109e régiment d’infanterie Guadeloupe et Martinique

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Le régiment d’infanterie colonial de la Martinique :

 Il entra en révolte le 1er septembre 1790 et se retrancha dans le fort Bourbon. Il fut bloqué dans cette place et les autorités envoyèrent contre lui le régiment colonial de la Guadeloupe qui se révolta à son tour. Le régiment finit par se soumettre et il fut embarqué pour la France. Il débarqua au mois de juillet 1791 à Belle-Ile et il fut réorganisé. Le 27 août 1792, il fut versé dans le 109ème régiment d’infanterie.

 

Le régiment d’infanterie colonial de la Guadeloupe :

 Le régiment d’infanterie colonial de la Martinique entra en révolte le 1er septembre 1790 et se retrancha dans le fort Bourbon. Il fut bloqué dans cette place et les autorités envoyèrent contre lui le régiment colonial de la Guadeloupe qui se révolta à son tour. Le régiment finit par se soumettre et il fut embarqué pour la France. Il débarqua au mois de juillet 1791, à Hennebont, et il fut réorganisé. Le 27 août 1792, il fut versé dans le 109ème régiment d’infanterie.

Le 109ème régiment d’infanterie ci-devant régiment colonial La Guadeloupe et La Martinique :

 Date de formation : 5 mai, 27 août ou 16 septembre 1792 selon les sources.

 Formation :

 Selon Belhomme[1], il fut formé le 27 août 1792, par la réunion des deux régiments coloniaux de la Guadeloupe et de la Martinique. Régiment formé le 16 septembre 1792, d’une partie des régiments de la Guadeloupe et de la Martinique revenus en France. Digby Smith indique que cette formation eut lieu le 5 mai 1792, dans la place de Vannes, en présence du général de Chevigné.

 Historique :

 1793 :

 Un détachement du régiment se mit en route de Vannes en janvier 1793 pour se rendre à Brest[2].

 Le 19 mars, à la nouvelle que les rebelles s’étaient emparés de la Roche-Bernard et qu’ils menaçaient le district de Rochefort-en-Terre un conseil de guerre fut réuni à Vannes. Il était présidé par le général du Petit-Bois. Alors que Duboys du 3e de Maine et Loire proposait de marcher sur les rebelles avec 500 hommes et deux canons, l’avis du lieutenant-colonel Félix du 109e d’infanterie l’emporta, les troupes restèrent dans l’inaction. Le 20 mars, les rebelles passèrent à l’attaque et s’emparèrent de Rochefort où ils égorgèrent les patriotes, livrèrent leurs propriétés au pillage et se retranchèrent dans la ville. Le conseil de guerre se réunit à nouveau et décida d’envoyer un détachement de 500 hommes à Malestroit en passant par Elven. Le 21 mars, le détachement se mit enfin en route sous le commandement de Félix. Le 22 mars, Duboys se mit en route et le rejoignit à Malestroit avec 300 hommes. Le plan initial était une attaque de Rochefort le 23 mars avec l’ensemble de la troupe tandis que 500 hommes sortis de Vannes feraient diversion du côté de la route de Redon. L’attaque de la ville eut lieu, elle fut enlevée d’assaut. Le bataillon de Maine et Loire eut deux grenadiers blessés et un fusilier blessé, le lieutenant Montaubin perdit son cheval. Les troupes commencèrent à mettre la ville au pillage qui fut sévèrement réprimé. Tous les habitants de la ville avaient fui[3].

 Un détachement du régiment combattit le 28 juin,  à la bataille de Nantes. Voir à ce sujet le département de la Loire-inférieure et l’article sur la Garde Nationale de Nantes. Il s’illustra particulièrement dans cette bataille où 400 de ses hommes participèrent efficacement à sauver la ville de Nantes de l’invasion vendéenne.

 De 1793 à 1795, le régiment servit contre les insurgés vendéens. Il se distingua en juin à la bataille de Nantes, au combat de Montaigu puis le 17 octobre à la bataille de Cholet. Le régiment sauva la journée, en s’avançant sur l’ennemi aux ordres de Kléber et en chantant la Marseillaise.

 1794 :

 Les deux compagnies de grenadiers du 109ème furent incorporées dans le 1er ou 2ème bataillon des grenadiers de l’armée des Côtes de Brest, le 7 février[4]. Le régiment se distingua encore au combat de Léger où les forces de Charrette furent dispersées. Il fut aussi à la capture de l’île de Noirmoutier.

 1795 :

 En 1795, il fut envoyé à l’armée du Rhin.

Embrigadement/amalgame du 1er bataillon :

 1ère formation :

 La 193ème demi-brigade de bataille fut formée le 1er mai 1795, à Mayence, selon Belhomme, le 19 juin 1795, selon Susanne. Elle se composait du 1er bataillon du 109ème, du 1er de l’Yonne et du 3ème de Loire-Inférieure. Le 1er du 109ème devint le 2ème bataillon de la 193ème.

