12e régiment de dragons Artois

12e-de-dragons

Le 12ème régiment de dragons ci-devant Artois :

 

Historique :

 

1792 :

Le 1er janvier, il comprenait un effectif de 423 hommes et 97 manquants. Il se trouvait dans les rangs de l’armée du Centre au mois de mai[1].

 1793 :

Au début de 1793, il se trouvait à l’Armée du Nord.

 1794 :

Le 1er septembre, il était à l’armée de Sambre-et-Meuse et faisait partie de la division de cavalerie du général Dubois, comprenant les 6ème, 7ème, 8ème et 16ème de cavalerie, le 12ème de dragons et de l’artillerie à cheval[2]. Il servit à la bataille de Fleurus.

Chefs de brigade[3] :

 Au 9 novembre 1799 jusqu’en 1804 : chef de brigade Joseph Pagès.

Portraits :

Antoine Bernecque, né le 3 mai 1756 à Monthureux-sur-Saône dans les Vosges, fils de Jacques et d’Anne Gohier, ayant pour parrain Louis Bernecque et pour Marraine Agnès Maréchal. Entra au 12ème régiment de dragons (28 mars 1778), il servit en 1779 et 1780 à l’armée des Côtes de Bretagne[4]. Brigadier (18 juin 1784), puis et fourrier (11 septembre). Il passa maréchal des logis (1er mai 1789) et fit toutes les campagnes de la Révolution de 1792 à 1803. Sous-lieutenant (11 septembre 1792), il servit à l’armée du Centre, division Charbonnier de 1792 à 1793. Il fut nommé lieutenant (1er août 1793), puis capitaine (14 avril 1794) servant à l’armée de Sambre et Meuse sous Jourdan. Il fut blessé d’un coup de feu au menton à l’affaire de Charleroi (17 juin). Il fut remarqué et nommé dès le 20 juin, chef d’escadron continuant de servir dans cette armée, puis dans celle d’Italie sous Brune et Moreau (1795-1801). Nommé major au 27ème régiment de dragons (28 octobre 1803), il obtînt la Légion d’honneur (26 mars 1804) et fit campagne avec son régiment à la Grande Armée en 1805 et 1806. Il obtint sa retraite (1er janvier 1807). Il mourut à Saint-Germain en Laye, dans la Seine-et-Oise, le 27 novembre 1835[5].

Pierre Bonnemains, né à Tréauville, le 13 septembre 1773. Elevé au collège de Valognes, il entra au service en qualité d’adjudant-major d’un bataillon de gardes nationaux de la Manche. Le 20 mai 1793, il passa sous-lieutenant dans les dragons de la Manche, devenu 12ème régiment de dragons. En 1797, capitaine aide-de-camp du général Tilly et fit plusieurs campagnes aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Nommé chef d’escadron sur le champ de bataille, puis major du 16ème de chasseurs à cheval, colonel du 5ème chasseurs (1806), il fit les campagnes de 1806 et 1807, se distingua à Schleitz, à Lubeck, à Iéna, à Crewitz, à Friedland. Officier de la Légion d’honneur (1808), il passa en Espagne, se distingua à Burgos où il fut créé baron, chargea à Truxillo, à Medellin, en 1809 à Talavera et en 1812 à Algesiras. Général de brigade (6 août 1811), il resta en Espagne jusqu’au commencement de 1813, passa en Italie, fit sous le prince Eugène les campagnes de 1813 et 1814, commanda quelquefois l’avant-garde et se fit remarquer à Caldiéro et à Villafranca, contribua au succès de la bataille du Mincio et fut proposé pour le grade de lieutenant-général. Il était déjà commandeur de la Légion d’honneur et chevalier de la Couronne de fer. Le 19 juillet 1814, il fut créé chevalier de Saint-Louis, commanda une brigade de cavalerie pendant les Cent-Jours. A Waterloo, il eut le commandement d’une brigade de cavalerie sous les ordres du maréchal Grouchy, et jusqu’au dernier moment, témoigna de son dévouement à la cause de Napoléon. Après Waterloo, il fut de nouveau désigné pour le grade de lieutenant-général, mais cette nomination ne fut pas confirmée par le Roi. Pendant quelques années, le général Bonnemains resta dans l’ombre, mais il finit par s’entendre avec les Bourbons, fut créé vicomte, fit la campagne d’Espagne et fut nommé enfin lieutenant-général (22 juin 1823), puis gentilhomme de la chambre, commandant de la Corse et Grand Officier de la Légion d’honneur. Le général Bonnemains se présenta à la députation, dans la circonscription de Valognes, contre Armand de Bricqueville. Il fut battu le 23 juin 1830 par 211 voix contre 160. Il fut finalement élu député dans le collège du département (1830-1831). Il fut plusieurs fois élu (1837-1845) à la Chambre des Députés (scrutins de 1837, 1839 et 1842). Il démissionna le 14 août 1845 car il fut nommé à la Chambre des Pairs (1845-1848). Envoyé en Algérie, en 1839, pour réorganiser la cavalerie, il fut placé, à son retour de cette mission, en 1840, dans le cadre de réserve. En 1830, il fut nommé conseiller général du département de la Manche. Il le resta jusqu’en 1833. De 1840 à 1848, il représenta au Conseil Général de la Manche les cantons de Villedieu-les-Poêles et La Haye-Pesnel. Il fut en outre titulaire de la Grand-Croix de Saint-Ferdinand d’Espagne et de l’épée de Suède. Il avait épousé la fille de Jacques-Louis-François Delaistre de Tilly, général dont il fut l’aide de camp. Sa petite fille, Marguerite de Bonnemains, fut la maitresse du général Boulanger. En exil avec ce dernier à Bruxelles, elle décéda de maladie le 15 juillet 1891. Boulanger se suicida sur la tombe de cette dernière au cimetière d’Ixelles le 30 septembre 1891. En 1828, il acheta le château du Mesnil-Garnier (Manche). Il mourut maire de Le Mesnil-Garnier, le 9 novembre 1850. Son nom figure sur le pilier sud de l’Arc de triomphe.

