11e régiment de dragons Angoulême

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Le 11ème régiment de dragons ci-devant Angoulême :

 

Historique :

 

1792 :

Il était en garnison à Huningue le 1er janvier et comprenait un effectif de 337 hommes et  142 manquants. En mars, il se trouvait à Belfort[1]. Le 1er régiment servit ensuite à l’armée du général Custine et son expédition pour s’emparer des gorges de Porentruy (mai). Il ne trouva pas de résistance de la part des Autrichiens qui laissèrent la position aux Français[2]. Environ 50 hommes du régiment étaient restés en garnison à Belfort.

 1793 :

Le 30 octobre, le régiment se trouvait à l’armée du Rhin, avant-garde, division du général Loubat[3]. Le 17 décembre, le régiment se trouvait à l’avant-garde du général Desaix[4].

 1794 :

Au moins un escadron du régiment combattit à Juliers et à la bataille de Fleurus.

Chefs de brigade[5] :

Au 9 novembre 1799 jusqu’en 1804 : chef de brigade Debelle.

Portraits :

 François Chadouteau, fils de Jean et d’Antoinette Dory, né le 2 mars 1771 à Bayet, canton de Maule, département de la Haute-Charente. Réquisitionnaire versé au 11e régiment de dragons (16 prairial an 2). Brigadier (1799), maréchal des logis (11 juillet 1807), chevalier de la Légion d’honneur (1er octobre). « Ce militaire est hors d’état de continuer son service par l’effet d’un coup de feu qu’il a reçu à la main droite, à la bataille d’Eylau, le 8 février 1807 », il quitta le corps (24 juillet 1808) suite à une inspection faite à Bayonne et mis en retraite par la suite. Un document du 22 septembre 1808, des membres du Conseil d’administration du régiment indique « le sieur François Chadouteau, membre de la Légion d’honneur, maréchal des logis a les deux premières phalanges du doigt indicateur de la main droite ankilosé à la suite d’un coup de feu, il est en outre attaqué de vives douleurs de poitrine qui ne lui permettent plus de supporter l’exercice du cheval, ce qui le met donc dans l’impossibilité absolue de continuer son service militaire, fait à Hesdin ». Il mourut le 8 mars 1847.

 

Nicolas Héguet dit Hégay né à Sarrelouis le 13 mai 1764. Volontaire (décembre 1781) comme canonnier au régiment d’artillerie de la Fère, congédié (mai 1786), il s’enrôla (20 septembre) dans le régiment de dragons de La Rochefoucauld, ci-devant Angoulême (1788). Brigadier (26 novembre), maréchal des logis (5 juin 1792), sous-lieutenant (1er mai 1793), il servit à l’armée du Rhin avec le régiment (1792-93), puis à l’armée de Moselle (1794). Adjoint provisoire de l’adjudant-général Ney à l’armée devant Mayence durant l’hiver 1794-95. Lieutenant au 11ème régiment de dragons (3 avril 1796), capitaine à titre provisoire nommé par Hoche général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, confirmé (octobre 1797). Aide de camp du général Championnet général en chef de l’armée de Rome puis de Naples, puis des Alpes et d’Italie (1798-1799). Nommé chef d’escadron (29 janvier 1799), confirmé dans ce grade (août), il fut nommé par Championnet chef de brigade sur le champ de bataille de Mondovi (13 novembre). Il resta auprès de son général, malade, qui décéda à Antibes le 9 janvier 1800. Par la suite, victime d’une attaque d’hémiplégie, il ne put plus servir dans l’armée et il fut mis retraite avec une pension de 1 193 francs (accordée le 28 mars 1801). Il mourut à Sarrelouis, le 31 juillet 1817.

