106e régiment d’infanterie du Cap

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Le 106ème régiment d’infanterie ci devant régiment colonial du Cap :

 

Date de formation :

 Le décret du 31 mai 1792 forma ce régiment avec le régiment colonial stationné à Saint-Domingue.

Historique :

 1793 :

 Arrivé de la Martinique, le 2ème bataillon débarqua à Brest au mois de mars 1793.

 1794 :

 Une compagnie de grenadiers de ce régiment fut versée soit dans le 1er ou le 2ème bataillon de grenadiers des Côtes de Brest. L’opération eut lieu à Brest, le 7 février 1794.

 1795 :

 Le 4 avril, le 1er bataillon du 106ème débarqua à Nantes en provenance de Saint-Domingue où il fut complété avec les débris du bataillon de Beauvais.

 Monsieur Pierre Baudrier nous communique les informations suivantes à propos de ce régiment :

 

« Je viens de trouver trace d’un Barthélémy Tannière, soldat au régiment ci-devant du Cap, lors de son mariage en 1792, à Bourges. Le régiment du Cap était un régiment colonial, formé le 18 août 1772, pour la défense de Saint-Domingue. Des détachements ont participé à la guerre d’indépendance en Amérique ; un d’eux était au siège de Savannah, le capitaine Dumouriez (futur général) y fut blessé. Il a été engagé au début des troubles dans la colonie, contre les esclaves révoltés en 1790, puis contre les bataillons insurgés des régiments ci-devant de Normandie et d’Artois, qui s’étaient mutinés en débarquant ; gagné par la contagion, il chassa son colonel en octobre 1792, mais se racheta en se battant énergiquement contre les Espagnols, fin 1793. Rapatrié en France en 1794, le régiment fut complété par un bataillon de réquisitionnaires de Beauvais, et partit pour la Bretagne où il servit jusqu’à la pacification de l’Ouest (1795).

Destiné à former les 187ème et 188ème demi-brigades de bataille lors du premier amalgame, il resta en l’état et entra directement dans la composition de la 13ème demi-brigade de ligne, lors du second amalgame. Il se trouvait alors à l’armée des Côtes de l’Ouest ».

 

Embrigadement/amalgame 1er et 2ème bataillon :

 1ère formation :

 Néant.

 2ème formation :

 D’après Belhomme[1], la 13ème demi-brigade de ligne fut formée le 20 octobre 1796, à Carentan, avec la 49ème demi-brigade de bataille, les 1er et 2ème bataillons du 29ème régiment d’infanterie, le 2ème bataillon du 106ème régiment d’infanterie, le 1er bataillon de la 187ème demi-brigade de bataille( il s’agit en fait du 1er bataillon du 106ème régiment), le 2ème bataillon de la 63ème de bataille, le 3ème bataillon de la 119ème de bataille, le 19ème bataillon des réserves et le bataillon des fédérés des 83 départements.

Portraits :

Etienne-François baron Rocbert de Lamorendière-Ducoudray, né en 1760 à Saint-Martin-de-Ré dans la Charente-Inférieure. Sergent volontaire au régiment du Cap (1785). Il passa cadet au bataillon auxiliaire des colonies (1786). Sous-lieutenant au régiment du Cap, puis lieutenant en décembre 1786 et 1789. Il servit contre les mulâtres en révolte dans l’Ile de Saint-Domingue (1790), puis contre les noirs révoltés en 1791 et 1792. Capitaine au 106ème d’infanterie, il rentra en France et servit à l’armée des Côtes de Brest puis à celle des Côtes de l’Océan entre 1793 et 1796. Passa à la 13ème demi-brigade de ligne (21 novembre 1796), il servit en Italie de 1796 à 1798 puis en Egypte et Syrie entre 1798 et 1801. Chef de bataillon (19 avril 1799), blessé de deux coups de feu à la main droite et à la hanche droite au siège de Saint-Jean d’Acre (8 mai). Il fut vainqueur à Rahmanieh (9 mai 1801). Rentra en France, il passa major au 70ème d’infanterie (1803), puis colonel en second du 2ème d’infanterie de ligne (1809) et colonel du 75ème régiment d’infanterie (décembre). Il servit en Espagne de 1809 à 1812. Baron de l’Empire (1811), il servit à la bataille de Vittoria (21 juin 1813). Officier de la Légion d’honneur (28 juin), général de brigade (25 novembre). Il commanda une brigade à la 6ème division Darricau dans l’armée des Pyrénées (15 décembre). Sous Villatte, dans la même division, il fut blessé d’un coup de feu à la bataille de Toulouse (10 avril 1814). Chevalier de Saint-Louis (août), il fut admis à la retraite (octobre 1815). Il commanda le département des Landes (1831), et remis à la retraite (1832). Il mourut à Bordeaux, en janvier 1837.

Noël Pacos[2], de Feillens, Ain, appointé au 106ème régiment d’infanterie ci-devant régiment Du Cap[3]. Vétéran ou invalide pensionné résidant dans sa commune en date du 4 avril 1797 et du 3 juin 1797. Un autre document du 23 juillet 1797, nous apprend que Noël Pacos :

 « ayant obtenu les invalides en considération de ses services sera employé à raison de 12 livres et dix sous par mois dans l’état des invalides de la marine entretenus à la demi-solde dans le département de l’Ain à compter du 1er janvier 1792, fait à Paris le 17 février 1793 au nom de la République Française, le ministre de la Marine, signé Monge. Le dit Paccos jouira en outre d’une pension de deux livres par moi pour chacun de ses enfants désignés cy après jusqu’à ce qu’il aient atteint l’âge de seize ans qui leurs a été attribuée par la loy du 8 juin 1792 ».

 

Article de Laurent B.

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[1] Belhomme, Histoire de l’infanterie de France.

[2] L’orthographe du nom est improbable, sur un premier document notre transcription avait été Dacos, un second Panos, un dernier plus vraisemblable au vu du patronyme Paccod ou Paccos.

[3] Cet homme servit donc dans les troupes dites « coloniales » avant la Révolution. Son régiment était en poste dans l’île de Saint-Domingue, « la perle des Antilles ».