15e régiment de dragons Noailles

15e-de-dragons

Le 15ème régiment de dragons ci-devant Noailles :


Historique :

 1792 :

En garnison à Revel en janvier, effectif de 393 hommes[1]. Le 1er novembre, le 2ème escadron du régiment se trouvait à l’avant-garde de l’armée d’Italie[2].

 1793 :

Le 5 mars, deux escadrons du 15ème régiment de dragons se trouvaient dans les troupes de réserves de l’armée d’Italie, fort de 304 hommes[3]. Le régiment, fort d’environ 360 hommes, passa d’Aix à Perpignan à l’automne[4]. Trois détachements forts de 24, 27 et 146 hommes se trouvaient le 11 décembre dans la cavalerie de l’armée du siège de Toulon[5].

 1794 :

Au moins un de ses escadrons se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales en novembre[6]. Il servit au combat du Boulou, de Bellegarde et au siège de Figuière.

 1798 :

Il fut désigné pour l’expédition d’Egypte et l’armée d’Orient avec les 3e, 14e, 15e, 18e et 20e de dragons, 22e chasseurs à cheval et 7e de hussards sans compter un escadron de guides du général Bonaparte[7].

 1801 :

Les Anglais débarquèrent près d’Aboukir le 8 mars mais furent contenus par la général Friant en garnison à Alexandrie et qui avait fait une sortie. Ils mirent le siège devant Aboukir, Menou expédia en renfort à Friant, le général Lanusse avec 3 400 hommes, 500 cavaliers et 9 canons. Il atteignit Alexandrie le 11 mars, portant les forces de Friant à 4 600 hommes et vingt canons au camp des Romains. Ils furent attaqués par l’armée anglaise d’Abercromby, 18 000 hommes, le 13 mars. Ayant étaient pris de flanc par Lanusse, ils durent se retirer en laissant 1 900 tués et blessés, pour seulement 600 Français. Le général Menou vint bientôt avec le gros de l’armée, portant les forces françaises à 8 000 fantassins, 1 360 cavaliers et 50 canons, à Alexandrie qu’il atteignit les 19 et 20 mars. Les 3e et 14e régiments de dragons étaient commandés par le général Boussart, les 15e, 18e et 20e régiments de dragons par le général Roize, le 7e de hussards, le 22e de chasseurs à cheval et le régiment des dromadaires par le général Bon, le tout formant la cavalerie française sous les ordres de Roize.

Le 21 mars, Menou livra la bataille d’Aboukir, ou du camp des Romains, lançant l’attaque contre les 15 000 Anglais d’Abercromby qui ne disposait cependant que de 200 cavaliers mais avec 70 canons. Le général Roize lança sa cavalerie sur l’ennemi, d’abord les 3e et 14e régiments de dragons qui chargèrent la première ligne ennemie. Une partie du 14e régiment s’empêtra dans des fossés creusés sur le front du camp anglais. Les Anglais furent toutefois enfoncés, pénétrèrent dans le camp où s’engagea un corps à corps au milieu des tentes et du matériel anglais. Sous le feu de la seconde ligne anglaise, décimés, ils durent se replier. Roize lança alors l’ensemble de sa cavalerie, enfonça à nouveau la première ligne anglaise mais échoua sur la seconde laissant les deux tiers de ses cavaliers tués ou blessés sur le champ de bataille. Il dut se replier derrière l’infanterie française. Cette dernière avait perdu 2 500 hommes pour 2 300 Anglais, les deux armées se retranchèrent sous Alexandrie[8].

Chefs de brigade[9] :

Au 9 novembre 1799 jusqu’en 1804 : chef de brigade Nicolas Barthélémy.

Portraits :

 Antoine Baillard, originaire de Borest dans l’Oise, âgé de 33 ans au moment de son enrôlement dans le 2ème de Paris. Dragon au 15ème régiment de 1778 à 1790. Volontaire (14 août 1792), caporal dans la 67ème demi-brigade de bataille (1795), rayé des contrôles de la 82ème en 1799[10].

Jean Juignet, né le 17 janvier 1736, cavalier au 15ème dragons (décembre 1756). Brigadier (mars 1763), maréchal des logis (1765), fourrier (1772). Maréchal des logis chef (1776), porte-guidon (1778), sous-lieutenant (mars 1791). Lieutenant au 4ème de cavalerie (septembre 1791), repassa au 15ème de dragons (décembre.) Capitaine (20 mars 1793), chef d’escadron (25 juin). Chef de brigade au 1er régiment de cavalerie (16 nivôse an V). Il toucha une gratification de 10 000 livres par ordre de Bonaparte (6 mars 1797), les soldats du régiment, selon leur grade touchant diverses sommes. Il mourut de maladie à Ferrare (septembre 1798, 20 fructidor an VI).

André de La Barre dit Pioche, né au Fort Missouri, Louisiane en 1749. Cadet (1759), aspirant dans l’artillerie (1764), volontaire dans les carabiniers (1767), sous-lieutenant de dragons (1770), lieutenant au 2ème régiment Condé-Dragons (1776). Campagne d’Amérique sous les ordres de l’amiral d’Estaing, blessé en 1779 au siège de Savannah, Chevalier de Saint-Louis (1780), revint en France. Capitaine au régiment Royal-Cravate, puis au régiment de cavalerie Royal-Normandie (1784), major (1788). Lieutenant-colonel du 15ème régiment de dragons ci-devant Noailles (1791), colonel du régiment. Il servit à l’armée d’Italie avec son régiment et il fut nommé général de brigade (juin 1793). Il prit part au siège de Toulon à la fin de l’année où il commanda une colonne à la prise d’une redoute anglaise (17 décembre). Général de division à l’armée des Pyrénées (janvier 1794), il commanda la cavalerie de la gauche et du centre de l’armée. Il acheva par une belle charge, la victoire du Boulou contre les Espagnols (1er mai), il tomba mortellement blessé dans un combat entre Roses et Figuières, à la tête de ses cavaliers le 7 juin 1794.

Joseph-Thomas Ledée, né à Versailles en 1751, soldat dans Normandie-Infanterie (1767), grenadier (1768), dragon au régiment Royal (1769), brigadier (1770), maréchal des logis (1771), maréchal des logis dans Noailles-Dragon (1772), chef d’escadron (1792), passa au 26e régiment de cavalerie et chef de brigade (an II), chef de brigade lors du licenciement du 26e de cavalerie versé dans le 15e de dragons (an III), chef de brigade au 18e de dragons (an V). Campagne en Espagne (1793-1795), en Italie (1796-1797), en Egypte (1798-1801). Admis à la retraite le 8 nivôse an XI.

Pescheloche, soldat au régiment de Flandre-Infanterie (30 juin 1768). Capitaine de la Garde nationale parisienne (1789). Adjoint aux adjudants-généraux et adjudant-général provisoire (29 messidor an III). Nommé chef d’escadron (an IX), chef d’escadron à la suite du 1er régiment de cavalerie (30 nivôse an IX). Chef d’escadron en pied au régiment (18 pluviôse an XI), passa major au 15ème régiment de dragons[11].

 Article de Laurent B.

 sehri

[1] Journal Militaire de 1792.

[2] A. Chuquet, Dagobert, p. 438-440.

[3] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée française d’Italie, le 5 mars 1793.

[4] Journal Militaire de 1793, tome 2, p. 111.

[5] SHAT, Armée des Alpes.

[6] A. Chuquet, Dagobert, annexes fin de volume.

[7] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 35.

[8] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 50.

[9] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 41 et 42.

[10] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 266.

[11] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de Cuirassiers, p. 341.