11e régiment de cavalerie Royal Roussillon

cavalerie
Le 11ème régiment de cavalerie ci-devant Royal-Roussillon :

 

Historique :

 1792 :

Le 1er janvier, il comprenait un effectif de 438 hommes et 91 manquants. En mars, un escadron était à Vendôme, un autre à Saumur, un dernier à Saint-Jean-d’Angély[1].

 1793 :

Le 17 décembre, le régiment se trouvait à l’armée du Rhin, division du général Férino[2].

 1797 :

Le régiment fut annoncé le 28 pluviôse an V à Lagnieux, dans le département de l’Ain. Le département de l’Ain, annonça à cette commune qu’il comprenait 400 cavaliers et 300 chevaux. Il dut d’abord se rendre à Meximieux le 27, puis à Lagnieux dès lendemain[3].

Chef de brigade[4] :

 Au 9 novembre 1799 : chef de brigade Guillot-Desbordelières,

En novembre 1801 : chef de brigade Fouler.

Portraits :

 Bernard, cavalier au 11ème régiment de cavalerie en l’an IX, sous-lieutenant (1813). Passa aux cuirassiers du Roi (1er mai 1814), retraité d’office (24 décembre 1815). Décoré le 14 mai 1812, blessé en 1812, 1813 et 1814. Il reçut quatre blessures à la bataille de Waterloo, 18 juin 1815.

Louis-Amand Cleinnerman, dit Kellermann, fut  baptisé le 25 juillet 1765 à Saint-Omer (paroisse Sainte-Marguerite), fils d’Amand-Louis natif de Saint-Amand (diocèse de Tournai), établi à Bailleul  pour y diriger la manufacture de faïence de Messieurs Chevewerck et Flahault, et de Marie-Alexis-Gertrude Braegher[5]. Il eut treize frères et sœurs dont notamment Marie-Victoire, épouse de Charles-Henri Wimille, née vers 1754 à Saint-Omer et décédée le 24 décembre 1804 à Lille[6]. Apparemment, puisque cette sœur était elle-même appelée Kellermann, l’usage de ce pseudonyme était ancien dans la famille. Mais Louis-Amand usera et abusera de son homonymie avec le vainqueur et duc de Valmy. Il épousa Marie-Françoise-Sophie-Émelie Demarne qui lui donna deux fils : 1) Louis-Armand-Joseph, né le 12 mai 1795 à Montreuil[7], marié le 2 octobre 1826, à Charmes, dans les Vosges, 2) Arnaud-Delphin, né 2 février 1801 à Vesoul, marié le 1er août 1831. Ces deux fils obtiendront la Légion d’Honneur sous le patronyme Kellermann. En revanche, il faut rechercher le dossier LEONORE de Louis-Amand sous le patronyme Cleinnermann[8]. On y retrouve ses états de service officiels complets en pièces 4 et 5. Mais sa biographie réelle est bien moins flatteuse[9]. Il s’enrôla au régiment d’Orléans-dragons à dix-sept ans, déserta (1787) mais fut repris et réintégré avant d’être « congédié par grâce » l’année suivante. Il s’engagea à nouveau durant la Révolution, capitaine de la Légion (de ?) (mai 1792) puis lieutenant-colonel (5 janvier 1793). Il était méprisé par son colonel car il n’avait toujours  pas connu le feu. Passé au 11e de cavalerie, il se vit confier plusieurs places du 18 pluviôse an III au 9 nivôse an VII : Montreuil, Saint-Omer, Boulogne, Aire/Lys, Ypres. Il abandonna son poste. Outre sa désertion, le Conseil de guerre dut examiner tout un dossier de faux, malversations, abus de pouvoirs. Il aurait dû être condamné par contumace à une peine de dix ans de fer, mais le jugement commit une erreur de plume et condamna formellement un Kleinermann. Dans les semaines qui suivirent on retrouva notre Kellermann à l’instruction des conscrits puis commandant de plusieurs places et enfin chef d’Etat-major pour le département de la Haute-Savoie, jusqu’à sa retraite en 1801 (à trente-six ans). Mais l’inactivité lui pesa et, se faisant  passer pour un neveu de François-Christophe Kellermann, duc et vainqueur de Valmy,  il se fit engager dans l’Etat-major du général Leclerc qui était en partance pour Saint-Domingue. Il y arriva en brumaire de l’an X. Là-bas, il passa au travers de la fièvre jaune qui décima les troupes. Convaincu de nouvelles malversations[10], il fut renvoyé en métropole à bord du navire qui rapatria la dépouille du général Leclerc. Il fut tout d’abord acquitté puis condamné à un an de prison avec destitution pour abus de pouvoir et interdiction de porter le nom de Kellermann. Il se fit ensuite oublier pendant quelques années jusqu’à une procédure où il fut poursuivi pour s’être fait passer pour le général Kellermann[11] puis (à moins que ce ne soit la même procédure) une condamnation, à Meaux, en 1812, à cinq ans d’emprisonnement pour escroquerie. Mais il fut libéré en 1814 par l’armée d’occupation russe. Probablement pour échapper à la misère, il s’engagea à nouveau en 1823, à près de soixante ans. Il décéda à l’hôpital militaire de Lille le 16 novembre 1825[12]. L’ancien lieutenant-colonel mourut simple fusilier, cependant, il avait obtenu… la Légion d’honneur ! Fiche d’après les travaux de Christophe Canivet.

