14e régiment de chasseurs à cheval

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Le 14ème régiment de chasseurs à cheval :

 
 

Date de formation : 5 mars 1793. Par la réunion des compagnies franches des hussards de la mort, des hussards de l’égalité et des hussards de la légion du Midi dite à ce moment légion des Alpes, pour former le 13ème régiment de chasseurs à cheval. Il reçut finalement le numéro 14 de l’arme. Lors de sa composition à Fontainebleau le régiment fut formé de compagnies des hussards de la mort, de quatre compagnies des hussards de la légion des Alpes et de huit compagnies des hussards de la liberté. Le régiment ne resta pas uni et il fut dispersé par escadrons dans toutes les armées (armée du Nord, Vendée, Perpignan et Avignon pour sept escadrons).

Formation :

C’est par un décret du 5 mars 1793, que la Convention prévu de former sous le numéro 13 un régiment de Chasseurs à cheval qui prit le numéro 14 en juillet. Celui-ci dut être constitué des hussards de la légion des Alpes, des hussards de l’Egalité et des hussards de la Mort. La compagnie des hussards de la Mort fut versée par décret du 5 mars 1793, dans les rangs du 14ème régiment de chasseurs à cheval. C’est au début d’avril, que ses éléments constitutifs se présentèrent à Fontainebleau pour former un régiment à six escadrons de guerre mis sous l’autorité du chef de brigade Rovère, un ancien du 15ème de dragons.

Historique :

Le nouveau régiment à peine formé sous le numéro 13, ses escadrons furent dispersés sur toutes les frontières menacées.

1793 :

Les 1er et 2ème escadrons furent envoyés en Vendée à l’armée des Côtes de la Rochelle (9 mai). Ils rallièrent Niort en juin. Un escadron se mit effectivement en route le 9 juin de Fontainebleau, mais donné pour se rendre à Perpignan[1]. Son dépôt fut déplacé de Fontainebleau, dont il se mit en route le 8 juillet, pour se rendre à Avignon[2]. Désormais 14ème de chasseurs, les deux escadrons participèrent aux batailles de Luçon (30 juillet, 14 août), puis passèrent à l’armée de l’Ouest et combattirent à Mortagne, au Mans et à Savenay.

Les 3ème et 4ème escadrons rejoignirent en juillet, l’armée des Pyrénées Orientales et défendirent Perpignan. Le 1er septembre, le régiment ou un détachement se trouvait à l’armée des Pyrénées-Orientales, au camp de l’Union[3].

Les 5ème et 6ème escadrons, ainsi que le dépôt gagnèrent Avignon en juillet. Le 5ème escadron rejoignit les Pyrénées et le 6ème fut utilisé au service de correspondance à l’armée d’Italie. Vingt-trois chasseurs se retrouvèrent au siège de Toulon. Ce détachement servit dans la cavalerie de l’armée du siège de Toulon, le 11 décembre.

Une compagnie isolée et famélique des hussards de l’Egalité, devenue 7ème escadron du 14ème chasseurs à l’armée du Nord, servit à Hondschoote et Wattignies.

1794 :

Le 14ème de chasseurs servit sur tous les fronts. Le 7ème escadron complété à 250 hommes à l’armée du Nord sous Pichegru, participa à la reconquête de la Belgique (juin et juillet). A la fin de  juillet, il fut renvoyé en France à l’armée des Côtes de Brest.

Les 1er et 2ème escadrons dans l’Ouest participèrent aux terribles colonnes infernales. Un détachement du régiment se trouvait à l’armée de l’Ouest dans la colonne infernale du général Grignon en Vendée. Par la suite, deux détachements servaient toujours dans cette armée (29 juillet), constitués de 86 et 62 hommes. Les 3ème, 4ème et 5ème escadrons servaient à l’armée des Pyrénées-Orientales, ils servirent au Boulou, Collioure et Campredon. Le 6ème escadron et le dépôt furent envoyés à Nice à l’armée d’Italie. L’escadron participa aux prises d’Oneille et Saorge. A la fin de 1794, les escadrons quittèrent leurs positions et durent se réorganiser à Rennes.

Chefs de brigade[4] :

Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Jacques Boudet.