Claude-Joseph Dagallier, né le 9 mars 1762, à Bâgé-le-Châtel, Ain. S’engagea le 8 avril 1785 dans les gendarmes de la Garde du Roi, il passea en avril 1788, lieutenant au régiment de Guyenne. Il se trouvait, le 14 juillet 1791, à Bâgé-le-Châtel très certainement après avoir quitté l’armée, puisqu’il signa ce jour-là un engagement de volontaire et déclara : « à réquisition, je suis prêt à verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour défendre la patrie et maintenir la constitution décrétée par l’Assemblée nationale ». Il écrivit de sa main son engagement et signa d’une belle écriture. Il fut élu lieutenant dans la 1ère compagnie formée par les volontaires du district de Pont-de-Vaux. Et garda certainement un grade d’officier lorsque le 3ème bataillon de l’Ain fut formé. Il fit sans doute un court passage dans son bataillon et demanda comme Joubert un brevet d’officier dans la ligne. Nous le retrouvons dès lors dans son ancien régiment, à la date du 12 janvier 1792, ce dernier étant devenu le 21ème régiment d’infanterie. Il figura en 1792 sur une liste des citoyens de la commune engagé dans les troupes de ligne[6]. Capitaine (24 mai). Il fut signalé (3 février 1793) comme « capitaine des chasseurs » dans son régiment, sur une liste de la commune de Bâgé-le-Châtel[7]. Il fit les campagnes d’Italie de 1792 à 1799 dans le 1er bataillon du 21ème. Aide de camp du général Joubert, le 10 frimaire An VII (30 novembre 1798), il passa à l’état-major du général Puthod puis retourna à celui de Joubert et participa à la bataille de Novi (15 août 1799). A l’état-major du général Championnet, chef d’escadron le 15 frimaire An VIII (6 décembre 1799) et passa au 12ème régiment de dragons puis à nouveau à l’état-major de Puthod. Il intégra le 27ème escadron de gendarmerie de la 14ème légion et devint chevalier de la Légion d’honneur (14 juin 1804). Il exerça ses fonctions de gendarme jusqu’en 1816 à Orléans. Il était devenu officier de la Légion d’honneur (1813) et il mourut à Etampes le 16 août 1837[8].

Jean-Jacques Josselin, originaire de Paris, enrôlé à 19 ans au 4ème bataillon de Paris (septembre 1792), caporal à la 59ème demi-brigade de bataille (1794), passa au 12ème régiment de dragons en 1798, brigadier aux chasseurs à cheval de la Garde impériale (1804), passa aux dragons (1806), fourrier aux vétérans de la Garde (1807), retraité (1809), admis aux Invalides (1820), sergent (1831), il mourut le 6 mars 1850[9].