Michel-Menou Dujon, né à Loudun le 28 juillet 1776 dans la Vienne, fils de Charles Dujon officier dans le régiment ci-devant Royal-Cravate et d’Elisabeth de Menou, son parrain fut François Favreau et sa marraine Anne Secrétin. Sous-lieutenant (1792), puis lieutenant (1799) au 11ème régiment de cavalerie, lieutenant (1801), capitaine (1803) et chevalier de la Légion d’honneur (24 septembre), officier de la Légion d’honneur (14 juin 1804). Capitaine dans les grenadiers à cheval de la Garde impériale, chef d’escadron (1807), passé aux grenadiers à cheval, colonel du 4ème régiment de cuirassiers (1812), commandant de la Légion d’honneur (9 novembre 1814). Colonel du régiment Angoulême cuirassiers (novembre), maréchal de camp (8 septembre 1815), commandant la 1ère brigade de la 1ère division de cavalerie de la garde royale (1825), Grand’Officier de la Légion d’honneur (23 mai). Retraité (1830), il mourut à Sassay dans l’Indre-et-Loire, en 1841. Semble-t-il baron de l’Empire[13].

Guédon, cavalier au 11ème régiment de cavalerie en l’an II. Lieutenant au 1er régiment de cuirassiers (8 février 1813), mis en demi-solde (1815). Il avait été décoré de la Légion d’honneur (13 thermidor an XIII). Il fut blessé à la bataille de Biberach en l’an V et à Alband en l’an VII[14].

Article de Laurent B.

 sehri

[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Ordre de bataille de la collection Nafziger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

[3] AD de l’Ain, 2 L 137.

[4] Danielle et Bernard Quintin, Dictionnaire des chefs de brigade et capitaines de vaisseaux de Bonaparte Premier Consul, 1799-1804, p. 39.

[5] http://archivesenligne.pasdecalais.fr/ark:/64297/62fedc27441da6d3

[6] http://gw.geneanet.org/loon59?lang=fr;p=marie+victoire;n=kellerman

[7] http://archivesenligne.pasdecalais.fr/ark:/64297/695cad3acd3262a8

[8]http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=NOM&VALUE_1=CLEINERMANN

[9]http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6353259j/f147.image.r=cleinermann.langFR

[10]http://www.auction.fr/DE/Auktion_books_comic_books_and_autographs/v14435_alde/l2459663_saint_domingue_denis_duc_decres_1761_1820_vice_amiral.html

[11]http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6253657v/f123.image.r=cleinermann.langFR

[12]Sommaire, LILLE5 Mi 044 R 281 p. 591 acte n° 2181.

[13] Mémoires de Griois, tome II et dossier de la Légion d’honneur, base Leonore.

[14] Dezaunay, Histoire du 1er régiment de cuirassiers, p. 328.