 2ème formation :

 La 193ème de bataille devint à l’armée des Alpes, la 5ème demi-brigade de ligne, le 20 février 1796.

Embrigadement/amalgame du 2e bataillon :

 1ère formation :

 Le 2ème bataillon fut assemblé à l’armée de Rhin et Moselle au 4ème du Bas-Rhin et au 12ème du Doubs pour former la 194ème demi-brigade de bataille.

État-major :

Colonel Louis Michon, 16 novembre 1792-5 septembre 1793.

Colonel Pierre Feydieu, 5 septembre 1793- ?

Portraits :

Louis Blosse, né à Troyes dans l’Aube en 1753. Soldat en 1770, incorporé au régiment irlandais de Clare (1771). Il fit campagnes aux Indes de 1777 à 1772. Congédié (1775), il passa au régiment de la Guadeloupe (1778), porte-drapeau (1781), sous-aide major (1782), lieutenant (1785), capitaine au 109ème d’infanterie (16 septembre 1792). Capitaine de grenadiers (septembre) à l’armée des Côtes de Brest, il commanda l’avant-garde. Adjudant-chef de bataillon (juillet 1793), il sortit de Nantes sous les ordres de Canclaux et mit en fuite les Vendéens (26 août). Il défendit le poste des Sorinières contre les Vendéens et il fut légèrement blessé (5 septembre). Il repoussa les Vendéens au village du Chêne (13 septembre). Il prit part au combat de Vertou (17 septembre). Adjudant-général chef de brigade (30 septembre), il combattit à Tiffauges (6 octobre). Nommé général de brigade (16 octobre), il s’illustra à la tête des grenadiers à la bataille de Cholet (17 octobre). Il reçut l’ordre de désarmer la rive gauche de la Loire jusqu’à Saint-Florent, il s’en acquitta dit Charavay « avec une grande humanité ». Il combattit à Entrammes et il fut blessé d’une balle à la tête. Il tenta vainement de rallier ses troupes en pleine déroute, puis tenta de défendre avec quelques braves le pont de Château-Gontier, il périt ici avec la plupart de ses compagnons, le 27 octobre 1793.

Philippe-Ambroise-Denis Laronde, né à Québec au Canada en 1752. Cadet dans les troupes de Marine (1764). Sous-lieutenant dans les troupes nationales à Cayenne (1768), lieutenant (1777). Il servit durant la guerre d’indépendance d’Amérique de 1778 à 1783. Il prit part au combat naval contre l’amiral anglais Byron, à l’expédition des colonies hollandaises de Demerary, Essequibo et Berbice. Il fut versé dans le régiment ci-devant de la Martinique qui forma en partie le 109ème d’infanterie (1784). Capitaine (1785), il était en France (1789), au 109ème. Commandant la citadelle de Port-Louis près de Lorient, il fut lieutenant-colonel du régiment (1er septembre 1793), puis passa général de brigade employé à l’armée des Côtes de Brest (16 septembre). Sa promotion fut vertigineuse, car il passa général de division (30 septembre) et il fut envoyé à l’armée de l’Ouest. Il servit ensuite à l’armée des Ardennes (mai 1794) et commanda le camp des Montagnards à Bouillon (juin). Commandant l’arrondissement de Givet à l’armée de Sambre-et-Meuse (juillet), puis de la place de Philippeville (septembre). Il ne fut pas compris dans la réorganisation des Etats-majors (juin 1795) et dut quitter son commandement (juillet). Il prit part à la répression de l’insurrection du 13 vendémiaire et commanda le 2ème bataillon des patriotes de 89, du 4 au 8 octobre 1795. Réintégré dans son grade pour cet acte (octobre 1795), il fut autorisé à prendre sa retraite (février 1796). Il se retira à Vannes et mourut dans cette ville en octobre 1813.

Philibert Varaud[5], enrôlé en mai 1792 à Saint-Trivier-de-Courtes, Ain, au 109ème régiment d’infanterie de nouvelle formation[6]. Ayant droit aux secours aux familles car ayant à charge en novembre 1794, sa mère née Dubois veuve Varaud, 75 ans, née en 1719.

 

Document : transmis par Jérôme Croyet

Militaires décédés à l’hôpital militaire des Sables d’Olonnes, Vendée :

19 pluviôse an II, Galline Louis, caporal au 109ème régiment, compagnie de Caveille, natif de Castres.

Article de Laurent B. et Jérôme Croyet

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[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie Française.

[2] Journal Militaire de 1793.

[3] Petigny, Un bataillon de volontaires du Maine et Loire, le 3e du Maine et Loire, 1908, p. 201.

[4] Belhomme, déjà cité, pages 59 et 60.

[5] Cette famille est peut-être de Vescours, un Joseph Varo se mariant le 11 février 1738 avec Philiberte Dubois. Il pourrait s’agir de ses parents.

[6] L’armée française de ligne comptait 101 régiments d’infanterie, Terry Crowdy, French Revolutionary... op cit.