César-Alexandre baron de La Gachetière de Debelle, frère du général Jean-François-Joseph Debelle. Né à Voreppe dans l’Isère en 1770. Canonnier au 1er régiment de la Fère (1787), passé au 1er régiment de chasseurs à cheval (octobre 1798), puis au 12ème régiment de dragons (septembre 1791). Il servit avec son régiment à l’armée du Nord, puis à l’armée du Rhin et des Alpes. Lieutenant (mars 1793), adjudant-général (décembre 1794). Il servit à l’armée de Sambre-et-Meuse (1796) et passa capitaine (octobre). Chef d’escadron au 12ème régiment de dragons (février 1797), puis au 11ème régiment de dragons (mars). Il servit à Altenkirchen (16 avril), puis à l’armée d’Angleterre (janvier 1798). A l’armée d’Italie (1799), il servit à la bataille de Novi (15 août). Armée du Rhin en 1800 et 1801. Il servit à la brigade Nansouty (septembre 1800). Armée du Hanovre (1803), armée des Côtes de l’Océan entre 1804 et 1805, général de brigade (février 1805). Commandant du département de Montenotte, commandant la 1ère brigade de la division Espagne à l’armée d’Italie, division Mermet à l’armée de Naples (février 1806). A la Grande Armée (octobre), commandant la brigade de cavalerie légère du 5ème corps de Lannes fin 1806 et début 1807. Baron de l’Empire (1808), il servit en Espagne, 1ère brigade de la 3ème division de dragons de Milhaud. Surpris par les Anglais alors qu’il commandait la 2ème brigade de cavalerie du corps sous Soult, il fut battu à Sahagun. Rappelé en France, mis en retraite (1812). Il commanda le département de la Drôme (mars 1815). Il entra dans Valence (15 mars) et il fut blessé d’un coup de baïonnette par un garde national sous ses ordres au pont de la Drôme (29 mars) parce qu’il était soupçonné de trahir Napoléon. Il fut chassé de Montélimar (30 mars) vaincu et blessé au pont de Loriol en combattant le duc d’Angoulême (2 avril). Commandant le département du Mont-Blanc (18 mai), proscrit par ordonnance le 24 juillet 1815, il se constitua prisonnier à Grenoble et fut condamné à mort le 24 mars 1816 mais sa peine fut commuée par Louis XVIII en détention pour 10 années. Envoyé dans la citadelle de Besançon, il fut gracié par Louis XVIII en 1817 et reçut une pension du duc d’Angoulême. Admis à la retraite, il était commandant de la Légion d’Honneur depuis juillet 1807. Il mourut dans son village natal en juillet 1826.

Pierre Laroque, fils de Jérôme et de Marie Talon, né le 20 novembre 1781 à Aigre en Charente, ayant pour parrain et marraine, Pierre Colin, tonnelier et Marie Baud. Conscrit, versé au 11e régiment de dragons (26 fructidor an 9). Brigadier (7 nivôse an 13), entra au régiment des grenadiers à cheval de la Garde Impériale. Blessé durant la campagne de Pologne (19 juillet 1807). Nommé brigadier (1er septembre 1809), maréchal des logis (21 février 1813), chevalier de la Légion d’honneur (27 avril). Passa au corps royal (23 juillet 1814), puis de nouveau au retour de l’Empereur au régiment des grenadiers à cheval (1er avril 1815). Il demanda et obtint sa retraite (11 octobre). Il reçut de Paris un document daté du 27 avril 1823 récapitulant ses états de service (il était alors sans profession). Il mourut le 19 novembre 1838. Il laissa une veuve, Anne Aubin demeurant à Angoulême ainsi que deux enfants mineurs, Jean et Julie Laroque.

Ambroise-Toussaint Mathieu, originaire de Paris, volontaire dans la garde nationale parisienne au bataillon de Saint-Nicolas-des-Champs (1789), enrôlé à 25 ans, comme grenadier au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), sous-lieutenant au 11e régiment de dragons (3 juin 1792), aide de camp du général Monter (1793), officier d’ordonnance du général en chef Jourdan, puis adjoint aux adjudants-généraux (1794), aide de camp du général en chef Scherer, lieutenant (1795), capitaine (1796), chef d’escadron nommé par le général en chef Leclerc (1802), aide de camp du général Boyer, il mourut à Saint-Domingue, le 11 septembre 1802.

Louis-Augustin Sebille originaire de Binch en Belgique, s’engagea à 22 ans dans le 2ème bataillon de Paris (22 avril 1792). Il avait été brigadier dans les troupes de la Révolution belge en 1789. Lieutenant aux dragons du Hainaut (22 février 1793), capitaine au 20ème régiment de chasseurs à cheval (1794), chef d’escadron (1800), blessé à Aboukir, il passa au 11ème régiment de dragons (1803), retraité en 1805[6].

