13e régiment de dragons Monsieur

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Le 13ème régiment de dragons ci-devant Monsieur :

 

Historique :

 En 1790, le régiment prit part à la répression des troubles de la garnison de Nancy.

1792 :

Le 1er janvier, le régiment était en garnison à Toul ou à Epinal selon d’autres sources. Il comprenait un effectif de 478 hommes et 41 manquants. Sa remonte se composait de 447 chevaux et 43 manquants. Le 15 mars, il était à Epinal, comprenant trois escadrons, pour 438 hommes sur un complet de 470. Il servit à l’armée du Centre de La Fayette et sous les ordres directs de Monsieur De Franc[1]. Le 1er avril, il était encore à Epinal avec un effectif de trois escadrons pour 496 hommes et 23 manquants. Il se trouvait dans les rangs de l’armée du Centre au mois de mai[2].

Le 1er juin, le régiment était toujours à Epinal tandis que son dépôt se trouvait à Thionville[3]. Au 3 août, il était à l’armée du Nord et prit place dans une brigade de cavalerie du corps de bataille à son aile gauche[4]. Il participa à la bataille de Valmy le 20 septembre. Au commencement d’octobre, il fit partie des troupes d’invasion de la Belgique. Il était dans l’arrière-garde de la 2ème colonne du général Egalité[5]. En novembre, le régiment servait à l’armée de Belgique de Dumouriez, il fit partie de la colonne des flanqueurs de gauche du général Miaczinski[6]. Il servit à la bataille de Jemmapes, le 6 novembre 1792.

 1793 :

Au 1er mars, deux escadrons du régiment comprenant un effectif de 351 hommes, étaient à la division des flanqueurs de droite du général Frégéville aîné[7]. Le 30 mai, un détachement du 13ème de dragons constitué de 40 hommes était à la division des flanqueurs de gauche des armées combinées du Nord et des Ardennes du général Custine[8]. Le 30 juillet, il était en garnison à Douai et au camp de Sin[9]. Lors de l’épuration des cadres de l’armée française, le régiment fut signalé comme ayant deux officiers nobles dans ses rangs[10].

 1794 :

En avril, le régiment était à l’armée du Nord, il fit partie des troupes à cheval du général Bonnaud. Il participa à l’affaire du poste d’Abscon dans la nuit du 18 au 19 avril. En compagnie des 5ème hussards, 13ème chasseurs à cheval, d’un escadron du 10ème dragons et des chasseurs à cheval de Versailles ; le tout soutenu par une batterie à cheval ; le régiment balaya ce poste occupé par un escadron de hussards autrichiens. Un total de 120 chevaux de selles, 40 chevaux de trait, 80 bœufs, 800 moutons furent capturés. Le brouillard enveloppant toute la région, le corps de cavalerie du général Bonnaud mit encore en déroute un escadron des hussards Léopold, un escadron des carabiniers hessois et trois escadrons des Leib-Dragons. Son avancée lui fit occuper le village de Roeulx mais il fut bientôt attaqué par toute la cavalerie ennemie. Battant en retraire, il soutint le choc et se replia dans les lignes françaises en rapportant le butin[11].

Le 24 avril, le régiment combattit à l’affaire de Villers-en-Cauchies. Le corps autrichien du général Wurmb fut attaqué par les troupes de Cambrai et de Bouchain (23 avril). Ce premier engagement conduisit le duc d’York à envoyer d’importants renforts de cavalerie. Le 24 avril à 7 heures du matin, la cavalerie coalisée se porta au-devant des Français, formée de deux escadrons de hussards autrichiens Léopold, de deux escadrons du 15ème dragons légers anglais et soutenus par deux escadrons des Horse-guards, quatre escadrons des 1er et 3ème dragons-gardes, d’une division de cuirassiers autrichiens Zeschwitz et de deux escadrons de dragons légers anglais, cette masse de cavalerie aborda les Français. Environ 800 hussards français durent se replier et le firent en bon ordre pour rejoindre l’infanterie française établie à Villers-en-Cauchies et Avesnes. Cependant la cavalerie légère française fut chargée et rompue, l’infanterie française formée en carré fut à son tour sabrée et mise en déroute. La retraite fut protégée par les régiments de carabiniers à cheval, le 13ème de dragons, et les 5ème et 6ème régiments de hussards. Les coalisés stoppèrent leur avance, seul six escadrons ennemis participèrent à cette action.