Portraits :

Félix-Joseph-Innocent Gaillard dit Saint-Elme, originaire de Paris, fils de l’entrepreneur du théâtre de la République, fusilier et par la suite sous-lieutenant dans la Garde nationale parisienne (1789-1792), enrôlé à Paris, à 20 ans à la compagnie de la section des Arts (6 septembre 1792), versé au 9e bis bataillon de Paris (23 septembre), passé comme sous-lieutenant dans les hussards de la légion de Kellermann, qu’il suivit comme aide de camp à l’armée des Alpes, lieutenant au 14e chasseurs à cheval (9 mai 1793), capitaine détaché à l’Etat-major de l’armée révolutionnaire, aide de camp du général Ronsin (13 octobre), adjoint aux adjudants généraux de l’armée de Moselle, puis aide de camp du général Ernouf (1794), aide de camp du général Hatry (1796), réformé (1797), capitaine de gendarmerie au département de Rhin-et-Moselle (1799), aide de camp du général Verdière (1802), adjoint à la réserve de cavalerie de la Grande Armée et chevalier de la Légion d’Honneur (1807), attaché à l’Etat-major particulier du maréchal Berthier, fait chevalier de l’Empire avec dotation (1809), envoyé en Espagne (1811), chef de bataillon (1813), en demi-solde (1814), employé pendant les Cent-Jours à l’armée du Nord (1815), il avait été blessé à Henry-Chapelle, à la bataille d’Eylau (8 février 1807) et en Espagne. Retraité (1822), il mourut le 7 avril 1840.

Urbain-François baron Lambert, né 1773 à Melle dans les Deux-Sèvres. Sous-lieutenant à la 1ère compagnie franche des chasseurs basques (1er mai 1793), probablement date de création de cette unité. Il passa lieutenant au 21ème de chasseurs à cheval (11 mars 1794). Il servit à l’armée d’Italie (1795), passa capitaine (avril 1796), et passa aux grenadiers à cheval du Corps législatif (décembre). Aide de camp de Huet, il passa au 4ème régiment de chasseurs à cheval (1798), puis devint aide de camp de Scherer (1799). Il occupa divers poste d’adjoint aux adjudants-généraux et se signala à la bataille de Moesskirch (5 mai 1800). Chef d’escadron du 14ème de chasseurs à cheval puis au 24ème régiment de chasseurs à cheval, il participa à l’expédition aux Antilles puis servit à l’armée d’Italie de 1805 à 1806. Il fut blessé d’un coup de sabre à la main droite devant Vérone (29 octobre 1805) puis d’un coup de feu au bras droit à San-Pietro-In-Gu (4 novembre). Major au 9ème régiment de hussards (16 mai 1806), il servit en Prusse et devint colonel du 4ème régiment de chasseurs à cheval (décembre). Il passa au 23ème de chasseurs à cheval et servit à Eylau, brigade Duprès, 10ème corps de Lefebvre. Il servit à Friedland et devint baron de l’Empire (1808). Division Marulaz, il servit en 1809 à Landshut, au pont de Moosburg et il fut blessé de deux coups de sabre l’un au bras, l’autre à l’épaule gauche à la terrible bataille d’Essling. Officier de la Légion d’honneur (1809), général de brigade (1811), il conduisit trois régiments de cavalerie à l’armée du Portugal. Il fut rappelé en France (1812) et commanda le département du Jura, avant de suivre dans l’Etat-major général de la Grande Armée, l’armée Française en Russie. Il rentra en France pour raison de santé et reprit le commandement du Jura. Durant la campagne de France, il défendit le pont de Dôle et Auxonne (janvier 1814), il reprit le commandement du Jura à la Restauration mais mourut en mai, à Paris.

