14e régiment d’infanterie Forez

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Le 14ème régiment d’infanterie ci-devant Forez :

 

Ouvrage de référence : Les fastes du 14e régiment d’infanterie de ligne, Paris 1836

 

Historique :

 Le 1er juillet 1790, le régiment en entier était en garnison à Saint-Servan.

 1er bataillon :

 1792 :

 Le 1er bataillon se trouvait ensuite le 1er janvier en garnison à Aire. Il comprenait 446 présents et 317 manquants.

 1793 :

 Le 1er bataillon fut signalé au début du 1793 dans les rangs de l’armée du Nord. En janvier, un détachement probablement du 1er bataillon, fort de 176 hommes était parti de Nantes pour rejoindre Brest.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon:

 1ère formation :

 La 27ème demi-brigade de bataille fut formée, le 27 décembre 1793, au Quesnoy selon Belhomme, le 3 janvier 1794 selon Louis Susanne. Elle se composait des 1er bat du 14ème, 1er du Pas-de-Calais et 11ème des Fédérés.

 2ème formation :

La 27ème de bataille devint à l’armée de Sambre-et-Meuse, la 23ème demi-brigade de ligne.

2ème bataillon :

 1790-1792 :

 Le 2ème bataillon fut embarqué à Lorient au mois de décembre 1790 pour rejoindre la Guadeloupe. Le 2ème bataillon se révolta à la Guadeloupe, à la fin de l’année 1792. Il fut embarqué pour la France où il arriva le 7 décembre, il débarqua à Paimboeuf, selon ce que Belhomme indiqua dans son tome 4 de l’histoire de l’infanterie française. Toutefois, Emile Simond donne une version différente : le 2ème bataillon du 14ème bataillon fut d’après lui embarqué à Brest le 31 janvier 1791 pour se rendre à la Martinique où il était resté jusqu’au 15 avril et était ensuite passé en Guadeloupe. Simond passe de prime abord sous silence la révolte. Il indique toutefois que le bataillon fut de retour en France dès le mois d’octobre et fut envoyé à Nantes le 8 décembre 1792.

 1793 :

 Il servit à l’armée des Côtes de Brest du général Canclaux et combattit les insurgés vendéens, il se trouva successivement aux batailles de Pontorson, Dol, d’Antrain, d’Angers, de la Flèche et du Mans en novembre et décembre durant la virée de Galerne[1].

 Au moment de la terreur, puis de la réaction thermidorienne, sept anciens militaires du 2ème bataillon du 14ème régiment d’infanterie furent dénoncés pour avoir pris part à la une révolte royaliste à la Guadeloupe et d’avoir pris la cocarde blanche, d’avoir été traduits devant un tribunal militaire qui les avait acquittés pour le motif suivant :

« Attendu… que, s’il n’est pas constant qu’à la Guadeloupe dans la courant d’octobre 1792, P. L. Caussin, Lieutenant ; Rose caporal-fourrier, Jean Poissonneau et J. F. Larue sergents, N. J. Morand fusilier, P. L. Bruges fusilier et Ch. Lavergne sergent tous du 14ème régiment d’infanterie ayant rétracté le serment constitutionnel qu’ils avaient contractés en France, aient prononcé celui d’être fidèles au Roy et aux Colonies, et de se renfermer dans l’Ancien Régime le plus strict, il est constant qu’ils ont arborés la cocarde blanche à la même époque et qu’ils n’ont pris la cocarde tricolore que trois semaines après, mais ils ne l’ont pas fait librement, ni dans des intentions criminelles ».

Ces militaires furent donc mis en liberté et renvoyés à la 28ème demi-brigade de bataille mais malgré l’acquittement prononcé, leurs camarades les maltraitèrent de telle façon qu’ils furent grièvement blessés et qu’il fallut en transporter un à l’hôpital. Le chef de brigade Mabile envoya de suite les autres dans les 2ème et 3ème bataillons de la demi-brigade « Pour éviter les malheurs qui pourraient résulter s’ils étaient rencontrés par leurs camarades ». Le Comité de Salut Public informé de ces faits par le chef de brigade et suite à un rapport de Pille, destitua les sept militaires avec ordre de se tenir à 20 lieues de Paris et des frontières[2].