Le 26 avril, le général Chapuis fit une sortie de Cambrai avec 30 000 hommes et fut complètement mis en déroute. Les Français perdirent pas moins de 5 000 tués et blessés, 350 prisonniers dont le général Chapuis et 32 canons et obusiers[12]. Au 19 juin, le régiment était à l’armée du Nord en position à Ascq et il comprenait 27 officiers, 522 hommes, 24 absents, des chevaux au nombre de 46 pour les officiers et de 504 pour la troupe[13]. En juillet, le comité de Salut Public reçut les informations suivantes sur les officiers du régiment :

« Chef d’escadron Bénazé, lieutenant en 1788, remis sous-lieutenant en 1791, 28 ans et sorti du rang, chef d’escadron Durand, lieutenant surnuméraire en 1788, remis sous-lieutenant en 1791, 57 ans et sorti du rang. Chef d’escadron Fouque, adjudant-sous-lieutenant, 44 ans et sorti du rang. Deux quartiers-maîtres au rang de capitaine dont un adjoint dont un autrefois maréchal-des-logis, un sergent-major dans la Garde nationale âgés de 35 et 43 ans.  L’un est sorti des rangs, l’autre est entré au service comme sergent-major dans la Garde nationale en 1789. Quartier-Maître d’infanterie belge en 1792, même grade au 17ème chasseurs à cheval en 1792, puis au 13ème de dragons le 19 germinal an II. Treize capitaines dont deux provisoires et deux adjoints, dont un garde national en 1789, lieutenant à légion des Ardennes en 1792, capitaine dans les chasseurs à cheval belges en 1793, incorporé au 13ème dragons avec ce dragon, un soldat d’infanterie au 82ème d’infanterie en 1789, lieutenant dans la Garde nationale en 1791, Sous-lieutenant au 13ème dragons en 1792, un adjudant d’infanterie, deux dragons, trois maréchaux des logis, deux maréchaux des logis en chefs, un porte-guidon, un capitaine dans une compagnie franche, un capitaine au régiment belge de Hainaut, de 29 à 55 ans pour une moyenne de 41 ans dont1 soldat en 1782, dragon en 1789, capitaine du bataillon de l’Eure en 1791, incorporé au 13ème dragons avec ce dragon, un capitaine dans une compagnie franche de cavalerie en 1789, entré avec ce grade aux dragons de la Manche en 1793, incorporé au 13ème dragons avec son grade, un capitaine dans le régiment belge de Hainaut en 1789, dragon, volontaire, capitaine dans les hussards de Jemmapes en 1793, incorporé au 13ème dragons avec ce grade, les huit autres sortis des rangs et passés par tous les grades. Tous les officiers ont toujours bien servis leur pays et la République et ont donné en maints endroits des preuves de leur courage et de leur civisme. Deux chefs d’escadrons, Bénazé et Durand sont susceptibles de monter dans les grades supérieurs, le 1er suspendu par suite des arrêtés de Duquesnoy contre les ex-nobles a été réintégré provisoirement dans ses fonctions par arrêté du représentant Laurent sur la demande des officiers, sous-officiers et cavaliers du 13ème régiment de dragons, neuf capitaines, sept lieutenants, 13 sous-lieutenants sont susceptibles d’avancement parmi eux, trois capitaines, deux lieutenants, deux sous-lieutenants sont particulièrement désignés par un avancement rapide. Deux sous-lieutenants, vieux et usés par le service et les infirmités sont susceptibles d’obtenir leur retraite. Un sous-lieutenant ne sait ni lire ni écrire, deux autres savent seulement un peu lire et écrire, un lieutenant sait seulement signer son nom, un sous-lieutenant nommé à la suite d’une action d’éclat par le conseil exécutif a été suspendu par Duquesnoy et réintégré par le Comité de Salut Public sur la demande du régiment. Trois régiments sont déclarés aptes à l’avancement, deux d’entre eux sont mêmes appelés à un avancement rapide. Répartition des officiers entre le dépôt à Compiègne et les escadrons en campagne à l’armée du Nord »[14].

Au milieu de 1794, le régiment était en pleine refonte. Son dépôt se trouvait à Noyon où 857 hommes sont à l’instruction[15].

 1795 :

Le 29 janvier, le régiment était à l’armée du Nord. Il comprenait un effectif de 51 officiers, 940 hommes, pour une remonte de 72 chevaux d’officiers et 796 de troupes. Le 5 mars, le dépôt du régiment était à Compiègne. Il comprenait 28 dragons, 436 hommes à l’instruction, 2 chevaux entraînés et 212 à instruire. Le 23 octobre, le régiment servait à l’armée des Côtes de l’Ouest. Il cantonna à Nantes et Challans. Dans la première ville, il comptait 237 hommes et 329 chevaux. Dans la seconde, il comptait 256 hommes et 271 chevaux. Son dépôt de Douai comprenait alors 171 hommes et 60 chevaux à l’instruction[16].

