème de l’Eure, le 3ème bataillon de Rouen ou 14ème de la Seine-Inférieure. Il est possible de dire que Belhomme se trompe, il s’agit bien du 2ème de l’Eure.

État-major :

 Colonel de Varenne,

Lieutenant-colonel d’Arcy, commandant du 2e bataillon.

Lieutenant-colonel Daurière, commandant du 1er bataillon. Plus tard, chef de brigade à la 29e, puis colonel du 14e d’infanterie de ligne à la tête duquel il mourut.

 Article de Laurent B.

sehri

[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Dupré, Les fastes du 14e régiment d’infanterie de ligne, p. 70.

[3] Dupré, Les fastes du 14e régiment d’infanterie de ligne.

[4] Dupré, Les fastes du 14e régiment d’infanterie de ligne, p. 74-75.

[5] Dupré, Les fastes du 15e régiment d’infanterie de ligne, p. 77, indique le 14 janvier 1794 à Blaton et Lincelles.

[6] 15 décembre si nous en croyons Dupré, Les Fastes du 14e régiment d’infanterie de ligne, p. 70.