13e bataillon de chasseurs ex Gardes françaises

infanterie-legere-1792

Le 13ème bataillon de chasseurs ex Gardes françaises :

 

Historique :

 1791 :

 Le 3 août, après le licenciement de la Garde soldée parisienne, un nouveau décret du 28 août organisa l’emploi des troupes ainsi libérées. Elles durent former trois régiments d’infanterie, deux bataillons d’infanterie légère, une division de gendarmerie à pied et une division de gendarmerie à cheval. Cette organisation ne fut terminée qu’au mois d’octobre. Il fut formé de sept compagnies de fusiliers et d’une de la garde des ports de Paris.

 1792 :

 Le 1er janvier, le bataillon se trouvait en garnison à Paris.

Le lieutenant Jean-Jacques Castel du 1er bataillon de Paris entra dans ses rangs le 12 janvier avec le rang de capitaine.

 Embrigadement/amalgame :

 1ère formation :

 La 13ème demi-brigade légère fut formée le 20 avril 1794, à Arlon, selon Belhomme. Sa formation comprenait le 13ème bataillon des chasseurs (ex Gardes françaises), le bataillon de grenadiers et de chasseurs de Reims et le 17ème bataillon des chasseurs volontaires. Selon Belhomme cette unité n’est autre que le 17ème bis bataillon de chasseurs.

 2ème formation :

En seconde formation, elle devint la 25ème demi-brigade légère. Incorporée en seconde formation, le 19 germinal an IV dans la 29ème demi-brigade légère si l’on en croit Bertaud et Roucaud.

Personnages :

 

Isaac Dupuy, il se trouvait à l’armée de Moselle en janvier 1793. Parti en 1792, il écrivit une petite correspondance résumée par P. Boissonnade dans son ouvrage Histoire des volontaires de la Charente, 1791-1794, Angoulême, 1890, et qui se trouvait à cette date entre les mains de M. Delamain.

« Le 31 janvier, le bataillon est placé aux avant-postes à Konigsmacker, en avant de Thionville, il est compris comme chasseur dans le 13e bataillon d’infanterie légère. Le 16 avril, l’avant-garde de l’Armée campée près de Thionville se dirige sur Saint-Louis, l’Armée compte 30 000 hommes […] Les chasseurs du 13e bataillon sont le 11 mai à Fumesdorf, au moment où l’on apprend la marche de l’ennemi vers Sarrelouis. Le 30 août, ils arrivent à Düsweiller, où ils ont à soutenir quelques engagements avec l’ennemi. Le 29 mai, ils enlèvent quelques cavaliers du régiment Royal Allemand qui avait émigré avec Bouillé. Les soldats ont beaucoup de fatigues à supporter, de trois nuits ils en passent deux au bivouac au milieu des bois, leur paie n’a presque aucune valeur à Sarrebrück, 6 livres en argent valent 30 livres en assignats et toutes les vivres sont hors de prix. Les petits combats d’avant-postes se multiplient, vers le 20 septembre, les chasseurs du 13e bataillon sont aux prises avec les hussards ennemis, de quatre heures du matin à midi, et, après avoir forcé leurs adversaires à la retraite, se laissent surprendre et perdent une centaine d’hommes. Isaac Dupuy n’échappe à la mort qu’à grand’peine. On bivouaque au milieu des bois, dans les baraques ou des cabanes en terre sous la pluie. A chaque instant il faut prendre les armes, peu de jours se passent sans qu’on ait quelque affaire avec l’ennemi, on ne fait que descendre et monter la garde. Au mois d’octobre, le 13e bataillon est à Saarbrück, les soldats se plaignent de l’avilissement croissant des assignats, un billet de 10 sols n’en vaut que deux, la livre de pain coûte 25 sous, le fromage quatre francs la livre, le blanchissage d’une chemise 10 sous. Les représentants du peuple forcent les magistrats de Saarbrück à verser un million en numéraire et à taxer les denrées. Les troupes ennemies souffrent d’ailleurs autant que les Français, toutes les nuits, il arrive des déserteurs, ils meurent disent-ils de faim, huit jours de neige aggraveraient la famine parmi les Autrichiens car ils ne peuvent tirer des vivres que de Mayence. Dupuy observe que les désertions augmentent toutes les nuits, les déserteurs passent dans le camp français par dizaines, à peine ont-ils du pain, encore est-il noir comme du pain d’épices et pique-t-il la langue comme la moutarde. Du côté de Sarreguemines, les mêmes désertions sont encore plus fréquentes. On suppose que les ennemis attendent la prise de Landau pour entrer dans leurs quartiers d’hiver. Quant aux Français, ils se fortifient dans leur camp, on travaille aux retranchements de jour comme de nuit, à la fin de novembre 1793, ils sont presque terminés. En janvier 1794, le 13e bataillon est à Bouzonville avec une division de l’Armée de Moselle, une autre partie de l’armée est cantonnée dans le Palatinat. Les quartiers d’hiver sont pris jusqu’au mois de mars 1794. Au printemps, l’avant-garde campe sur les hauteurs de Sierck, Arlon est pris d’assaut et l’armée s’approche de Luxembourg. […] peu après le bataillon se dirige vers le pays de Liège vers le 9 prairial […] ils atteignent Neufchâteau où ils bousculent l’ennemi et font plus de 300 prisonniers dans la ville, 500 en dehors, leur faisant 1 500 hommes tués, blessés ou pris le reste déroutant jusqu’à Saint-Hubert ».

Peu après, ils furent envoyés à l’armée des Ardennes au siège de Charleroi. L’armée victorieuse à Fleurus permit la chute de Charleroi et le bataillon fit partie désormais de la nouvelle armée de Sambre-et-Meuse. Isaac Dupuy fut promu au grade de fourrier, il participa au siège de Namur, il écrivit :

« la retraite de l’ennemi est on ne peut plus précipitée, les désertions augmentent, surtout parmi les Hollandais, qui désertent par vingtaine, le 24 messidor, on voit arriver dans le camp français 23 de leurs officiers, en se retirant les Autrichiens ont tout pillé et saccagé, si bien que les Français sont reçus comme des libérateurs ».

La discipline était de fer, pour une poule volée c’était la peine de mort, la moindre faute entraînant la dégradation et la relégation en queue de compagnie. L’enivrement était puni de la dégradation, en service d’une peine de fers, cette discipline rendit populaire l’arrivée de l’Armée française en contraste avec les déprédations des coalisés :

« les soldats français sont reçus dans le pays de Liège comme des frères, en libérateurs, aussitôt que nous passions dans un village, les habitants prennent les armes avec nous contre les ennemis qui sont obligés de passer sur la rive droite de la Meuse, à Lièges, les bourgeois forcent les Français à boire et à danser la Carmagnole avec eux en l’honneur de la prise de Condé, la ville est illuminée et les réjouissances durent toute la nuit ».

Le bataillon arriva ensuite sous les murs de Maëstricht, les coalisés avaient abandonné à Juliers plus de 60 canons de gros calibre. L’avant-garde de l’armée était en vue de Cologne et entra dans la ville le 20 vendémiaire. Après la victoire d’Aldenhoven, les quartiers d’hiver furent pris dans la région de Cologne, le bataillon et Dupuy furent cantonnés à Rheinsberg sur les bords du Rhin durant l’hiver 1794-1795. Il fit partie de la division Lefèvre, qui passa l’Yssel le 10 ventôse, séjourna le 30 à Lockern puis en floréal fut de retour à Rheinsberg. Ce furent là les dernières lettres d’Isaac Dupuy.

Article de Laurent B.

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