 1796-1803 :

Il resta dans l’Ouest jusqu’en 1796, puis participa aux campagnes d’Allemagne et de Suisse. En 1796, il servit au siège de Thionville. En 1797, il servit dans l’armée de Rhin et Moselle. En 1798, il servit à l’armée de l’Ouest et à celle de Mayence. En 1799, il servit dans les armées d’Helvétie et du Danube. Le 25 septembre 1799, il s’illustra à la deuxième bataille de Zurich. En 1800, il servit à l’armée du Rhin et s’illustra à la bataille d’Engen (3 mai 1800), aux combats de l’Iller (5 juin 1800) et de Müldorf. Plus tard, il s’illustra encore au combat d’Ingolstadt et à la bataille d’Hohenlinden (3 décembre 1800)[17].

Colonels :

Colonel Joseph-François-Louis-Charles César comte de Damas : 10 mars 1788-octobre 1791.

Colonel Charles-François baron de Malvoisin : 21 octobre 1791-26 octobre 1792.

Colonel Jean-Bernard Gauthier de Murnan : 26 octobre 1792-20 avril 1793.

Colonel César-Chanoine De Rocmont : 20 avril 1793-26 novembre 1796. En poste en septembre 1794, âgé de 44 ans, volontaire en 1768, capitaine à la Révolution.

Colonel Joseph Fouques : 26 novembre 1796-22 août 1797. Ancien tambour-major du régiment. Il commanda lors du séjour du régiment aux armées de l’Ouest. Il fut destitué.

Colonel Dominique Mansuy-Roget : 22 août 1797-30 juin 1799.

Colonel René-Gabriel Levasseur : 30 juin 1799-21 octobre 1804. Blessé en Suisse, le 25 septembre 1799, au passage de la Limath en chargeant les Russes.

 

État-major du régiment en 1792 :

 

Noms Grades
De Busquet et de Ferré Lieutenant-colonel
Remy Quartier-maître trésorier
De Chifeuil, de Floirac, Raacher, S. Sulpice, Chanoine Capitaine
Tardieu, Courole, Durand, Benazé, Beaucorps, Giroult Lieutenant
Dumetier, Biget, Sourine, d’Auxais, de Latour, de Chouppes, de Saint-Croix, de Mirambel, cadet, Hay, Bureau, Coitier, Giraud Sous-lieutenant

 

Portraits :

 

Philippe Honoret, maréchal des logis au 13ème régiment de dragons, né à Laneur dans le Finistère. Il fut entouré le 28 floréal an 8 par 14 hussards, en tua plusieurs, mit le reste en fuite, mais succomba sous les coups d’un escadron qui fondit sur lui[18].

Jean-Baptiste Pouillat, de Bâgé-le-Châtel, fils cadet de Benoîte Bernigaud née vers 1733, veuve de Jacques Pouilliat. Frère d’Emmanuel Pouillat (79e d’infanterie). Il s’engagea volontairement à une date inconnue au 13ème régiment de dragons ci-devant Monsieur. Il figura en 1792 sur une liste des citoyens de la commune engagés dans les troupes de ligne. Il fut signalé sur une liste de la commune en date du 3 février 1793. Sa mère fut signalée le 6 avril 1794, comme ayant droit aux secours des familles : « ainsy qu’il est constaté par le certificat des officiers composant le conseil d’administration du dit régiment délivré à Douai le 2 septembre 1793 ».

Document : transmis par Jérôme Croyet

Militaires décédés à l’hôpital militaire ambulant de Montaigu, Vendée, en l’An IV :

29 pluviôse An IV, Gagnet Henry, natif de Francheville département de la Marne. Dragon au 13ème régiment, 13ème escadron, entré à l’hôpital le 22 pluviôse an IV, décédé d’une grande fièvre.

 Article de Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] E. Desbrières, La cavalerie pendant la Révolution, tome 1, page 107.

[2] Journal Militaire de 1792, p. 394.

[3] E. Desbrières, La cavalerie pendant la Révolution, tome 1, page 112.

[4] Idem, page 311.

[5] Idem, page 327.

[6] Idem, page 330.

[7] Idem, page 357.

[8] Idem, page 368.

[9] 742 hommes présents.

[10] E. Desbrières, déjà cité, page 261.

[11] E. Desbrières, déjà cité, tome 1 page 402.

[12] Idem, pages 405 et 406.

[13] Idem, page 302.

[14] E. Desbrières, déjà cité, tome 2, page 211.

[15] Idem, page 294.

[16] Idem, tome 2, pages 49 et 80.

[17] Digby Smith, Napoleon’s Regiments: Battle Histories of the Regiments of the French Army, 1792–1815. London: Greenhill Books, 2000., page 247.

[18] Charles-Théodore Beauvais, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des français, 1792-1815.