Embrigadement/amalgame du 2ème bataillon :

 1ère formation :

 La 28ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme au Havre, le 30 mai 1794. Toutefois Louis Susanne indique le 29 mai. Sa formation comprenait le 2ème bataillon du 14ème, et les 6ème et 10ème bataillons de la Manche.

 2ème formation :

 En 1796, la 28ème de bataille devint à l’armée des Côtes de l’Océan, la 40ème demi-brigade de ligne.

Portraits :

 Jacques-Germain-François Chevrigny-Coquille dit Dugommier, originaire de Basse-Terre en Guadeloupe, âgé de 18 ans au moment de son enrôlement dans le 2ème de Paris (2 mars 1792). Troisième fils du fameux général Dugommier tué à la bataille de la Montagne Noire en 1794 à la tête de l’armée des Pyrénées-Orientales. Sous-lieutenant au 14ème régiment d’infanterie (6 mars 1793), aide de camp de son père, chef de bataillon à l’armée des Pyrénées-Orientales, adjudant-général chef de bataillon (1794), adjudant-général chef de brigade à l’armée d’Italie (1796). Clarke écrivit de lui une note terrible qui cassa sa carrière : « Sans talents, ivrogne quoique très jeune, peu probe ». Nous le retrouvons toutefois en 1812, chef d’Etat-major de la division de dragons du 3ème corps d’Armée. Il fut blessé au début de la campagne au col par un coup de carabine. Il fut fait prisonnier lors de la retraite de Russie et mourut à Saint-Pétersbourg d’après ce qu’indique Chuquet, dans son ouvrage La Jeunesse de Napoléon, III, p. 226 et 300[3].

Louis-Maximilien-François-Herman baron puis comte d’Hinnisdal de Fumal, né à Ames dans le Pas-de-Calais le 2 mai 1751. Sous-lieutenant au régiment ci-devant de la Marck (1767), lieutenant (1773), capitaine sans appointements (1774). Il obtint une commission de colonel attaché à l’infanterie allemande (1780). Colonel du 14ème régiment d’infanterie ci-devant Forez (25 juillet 1791). Maréchal de camp (décembre), il passa au commandement de la partie Nord de l’île de Saint-Domingue (juin 1792). Il rentra en France (1793), reçut son salaire jusqu’en septembre, puis cessa ses fonctions et se retira à Joigny dans l’Yonne. Remis en activité à l’armée de Batavie, puis à l’armée de l’Ouest en août 1799, puis février 1800. Il repassa à l’armée de Batavie (7 juillet), destiné au commandement des troupes embarquées à Flessingue pour Saint-Domingue (novembre 1801). Il s’excusa pour raison de santé et fut employé dans la 22ème division militaire (mars 1802). Commandant le département de Loir-et-Cher (avril), envoyé à la 27ème division militaire (1803), il est président du Conseil de révision puis commandant du département du Pô. Admis à la retraite (août), il se retira à Ferfay dans le Pas-de-Calais où il vivait encore en 1824.

François Mabille, né le 20 mai 1732, il entra au service comme soldat dans le régiment ci-devant de Forez, 14ème d’infanterie (1er avril 1755). Il fit campagne en Allemagne entre 1760 et 1762, durant lesquelles il fut deux fois blessé, à Warbourg (31 juillet 1760), puis à Imbeck (29 septembre 1761). Sergent (16 février 1763), adjudant (26 juillet 1776), porte-drapeau (7 août 1778), sous-lieutenant (30 mai 1784), lieutenant (29 septembre 1787). Il s’embarqua à Brest pour la Martinique (31 janvier 1791) et se rendit ensuite à la Guadeloupe. Il passa en ce lieu le grade de capitaine (15 septembre). Rentra en France, il débarqua à Nantes (8 décembre 1792) et fut nommé lieutenant-colonel (25 avril 1793), puis chef de brigade de la 28ème de bataille (29 mai 1794). Il prit sa retraite le 29 février 1795[4].

 Article de Laurent B.

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[1] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 49.

[2] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 50 et 51.

[3] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, tome 1, p. 270.

[4] Emile Simond, Le 28ème régiment de ligne, p. 366.