César-Alexandre baron de La Gachetière de Debelle, frère du général Jean-François-Joseph Debelle. Né à Voreppe dans l’Isère en 1770. Canonnier au 1er régiment de la Fère (1787), passé au 1er régiment de chasseurs à cheval (octobre 1798), puis au 12ème régiment de dragons (septembre 1791). Il servit avec son régiment à l’armée du Nord, puis à l’armée du Rhin et des Alpes. Lieutenant (mars 1793), adjudant-général (décembre 1794). Il servit à l’armée de Sambre-et-Meuse (1796) et passa capitaine (octobre). Chef d’escadron au 12ème régiment de dragons (février 1797), puis au 11ème régiment de dragons (mars). Il servit à Altenkirchen (16 avril), puis à l’armée d’Angleterre (janvier 1798). A l’armée d’Italie (1799), il servit à la bataille de Novi (15 août). Armée du Rhin en 1800 et 1801. Il servit à la brigade Nansouty (septembre 1800). Armée du Hanovre (1803), armée des Côtes de l’Océan entre 1804 et 1805, général de brigade (février 1805). Commandant du département de Montenotte, commandant la 1ère brigade de la division Espagne à l’armée d’Italie, division Mermet à l’armée de Naples (février 1806). A la Grande Armée (octobre), commandant la brigade de cavalerie légère du 5ème corps de Lannes fin 1806 et début 1807. Baron de l’Empire (1808), il servit en Espagne, 1ère brigade de la 3ème division de dragons de Milhaud. Surpris par les Anglais alors qu’il commandait la 2ème brigade de cavalerie du corps sous Soult, il fut battu à Sahagun. Rappelé en France, mis en retraite (1812). Il commanda le département de la Drôme (mars 1815). Il entra dans Valence (15 mars) et il fut blessé d’un coup de baïonnette par un garde national sous ses ordres au pont de la Drôme (29 mars) parce qu’il était soupçonné de trahir Napoléon. Il fut chassé de Montélimar (30 mars) vaincu et blessé au pont de Loriol en combattant le duc d’Angoulême (2 avril). Commandant le département du Mont-Blanc (18 mai), proscrit par ordonnance le 24 juillet 1815, il se constitua prisonnier à Grenoble et fut condamné à mort le 24 mars 1816 mais sa peine fut commuée par Louis XVIII en détention pour 10 années. Envoyé dans la citadelle de Besançon, il fut gracié par Louis XVIII en 1817 et reçut une pension du duc d’Angoulême. Admis à la retraite, il était commandant de la Légion d’Honneur depuis juillet 1807. Il mourut dans son village natal en juillet 1826.

Fr. Au. Pape, né le 10 mars 1770, s’enrôla en 1792, incorporé au 12e de dragons.

Saulnier, dragon au 12ème régiment en l’an VII. Lieutenant au 3ème régiment de cuirassiers (1813). Passa aux cuirassiers du Roi (1er mai 1814). Retraité le 24 décembre 1815[10].

Taurin-Pagan, hussard de Jemmapes (mai 1793), il passa la même année au 12ème régiment de dragons. Nommé sous-lieutenant sur le champ de bataille par le général Championnet (22 pluviôse an VII). Aide de camp du général Raoul (fructidor an VII), lieutenant au 1er régiment de cavalerie (28 fructidor an X), il passa aide de camp du général Duhesme en l’an XI[11].

Jérôme Vulliod, fils de Jean-François, procureur syndic et de Thérèse Girerd, né en 1770 à Chambéry. À l’âge de 17 ans, il entra au service du roi de Sardaigne comme cadet des gardes du corps, avant d’être nommé sous-lieutenant (1790). Les idées révolutionnaires ne tardèrent pas à agiter la région. Lorsque les troupes françaises entrèrent en Savoie en 1792 et occupèrent Chambéry, ce fut la liesse. Mais les mesures révolutionnaires et les levées d’hommes exaspérèrent une partie de la population rurale qui se révolta et se déclara pour l’insoumission au début de 1793. Pourtant, au milieu de cette agitation le jeune officier opta pour la République et ses idées nouvelles. Il s’enrôla dans l’armée française, fut nommé lieutenant (octobre 1795) puis capitaine au 12e régiment de dragons (mars 1797). Il reçut alors une affectation comme capitaine adjoint aux adjudants généraux de la 9e division militaire (à Nîmes-Montpellier, an VII), dirigée par le général Petit Guillaume. D’après les informations communiquées par notre ami Frédéric Pradal.

Article de Laurent B, Frédéric Pradal et Jérôme Croyet

 sehri

[1] Journal Militaire de 1792, p. 394.

[2] De Bourquerey, Historique du 25ème régiment de dragons, p. 98.

[3] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 41 et 42.

[4] Et non aux Amériques comme le précise d’autres sources.

[5] Et non 1839 comme d’autres sources le précisent, il s’agit d’une erreur de retranscription, un document de la Chancellerie avec annotation du 6 mai 1836 sur son décès ne laisse aucun doute.

[6] AD de l’Ain, AC de Bâgé, REV 11.

[7] En ajout de l’article de Jérôme Croyet, AD de l’Ain, AC de Bâgé, REV 11.

[8] AD de l’Ain, Jérôme Croyet, Les médaillés de la Légion d’honneur au XIXème siècle.

[9] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 476.

[10] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 346.

[11] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de Cuirassiers, p. 348.