 

Enrôlements dans le régiment, registre d’enrôlement pour les troupes de ligne, Dijon février 1792 – mai 1793, archives municipales de Dijon, 1 H :

 

François Bertrand, natif de Ruffey, demeurant à Belfont chez M. Chrétien Mouillon en qualité de garçon de labourage, fils de Bertrand de la commune de Darois et d’Anne Beyenet, âgé de 22 ans, 5 pieds, 3 pouces et 7 lignes, cheveux et sourcils noirs, œil roux, front large et carré, nez médiocrement long, bouche petite menton rond, a déclaré vouloir servir au 11e régiment de dragons en garnison à Huningue et a signé (février 1792).

François Chambrette, laboureur à Sainte-Seine en Auxois, fils de Simon cultivateur et de feue Jeanne Hugote, son père demeurant à Sainte-Seine, âgé de 26 ans, 5 pieds, 5 pouces et 6 lignes, cheveux et sourcils châtains, œil brun, nez rond et un peu gros, bouche moyenne, menton rond, cicatrice au-dessous de l’œil gauche, à l’angle de la mâchoire, front large et découvert, a déclaré vouloir servir dans le 11e régiment de dragons et a signé (février 1792).

Jean-Baptiste Pétard, tailleur de pierre demeurant à Dijon, natif de Plombières, fils de Joseph papetier et de dame Françoise Baudry, demeurant à Dijon, âgé de 24 ans, 5 pieds et 3 pouces, cheveux châtains, front élevé et découvert, yeux gris-bruns, nez bien fait, bouche un peu grande, menton rond et a déclaré vouloir servir au 11e régiment de dragons et a signé (mars 1792).

Antoine Donjon, tailleur de pierre, natif de Dijon, y demeurant, fils de Simon et d’Anne Dusse, vigneron à Dijon âgé de 23 ans, 5 pieds et 3 pouces, cheveux châtains, front petit, yeux bruns, nez long et épaté, bouche moyenne, menton rond, a déclaré vouloir servir au 11e régiment de dragons et a signé (mars 1792).

Jean-René Moreau, cordonnier bottier demeurant à Dijon, natif de Courtelain en Beauce, fils de feu Jean et de feue Marie-Jeanne Cochinal, âgé de 36 ans, 5 pieds, 3 pouces et 3 lignes, cheveux noirs grisonnants, front carré, yeux bruns, nez carré, bouche grande, menton court, cicatrice  au lieu de l’œil droit et à la lèvre inférieure sur la droite, a déclaré vouloir servir dans le 11e  régiment de dragons et a signé (mars 1792).

Bénigne Richard, natif de Corcelles-les-Monts, paveur de profession demeurant audit Corcelles lequel est fils de feu Claude manouvrier et de dame Jeanne Flantin, âgé de 22 ans, 5 pieds, 3 pouces et 2 lignes, cheveux châtains, front large et élevé, yeux gris, nez large, bouche moyenne, menton rond, un seing sur la joue gauche, a déclaré vouloir servir dans le 11e régiment de dragons et a signé (mars 1792).

Barthelemy Lebour, compagnon drapier, natif de Nancy travaillant à Dijon depuis environ cinq mois chez M. Violle fabricant, fils de feu François soldat invalide et de dame Catherine Duhaut, âgé de 34 ans, 5 pieds, 3 pouces et 3 lignes, cheveux et sourcils châtains, yeux roux, front carré, nez serré, bouche moyenne, menton rond, une cicatrice au bas du visage plein, a déclaré vouloir servir au 11e régiment de dragons et ne savoir signer, comme aussi avoir servi au 105e régiment d’infanterie depuis le 29 septembre ? jusqu’au 5 octobre 1791 époque où il a demandé et obtenu son congé et à nous représenté en bonne forme (avril 1792).

 Article de Laurent B.

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[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Journal Militaire de 1792, p. 382.

[3] Ordre de bataille de la collection Nafzinger, 30 octobre 1793.

[4] Ordre de bataille de la collection Nafzinger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

[5] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaires des chefs de brigade et des capitaines de vaisseau du Premier Consul Bonaparte, p. 41 et 42.

[6] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 272.