Edouard-Jean-Baptiste comte de Milhaud, né à Arpajon dans le Cantal en juillet 1766. Fils de cultivateur, aurait été élève du génie de Marine (1788), puis sous-lieutenant dans un régiment colonial (1790). Il fut élu à cette date commandant de la Garde nationale du canton d’Aurillac (1791). Il se présenta comme candidat à l’Assemblée Législative mais échoua, puis il fut élu député à la Convention Nationale pour le département du Cantal, politiquement dans les rangs des montagnards. Membre du Comité Militaire, il vota la mort du Roi et prit la défense de Marat (13 avril 1793). En mission à l’armée des Ardennes, il fut nommé capitaine du 14ème régiment de chasseurs à cheval (9 mai). En mission à l’armée du Rhin (juin), chef d’escadron du 20ème régiment de chasseurs à cheval (22 juillet). Représentant en mission à l’armée des Pyrénées-Orientales (décembre). Il épousa à Perpignan, le 9 juillet 1794, la citoyenne Marianne Lignières alors âgée de 19 ans. Il rentra à la Convention (26 août) et chercha à sauver son collègue Carrier, vainement. Il fut nommé chef de brigade au 5ème régiment de dragons (28 janvier 1796), servant à l’armée d’Italie 1796-1797. Il combattit à Primolano (7 septembre) et à la bataille de Bassano (8 septembre), à celle de Saint-Michel où il fut blessé à la tête. Armée d’Angleterre 1798-1799, commandant le Palais du Luxembourg au coup d’Etat du 18 brumaire, chef d’Etat-major de Murat, puis général de brigade (1800). Armée de réserve, puis armée d’Italie dans la division Kellermann, puis dans la division Monnier à l’armée du Midi (1801). Commandant de Mantoue, puis la Ligurie et à l’armée des Côtes de l’Océan 1802-1805. Commandant la brigade de cavalerie légère formée des 16ème et 22ème chasseurs à cheval dans la 2ème division de dragons de Walther. Il s’empara de Linz (1er novembre 1805), et d’Enns (3 novembre), il servit aussi à Austerlitz (2 décembre). Commandant la cavalerie légère du 4ème corps (1806), puis une brigade de cavalerie légère formée des 11ème et 13ème chasseurs à cheval, à la réserve de cavalerie du prince Murat, il servit en Allemagne et en Pologne, notamment à Boitzenburg (27 octobre) et fit capituler 6 000 Prussiens à Pasewalk (29 octobre). Il servit à la bataille de Golymin (26 décembre) et il fut nommé général de division (30 décembre). Il servit avec sa division, la 3ème de dragons à Ziegelhoff (7 février 1807) et le lendemain à Eylau. Il était à l’attaque de Königsberg (14 juin). Comte de l’Empire, il passa ensuite avec sa division du 4ème corps en Espagne et combattit à Ciudad-Real (27 mars 1809), Talavera (28 juillet), Almonacid (11 août). Il fut vainqueur au combat d’Ocana (12 novembre), servit à la bataille du même nom (19 novembre), encore vainqueur à Antequera (4 février 1810). Grand Officier de la Légion d’honneur (juin 1810), il servit à Rio d’Almanzor (4 novembre). Rentra en France, il commanda la division militaire de Wesel, puis une division de cavalerie en formation à Mayence (février 1813). Commandant diverses divisions de cavalerie dans divers corps en 1813, il livra un brillant combat de cavalerie à Zeitz (10 octobre) et servit à Wachau (16 octobre) et à Hanau (30 octobre). Commandant du 5ème corps de cavalerie (1814), Il fut vainqueur à Sainte-Croix (24 décembre) puis servit à Saint-Dizier (27 janvier 1814), à Brienne (29 janvier), à la Rothière (1er février), à Mormant (17 février), à La Ferté-sur-Aube (28 février), à la défense de Troyes (4 mars), au combat de Saint-Dizier (26 mars). Chevalier de Saint-Louis, admis à la retraite, il commanda la 1ère division de cuirassiers (mars 1815). Appelé à Paris après avoir laissé échapper le duc de Bourbon, il fut commandant en chef du 4ème corps de cavalerie (cuirassiers) en mai. Il servit durant la campagne de Belgique, à Ligny (16 juin) puis Waterloo (18 juin). Admis à nouveau à la retraite puis proscrit comme régicide, il obtînt de rester en France. Il fut relevé de sa retraite (février 1831), cadre de réserve de l’Etat-major général, puis en réforme (1832). Il mourut à Aurillac, le 8 janvier 1833. Un des plus grands cavaliers de l’épopée révolutionnaire et impériale.

Jean Pasquier, né à Saint-Jean-d’Angély en Charente-Inférieure le 20 septembre 1782, fils de Michel sergent de l’abbaye et de Marie Pigeon, et pour parrain Jean Billouin et pour marraine Victoire Grelas. Entra au 14e régiment de chasseurs à cheval (1801), il fit les campagnes de 1801 à 1811 en Italie, Naples, Calabre et Venise. Brigadier (1803) il fit la campagne de Russie, maréchal des logis (7 septembre 1812), chevalier de la Légion d’honneur (22 septembre). Il servit durant la campagne de Saxe puis celle de France en 1813 (dans le 4e Chasseurs à cheval) et 1814. Il passa aux chasseurs à cheval de la Garde (1er mai 1815) et fit la campagne de Belgique. Congédié (6 octobre 1815), il passa à la gendarmerie à cheval (11 avril 1816), compagnie de gendarmerie royale de la Charente-Inférieure. Il déclara en décembre 1818 :

« que légionnaire du 2 septembre 1812 en Russie, qu’étant chasseur à cheval au 4e régiment, il perdit son brevet à Leipzig le 18 octobre 1813 après avoir eu son cheval tué sous lui, à Rouen, en 1814, il demanda au grand chancelier de la Légion d’honneur un autre brevet qu’il a remis en 1817 au Conseil d’administration de la Gendarmerie ».

Il mourut le 14 avril 1850.

Article de Didier Davin et Laurent B.

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[1] Journal Militaire de 1793, p. 388.

[2] Journal Militaire de 1793, p. 500.

[3] Ordre de bataille de la collection Nafzinger, Armée des Pyrénées-Orientales, 1er septembre 1793.

[4] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des Chefs de brigade et des capitaines de Vaisseaux du Premier Consul Bonaparte, p. 42 et 43.